Mois: mai 2010

Vivre, c’est juste faire acte de présence

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Passer son temps à se reconstruire, années après années. A se reconstruire une vie, à se reconstruire soi-même avant tout. Passer son temps à se reconstruire, mais surtout prendre son temps pour le faire. Se répéter avec un accent italien empli de candeur que la vie est belle après tout, même sans trop y croire. Mais se le dire, s’en persuader. Pour oublier ses aspects rugueux qui écorchent la peau et les organes internes. Ses irrégularités qui égratignent le corps, le cœur et l’esprit.

Jours après jours, semaines après mois, après années, rebâtir sa pyramide de Maslow dévastée ; retrouver une certaine confiance en soi, un besoin de se sentir aimé, de compter pour quelqu’un. Et puis se jurer, qu’ô grand jamais personne ne nous fera plus jamais de mal. Que personne ne nous fera plus souffrir. Le fait d’avoir souffert pour plusieurs et pendant plusieurs années rend bien moins tolérant à la violence psychologique. Le fait d’avoir assez donné de sa personne pour sentir qu’une peine plus grande qu’une autre pourra nous briser, à jamais.

Alors petit à petit on se sent mieux. Pas encore forcément bien, mais déjà mieux. On commence à pouvoir regarder les autres en face et les voir autrement que des ennemis destinés à nous rendre la vie détestable. On se surprend à sourire, rire même. En se forçant au début, puis en prenant le pli, le faisant par réflexe défensif et – se rendant compte qu’il est bien mieux vu qu’un hochement de tête approbateur – on finit par l’adopter, par habitude plus que par véritable envie.

Et puis vint le jour où l’on se croit prêt. Prêt à profiter de la vie, comme tous ces insouciants qui courent les rues et les jardins. Prêt à vouloir refermer les blessures du passé, prêt à les laisser au fond du placard en se disant qu’elles n’étaient que de mauvais rêves. Se dire que finalement la vie vaut peut-être le coup d’être vécue et balayer d’un revers de la main ce qui servait encore pourtant à nous faire prendre compte des erreurs passées pour ne plus les commettre par la suite. Ne jamais faire confiance aux Autres, jamais.

Mais on recommence, on se laisse vivre, on se laisse avoir donc. C’est là que l’on se rend compte qu’on ne pourra jamais être de nouveau prêt. S’abaisser à vouloir être heureux n’est ni plus ni moins qu’un piège monté de toutes pièces par les aléas de la vie. Faire confiance à quelqu’un, quel qu’il soit, n’est au final qu’un lancement d’un compte à rebours de bombe qui ne préviendra jamais quand il fera exploser votre vie, vos espoirs et vos perspectives d’un avenir heureux.

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Roland Garros, mon Ami. [1/2]

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Ou l’histoire de l’un des plus grands noms liés au tennis connus en France qui n’est même pas tennisman…

Les grands regrets de ma Vie tiennent sur les doigts d’une main. Parmi eux, avoir arrêté de pratiquer le tennis trop jeune.
Aussi loin que mes souvenirs me permettent d’aller, j’ai toujours adoré le tennis et tous les sports de raquettes, pour peu qu’elles soient au bout des poignets et non sous les pieds. J’ai commencé assez jeune dans un club. Malheureusement je me suis très vite lassée. Je trouvais le tennis, que mes camarades et moi pratiquions à nos dix ans, trop scolaire, trop naïf et ludique alors que je le voyais professionnel, comme à la télévision. C’était moi la naïve à l’époque. Je n’ai pas abandonné à cause d’épreuves trop dures mais plutôt car celles-ci n’étaient pas à la hauteur de mes ambitions. Je voulais du spectacle, des coups puissants et une sortie du court en sueur d’avoir tant donné de ma personne. Au lieu de cela j’avais devant mes yeux des heures et des heures de différenciation entre un simple service à la cuillère et un revers, des remises cérémonieuses de balles blanche et jaune et des adversaires qui loupaient mes lancers une fois sur deux. Stupidement, j’ai décidé de stopper toute activité sérieuse concernant le tennis.

Je n’ai pourtant jamais réussi à tourner définitivement la page, continuant d’acheter raquettes sur raquettes et sentir l’odeur particulière des balles Dunlop neuves, prêtes à déraper et chauffer la résine à même le sol. A chaque période de vacances, une force que je ne tentais pas de contrer, me projetait sur les courts de tennis les plus proches. J’y passais des heures. Des heures, en plein soleil du mois de Juillet, tantôt contre un mur, tantôt en simple ou double. J’en ressortais avec une peau brûlante mais avec un soulagement immense, comme émergeant d’un orgasme qui aurait duré quatre heures.

Chaque année, fin mai, je me sens comme le phénix qui renaît de ses cendres. Tout mon corps se remplit à la fois de plaisir et de regrets. Pendant deux semaines, à moins d’une dizaine de kilomètres de chez moi, la Porte d’Auteuil ressort ses plus beaux revêtements, ses meilleurs joueurs et sa plus belle météo pour célébrer la quinzaine de Roland Garros. Qui, pour faciliter le tout, se déroule toujours pendant la période baccalauréat / partiels, rayez la mention inutile.

Pendant la Nuit, J’irai au Paradis.

Je n’ai jamais cru en Dieu. Ni à aucun de ses petits camarades d’ailleurs. Cela doit être la raison pour laquelle il me punit de toutes les conneries que j’ai bien pu faire dans une vie précédente.

Cela va bientôt faire dix ans que Midori a fait son premier séjour en psychiatrie. De cette épreuve, elle ne retient que trop de souvenirs. Des souvenirs tenaces et dérangeants qui la font encore trembler en y repensant. Non pas qu’elle ait été mal traitée là-bas, non. Ce sont plutôt les causes de son enfermement qui n’en finiront pas de la hanter.
Elle se souvient de Sarah, son infirmière, de ces longs couloirs d’hôpitaux, de sa chambre aseptisée et de ces docteurs qui la regardaient tantôt avec espérance, tantôt avec pitié. Le but de ce séjour ? Oublier les souffrances passées puis, si possible, pardonner.
Oublier, dix ans après, elle n’a toujours pas réussi. Quant à pardonner, encore moins.
Comme si cela ne suffisait pas, elle s’apprête à devoir y retourner.
De gré … ou de force.

Le Grand Tasting

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Paris – 4 Décembre 2009

Dans l’enceinte caustique du Carrousel du Louvre a lieu ce weekend le Grand Tasting. Depuis 4 années, sous l’épithète du Festival des Meilleurs Vins, cette exposition nous entraine dans l’œnologie la plus pure et la plus délicate qu’il soit.

Sur deux étages, pas moins de 340 stands exposent ici leurs meilleurs millésimes sous les yeux de leurs clients habituels, aujourd’hui visiteurs d’un jour. Le Grand Tasting est bien entendu ouvert à tous les visiteurs, ce moyennant un droit d’entrée, mais la plupart restent les clients habituels et habitués des stands présents, moi y compris.

En une journée un visiteur lambda peut déguster ici une centaine de vins de différents propriétaires, ce qui explique aisément la différence entre les sourires crispés et les remarques cassantes du début de matinée face aux rires décontractés et aux cravates que l’on desserre en fin d’après-midi. A chaque stand ses petits paniers de morceaux de pain pour se rendre un ersatz de palais vierge, ses ambassadeurs attentionnés et ses professionnels prêts à répondre à toutes vos demandes. L’occasion de goûter une coupe de la cuvée Sir Winston Churchill 98 mise en bouteille par Pol Roger et d’autres exemples de champagne, sans devoir acheter la bouteille entière, ne coûtant pas moins de 200€ dans le commerce. Certes bien moins cher et savoureux qu’un Krug Clos du Mesnil 96, mais il faut savoir se poser des limites pour pouvoir conserver un semblant de décence.

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La Mort, Le Sexe. Hell Yeah.

Non, les fans de Mylène Farmer ne sont pas tous gays. Au même titre que les fans de Britney ne sont pas que des ados de 15 ans et ceux de Johnny des quadras à tendance beauf (quoique …). Le tiers des fans présents aux concerts de Britney sont des hommes plutôt âgés venus admirer sa plastique, la moitié de la fosse de Johnny se remplit de ceux qui veulent se rappeler les années bonheur du temps des seventies et les fans de la grande rousse sont universels.

Mais oui, Yann Barthès a raison sur bien des points.

30 Ans d’Age Mental

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Cause ou conséquence des connaissances avec lesquelles je prends plaisir à discuter et passer mon temps, je me sens vieille. Psychologiquement. Parfois même physiquement, mais c’est une autre histoire.

Ce n’est un secret pour personne me connaissant, j’ai un an d’avance sur le planning scolaire dit normal. De ce fait, j’ai toujours été habituée à converser avec des plus âgés que moi, flirter avec des garçons de plusieurs années mes aînés et passer des soirées à discuter politique avec un verre de vin à la main plutôt que de boire plus que de raison, quitte à ne plus pouvoir parler ensuite.

Je n’ai que 20 ans mais j’ai l’impression d’avoir déjà beaucoup vécu, et parfois même mal vécu. De façon contradictoire je n’ai que très peu de souvenirs plaisants de mon adolescence. J’ai toujours cherché à me rapprocher de personnes plus âgées, lorsque cela était possible, car j’étais en quête de maturité, d’une maturité que les gens de mon âge n’avaient pas, en vue d’échapper à leurs petites actions puériles à mes yeux.

Mais à force de me frotter à des personnes plus cultivées et plus posées, j’ai fait l’impasse sur les années où l’on peut se permettre de faire des folies sans en éprouver de remords. Je me suis en même temps rendue compte qu’en me sentant bien avec mes quinze ans et mes amis d’une vingtaine d’annés, j’ai désormais la désagréable impression d’avoir trente ans dans mon corps qui en a pourtant encaissé dix de moins. J’ai d’un côté pris du bon temps tout un après-midi à discuter avec des filles et garçons de 26-27 ans, qui furent étonnement choqués de découvrir mon jeune et véritable âge. Mais de l’autre je me suis sentie vieille le weekend dernier, parmi des jeunes de ma génération qui prenaient des extas, du proto et autres pilules bleues et blanches en buvant cul-sec des verres de vodka. C’est comme si l’on m’avait donné une bonne claque. Comme si l’on m’avait dit « Tu vois ? Tu le faisais quand eux ne savaient même pas que cela existait. Et maintenant il est 23h, tu es déjà fatiguée et ne vas pas tarder à aller te coucher. » Une bonne claque. Comme mon moniteur d’auto-école me disant que je ne suis pas assez primaire mais plutôt trop mature et réfléchie … et que c’en est un défaut pour l’occasion. Comme mon copain plus âgé que moi qui me dit qu’il a l’impression de sortir avec une vieille. Voilà la bonne grosse gifle que je me suis prise en me rendant compte qu’un excès de maturité équivaut à n’importe quel autre excès : de la négativité. Le mieux était décidément l’ennemi du bien.