théâtre

Kit Harington au Vaudeville Theatre

Allant assez souvent au théâtre parisien, je n’ai jamais pris le temps d’aller voir une pièce à l’étranger, m’imaginant que celles-ci devaient être complètes ou ne correspondaient pas à mon planning. Un bon alignement de planètes et de neurones a eu lieu cette semaine lors de mon bref séjour à Londres. Comme à New York, les théâtres sont légion. Bien qu’ayant aperçu David Suchet (Hercule Poirot !) à l’affiche d’une autre pièce, je me suis décidée pour aller voir True West, à deux pas de mon hôtel et commençant juste une petite demi-heure après que je ne prenne mon billet parmi les rares restants.

Etant peu de temps à Londres et prenant des repos bien mérités, j’ai donc dit oui à cette pièce qui finit très prochainement ses représentations, malgré la place à près de 50 euros, bien que très éloignée de la scène (à tel point que des jumelles étaient empruntables au niveau des fauteuils). Il faut dire que la salle était comble, pas un seul fauteuil libre. Et beaucoup de jeunes femmes, dont un certain nombre qui ressemblaient bizarrement à Rose Leslie, la belle rousse sauvageonne de Game of Thrones, qui n’est autre que la femme d’un certain Kit Harington (John Snow) dans la vraie vie, qui se trouve être l’un des deux personnages principaux de la pièce (avec Johnny Flynn), parmi les quatre présents.

J’ai eu besoin de quelques minutes d’adaptation pour me remettre dans le bain de l’accent anglais, que l’acteur dissimule plus dans GOT, même s’il restait de loin le plus compréhensible de tous, donnant la réplique à un acolyte ayant un accent banlieusard très prononcé à la Misfits, ce qui, je l’avoue, ne fait pas partie de mes accents préférés.

Le pitch est simple, deux frères cohabitent dans la maison de leur mère le temps de ses vacances. L’un est auteur en panne d’inspiration, et le second va en profiter pour proposer à l’agent du premier un nouveau scénario, sans pour autant proposer rien de plus, ce qui va créer plus de problèmes qu’en résoudre.

Avec une première partie plutôt tranquille, où les briques s’agencent (glissant même une blague sur les français, à notre avantage), la seconde est dynamique à l’extrême. D’un décor qui semble banal au premier abord, il se modifiera avec le temps jusqu’à révéler tout son potentiel. Ce changement de décor, comme les modifications temporelles, se font subtilement, via les différentes tenues vestimentaires ou encore l’évolution de l’état des plantes vertes.

Comprenant un entracte d’un quart d’heure, la pièce dure près de deux heures pendant lesquelles on ne voit pas le temps passer. Le théâtre est superbe et je ne saurais que vous conseiller de profiter d’une soirée théâtre au gré de vos déplacements, si la langue parlée n’est pas un frein à votre compréhension.

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Sherlock Holmes au Grand Point Virgule

 N’arrivant pas à me décider entre cinéma et théâtre le weekend dernier, j’ai opté pour cinéma (Edmond, adapté de la pièce du même nom, donc on reste dans le thème) et théâtre, avec la pièce Sherlock Holmes et le Mystère de la Vallée de Boscombe, au Grand Point Virgule, au sein du quartier Montparnasse.

Ayant surtout choisi cette pièce de par son titre, je n’ai lu aucune critique avant d’y aller, préférant comme bien souvent me réserver la surprise lors de la représentation. Et de cela en a résulté en une très bonne surprise. Un humour anglais avec des références à l’actualité, des personnages distinctifs (alors même qu’il n’y a que trois acteurs sur scène), des brisures régulières du quatrième mur et une mise en scène détonante : je comprends sans hésitation la réussite de cette pièce. Il va sans dire que la représentation où j’étais avait fait salle comble mais, étant habituée du théâtre, je savais que les premiers rangs étaient plus clairsemés, car peu nombreux sont les spectateurs prêts à affronter les aléas et les pièges parfois tendus par les acteurs. Le scénario tient son fil directeur, tout en prenant en compte les interactions avec le public et en permettant une certaine marge de manœuvre quant aux tirades et aux actions des personnages. Enfin, même si la pièce a été présentée plus d’une centaine de fois au bas mot, les acteurs semblent s’amuser comme au premier jour et donner un sentiment réel de spontanéité.

Devant le succès de la pièce, les acteurs ont changé et j’ai ainsi eu devant moi les plus récents représentants, dont Christophe Delort, qui en est également l’auteur et le metteur en scène (et qui m’a très gentiment offert un poster à la fin de la représentation avec un petit mot personnalisé). Ce qui est d’ailleurs vraiment représentatif de la disponibilité des acteurs que nous avons en face de nous et de leur passion pour ce métier.

Sans trop en dire car il faut que vous puissiez découvrir tout cela par vous-même, je vous recommande donc chaudement Sherlock Holmes et le Mystère de la Vallée de Boscombe au Grand Point Virgule, au moins jusqu’à fin mars.

Chapitre XIII au Théâtre Tristan Bernard

Comme bien souvent, j’agis au coup de cœur et selon les publicités qui peuvent se montrer sous mes yeux, surtout en ce qui concerne les sorties cinéma et théâtre. J’ai donc vu cette semaine l’affiche pour Chapitre XIII, au Théâtre Tristan Bernard, et ai vu la pièce dans la foulée !

Pièce de Sébastien Azzopardi (qui m’avait déjà ravie avec La Dame Blanche, qui reste pour moi l’une des meilleures pièces qui m’ait été donné de voir), l’histoire est un huis clos se déroulant dans un monastère. Il n’en fallait pas plus pour que le scénario de base me plaise. A cela s’ajoute un romancier qui écrit des scènes horrifiques … qui se réalisent dans la vraie vie, où nous découvrons qu’un tueur en série sévit aux alentours du monastère.

J’arrête ici de décrire l’intrigue car il est très important de découvrir tout cela sur place. Les meurtres sont particulièrement bien réalisés et les effets spéciaux si réalistes que certains spectateurs sont partis en cours de route : à réserver à un public averti donc. En tout cas averti des scènes morbides qu’on risque de voir. Bien que nous ne soyons pas dans une pièce participative (au sens où on pourrait vous faire monter sur scène), nous sommes tout de même dans une atmosphère interactive, où l’action ne se limite pas à la simple scène et déborde dans l’orchestre, voire plus. Cela me fait toujours autant plaisir de voir cette liberté prise et cette immersion du spectateur dans les événements.

Chapitre XIII nous ravit également de par le nombre d’acteurs présents sur scène, les costumes, le décor, les effets sonores et visuels, l’intrigue bien menée et les différents rebondissements. Pendant près de deux heures, vous serez emportés par l’histoire et, je l’espère, en ressortirez aussi enjouée que je l’ai été.

Depuis le 21 septembre 2018 au théâtre Tristan Bernard à Paris

L’Eventreur [Théâtre Essaion]

J’ai connu le théâtre Essaion par le biais de la pièce sur le Comte de Monte-Cristo en fin d’année dernière. J’ai redécouvert ce même théâtre le weekend dernier, en aidant un proche qui montait son propre décor avant sa représentation, en en profitant pour fureter dans les coulisses et préparer le café dans la cuisine des pro. Bref, le théâtre Essaion, je m’y sens un peu comme chez moi maintenant. Et pendant que je furetais, j’ai mis la main sur un tract faisant la publicité de la pièce l’Eventreur, jouée tous les samedis en fin d’après-midi. Assez férue des pièces de thriller, voire même d’horreur (comme on peut le déduire grâce à mes précédents billets sur La Peur, Piège Mortel, La Dame Blanche, etc.), je n’ai pas eu besoin de beaucoup réfléchir pour me décider à aller voir la pièce à la prochaine représentation, soit hier.

Par le biais d’un style évidemment très british, nous suivons les principaux meurtres de Jack l’Eventreur, en présence des enquêteurs cherchant à débusquer le criminel et des victimes ayant succombé à ses attaques. Pour rappel, Jack l’Eventreur a sévi à Londres en 1888, en tuant pas moins de cinq prostituées (voire onze personnes, voire même beaucoup plus), sans que l’on ne sache jusqu’à aujourd’hui encore qui se cachait derrière ce sobriquet.

Zut, j’arrive et je vois qu’il y a déjà une dizaine de personnes devant moi. Je voulais être bien située, je ne voulais pas qu’on me pique mes places préférées. Fort heureusement, je me suis vite souvenue qu’au théâtre, les spectateurs n’aiment pas les premiers rangs (encore plus quand on sort du cadre de la comédie), j’ai donc pu prendre mes aises comme j’en ai l’habitude, au tout premier rang. J’ai au début eu peur de voir une comédie musicale (ce qui n’est pas mon genre préféré), mais la pièce n’en est pas une. Elle inclut la musique dans son récit, sans que ce dernier ne tourne autour d’elle. Ce qui m’a beaucoup frappée a été la précision des détails narrés par les personnages, tant chirurgicale que franche. Les victimes de l’éventreur ont subi de graves blessures, voire même une destruction forte de leurs organes (imaginez-vous lire du Maxime Chattam), mais le tout est décrit de façon honnête et dure, sans fioriture, ce qui glace d’autant plus que c’est bel et bien la réalité des faits. La façon qu’a le narrateur de raconter l’histoire est également précise et très bien tournée. On est face à de la belle écriture, des phrases qui font mouche et prêtent à sourire comme à réfléchir.

Je ne peux pas m’avancer plus que cela dans l’histoire car il est important de découvrir le reste sur scène. Les trois acteurs jouent chacun plusieurs personnages et sont vraiment crédibles dans leur discours comme dans leurs actes. Je n’ai pas pu aller boire un verre avec eux en sortant (terrible dilemme en un soir de l’Eurovision) mais leur entrain et leur investissement sont bien réels, ce qui donne vraiment envie de les encourager pour la suite.

Vous trouverez les horaires du spectacle sur le site du théâtre Essaion, et à savoir que des prix découvertes sont actuellement en vente sur BilletReduc.

Le Grand Voyage de Madame Lune [Akteon]

Je continue mes sorties originales, cette fois-ci dans la thématique des spectacles pour enfants. Très en vogue dans Paris de manière générale, mais plus encore à l’approche de la période de Noël. Je suis donc allée voir à l’Akteon théâtre, Le Grand Voyage de Madame Lune, spectacle créé, réalisé et joué par la Touk Touk Compagnie.

C’est dans une petite salle de théâtre presque pleine à craquer que commence le spectacle, où les parents viennent avec leurs enfants. Ce dernier est à destination des petits, à partir d’un an, même s’il est souvent préférable d’attendre peut-être trois ans, histoire qu’ils puissent rester concentrés pendant la petite heure que dure le spectacle, afin de ne pas déranger les autres spectateurs.

Nous sommes projetés dans la vie quotidienne d’une lavandière, découvrant la lune chez elle, et lui proposant de partir en voyage, pour lui faire découvrir mer, forêts, ville … Le tout incluant plusieurs des chansons les plus connues des enfants : Meunier tu dors, Coucou le hibou et d’autres que je vous laisse découvrir.

Avec seulement deux acteurs, la compagnie parvient à nous emporter dans les différents lieux, grâce aux décors pratiques et cohérents, mais aussi grâce aux effets sonores et musicaux qui accompagnent le récit.

Le Grand Voyage de Madame Lune est un spectacle ludique qui saura ravir petits et grands, permettant d’habituer les enfants à la culture et étant une très bonne raison de sortir découvrir de nouveaux univers pendant les vacances scolaires, même s’il fait froid dehors.

Spectacle à l’Akteon du 25 novembre 2017 au 7 janvier 2018

Viktor Vincent – Les Liens Invisibles

 Après un weekend prolongé de folie et trois soirées d’Halloween plus tard, je me suis tournée vers une sortie plus culturelle mais pas forcément plus terre-à-terre, en assistant au spectacle Les Liens Invisibles, de Viktor Vincent.

Je suis tombée sur ce show par hasard, grâce à une publicité dans le magasine Illimité des cinémas UGC. Ayant toujours été attirée par l’illusion et tout ce que cela comporte de magie et de mentalisme notamment, c’est avec curiosité que je me suis rendue avenue Montaigne ce weekend, afin d’assister au nouveau spectacle de l’artiste, Les Liens Invisibles, qu’il présente depuis le 28 septembre.

Par le biais d’une présence certaine sur scène, Viktor Vincent capte rapidement son auditoire, alors même que l’on ne comprend pas dès le début où il nous emmène. Spectacle mélange de narration, d’illusion et de jeux avec le public, j’ai parfois doucement souri face aux numéros simples qui peuvent étonner les néophytes, mais ai été impressionnée par le final, qui m’a donné à réfléchir sur les mots qui ont pu être glissés dans le discours pour influencer les réponses finales.

Jouant même sur la corde sensible des spectateurs, Viktor Vincent semble là pour nous prêcher la bonne parole (impression que j’ai ressentie quand je l’ai vu présent à la fin du show pour nous saluer tous un par un et ce qui m’a fait très plaisir), mais d’une manière adéquate, en lien avec la tonalité du spectacle. Même si je suis sensible, il est toujours plus qu’agréable de s’entendre dire que nous avons tous notre utilité en ce monde, et que notre existence peut influencer plus qu’on ne le croit.

Les Liens Invisibles fait partie des bonnes sorties parisiennes actuelles, qui est déjà un franc succès et qui permet de s’ouvrir à de nouveaux horizons, tout en laissant fonctionner son imaginaire et son intérêt pour des éléments au bord de la réalité.

Spectacle à la Comédie des Champs Elysées, jusqu’au 31 décembre 2017.