Mois: octobre 2019

Une Foodie à Berlin

Les vacances (dont le festival de Deauville) et la reprise du travail sont passés par là, ce qui fait que je ne parle que maintenant de mon séjour à Berlin, ayant eu lieu … début septembre. Pour moi, j’allais au-devant de bretzels, saucisses et bières. Finalement, beaucoup de bières, un bretzel et deux saucisses. Le reste étant un mélange de nourriture turque, indienne et américano-japonaise (!!). A savoir que le blog Refuse To Hibernate et l’article écrit par Audrey & Mickaël m’a été d’un grand conseil pour mes sorties gustatives, comme vous pourrez le voir.

Little Green Rabbit

Je vais être assez concise dans cet article, surtout car les souvenirs s’échappent rapidement de mon esprit, notamment par exemple le nom du premier restaurant où j’ai décidé de déjeuner, ce qui ne va servir à rien que j’en parle.

[Cinq minutes plus tard]

C’était le Little Green Rabbit ! Plats bien copieux, à tendance bio, pour un prix modique, je vous le recommande fortement. Les salades sont composées à la demande, comme les plats, et la variété de mets et de garnitures est assez large et les cuisiniers n’y vont pas de main morte. La possibilité de déjeuner à l’intérieur comme en terrasse est également un plus pour cet endroit détente et propice à la relaxation.

Je suis un peu confuse concernant la chronologie de ces trois jours à Berlin mais je suis à peu près sûre que c’est ce premier soir où je suis allée dans un restaurant indien, le Mira, qui m’a laissé un souvenir quelconque. Dans la moyenne, ni plus ni moins, il a fait le job.

Le lendemain, après un petit-déjeuner à l’hôtel et la suite de la visite de la ville (il ne faut pas croire que je suis un pilier de bar et de restaurant, tout le reste du temps je l’ai passé à arpenter Berlin), rendez-vous au Steel Vintage Bikes, magasin de cycles qui fait en même temps office de restaurant, dans une ambiance mi-vintage, mi-underground. Ce repas était un pur bonheur, salé comme sucré. Et pour l’aspect cuisine copieuse, le restaurant se pose aussi là. Orgie de pancakes et de vin dans ce repère de bikers à tendance lounge. Bien que lourde quand on voit ce que j’ai commandé, la nourriture était délicate et excellemment bien préparée. Je vous conseille d’éviter les heures de pointe car le restaurant / magasin étant petit, il sera vite complet.

Steel Vintage Bikes

Comme si tant de nourriture ne suffisait pas pour la journée, c’est le Shiso Burger qui m’a accueillie en début de soirée pour l’apéro et le dîner. Je ne le savais pas mais il y en a également un à Paris, vers Saint-Michel. Shiso Burger, c’est le mélange des mondes américains et asiatiques : en gros des burgers thon mariné, à la sauce teriyaki, etc. J’avoue n’avoir que moyennement apprécié. La cuisson de la viande, l’impression bourrative des frites, rien ne m’a véritablement convaincue. Si j’avais su, je l’aurais testé à Paris directement. Le côté fun, hormis l’originalité du mélange de ces deux cuisines, réside également dans les murs, recouverts d’écrits et de dessins des visiteurs, remerciant les hôtes. J’y ai laissé un petit Pikachu si vous passez par-là.

Shiso Burger

La dernière véritable escale gustative s’est faite le lendemain matin, à l’occasion d’un brunch chez Roamers Coffee & Booze, en plein cœur du quartier turc. Car brunchant à 11 heures, j’ai grignoté par-ci par-là le reste de la journée, dont mon fameux bretzel, acheté in extremis à l’aéroport avant le départ en soirée. L’un des plus bons brunchs que j’ai eu l’occasion de tester. Je pense que les photos ci-dessous parlent d’elles-mêmes, toutes évidemment sans filtre.

C’est ici que j’ai enfin pu goûter des saucisses allemandes, sachant que mon plat était constitué d’oeufs avec miel et herbes, que les saucisses étaient de sanglier, avec de l’avocat, de la feta, des haricots, le tout agrémenté de sauce chimichurri, beurre et pain. Rien que ça. Le plat en face du mien (avec lequel j’ai beaucoup hésité) comprenait du chèvre, du miel et encore plein de bonnes choses. Et pour bien finir, un grand thé chaï et un carrot cake, bam.

Roamers

Pour résumer, je ne m’attendais absolument pas à manger tout cela à Berlin. J’avais beaucoup d’idées préconçues et mes souvenirs de mon dernier séjour allemand, à Freiburg, me laissaient penser à une cuisine plus traditionnelle : bretzels et forêt noire. J’ai donc été ravie par la variété de nourriture proposée, même si le multiculturalisme fait qu’il est de plus en plus difficile de trouver des adresses typiques. Pour autant je ne regrette pas les restaurants où je suis allée, car n’étant sur place que trois jours, il fallait de toute façon faire des choix.

Blair Witch 2019

Je suis dans une forme olympique et j’ai recommencé à jouer sur PC et à délaisser ma chère Xbox. Munie d’un nouvel ordinateur tout neuf, d’une carte graphique au niveau, d’un SSD convenable et d’une RAM qui me donne l’impression d’être dans une navette spatiale avec Brad Pitt, j’ai donc relancé Steam et ma consommation de jeux vidéo. Après quelques sessions de PUBG, je suis rapidement tombée sur un produit qui me faisait de l’oeil depuis le magasin Steam : Blair Witch.

Il faut dire que l’horreur et moi, ça fait bon ménage. Je suis moins souvent déçue par les jeux que les films d’horreur (oui Blair Witch 3, ne te cache pas on sait que c’est toi la pire blague du cinéma en 2016), mais quand c’est vraiment angoissant, c’est l’enfer sur Terre. Penumbra si tu m’entends, je pense encore bien fort à toi. Et comme je ne fais pas les choses à moitié, j’ai revu le Projet Blair Witch et ai été bluffée par la justesse des décors adaptés dans le jeu. A juste titre puisque ce n’est autre que Lionsgate Games (entre autres) qui s’est chargé de l’édition.

Comparativement au film, on est encore plus plongé dans un réalisme saisissant car les personnages du film ont au moins une carte et une boussole. Pour nous, que dalle. Une lampe torche, un chien et nous voilà dans une forêt où tous les arbres se ressemblent, où on a plus que l’impression de repasser plusieurs fois au même endroit et où jour et nuit se confondent. Bullet, notre chien, est le personnage secondaire qui mérite un Oscar cette année. Sans lui, je ne sais pas comment j’aurais pu faire pour aller au bout de l’intrigue. C’était un choix de ma part de le garder car il nous est proposé à plusieurs reprises de l’abandonner (notamment lorsque nous le portons dans nos bras, j’ai marché jusqu’à l’épuisement dans une boucle de forêt qui n’en finissait pas, mais j’ai bien réussi à finir le film sans avoir du abandonner mon chien). A savoir qu’il y a plusieurs fins disponibles et que j’ai du avoir la plus sympathique (toutes proportions gardées) car j’ai passé pas mal de temps à appeler Bullet, à le suivre de près, le câliner et même lui donner à bouffer. Plus pour me rassurer moi que lui je l’avoue.

Les décors justement sont (malgré quelques bugs où j’ai du relancer la partie) d’une justesse totale et d’une immersion psychédélique poussée. Les effets de jour, de nuit et d’altération de la réalité m’ont vraiment convaincue. Je ne rentre sciemment pas dans les détails car je ne souhaite pas dévoiler plus d’intrigue que nécessaire mais sachez qu’à côté le film ne fait pas vraiment peur. Pour autant, la sensation de peur repose surtout sur la situation de précarité balistique du personnage : juste une lampe torche pour faire peur aux monstres, comme Alan Wake. Plus on échoue, moins on a peur face aux monstres, car on rentre dans une habitude de jeu. J’ai du « mourir » (qui consiste en un léger blackout qui nous fait revenir quelques pas en arrière) une petite poignée de fois dans tout le jeu mais surtout lors de l’épisode final. Le reste du temps, j’étais heureuse que Bullet soit là pour m’avertir du danger. Il y a également beaucoup d’items à ramasser, même si j’en ai loupés plein à la fin car je ne faisais que regarder mes pieds (il y a une raison à ça, ce n’est pas simplement parce que je n’étais pas rassurée). Vous pouvez aussi beaucoup vous amuser avec le peu d’objets que vous avez sur vous, dont un téléphone portable vieillot style Nokia à l’ancienne, où j’ai pris le temps de décompresser en jouant à Snake et appelant chaque personne de mon répertoire lors des rares moments où j’avais du réseau.

Allez je résume avant de trop m’emballer :

– la peur s’estompe au fur et à mesure que le jeu avance (sauf pour le dernier épisode) et repose principalement sur le manque d’arme que sur une réelle mise en danger du personnage (un jumpscare m’a toutefois bien surprise et les passages à la caméra infrarouge olala)
– les décors et les effets de distorsion sont très bien faits et reprennent avec brio ceux du film
– quelques bugs selon les situations où vous vous trouvez (il est possible que vous n’en n’ayez aucun)
– plusieurs fins différentes, ce qui me fait penser qu’il faut que j’y retourne pour essayer de trouver les autres fins sans avoir à réprimander mon chien…

Piège pour Cendrillon [Théâtre Michel]

Un splendide Azzopardi comme je les aime. Adorant ce metteur en scène, j’ai profité de la première semaine de représentations pour m’offrir les places aux prix réduits en carré VIP, liées au lancement pour faire un peu de publicité quand une pièce commence et cherche à se faire connaître. Je précise qu’il était inutile de m’offrir une coupe de campagne pour que je me décide à dire du bien de cette pièce, que j’ai énormément appréciée (même si La Dame Blanche reste pour moi l’indétrônable, devant Chapitre XIII – pour ne citer que les thrillers). Si tu cliques sur les liens, tu tomberas sur mes précédents articles sur ces pièces.

D’une durée courte (1h20 rappels compris), Piège pour Cendrillon est une adaptation du livre de Sébastien Japrisot paru en 1963. L’intrigue de base est simple : une jeune femme est retrouvée vivante, mais avec des complications physiques et mentales, après avoir subi l’incendie d’une propriété, où une autre femme a perdu la vie. Souffrant d’amnésie, elle ne se souvient plus de beaucoup d’éléments, jusqu’à ne plus savoir ce qu’elle faisait à cet endroit … et avec qui. La suite (et surtout le dénouement dont je ne parlerai évidemment pas) est nettement plus complexe. J’avoue avoir voulu raconter la pièce à mes parents et j’ai eu beaucoup de mal à leur décrire l’histoire et les rebondissements car il faut vraiment les vivre pour les comprendre et les apprécier à leur juste mesure.

J’ai été bluffée par les 4 acteurs et encore plus les deux actrices principales Alyzée Costes et Nassima Benchicou, qui excellent dans les retournements de situation et de tempérament. La mise en scène est impeccable (exemple sur l’image plus haut), comme toujours chez Azzopardi, grâce aux mélanges de musiques, de lumières, d’effets, qui permettent une immersion totale et un sentiment de vivre l’histoire avec ses protagonistes.

J’espère que cette pièce fera un carton car elle continue dans la lignée des spectacles différents des théâtres de boulevard et autres lieux communs qu’on ne voit que trop. Encore bravo aux acteurs et à tout le staff qui nous permettent de découvrir de belles pépites comme celle-ci.

Au théâtre Michel, au moins jusqu’au 30 novembre 2019.

Fabrice Luchini [Théâtre De La Porte Saint Martin]

On ne m’arrête plus ! Hier encore à la même heure je ne savais pas que j’irai voir Fabrice Luchini le soir même, les surprises de la vie parisienne. Je ne l’avais d’ailleurs jamais vu sur scène, voilà donc une bonne chose de faite.

Pour ce spectacle, créé en 2017 et intitulé « Des écrivains parlent d’argent », Luchini est censé nous lire des passages de grands auteurs parlant justement des sous, de la monnaie, du capitalisme. Mais finalement plus que lire, Luchini incarne les textes qu’il semble connaître par cœur et ne lit donc quasiment pas. De Karl Marx à Céline, en passant par Charles Péguy (que j’ai été ravie de découvrir), les mots s’enchaînent pour vibrer dans la représentation qui en est faite.

Pour être tout à fait honnête, j’ai eu du mal pendant la première demi-heure. Les textes que je ne connaissais pas me semblaient peu incisifs, voire fatigants et j’avais des difficultés à maintenir mon attention sur ce qui se disait, mon esprit vagabondant. Et même si j’ai franchement ri par la suite et apprécié également les passages de La Fontaine ou Emil Cioran, il n’en reste que Luchini est un personnage, qu’on adore ou qui nous gêne. Beaucoup de tergiversations, de redites, de bons mots pompeux, ont fait que je n’ai pas forcément apprécié le spectacle comme je l’aurais pu. Il va sans dire que Luchini est un homme de scène également et qu’il fait participer le public. Quelle magnifique tirade échangée entre les spectateurs et lui, ces échanges, ces rires partagés. C’est en outre cela le théâtre. Bien que les dires en eux-mêmes ne m’ont pas subjuguée, j’ai été conquise par la portée de la culture et les interactions continuelles entre l’artiste et la salle.

Représentations jusqu’à fin octobre au Théâtre de la Porte Saint-Martin, 18 boulevard Saint-Martin, Paris.

Gaspard Proust [Comédie des Champs-Elysées]

Fiou moi qui comptais rédiger ce billet demain, je précipite un peu les choses car je ne vais pas voir 3 représentations en 5 jours, mais 4. Le prochain était ce soir et le dernier demain, je pose mes idées à plat avant d’être toute embrouillée par tant de culture.

J’avais vraiment adoré Gaspard Proust Tapine, qui date de bien des années déjà. Et c’est tout à fait par hasard que je me suis rendue compte que son « nouveau spectacle » (c’est bien le nom de sa tournée qui a commencé depuis deux ans) tendait vers les dernières représentations. Ni une ni deux, j’ai pris la il y a une semaine un billet pour dimanche dernier, parce qu’en ce moment il fait moche à Paris et il faut bien mêler l’utile à l’agréable.

Gaspard Proust est méchant. On peut le résumer ainsi et je sais que nombre de ses blagues pourraient être censurées. Tout le monde (certains plus que d’autres) en prend pour son grade, mais que cela fait plaisir de rires de blagues qu’on ne pourrait pas forcément dire en société aujourd’hui. Commençant son show par une longue introduction liée à l’actualité (ce dimanche c’était donc Chirac, seveso et attentat au couteau), l’artiste enchaîne pendant 1h30 de spectacle. Malgré un petit coup de mou assumé vers les 3/4 du show, avec un laïus lu, Gaspard Proust parvient à faire rire à chaque envolée humoristique. Sans être une fan inconditionnelle, j’apprécie cet humour caustique, cynique et bougrement intelligent, nous faisant porter un certain recul sur les aberrations de notre société actuelle.

Juste pour info, si cela peut servir à certains, mon portefeuille étant malmené ces derniers temps, j’ai pris la place la moins chère possible, tout au bout de la salle, mais cette dernière étant petite je n’ai au aucun problème pour voir ou entendre tout ce qui se passait (preuve avec la photo). Vous pouvez donc choisir à peu près n’importe quelle place les yeux fermés.

N’écoutez Pas Mesdames [Théâtre de la Michodière]

Cette semaine sera culturelle sur mon blog puisque je me suis programmée trois théâtres en cinq jours.

Commençons tout d’abord par N’écoutez Pas Mesdames, pièce de Sacha Guitry jouée au théâtre de la Michodière à Paris, avec comme acteur principal Michel Sardou.

Les représentations de cette version de la pièce sont récentes puisque le spectacle a commencé à la mi-septembre seulement. De mon côté j’étais bien située (troisième rang devant la scène) même si plus ou moins bien installée (il ne restait qu’un strapontin quand j’ai pris mon billet). Portée par Michel Sardou (évidemment accompagné d’acteurs excellents que je ne citerais pas tous car ils étaient presque une dizaine), la pièce a ses hauts et ses bas, mais reste au global d’un bon acabit. J’ai par exemple trouvé poussif le prologue : pas assez de voix, pas assez de ton, et s’en dégageait un sentiment de réciter un texte scolairement plutôt que de le jouer. Fort heureusement, la suite de la pièce m’a montré qu’il ne fallait pas se fier à la première impression. Nicole Croisille est toujours aussi délurée et, malgré le rôle, naturelle et fraîche. Les costumes sont magnifiques (surtout pour mesdames) et l’intrigue ne se repose pas uniquement sur les quiproquos propres au théâtre de boulevard (ce que j’exècre pas mal).

Je ne dirais pas forcément que la pièce m’a rabibochée avec le style vaudeville mais j’ai bien apprécié le jeu des acteurs et les blagues, qui pour certaines font mouche pour toute la salle, et d’autres plus subtiles, qui peuvent passer inaperçues pour certains spectateurs. N’écoutez Pas Mesdames est représentatif du théâtre de Guitry et il bénéficie ici d’une distribution au poil. Je pense aussi qu’il y avait pas mal de groupies de Sardou dans la salle !