Mois: février 2017

Sorties (au) ciné février 2017

Mois le plus court de l’année, mais pourtant celui où je n’étais pas allée autant de fois au cinéma depuis longtemps. Il faut dire que beaucoup de (plus ou moins) bons films sont sortis en ce début d’année, aussi bien du côté américain que du côté français. Retour donc sur les 8 films que je suis allée voir ce mois.

Le Cercle – Rings

Fan des livres originaux de Kôji Suzuki (à qui l’on doit pour le grand public la saga Ring et Dark Water), j’avais été déçue des adaptations américaines faites il y a une quinzaine d’années maintenant. Je ne saurais dire pourquoi Ring revient maintenant au goût du jour, mais voilà, le mal est fait. Rings n’est pas un bon film, c’est un nanar dans le bon sens du terme : « il amuse par ses défauts ». En effet, les UGC s’opposant de plus en plus à la diffusion des films d’horreur, c’est le cinéma de Châtelet qui permet encore d’en voir quelques uns. A l’heure de la sortie du travail, je me doutais que la séance serait, disons, dissipée. Elle l’a été, en bien moins pire que ma séance d’Annabelle à titre d’exemple. Mais c’est bien la première fois que je n’en avais rien à faire, cela ne m’a même pas énervée. On sentait que les spectateurs n’étaient pas là pour mettre le bazar, mais qu’ils se sont retrouvés comme moi devant un film nul. Alors tant qu’à être là, autant en rire. Rings peut faire peur à ceux qui ne sont pas habitués des films d’horreur et ne s’attendront pas à certaines surprises, mais franchement, le coup du jumpscare avec le chien qui aboie … Le film n’est pas bon – j’étais pourtant contente d’y voir notre ami de TBBT Johnny Galecki – mais l’important c’était finalement de passer un bon moment devant un nanar so 90’s.

film-le-cercle-rings-photo-2-20170213153158-v2

Jackie

Natalie Portman en Jackie Kennedy, une icône représentant une autre icône, c’est dire si le casting faisait parler de lui longtemps avant la sortie officielle du film. Personne n’ignore le destin tragique de son mari, mais cela était un bon pari de prendre le point de vue de Jackie afin d’illustrer un des passages les plus marquants de la vie politique américaine. Souhaitant volontairement passer rapidement sur la tuerie en elle-même, le film en devient très plat. Les talents d’actrice de Natalie Portman ne sont plus à démontrer, mais cela ne suffit pas à sauver le film car elle ne peut pas le porter à elle seule. Ayant un fil directeur assez simplet, Jackie va se contenter d’être une succession de scènes dramatiques et de démonstration de force, sans véritablement créer un sentiment d’immersion.

Seuls

Je ne connaissais pas Seuls, pas même de nom. J’ai découvert l’univers par la bande-annonce, qui n’a réussi qu’à me faire penser à la série de livres d’Autre-Monde de Maxime Chattam. Pour faire simple : une petite poignée d’adolescents se réveillent dans leurs quartiers ne montrant plus aucune trace de vie, avec un brouillard approchant des limites de leur ville. Bien que sensiblement tourné vers les adolescents, le film dénote d’une certaine maturité. Je trouve dommage de devoir le souligner mais Seuls est un long-métrage français, mais qui assume complètement sa périphérie et ses environnements urbains.

seuls_film

Tournées en grande partie en banlieue de Pontoise à la Défense (quoi de plus simple pour filmer des paysages vides que l’esplanade de la Défense alors que le jour se lève à peine), les scènes ne trichent pas avec pléthore d’effets spéciaux mais essayent de montrer ce qu’il y a de plus effrayant, mais également de plus beau, dans la sensation de solitude. Déjà vus par-ci par-là, les acteurs n’en sont pas à leur coup d’essai et sont globalement dans le bon ton. J’ai été déçue par une fin un peu trop attendue mais ce n’est ici qu’une adaptation, il est donc difficile de critiquer l’histoire en elle-même. Je m’attendais à une espèce de remake français du Labyrinthe ou autre adaptation à la mode mais c’était une bonne petite découverte pour ma part.

A Cure For Life

De son nom original A Cure for Wellness (il faudra m’expliquer pourquoi le titre français reste un titre en anglais mais différent), A Cure for Life suit un jeune financier envoyé dans les Alpes Suisses pour récupérer un collègue qui a souhaité partir quelques temps en cure. En cure de quoi ? Bah c’est assez difficile à dire. Je dirais comparable à un centre thermal bien sous tout rapport. Du moins dans la première demi-heure du film.

cure_for_life_medecin_1

On retrouve Gore Verbinski à la réalisation (qui ne fera hélas pas l’adaptation du tant attendu Bioshock – personne ne la fera en fait), avec Dane DeHaan et Jason Isaacs (aaah Lucius Malefoy) en tant qu’acteurs principaux, accompagnés par la jeune Mia Goth, qu’on avait déjà vue dans Nymphomaniac. A Cure for Life m’a bien plu mais les critiques post séance m’ont assez refroidie. Il m’a plu car je suis rentrée dans l’intrigue d’un seul coup, pour n’en ressortir que 2h30 après. Alors bien sûr il y a un lot d’incohérences qui dépasse beaucoup la suspension d’incrédulité, mais pour autant j’ai été scotchée sur mon siège du début à la fin du film. Au premier visionnage de la bande-annonce, mon cerveau a directement fait tilt en pensant « Shutter Island« . En effet, le film montre des rapports évidents avec lui, mais ouvre de nouvelles perspectives. Je ne vous cache pas que je n’ai pas tout compris tout le temps, mais l’ambiance angoissante et l’aspect esthétique du film sont particulièrement bien réussis pour prendre plaisir à le regarder.

Alibi.com

Ok ok, vient là le moment où j’avoue que des films facilement critiquables me plaisent. Je suis fan de Philippe Lacheau depuis peu puisque je l’ai connu via le premier Babysitting. Très drôle et surtout très frais dans un cinéma français un peu rabougri, j’ai pourtant été un peu déçue par le second. Alibi.com est donc arrivé comme un changement dans une espèce de continuité : on reste sur le même style comique mais on arrête de verser dans une licence qui va vite devenir redondante.

xvmf726d3ac-f9de-11e6-83e9-2b95c0320b9a

Avec des acteurs connus et reconnus (Didier Bourdon, Nathalie Baye, Michèle Laroque…), mais aussi des participants divers (La Fouine, JoeyStarr, Norman …), le film maîtrise parfaitement le comique de situation, où (quasiment) chaque action du film aura ses répercussions à un moment où à un autre. Et bien souvent quand on s’y attendra le moins. Evidemment, il y a des scènes équivoques où on saura à quoi s’attendre, mais là encore, on parvient à être surpris, notamment par des références, par exemple, à Assassin’s Creed ou François Hollande, tombées d’on ne sait où mais qui font leur petit effet. Alibi.com est ce qui se fait de mieux dans le comique cinématographique français de ces dernières années et cela fait du bien de rire un peu. Beaucoup.

Chez Nous

Olala encore un film français, mais qu’est-ce qui m’arrive ? Hé bien j’adore André Dussollier et j’aime beaucoup la politique. Le sujet de ce film ? La montée du Front National en toile de fond, mais en premier plan une femme (de père communiste) qui va se porter candidate dans le Nord sur des listes électorales très à droites. Le principal enjeu de ce film étant les relations entre les personnages et les réactions – souvent malavisées – des voisins / amis / collègues quand ils apprennent pour qui elle vote. Deux points de vue donc : d’un côté est-ce renier qui l’on est en votant FN ou de l’autre, est-ce plutôt renier quelqu’un qu’on a toujours connu et qui est le même, sous prétexte de savoir quel bulletin il met dans l’urne ? Ne prenant absolument pas parti, le film va montrer les petits bas coups bas de la politique et l’intérieur des campagnes. Pour avoir déjà pris part à des campagnes électorales en étant colistière municipale, je me suis peut-être plus sentie concernée par l’ambiance décrite que tout un chacun. Pour autant, le film est abordable et va plutôt critiquer le système et mettre en avant l’affect des personnages, plutôt que de faire l’apologie d’un parti ou un autre. Un peu longuet dans sa première moitié, ce n’est pas le film de l’année, mais il a l’avantage de traiter la politique sous un angle particulier : en ne parlant presque pas de politique.

Raid Dingue

Je ne m’en sers pas comme d’une excuse mais je suis allée voir Raid Dingue suite à la critique dithyrambique faite par Durendal. Prétendûment film comique je ne l’ai pas trouvé si drôle que cela. Attention, je n’ai pas dit « nul », mais il était plus sérieux qu’il n’en avait l’air au visionnage de la bande-annonce. Sans faire du prosélytisme, je ne suis pas sortie de ce film avec des barres au ventre tellement j’avais ri, mais plutôt avec la fierté d’avoir un groupe d’intervention qui nous protège en cas d’attaque et en mettant pourtant la vie de ses membres en péril à chaque sortie.

Le film va mettre en avant un certain nombre de gags mais c’est le budget effets spéciaux qui m’a complètement soufflée. Je ne vais pas vous spoiler mais sachez qu’ils font exploser un grand moment français (non, pas la Tour Eiffel, quelque chose de bien moins attendu) que jamais je n’aurais imaginer voir exploser dans un film. Et surtout avec une netteté de traitement si propre. Raid Dingue n’est pas le film de l’année – j’ai préféré les autres cités plus haut – mais cela reste du divertissement, que Dany Boon a cette fois-ci axé sur un thème un peu plus grave.

Split

split-5729

Avec A Cure for Life (et prochainement T2 et Alien Covenant), Split était l’un des films que j’attendais le plus en ce début d’année. ATTENTION ! Ne regardez pas la bande-annonce pour apprécier au maximum ce film. Il est vraiment dommage de se gâcher un film de M. Night Shyamalan et je trouve que la BA en apprend déjà un peu trop.

Chapeau bas à James McAvoy pour l’incarnation des multiples personnalités présentes dans ce film. Je n’ai jamais vu aussi pertinent depuis l’époque de United States of Tara avec le talent de Toni Collette. Le film est bon mais j’ai trouvé que trop de détails étaient dévoilés dans la bande-annonce, qu’il aurait été plus cohérent de garder secrets. Pour autant l’ambiance est très travaillée, avec des moments de huis clos à la 10 Cloverfield Lane et des questionnements d’ordre physique et psychologique assez travaillés. Hélas, on voit la fin venir (je ne parle pas de la « toute toute toute fin » présente après le dénouement mais avant le générique de fin, que je ne m’attendais absolument pas à voir) car tout est délicatement distillé au fil du long-métrage, contrairement aux premiers films du réalisateur. Un bon cru toutefois du Shyamalan 2016, qui nous promet manifestement de belles choses à venir …

Publicités

J’ai testé : l’isolation sensorielle

Je continue donc sur ma lancée, qui était de découvrir des endroits isolites dans Paris. J’ai allié sciences et curiosité en passant une heure dans un caisson d’isolation sensorielle.

C’est quoi un caisson d’isolation sensorielle ? Egalement appelé caisson de flottaison / caisson de privation sensorielle, il permet d’isoler les sens du corps face au monde extérieur. Dans le caisson, je n’avais aucun son, aucune lumière, et beaucoup moins de pesanteur (j’étais immergée dans 1000 litres d’eau, dont 500 kilos de sel). S’ajoute à cela la disparition du sentiment de froid / chaud, puisque l’eau est à température corporelle, et celle du toucher puisqu’il est fortement conseillé d’être dans le plus simple appareil.

Pour bien comprendre les usages et le caisson dans le détail, je vous conseille la vidéo ci-dessous de Dans Ton Corps / Julien Ménielle ; celle-là même qui m’a fait découvrir ce système et le centre de flottaison que j’ai testé dans Paris : Les Bulles à Flotter :

Une fois sur place, cela ressemble en tous points à ce que vous pouvez voir dans la vidéo. Pour ceux qui ne l’ont pas regardée, je vous fais un topo rapide. Après quelques règles logiques à respecter (pas d’épilation trop récente pour ne pas se faire piquer par le sel, ne pas effectuer la séance quand on a une otite ou quand on est claustrophobe), on m’a présenté de fond en comble la salle où j’allais passer la prochaine heure de ma vie. Très compétent et accueillant, le personnel m’a également expliqué quelques règles de base pour que tout se déroule bien et m’a rassurée quant aux effets que je pourrais ressentir et aux pensées que je pourrais avoir.

Douche, nécessaire de toilettes, serviette de bain … tout est déjà sur place dans la pièce individuelle que vous aurez à disposition. Vous vous doucherez avant avec un gel au PH neutre et après … pour enlever tout le sel. Je vous conseille également d’utiliser les boules Quies qui vous seront données, sachant que vos oreilles seront sous l’eau pendant toute l’heure. J’ai choisi de passer la séance en totale immersion, c’est-à-dire dans le noir, enfermée totalement dans le caisson, sans musique. Je précise qu’il est tout à fait possible de l’effectuer avec une source de lumière et de son.

c700x420

Concernant la séance en elle-même, je dois dire qu’elle a passé vite. Je me suis glissée dans l’eau avec plaisir, grâce à la température de plus de 34 degrés. N’ayez pas peur, il y a de la place dans le caisson ! Les premières et dernières minutes sont accompagnées d’une musique douce (que vous choisissez vous-même), pour permettre une immersion et un « réveil » tranquille. Je dois vous l’avouer, j’ai eu du mal à trouver ma position pendant les dix premières minutes. En effet lors d’une première séance, il est difficile de directement lâcher prise. Cela peut paraître étrange, mais je n’osais pas me relaxer. Le fait de flotter à ce point est assez perturbant mais il faut faire confiance et relâcher complètement ses muscles.

Fait assez bizarre, je ne me souviens plus vraiment de la séance en elle-même, bien que je me souvienne ne pas avoir dormi. J’ai réfléchi … mais pas tant que ça. J’ai gesticulé … mais pas tant que ça. J’ai écouté et regardé … mais il n’y avait rien à entendre et rien à voir. Finalement, je me suis ressourcée. Une fois sortie, je me sentais vivifiée, « décrassée » même. Après une bonne douche et une tisane offerte par la maison, j’ai pris le métro comme si j’étais encore dans ma bulle, avec un sourire béat sur le visage. Je sentais mon dos beaucoup plus relâché, avec moins de tension dans les muscles. Et, ce qui ne m’était pas arrivé depuis des mois, je me suis endormie comme une masse et ai dormi comme un bébé pendant une dizaine d’heures !

homme-bulle

Hélas non je n’ai pas eu d’hallucinations ou d’expériences de voyage astral / sortie de corps, mais je n’y allais pas en cherchant cela à tout prix. Cela aurait été un super bonus, mais je ne m’y attendais pas. D’autant plus que c’est assez rare pour une première séance, où l’on découvre et met de côté son appréhension plus que l’on pourrait profiter lors d’autres séances.

Pour conclure, je conseille cette pratique et ce centre pour l’aspect relaxant et novateur pour le grand public. Il faut dire que c’est assez rare de se détendre à ce point en plein Paris. Pour le centre en lui-même, vous serez très bien accueilli et renseigné, comparativement à un centre de thalassothérapie. Il faut compter 60 euros pour une première séance, ce qui vous permettra déjà de savoir si vous souhaitez renouveller l’expérience ou non. Pour ma part, je ne regrette absolument pas de m’être lancée dans ce grand bain.

Resident Evil : Chapitre Final

Vous l’aurez compris, 2017 est décidément l’année Resident Evil, entre le nouveau jeu, le nouveau film et très bientôt le nouveau film d’animation. Que dire donc de ce prétendu chapitre final censé terminer la saga commencée en 2002 déjà ?

resident-evil-final

Je pense que ce film est à réserver aux fans, même si cela comprend ceux qui seront sûrement le plus déçu en cas de coup dur. Pour autant, ce chapitre final n’est pas le pire de la saga, il est pour moi dans la moyenne de ce que nous aurions pu attendre. Le premier était plutôt bon, mais les épisodes suivants (Resident Evil: Apocalypse (2004) et Resident Evil: Extinction (2007)) étaient d’un niveau nettement inférieur. Il a fallu attendre le retour de Paul W. S. Anderson à la réalisation et surtout la musique dynamique de Tomandandy pour obtenir des deux autres volets (Resident Evil: Afterlife (2010) et Resident Evil: Retribution (2012)) quelque chose de plutôt correct. Quinze ans après le commencement de la saga d’Alice, qu’en est-il de ce final chapter ?

Premièrement, on suit la ligne directrice des précédents films, en misant plus sur l’action que sur le survival horror, même si certains jump scare parsèment le long-métrage. Deuxièmement, on sent l’inspiration des jeux vidéo de plus en plus lointaines, en particulier concernant le scénario et la présence des clones, même si nous avons le droit de retrouver Albert Wesker et Claire Redfield. Pour Leon, Chris et Ada, ils ont complètement disparu de l’histoire alors qu’ils faisaient partie des personnages les plus charismatiques. Un mauvais point donc. Pour le reste, le pouvoir de la bande originale est là, avec des effets spéciaux très poussés et une 3D qui suit bien le mouvement, les deux derniers ayant sûrement nécessité un budget conséquent.

L’histoire en elle-même n’est pas folle, mais le design des villes détruites et des zombies permet de faire abstraction des gros points noirs du scénario (comme le fait de vouloir verrouiller les portes d’un complexe top secret, pile au moment où les protagonistes arrivent sur place alors qu’il aurait été simple de les fermer au moins des heures, voire des jours avant). Egalement, quelle ne fut pas ma surprise en voyant la présence flagrante du sponsor BMW alors que le film d’animation en 3D prévu pour le mois de mai (Resident Evil : Vendetta) est produit par … Ducati. Ca a du batailler sec pour obtenir tantôt le sponsoring du film live, tantôt celui du film d’animation.

re2_wcms_configure-teaser

On pourra dire beaucoup de choses négatives sur ce film mais il a au moins le mérite d’être droit dans ses bottes en apportant les réponses aux questions soulevées dans les précédents opus. On assiste à une vraie fin, même si cette dernière montre qu’on pourrait continuer à produire d’autres films dérivés …