Mois: octobre 2009

Se taire, regarder, écouter et applaudir.

Nous avions rendez-vous devant les locaux de France Télévisions à 16h30 pour l’enregistrement d’une émission sportive programmée en direct une heure après. Les locaux, et quels locaux, lumineux – très télévisuels – et immenses. Nous étions une vingtaine d’étudiants issus de plusieurs écoles de commerce rassemblés pour l’occasion, plus par curiosité que par intérêt du sport. Nous attendions patiemment dans le hall jusqu’à ce qu’une jeune dame se charge de nous. Nous descendons d’un étage où un vestiaire et une collation nous attendent. Autour de nous, des dizaines de télévision projetant en simultané les émissions du groupe de la chaine. Quelques dizaines de minutes après, nous nous mettons à suivre la demoiselle nous ayant auparavant fait descendre à cet étage inférieur, nous interrompant en plein visionnage du match de rugby transmis sur les écrans. Cette dernière s’attarde de longues minutes sur nos hauts multicolores, seule contrainte du dress code de l’émission, pour nous placer en fonction d’eux, évitant gracieusement le ton sur ton et tentant de dissimuler sur les côtés les teintes trop criardes. Mangeant des gâteaux apéritifs, nous regardons les préparatifs du direct, nos yeux oscillant entre les réglages des caméras et les petits papiers de dernières minutes à l’intention du présentateur.
Pendant l’émission, nous applaudissons à la baguette et nous crions derechef, prêts à faire entendre notre vigueur et notre contentement. Nous remplissions notre mission à la perfection. Avec joie. Et sans cynisme. Aucun impair du côté de France Télévisions qui sait mettre les petits plats dans les grands pour nous satisfaire et faire en sorte que nous passions un bon moment, nous étudiants invités, aussi jeunes et délurés puissions-nous être.

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Nous avons rendez-vous devant les locaux de France Télévisions à 16h30 pour l’enregistrement d’une émission sportive programmée en direct une heure après. Et quels locaux, lumineux – très télévisuels – et immenses. Nous sommes une vingtaine d’étudiants issus de plusieurs écoles de commerce rassemblés pour l’occasion, plus par curiosité que par réel intérêt du sport. Nous attendons patiemment dans le hall jusqu’à ce qu’une jeune dame se charge de nous. Puis nous descendons d’un étage où un vestiaire et une collation nous attendent. Autour de nous, des dizaines de télévision projetant en simultané les émissions du groupe de la chaine. Quelques dizaines de minutes après, nous nous mettons à suivre la demoiselle nous ayant auparavant fait descendre à cet étage inférieur, nous interrompant en plein visionnage du match de rugby transmis sur les écrans. Cette dernière s’attarde de longues minutes sur nos hauts multicolores, seule contrainte du dress code de l’émission, pour nous placer en fonction d’eux, évitant gracieusement le ton sur ton et tentant de dissimuler sur les côtés les teintes trop criardes. Mangeant des gâteaux apéritifs, nous regardons les préparatifs du direct, nos yeux oscillant entre les réglages des caméras et les petits papiers de dernières minutes à l’intention du présentateur.

Pendant l’émission, nous applaudissons à la baguette et nous crions derechef, prêts à faire entendre notre vigueur et notre contentement. Nous remplissions notre mission à la perfection. Avec joie. Et sans cynisme. Aucun impair du côté de France Télévisions qui sait mettre les petits plats dans les grands pour nous satisfaire et faire en sorte que nous passions un bon moment, nous étudiants invités, aussi jeunes et délurés puissions-nous être.

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Achievement (not yet) Unlocked

Pas plus tard qu’hier, j’ai été accostée en pleine rue par une de ces petites pestes de 12-13 ans se croyant déjà les reines du pétrole. Notre altercation dura à peine quelques secondes, le temps pour elle de prouver à son groupe de filles fanatiques, faisant toutes partie de la même horde, qu’elle méritait son rôle de cheftaine en osant parler aux inconnus dans la rue pour leur poser des questions idiotes.
Je l’avais vue venir à une centaine de mètres au moins, quand, distraite par mon écran de portable et mes écouteurs aux oreilles, j’avais vu cette petite bande pitoyable se moquer ouvertement d’une fille passant près d’elle, sans aucun doute une camarade de classe, qui avait le défaut d’être quelque peu replète.
Cette succession d’actions aussi indépendantes de moi soient-elles me mirent dans une colère anti-jeunesse primaire. En repensant au visage de cette persécutrice juvénile, je ne pense pas à sa beauté désuète mais au seul mot pétasse qui me résonne à l’esprit.
L’esprit, chose qu’elle n’a à ce jour apparemment pas.

Pas plus tard qu’hier, j’ai été accostée en pleine rue par une de ces petites pestes de 12-13 ans se croyant déjà les reines du pétrole. Notre altercation dura à peine quelques secondes, le temps pour elle de prouver à son groupe de filles fanatiques, faisant toutes partie de la même horde, qu’elle méritait son rôle de cheftaine en osant parler aux inconnus dans la rue pour leur poser des questions idiotes.

Je l’avais vue venir à une centaine de mètres au moins, quand, distraite par mon écran de portable et mes écouteurs aux oreilles, j’avais vu cette petite bande pitoyable se moquer ouvertement d’une fille passant près d’elle, sans aucun doute une camarade de classe, qui avait le défaut d’être quelque peu replète.

Cette succession d’actions aussi indépendantes de moi soient-elles me mirent dans une colère anti-jeunesse primaire. En repensant au visage de cette persécutrice juvénile, je ne pense pas à sa beauté désuète mais au seul mot pétasse qui me résonne à l’esprit.
L’esprit, chose qu’elles n’ont à ce jour apparemment pas.

Quand je jouais ma vie entre leurs jolis doigts …

J’aime ce qu’on m’interdit
Les plaisirs impolis
J’aime quand elle me sourit
J’aime l’infirmière maman
Ô Dieu oui qu’elle était belle cette infirmière.
J’ai toujours eu un faible pour les brunes. C’était une brune comme on n’en fait plus, avec une légère coupe au carré qui inspirait la justesse de la sévérité mais dont les cheveux décoiffés laissaient transparaître leur grain de folie. Elle venait me voir tous les jours, plusieurs fois par jour. Mais elle ne faisait pas comme celles qui rentraient simplement dans ma chambre pour voir si tout était bien rangé et s’en allaient en baissant les yeux de peur de croiser mon regard mi-colérique mi-endormi, mais surtout empli d’aliénation. La raison de mon séjour ici.
Je ne fis pas attention à elle la première fois où je la vis mais c’est en la regardant plus attentivement que j’ai compris que la beauté ne pouvait être que féminine. Le soir, je la regardais de la lucarne de ma chambre finir son service et rentrer chez elle à pied. Elle portait tous les mardis une robe noire floquée de pois blancs, le tout parfaitement assortie à son teint clair et ses cheveux d’ébène.
Quelques jours après ma sortie, après la fin de ce séjour qui ne sera pas le dernier, nous sommes allées discuter autour d’un verre. Je me rendis compte que ses qualités ne se limitaient pas à sa beauté ; elle était distinguée, très cultivée et incroyablement fascinante. Je ne vivais la semaine que pour ces rendez-vous hebdomadaires du vendredi, toujours au même café et à la même heure. Je ne vivais que pour cette alchimie temporaire qui me rendait euphorique au plus haut point.
C’est le jour de décembre où j’ai appris qu’elle était mariée que mes crises d’hystérie ont repris et que j’ai dû me faire de nouveau interner.

nurse

J’aime ce qu’on m’interdit, les plaisirs impolis.
J’aime quand elle me sourit, j’aime l’infirmière Maman.

Ô Dieu oui qu’elle était belle cette infirmière.
J’ai toujours eu un faible pour les brunes. C’était une brune comme on n’en fait plus, avec une légère coupe au carré qui inspirait la justesse de la sévérité mais dont les cheveux décoiffés laissaient transparaître leur grain de folie. Elle venait me voir tous les jours, plusieurs fois par jour. Mais elle ne faisait pas comme celles qui rentraient simplement dans ma chambre pour voir si tout était bien rangé et s’en allaient en baissant les yeux de peur de croiser mon regard mi-colérique mi-endormi, mais surtout empli d’aliénation. La raison de mon séjour ici.

Je ne fis pas attention à elle la première fois où je la vis mais c’est en la regardant plus attentivement que j’ai compris que la beauté ne pouvait être que féminine. Le soir, je la regardais de la lucarne de ma chambre finir son service et rentrer chez elle à pied. Elle portait tous les mardis une robe noire floquée de pois blancs, le tout parfaitement assortie à son teint clair et ses cheveux d’ébène.

Quelques jours après ma sortie, après la fin de ce séjour qui ne sera pas le dernier, nous sommes allées discuter autour d’un verre. Je me rendis compte que ses qualités ne se limitaient pas à sa beauté ; elle était distinguée, très cultivée et incroyablement fascinante. Je ne vivais la semaine que pour ces rendez-vous hebdomadaires du vendredi, toujours au même café et à la même heure. Je ne vivais que pour cette alchimie temporaire qui me rendait euphorique au plus haut point.

C’est ce jour de décembre, où j’ai appris qu’elle était mariée, que mes crises d’hystérie ont repris et que je dus me faire de nouveau interner.