Lui

Addicted

Addicted au téléphone, aux hommes, tout pour gâcher une soirée. Regarder son téléphone et voir que rien ne va plus. Que ce qui tirait vers le haut, ce qui faisait qu’on avait envie de faire des efforts, d’être bien, d’être belle, d’être heureuse, n’existe plus. Mais continuer à sourire, jusqu’à ce que l’on puisse laisser couler les larmes, la tristesse, le chagrin d’un amour qui n’avait même pas commencé. Le chagrin d’une incompréhension, d’une confiance donnée à quelqu’un dont on aurait aimé qu’il ne se comporte pas comme les précédents. S’arrêter en warning sur une nationale tellement les pleurs étreignent les yeux et ne permettent plus de conduire, comme si l’alcool était passé au second plan et tout ce qui comptait à présent était tout ce qui n’existait même plus. Conduire à 40km/h de plus que la vitesse autorisée, envie de rentrer chez soi, se blottir dans ses draps, tout en sachant que cela n’ira pas mieux demain.

Car demain la réalité continue et tout ce qui avait contribué au rêve s’échappe.

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Confessions Nocturnes

a_lesbian_woman_activist_against_the_lesbophobia_by_wawa2009-d8717nl Toutes ces aventures, toutes ces envies, tous ces espoirs qu’il faut refréner. Je parlais il y a peu de ce sentiment de bien-être et de maîtrise totale de sa vie qui arrivent quand l’alcool fait son effet. Cet effet me fait peur à présent. Peur de tomber dans le piège de ces envies, de ces messages qu’on désire ardemment écrire, de cette personne qu’on souhaite appeler, de ces espoirs qu’on pense réalisables. A l’heure du tout numérique, il est bien simple d’être en soirée et de faire semblant de s’amuser, tout en ayant comme seules préoccupations que de vouloir remplir son verre et dire ce que l’on pense à qui l’on pense. Peur de ne pas trouver la limite entre la franchise de l’honnêteté et la vie en société qui fait qu’on ne peut malheureusement pas toujours dire ce que l’on pense pour ne pas passer pour une cynique notoire, voire une dépressive, ou une traînée. Peu importe à quel point on peut désirer une personne il faut remarquer tous les signes et admettre ceux qui nous disent que non, ce n’est pas possible. Qu’il faut refaire sa vie avec quelqu’un qu’on ne connaît pas encore, dont on ne sait même pas s’il existe. Alors que toutes ces soirées où je finis sciemment alcoolisée pour ne pas penser à ce qui m’attendra demain, je pense tout de même que tout ceci n’est que ma faute. Toutes les personnes me disant que je suis belle et drôle et gentille et intelligente me font mal, que si j’ai apparemment tous ces bons mots, je n’en reste pas moins seule, ce qui me prouve d’autant plus que le problème ne peut venir que de moi. Que c’est l’accumulation de tous ces mensonges, toutes ces tromperies, qui fait que je ne peux plus penser à demain sans m’imaginer nourrir mon chat entre un épisode d’une série télé et une crise de larmes, parce que je voulais parler, parce que je voulais juste espérer, parce que je voulais juste changer ma vie. L’alcool est la solution et le problème à la fois, car le problème c’est toutes ces choses qui n’aboutissent pas, c’est cette volonté d’aller de l’avant qui échoue, c’est travailler en RH dans une société qui fait un plan social, c’est se demander chaque weekend quelle occupation va bien pouvoir être utile au moins une heure, c’est sombrer dans le sommeil au bout de longs moments de doutes et de passages sur messenger pour ne pas craquer dans sa volonté de parler pour ne rien dire, rien dire qui pourrait avoir de conséquences, c’est se lever chaque matin dans le noir sans jamais voir le bout du tunnel.

Blocage Extérieur

zoom-when-you-see-it-4-LOn peut oublier son passé, ne plus vouloir vivre avec tous les jours, mais il faut que les proches puissent faire de même. On me demande de ne plus y penser mais je souhaiterais que tout le monde le fasse, pour ne pas sentir cette impression de continuer à se traîner un boulet aux pieds parce qu’avec le recul on a pris les mauvaises décisions, les seules qui semblaient bonnes à l’instant X.

Etre bloqué dans la voie que l’on souhaite prendre à cause d’éléments du passé que les autres ne peuvent oublier est encore plus frustrant quand on a soi-même effectué la phase de deuil nécessaire. Et qu’on souhaite rebondir, aller de l’avant, profiter à nouveau, comme en l’an 40, ou en l’an 2000. Mais réaliser que quoi que l’on dise, quoi que l’on fasse, on restera prisonnier de son passé aux yeux des autres pendant un temps indéterminé. Reste dans tout cela tout de même la force que l’on ressent face à la victoire de passer outre ses propres erreurs.

Pas un Havre de Paix

Il y a des jours qui ne commencent pas trop mal mais qui finissent en queue de poisson. Vous me direz, c’est toujours mieux que les jours qui commencent directement en grand n’importe quoi.

Levée à cinq heures, dans le train à six, c’était une longue journée qui avait débuté tôt. Plus ou moins deux heures de train plus tard, j’arrivais sur la west coast française, entamant une nouvelle mission en prestation chez un client. Longue journée donc, où l’on m’attendait comme le messie et où je devais montrer que j’en étais au moins le bras droit. Au lit à 21 heures, après un verre de vin et un épisode d’Orphan Black au lieu d’un face à face avec David Pujadas, j’ai eu droit à un appel de Judas. Enfin, d’un intermédiaire de Judas.

Je ne vais pas rentrer dans les grands détails, mais c’était un appel d’un commissariat local, où Elato était apparemment au poste avec son nouveau compagnon pour porter plainte contre moi. Comme quoi je lui envoyais des textos depuis mon téléphone portable (si tel avait été le cas je ne m’en serais pas caché), que je déposais des miroirs chez elle (wtf ?), ou encore mieux, que je menaçais son frère (dont je ne connaissais pas l’existence avant qu’on me l’apprenne ici). J’ai eu beau avoir fait plusieurs articles sur Elato sur mon blog (où je ne me suis jamais vraiment cachée non plus, tout en préservant toutefois son anonymat), je ne connais pas cette petite fille. Encore moins ses coordonnées, encore moins son adresse, encore moins sa probable famille.

Le fait est que de recevoir un appel de la police en fin de soirée est des plus stressants. Je ne précise pas « où on s’y attend le moins », car je ne pense pas qu’on puisse vraisemblablement s’y attendre quand on n’a rien à se reprocher. Provenant d’un appel masqué, on peut facilement crier au fake. Mais la pression dans la voix de celle que j’avais au téléphone était telle qu’on ne peut que dire ok à tout pour en finir au plus vite avec cette lapidation quasi publique, où la présomption d’innocence n’avait pas l’air d’exister ne serait-ce qu’une seconde. La seule raison pour laquelle j’écris cet article, c’est pour lancer un appel à la population. Si quelqu’un était responsable de ces méfaits (aussi bien d’un faux appel policier que de fausses preuves), je le somme d’arrêter. Je sais que je n’y suis pour rien mais je ne sais pas ce qu’il peut bien y avoir derrière un coup de fil pareil. Je continuerais ma vie de tous les jours, n’ayant pas la volonté de monter au créneau, mais plutôt celle de continuer à enduire ces deux-là sous une chape d’oubli. Qu’il y ait des suites ou pas si les faits sont avérés, je pense qu’un cas comme dans l’autre (si les faits continuent ou s’arrêtent) on pourra toujours trouver une excuse pour accuser la femme trompée et quittée qui fait une coupable facile et idéale, mais je ne compte pas m’engager dans un débat qui me coûte du temps (je rigole, j’en ai à revendre), mais surtout de l’énergie. Si la policière était vraie, je pense qu’elle était plutôt contente que je fasse ma bénie oui oui pour qu’elle puisse passer à une affaire un peu plus importante et prioritaire que celle-ci. Après seulement dix minutes d’appel, j’étais vidée, psychologiquement au bord de la rupture et je n’ai pas réussi à m’endormir à cause de ma tachycardie qui m’a tenue en haleine pendant un bon moment, alors que j’étais debout depuis bien trop d’heures. Ces attaques sempiternelles sont fatigantes, surtout de la part de personnes qui ont déjà tout. On peut soigner le mal par le mal mais je ne tolère pas qu’on fasse du mal pour du mal.

Un An Déjà

Le mois prochain, cela fera un an déjà que j’ai remis ce blog en ligne. Il est un exutoire, une porte de sortie et une motivation pour faire quelque chose quand je n’en ai pour rien. Un an ça passe vite, mais un an c’est aussi très long. Les articles, sorte de fil rouge d’une histoire abîmée, sont le reflet de mon esprit et d’une société dépareillée. Mais que s’est-il donc véritablement passé pendant une année ?

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Apposant mon dernier mot sur ce blog en octobre 2011, je l’ai donc rouvert en juillet 2014 avec un article plutôt sympathique mais taggué « retour, tristesse, vague à l’âme ». Un retour en demi-teinte donc, comme s’il était forcé. Forcé par une ténébreuse envie de faire quelque chose de mes journées : écrire, parler, me confier. Pour enrailler ça (cela ne trompe personne que j’avais encore subi un échec amoureux), je n’ai jamais fait autant d’articles sur le cinéma, la musique, les séries télé ou encore les jeux que depuis ce fameux été. Mieux valait écrire sur la trivialité que sur ce qui me broyait tous les jours et toutes les nuits. Hélas, certains articles passaient au travers des mailles du filet en me permettant de vomir sur le papier de l’internet tous mes ressentiments.

Je me souviens du mois d’août 2014 comme si c’était hier. Écoutant Lana Del Rey dans ma voiture, conduisant sans but mais bénissant le fait que conduire me permettait de me concentrer sur quelque chose, tout en sachant que j’avais à ce moment précis ma vie entre mes mains. Il m’a fallu attendre septembre avant d’avoir de sérieux doutes quant à la fidélité de mon ancien compagnon, ce qui a valu quelques éclats sur ce blog, qui n’auront pas été sans conséquences, compte-tenu du grand nombre de lectures concernant ces articles. Alors je me suis replongée à fond dans les salles obscures, allant jusqu’à dix fois par mois au cinéma, pour m’occuper avec la vie des autres plus que la mienne. C’est bien simple, le mois d’octobre n’a comporté que des articles liés à l’univers du cinéma et de la télévision. Dans le même laps de temps je commençais tranquillement depuis plusieurs mois à arrêter de fumer et mon travail me poussait de plus en plus à bout, maintenant que je n’avais plus personne sur qui m’appuyer affectivement.

11259841_10153327123353415_8204716789522245870_n C’est en novembre que j’ai commencé les articles foodie. La gourmandise ayant toujours fait partie des multiples péchés que je me dois dorénavant d’assumer. J’ai donc pas mal mangé et repris les cinq kilos que j’avais perdus pendant l’été, passant la plupart de mes journées à rester coucher sans manger mais en m’hydratant bien trop. J’avais encore des réminiscences d’Elato, la sale fille que je soupçonnais m’avoir rendue cocue. Mais ce n’étaient que des spéculations, qu’une simple intuition, pour le moment tout du moins. Entre-temps j’avais commencé un nouveau travail qui me permettait de m’épanouir dans des voyages en France entière. J’avais l’impression d’avoir tellement de choses à raconter que je me suis même amusée à écrire un article par jour en décembre. Avant de toucher le fond le 21 décembre en apprenant que tout ce que je m’étais imaginée était vrai. J’étais pourtant en train de prendre les devants et aller de l’avant, réussir à oublier les déconvenues, jusqu’à ce soir où j’ai surpris une conversation qui n’aurait jamais du être dite devant moi. Je me suis retrouvée ce soir-là assise en t-shirt dans un caniveau, par seulement quelques degrés, en train de fumer une cigarette, ce que je n’avais pas fait depuis des mois. A quelques jours de Noël, tout ce que j’avais essayé de reconstruire pendant six mois s’est écroulé aussi facilement qu’un château de cartes fait sur une plage. Entre les deux articles sur les pires fêtes de fin d’année qui m’ait été donné de subir et que j’ai passées sous antidépresseurs lourds, je suis partie me changer les idées à la montagne, avant même de découvrir que si je devais encore louer des skis cette année, c’était pour la simple et dégueulasse raison que ma remplaçante de cœur utilisait les miens à ma place et que c’était pour cette raison également que mon ancien compagnon refusait de me les rendre.

Janvier a été très dur. Là où je m’épanouissais dans des déplacements professionnels multiples encore plusieurs semaines auparavant, je n’y voyais plus que la tristesse et la solitude des chambres d’hôtels impersonnelles. J’ai alors quitté mon travail et me suis replongé à corps perdu dans la télévision et le septième art, comme l’été précédent. J’ai emménagé seule (mon compagnon m’ayant quittée en pleines recherches d’appartement commun – mais il a bien quitté une ex en apprenant qu’elle était enceinte, je ne vois pas pourquoi je me plains) et fêté mes 25 ans en février (sans avoir précisé que mon meilleur ami depuis quinze ans avait décidé de quitter ma vie en me volant 500 euros), je me suis rendue compte que je n’avais plus le droit à l’erreur. Qu’il me faudra réussir ma prochaine relation amoureuse avant que je ne devienne vieille, moche et encore plus incasable qu’à l’heure actuelle. Mon dernier article sur Elato a été lu approximativement 200 fois, ce qui m’a permis d’expier le peu d’estime qu’il me restait envers elle et envers moi-même, quitte à réaliser par la suite que beaucoup de personnes ne peuvent faire face à leurs propres vérités.

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Deux semaines après avoir quitté mon job de commerciale ambulante, je retrouvais un travail dans mon choix de carrière, qui me permettait avant-tout de m’occuper en journée. Mon but étant de passer le moins de temps possible avec mes démons, mes regrets, mes chagrins et ma minuscule boule d’espoir. A ce niveau-là, le mois de mars étant tout ce qu’il y avait de plus tranquille, avec en prime la résurgence de joie de changer d’opportunité professionnelle. Au contraire, avril était plutôt en dents-de-scie, entre des soirées qui me coupaient de ma vie, accompagnée d’hommes ou de Resident Evil, et celles qui me plongeaient à nouveau dans tout ce qui me faisait peur. Finalement mai est arrivé, avec ses espoirs et ses déconvenues. Il m’a été éprouvant mais m’a fait rêver.

Nous sommes à présent en juin mais j’ignore de quoi les prochains mois seront faits. J’espère simplement ne pas avoir à revivre certains que j’ai pu passer depuis un an maintenant. Je continuerai à écrire bien sûr, ne prenez pas cet article comme une fin, mais j’avais besoin de jeter un regard sur ce que j’ai fait, sur ce que je n’ai pas fait. En espérant également que vous avez pris plaisir à me lire et continueraient à le faire comme c’est mon cas de l’autre côté de l’écran.

Slut-Shaming

Il y a des jours comme celui-là où, quoi qu’on fasse, c’est comme si l’on ne faisait rien. Où l’on s’acharne dans le vent à faire entendre raison, voire même simplement à faire entendre sa voix. Ces jours où, bien que la Terre entière ne se soit pas liguée contre vous, on ressent qu’elle sait quand même beaucoup plus qu’elle ne vous fait croire. Et où je me dis qu’un aller simple pour l’univers ne me serait pas totalement démérité.

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Où l’on se sent floué, démoralisé, blessé, cerné de préjugés. Alors même que la veille les émotions étaient les mêmes mais les raisons étaient autres. Où l’on s’acharne à bien faire mais où l’on se rend compte que tout peut être interprété de travers et retourné contre soi.
Pourquoi pourquoi pourquoi pourquoi ? Pourquoi telle parole ou telle action ? Pourquoi des souffrances veines et gratuites ? Pourquoi différents échecs face à différentes personnes ? Pourquoi des barrières là où l’on souhaite avancer vers une nouvelle voie ? Mais finalement se dire qu’il vaut mieux ne pas avoir de réponses. Car celles qui ont pu être apportées n’ont fait que gangrener la vérité et mettre à mal le peu de self-esteem qui pouvait encore subsister. Après tout, au bout d’un moment cela finira peut-être par aller mieux le lendemain.