alcool

Ici, c’est Paris.

Se sentir revivre, c’est sortir dans Paris. Boire un verre, puis un autre. S’installer à la table de trois beaux inconnus qui ont l’air simple et accueillant. C’est échanger, parler avec eux, de tout, de rien, histoire de se découvrir en l’espace de quelques minutes. Savoir ce qu’ils font dans la vie, parler de jeux vidéo avec l’un, de recrutement avec un autre et de films avec le troisième. Se dire qu’ils sont la combinaison de ce qu’on pourrait appeler l’homme parfait, si jamais un jour je devais croire à cette invention féminine qui n’est pour moi qu’une belle ânerie. Allumer une cigarette, la quatrième de l’année seulement, alors que nous sommes au mois de novembre. Parler, sourire, rire. Ces choses simples qui me semblaient perdues à tout jamais. Enterrées avec mon passé et mon espoir avenir, à venir.

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Ils s’appelaient Robin, Thibault et Kevin, je ne les reverrai jamais, mais j’ai passé un merveilleux moment.

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Confessions Nocturnes

a_lesbian_woman_activist_against_the_lesbophobia_by_wawa2009-d8717nl Toutes ces aventures, toutes ces envies, tous ces espoirs qu’il faut refréner. Je parlais il y a peu de ce sentiment de bien-être et de maîtrise totale de sa vie qui arrivent quand l’alcool fait son effet. Cet effet me fait peur à présent. Peur de tomber dans le piège de ces envies, de ces messages qu’on désire ardemment écrire, de cette personne qu’on souhaite appeler, de ces espoirs qu’on pense réalisables. A l’heure du tout numérique, il est bien simple d’être en soirée et de faire semblant de s’amuser, tout en ayant comme seules préoccupations que de vouloir remplir son verre et dire ce que l’on pense à qui l’on pense. Peur de ne pas trouver la limite entre la franchise de l’honnêteté et la vie en société qui fait qu’on ne peut malheureusement pas toujours dire ce que l’on pense pour ne pas passer pour une cynique notoire, voire une dépressive, ou une traînée. Peu importe à quel point on peut désirer une personne il faut remarquer tous les signes et admettre ceux qui nous disent que non, ce n’est pas possible. Qu’il faut refaire sa vie avec quelqu’un qu’on ne connaît pas encore, dont on ne sait même pas s’il existe. Alors que toutes ces soirées où je finis sciemment alcoolisée pour ne pas penser à ce qui m’attendra demain, je pense tout de même que tout ceci n’est que ma faute. Toutes les personnes me disant que je suis belle et drôle et gentille et intelligente me font mal, que si j’ai apparemment tous ces bons mots, je n’en reste pas moins seule, ce qui me prouve d’autant plus que le problème ne peut venir que de moi. Que c’est l’accumulation de tous ces mensonges, toutes ces tromperies, qui fait que je ne peux plus penser à demain sans m’imaginer nourrir mon chat entre un épisode d’une série télé et une crise de larmes, parce que je voulais parler, parce que je voulais juste espérer, parce que je voulais juste changer ma vie. L’alcool est la solution et le problème à la fois, car le problème c’est toutes ces choses qui n’aboutissent pas, c’est cette volonté d’aller de l’avant qui échoue, c’est travailler en RH dans une société qui fait un plan social, c’est se demander chaque weekend quelle occupation va bien pouvoir être utile au moins une heure, c’est sombrer dans le sommeil au bout de longs moments de doutes et de passages sur messenger pour ne pas craquer dans sa volonté de parler pour ne rien dire, rien dire qui pourrait avoir de conséquences, c’est se lever chaque matin dans le noir sans jamais voir le bout du tunnel.

Supprimer ce Message ?

Il y a toujours ce moment où l’on boit – trop – et où se dit que tout est possible, tout est réalisable. Où l’on pense que tout le monde est dans le même état d’esprit, un peu jemenfoutiste, beaucoup rêveur. Là où cela devient dangereux est quand l’alcool n’est là que pour atteindre ce moment où l’on pense qu’on va pouvoir avancer dans la vie, car tout n’est qu’illusion. Boire pour se pousser à dire les choses que l’on pense, boire pour faire en sorte que les choses avancent, boire pour avoir l’impression que cela puisse être le cas. Boire pour ne plus avoir peur que tout reste en l’état.

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Il y a aussi toujours ce moment où l’on se réveille, après une nuit sans dormir, à se retourner sans cesse, à être malade parfois, et où l’on se rend compte que tout n’est pas réalisable, loin de là. Qu’il ne suffit pas de boire ou d’y croire très fort pour que les souhaits se réalisent. Où l’on est passé de la moitié du temps où l’on se critique de ne pas oser dire ce que l’on pense, à l’autre moitié du temps où l’on regrette d’avoir été franc et où l’on aimerait n’avoir rien dit, n’avoir rien fait. Etre resté dans la passivité pour ne pas risquer des conséquences qui feraient regretter d’assumer ses envies.

Qu’elle Dégage Avant l’Orage

J’ai passé un second cap dans ma vie dissolue par l’alcool. Celui-ci ne me fait plus rien, ou plutôt difficilement selon les quantités ingurgitées. Les mélanges ne me font plus rien, les alcools forts ne m’aident même pas à me faire sentir hors de moi – seulement à me brûler la gorge, à ce niveau rien de changé – et les quantités bues ne laissent pas même entrapercevoir un semblant d’euphorie factice, alors même que je me nourris de moins en moins. Plus d’impression d’être pompette donc, mais fort heureusement pas non plus de mal au crâne ou au cœur, juste rien. Juste l’impression d’avoir voulu me prendre une cuite phénoménale à base d’eau minérale. Là où le bât blesse est que, bien que je boive le plus souvent de l’alcool par plaisir, c’était ici dans l’optique d’en ressentir les effets positifs. Hélas, que nenni. Je ne fus ni désinhibée, ni courageuse, ni forte, ni gagnante. J’ai été comme j’étais d’habitude, j’ai ri comme en plein jour, j’ai pleuré comme en plein jour, j’ai aimé et j’ai eu peur comme en plein jour. En étant à chaque instant en pleine possession de mes moyens et de mes pensées, ne pouvant prendre pour moi-même l’excuse de l’alcool pour dire ou faire ce que je pensais, comme je l’aurais souhaité.

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Même en pleine crise d’hystérie, rester consciente. J’aime tellement conduire que j’évite le plus possible les médicaments qui me l’empêche, alors même que je me dois de les prendre. Je ne les prends qu’en cas d’urgence, quand je sais que ma bipolarité est en train de me faire basculer dans une orgie de pleurs et de spasmes. Où à ces moments mon souhait de me faire du mal est à son paroxysme, où je ne vois pas comment je pourrais me relever un jour et que je passerais de toute façon toute ma vie à pleurer. Malheureusement, lors de certaines soirées, ces crises indescriptibles qu’il faut voir pour croire ne préviennent pas. Imprévisibles, impossibles à arrêter seule, virulentes, exténuantes, une autre réalité que même l’alcool ne saurait créer. Ces crises sont mon jardin secret, pire, mon lot quotidien. Montrer sans le vouloir cette faiblesse extrême n’a fait que me montrer à quel point j’avais honte de la personne que j’étais, alcool ou pas. Sans alcool, c’eut peut-être même été pire. Physiquement malades, nous sommes des héros, mentalement malades, nous sommes des monstres.

Tout ne peut toujours pas être simple et comme on m’a sagement dit le weekend dernier, ce ne sont pas les plus méritants qui gagnent. On peut faire preuve d’une volonté hors-normes, de vouloir atteindre son objectif plus que tout, de souhaiter quelque chose ou quelqu’un si fort et s’en donner les moyens, on ne peut jamais être assuré que tout se déroule comme prévu. C’est bien même souvent l’inverse qui se passe. Alors après avoir tant tendu le cou, on rentre à nouveau dans sa carapace pour oublier ses rêves, ses envies et revenir à la vie réelle. On s’en veut d’avoir voulu rêver et échapper à son quotidien morne de la plus belle façon qui soit, d’avoir cru cela réalisable, en s’imaginant depuis des mois des scénarii permettant de s’endormir la nuit venue, au lieu d’avoir la possibilité de rester éveillé pour vivre ses fantasmes.

Qu’elle dégage avant l’orage, cette jeune femme qui passe son temps à sourire, avec ses yeux bouffis par les larmes.

Une Pécheresse qui aime la Framboise

J’avoue de temps en temps avoir mon côté féminin qui se réveille, notamment concernant les boissons. N’étant plus adolescente, je me suis lassée du Soho, Manzana et autres prétendus alcools de soirées pour fifilles, mais je reste enthousiasmée par la Lindemans Framboise. Oui, la pécheresse c’est moi, parce qu’il fallait bien faire un jeu de mots dans l’histoire.

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Je bois de temps en temps des bières en soirées mais, soyons réalistes, les bières vendues en grandes surfaces ou en supérettes ne représentent absolument pas la qualité et l’étendue des bières présentes sur le marché. Grâce au magasin La Caisse de Bières à Courbevoie (pour lequel j’avais déjà fait un article ici) j’ai pu découvrir de nouvelles sortes de bières qui sortent du cadre de celles que l’on peut trouver un peu partout. Bon allez, tout ça pour vous dire qu’un peu de légèreté ça ne fait pas de mal, parce que je ne suis plus toute jeune et que les bouteilles d’un litre de Faxe à 10 degrés je ne peux plus (bière « particulièrement appréciée des milieux punks » nous précise même Wikipédia).

Et pour vous dire également que Planète Bière a lieu ce weekend à Paris. Un salon de dégustation où vous trouverez 75 exposants et 400 variétés différentes. Pour ce faire, rendez-vous au Tapis Rouge, au 67 rue du Faubourg Saint-Martin au cœur de Paris. Je précise évidemment qu’il faut faire preuve d’une consommation responsable, ce qui reste la moindre des choses pour pouvoir apprécier la bonne pitance.

Souvenirs d’émois de Mai

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Seule, assise à la terrasse d’un café qu’on peut définir comme lounge, je vois cette femme à une table contiguë, fumant une Vogue. Elle me rappelle ma semaine en Italie, quand j’étais adolescente et que je m’étais acheté ce même paquet en cachette. Je pense à ces vacances, pleine de nostalgie. Je n’avais personne dans ma vie, mais je me sentais sereine. Je n’étais pas triste d’être célibataire car je n’avais à l’époque perdu personne. Personne ne s’était encore débarrassée de moi comme d’un moustique qu’on écrase au fond de son poing, avant de l’avoir préalablement assommé bien comme il faut. Personne ne m’avait encore quittée par mail au bout d’un an de relation. Personne ne m’avait encore trompée pendant deux ans. Personne ne m’avait encore laissée tomber au bout d’un an et demi, pour ramener des filles en pleine nuit à peine deux semaines après et en me rayant de sa vie ensuite comme si je n’avais jamais existé.

J’ai lu récemment sur le blog d’un ami, le (dé)compte qu’il faisait de ses années professionnelles, entre stages, chômage, emplois précaires et finalement emploi durable. J’y ai vu le même parallèle avec ma vie sentimentale. Relations précaires, relations d’un soir, déceptions et bonheur qui se délite. En quittant ma table après quelques verres, j’ai vu le frère de mon dernier compagnon, je n’ai pas osé le regarder dans les yeux. Je n’ai pas osé faire face à ma vie qui partait en lambeaux.