Mois: octobre 2015

Une Foodie à la Défense

J’aurais du faire cet article depuis mal de temps mais je crois que je n’avais jamais pensé à une telle évidence. Erreur réparée donc, puisque je vais compiler ci-dessous une bonne partie (pas tout, ce serait indécent et je n’ai pas encore fait le tour) des restaurants de la Défense. Je n’ai pas pris de photos dans chaque endroit (cliquez dessus pour les agrandir) mais je compléterai cet article au fur et à mesure de mes escapades gourmandes. C’est donc parti pour un grand tour d’horizon de la Défense qui n’est pas, je préfère le rappeler, un quartier de Paris è_é (suite…)

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Paranormal Activity 5 : Ghost Dimension

Comme le Woody Allen, il y a aussi l’édition 2015 de Paranormal Activity. A la base film à petit budget, les réalisateurs ont creusé leur portefeuille cette année pour nous offrir une séance en 3D, rien que ça, pour ce film qui est censé être l’ultime de la saga.

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Cinquième film officiel de la franchise, Paranormal Activity 5 : Ghost Dimension revient sur l’enfance de Katie et tente une nouvelle fois d’expliquer les raisons de la présence de l’entité démoniaque qui sévit depuis des années déjà. J’avais adoré Paranormal Activity : The Marked Ones, bien qu’il ne fasse pas réellement partie du fil de l’histoire principale. C’est sans doute pour cette raison que je l’avais particulièrement apprécié, puisqu’il se détachait sensiblement de l’ambiance habituelle des films (beaucoup d’humour, principalement tourné en extérieur, différences de réalisation, etc.). Je venais donc dans un bon état d’esprit puisque le dernier film en date m’avait bien plus. Hélas, PA5 revient dans les travers de la franchise et ne se démarque là non plus pas par son scénario : une famille tombe sur une caméra sensible aux esprits, qui permet de les visualiser alors qu’ils sont invisibles à l’œil nu. On critique fortement le scénario, moi la première, mais quand on met tous les films bout à bout, on s’aperçoit que ceci-ci devient presqu’aussi complexe que la saga Saw… (premier film d’horreur à être sorti en 3D tiens).

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Bon allez, parlons de la chose intéressante de la séance : la 3D. Cette 3D était perfide et dans le même temps mi-discrète, mi-too much. Je m’explique. J’en attendais beaucoup des effets-spéciaux car un film d’horreur en 3D, d’épouvante d’autant plus, ce n’est pas tous les jours que cela arrive. Les films d’horreur ayant souvent un budget réduit qui ne permet pas d’utiliser la technologie nécessaire. On sent la 3D dès le départ, grâce aux images filmées à travers la « caméra spéciale fantômes ». Cela fait très hologramme mais j’ai trouvé cela plutôt réussi. Puis celle-ci disparaît pendant un certain temps (je pense d’ailleurs que le film peut se regarder sans lunettes pendant un bon moment), jusqu’à revenir pile quand on l’avait oubliée. J’ai bien apprécié cette volonté de mettre la 3D en second plan, en souhaitant sciemment se faire oublier, pour nous faire jumpscarer au moment où on ne l’attendait plus. Sur la fin en revanche – loin de moi l’idée de vous spoiler – elle est devenue too much en exagération, à coups de livres qui volaient, d’esprits qui tendaient la main vers mon visage, etc ; à tel point que j’en ai éclaté de rire (ce qui ne m’était jamais arrivée devant un PA).

Je n’ai pas trouvé le film excellent, loin de là, mais il a tenté de finir la saga en beauté, en ajoutant du mieux possible des éléments nouveaux, sans toutefois apporter de réels outils de réponses quant à l’enfance de Katie et aux questions soulevées dans les premiers opus. Un film dont on peut largement se passer donc – bien qu’on se rende compte qu’ils ont vraiment fait des efforts niveau FX – mais qui permet de bons moments de frayeur tout de même.

L’Homme Irrationnel

Sorti la semaine dernière dans les salles, L’Homme Irrationnel est le dernier film en date de Woody Allen, avec Emma Stone et Joaquin Phoenix en acteurs principaux.

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Cuvée de l’an 2015 donc pour un film dans la lignée des précédents. J’ai trouvé la première demi-heure plutôt longue en attendant que l’intrigue ne démarre et je pensais pendant ce temps-là qu’il n’y aurait peut-être pas d’intrigue, mais seulement une histoire romantique à base de philosophie et de dépression.

Fort heureusement, le mot-clé « thriller » sur la fiche d’Allociné a pris tout son sens au bout de cette première demi-heure. N’ayant pas regardé la bande-annonce avant de voir le film, j’ai souhaité la visionner pour savoir si l’élément déclencheur était mentionné dans la publicité … mais non. Je ne vous dirai donc pas ce qu’il advient, mais sachez que le prof de philo joué par Joaquin Phoenix (accompagné d’Emma Stone, une jeune étudiante à la MJ Parker) – qui est au comble du désespoir, ne sourit jamais, ne voit en aucun cas en quoi la vie vaut la peine d’être vécue – va voir sa vision de la vie et du monde changer du jour au lendemain. Voilà grosso modo le pitch du début du film.

L’histoire s’embraye bien plus vite une fois les décors mis en place et l’élément perturbateur posé. J’aurais souhaité avoir moins de dialogues semi-pompeux, semi-intellos, qui versent seulement dans le cliché des films d’Allen, comme le serait une toile d’araignée dans un film de Tim Burton. J’ai aimé ce film car je me suis facilement identifiée au personnage principal. Sans cela, L’Homme Irrationnel peut facilement paraître long et sans faveur, comme Minuit à Paris

Born This Way

_DSCter2 Rares sont les choses qui me gonflent plus que les magasines, revues ou livres décrivant les hommes ainsi et les femmes comme ça. Donc les femmes ça parle beaucoup, et quand ça parle, ça parle shopping, bébés, chaussures, régimes amincissants et vernis à ongles, sinon ça mange du quinoa et de la salade. C’est plus glamour d’être au bout de la chaîne alimentaire pour manger de l’herbe et des graines. Je vous rassure, les hommes ne sont pas mieux lotis, ils boivent de la bière dégueulasse, ne jurent que par le foot ou les jeux vidéo et ne souffrent d’aucun sentimentalisme.

Je suis tout sauf féministe mais je déteste les clichés. J’exècre ces magasines féminins que je ne parcoure que chez le coiffeur et où les publicités pour des produits qui font perdre du poids côtoient les pages qui souhaitent renverser les diktats en ayant pour leitmotiv Aimez-vous telle que vous êtes! Comment une telle hypocrisie ne peut-elle pas donner envie de vomir ? Je ne suis pas féministe car je ne supporte pas les femmes se targuant de vouloir une égalité des sexes tout en trouvant normal qu’on continue de leur payer le restaurant, comme si c’était un bien inaliénable et qu’il ne fallait finalement que prendre les bons côtés d’une quelconque égalité.

Malheureusement il y a beaucoup de clichés réalistes. Je connais pléthore d’hommes et de femmes qui semblent suivre à la lettre les abominations que j’ai citées plus haut. C’est là où le bât blesse, où on se demande si l’on n’est pas anormal(e) à ne pas correspondre à ces critères qui décrivent apparemment dans le menu le genre humain et surtout les genres humains. Un homme peut être romantique et prolixe sans être gay, au même titre qu’une femme qui joue aux jeux vidéo et boit de la bière n’est pas forcément lesbienne. Mais qui est-elle si elle ne peut se reconnaître nulle part ? Si les seuls points de comparaison médiatisés sont des insultes à leur propre personnalité ? Par quel outrage un homme peut-il aimer la couleur rose ? Par quel sacrilège une femme ne souhaite-t-elle pas enfanter, et pire, ne s’extasie-t-elle pas devant l’acte des autres de donner la vie, qui pour elle est simplement la chose la plus banale qui soit, effectuée par tous les mammifères depuis des milliers d’années ?

124_by_enigma_fotos-d8oo3pc Je ne dis pas non plus que tout un chacun est égal à un autre. Il y a de belles personnes, des laides, des intelligentes et des très bêtes. Il y a de tout (pour faire un monde) et c’est le fait de vouloir l’égalité en tout qui nuit le plus. C’est s’imaginer que toutes les personnes ont les mêmes centres d’intérêt, de croire qu’ils n’y a que des métaleux pour écouter Marilyn Manson, que des femmes pour aimer les films de Woody Allen et que des geeks pour lire le Seigneur des Anneaux.

Il n’y a pas de solution toute faite pour faire en sorte que chacun puisse arrêter d’être névrosé pour enfin s’aimer et s’épanouir tel qu’il est. Si vous regardez la femme à côté de ce paragraphe (qu’elle soit à vrai dire une femme ou non), j’espère que vous la voyez des mêmes yeux que moi. Quelqu’un avec des rondeurs, qui n’a pas le ventre plat que tous souhaitent nous vendre et qui doit faire un bon 42, mais que je trouve sensiblement belle. Il y a beaucoup d’efforts à faire pour se distinguer dans le bon sens du terme, pour se distinguer de l’image que l’on souhaite véhiculer, de l’image que l’on devrait véhiculer, pour se demander si, ça se trouve, on ne veut pas vraiment être la personne que l’on désire être.

Honeymoon – Lana Del Rey

« C’est le mot qui résume le rêve ultime. […] La vie est une lune de miel, tu sais ? La vie, l’amour, le paradis, la liberté… C’est pour toujours. »

tumblr_nin99etp9P1u7j6ago1_500 Ainsi décrit par l’artiste, il est sorti depuis le 18 septembre, il s’appelle Honeymoon et c’est le dernier album studio de Lana Del Rey.

J’ai commencé cet article à la première écoute, j’ai laissé passer quelques jours d’écoute plus attentive et je l’ai finalement fini aujourd’hui. Ambiance sensiblement différente que ses précédents albums, les pistes sont plaisantes même si j’avais la désagréable impression d’être bourrée en entendant le rythme des paroles, entêtant et déstabilisant comme le quart d’heure qui suit l’ingurgitation d’un shot d’absinthe. A moins que LDR n’ait été elle-même portée par cette chaleur en enregistrant l’album.

Quoiqu’il en soit, une ambiance très années trente se dégage de l’album, et bien que les pistes ne soient pas forcément des plus abouties, on ressent que la chanteuse a réussi à poser sa voix. Même si l’album Born to Die a été un énorme succès commercial, il n’en restait pas moins évident que la voix de Lana Del Rey avait été retouchée outrageusement. Même les néophytes pouvaient s’en rendre compte à l’écoute des chansons, comme c’était le cas notamment pour Video Games. La voix et les respirations de la chanteuse sont ici plus naturelles et ne souffrent pas d’un parasitage d’Auto-Tune ; peut-être moins vendeur mais aussi moins factice.

Je ne sais pas comment va se porter Honeymoon au niveau des ventes, mais il est possible que bien des acheteurs ne soient pas intéressés car LDR se détache de plus en plus de ce qu’elle faisait lors de ses premiers singles. Ni pire, ni meilleur, cet album est surtout différent car on sent une émancipation et un détachement de la chanteuse face à ce qui se veut (et se vend) dans l’air du temps.

Confessions Nocturnes

a_lesbian_woman_activist_against_the_lesbophobia_by_wawa2009-d8717nl Toutes ces aventures, toutes ces envies, tous ces espoirs qu’il faut refréner. Je parlais il y a peu de ce sentiment de bien-être et de maîtrise totale de sa vie qui arrivent quand l’alcool fait son effet. Cet effet me fait peur à présent. Peur de tomber dans le piège de ces envies, de ces messages qu’on désire ardemment écrire, de cette personne qu’on souhaite appeler, de ces espoirs qu’on pense réalisables. A l’heure du tout numérique, il est bien simple d’être en soirée et de faire semblant de s’amuser, tout en ayant comme seules préoccupations que de vouloir remplir son verre et dire ce que l’on pense à qui l’on pense. Peur de ne pas trouver la limite entre la franchise de l’honnêteté et la vie en société qui fait qu’on ne peut malheureusement pas toujours dire ce que l’on pense pour ne pas passer pour une cynique notoire, voire une dépressive, ou une traînée. Peu importe à quel point on peut désirer une personne il faut remarquer tous les signes et admettre ceux qui nous disent que non, ce n’est pas possible. Qu’il faut refaire sa vie avec quelqu’un qu’on ne connaît pas encore, dont on ne sait même pas s’il existe. Alors que toutes ces soirées où je finis sciemment alcoolisée pour ne pas penser à ce qui m’attendra demain, je pense tout de même que tout ceci n’est que ma faute. Toutes les personnes me disant que je suis belle et drôle et gentille et intelligente me font mal, que si j’ai apparemment tous ces bons mots, je n’en reste pas moins seule, ce qui me prouve d’autant plus que le problème ne peut venir que de moi. Que c’est l’accumulation de tous ces mensonges, toutes ces tromperies, qui fait que je ne peux plus penser à demain sans m’imaginer nourrir mon chat entre un épisode d’une série télé et une crise de larmes, parce que je voulais parler, parce que je voulais juste espérer, parce que je voulais juste changer ma vie. L’alcool est la solution et le problème à la fois, car le problème c’est toutes ces choses qui n’aboutissent pas, c’est cette volonté d’aller de l’avant qui échoue, c’est travailler en RH dans une société qui fait un plan social, c’est se demander chaque weekend quelle occupation va bien pouvoir être utile au moins une heure, c’est sombrer dans le sommeil au bout de longs moments de doutes et de passages sur messenger pour ne pas craquer dans sa volonté de parler pour ne rien dire, rien dire qui pourrait avoir de conséquences, c’est se lever chaque matin dans le noir sans jamais voir le bout du tunnel.