Pierres précieuses – Muséum national d’Histoire naturelle

Depuis le mois dernier, la nouvelle exposition temporaire du muséum national d’histoire naturelle de Paris est dédiée aux pierres précieuses : terrestres et extra-terrestres, sous leur forme brute comme travaillée.

L’exposition est bluffante et vous en avez pour votre argent. J’ai passé 3 heures dans l’exposition qui peut en moyenne se faire en 1h30, ce qui est pas mal pour une exposition temporaire. A savoir que vous bénéficiez également avec cette entrée de l’accès à la grande galerie de l’évolution du muséum. Bluffante car parmi les pierres brutes, quand on est néophyte comme moi, on rencontre des pierres qu’on croirait déjà façonnées par l’homme, alors que non. J’ai eu la chance d’être accompagnée dans mon périple par une géologue, ce qui m’a aidée à bien comprendre certains détails, pourtant expliqués de façon très pédagogique par la vidéo qui tourne en boucle dans une salle de l’exposition. La vidéo, d’une durée maximale de trois minutes (un petit minuteur en haut à droite de la vidéo vous permet de vous situer quand vous rentrez dans la salle et prenez la vidéo en cours de route), revient sur la cristallisation des différentes pierres, expliquant les raisons et les réactions qui se font, de façon très accessible à tous.

L’ambiance de l’exposition est sombre, plus que tamisée, plongeant les visiteurs quasiment dans le noir, pour mettre en exergue les pierres exposées. Dans un environnement feutré, nous avançons dans une vraie exposition à chapitres, de l’introduction à la conclusion, le tout sous un silence presque religieux et respectueux de la formation de ces espèces minérales. La provenance et l’âge des pièces exposées forçant le respect. Le tout en plein Paris, dans un cadre magnifique où à l’extérieur se croisent joggeurs et pigeons pas le moins du monde effrayés (ni les uns ni les autres).

Le parcours étant proposé avec un audioguide disponible via téléphone portable, il est accessible aux visiteurs francophones comme anglophones. Je vous conseille de réserver suffisamment en avance et de bien vous mettre d’accord sur le créneau de visite, voire même de payer en une seule commande pour plusieurs visiteurs, pour éviter de vous retrouver dans des horaires d’entrée à plusieurs heures d’intervalle (testé et désapprouvé). L’exposition étant limitée en termes de visiteurs par heure pour coller aux règles sanitaires, elle est très vite complète. Aucune chance de rentrer par exemple en comptant venir directement sur place sans avoir réservé.

High Princess – L’album fantôme de Lady Gaga

Au gré des recommandations YouTube, je suis tombée sur un titre de Lady Gaga que je ne connaissais pas. Ce que je pensais être un titre de chanson s’est révélé être un titre d’album : High Princess. Il semblerait donc que cet album soit bien un album de Gaga, sorti apparemment en 2017. De cet album, nulle trace en magasin, ni sur la bio de l’artiste et quasiment absent également du Gagapédia (oui ça existe). Beaucoup d’espagnols ont commenté ces chansons sur YouTube et un large lot de vidéos ne sont pas consultables depuis une adresse IP française. High Princess n’est donc vraisemblablement pas sorti sur le marché français mais n’a pas non plus fait parler de lui plus que cela sur les internets. Quelle est donc l’histoire de cet album fantôme aux 22 pistes en édition deluxe ?

L’abum comprend (entre autres) un duo avec Cher, 2 remixes des pistes de l’album, une version live et des samples qui diront quelque chose aux little monsters : la tonalité de Brown Eyes sur une piste, les paroles de Fashion of His Love sur Earthquake …. C’est comme si chaque chanson avait, sinon une histoire, un historique. Avait été transformée en quelque chose d’autre ou avait été rayée de la discographie de l’artiste. Prenons le titre Princess Die, à la base dans la playlist de l’album studio Artpop, puis retiré à la demande de sa maison d’édition. La chanson hommage à Lady Di n’avait pas totalement convaincu lors de ses introductions sur le Born This Way Ball en 2012 et aurait pu être sujette à polémique. Bien que Lady G adorant Lady D, les paroles ne sont pas tendres et une grosse partie de la fanbase n’aurait, selon la maison de disques, pas été prête à bien accueillir cette chanson. Personnellement je l’aime beaucoup, outre le ton tragique de la chanson et des paroles, on ressent une pointe du style très Lana Del Rey, se détachant des chansons très pops de l’artiste, en particulier sur Artpop. Princess Die rejoint donc la (longue) liste des pistes réalisées mais non diffusées. D’où le fait que les pistes de l’album soient en bonne version studio car originellement prévues pour une possible sortie.

L’écoute de l’album commence avec beaucoup de gros sons (principalement électro, voire même dubstep avec Bitch, Don’t Kill My Vibe), puis se calme avec quelques trop rares chansons plus intimistes. High Princess n’est pas forcément un bon album, on sent beaucoup d’hésitation et finalement de chansons « déchets » qui ont servi à d’autres par la suite, mais cela reste toujours un plaisir de découvrir de nouvelles chansons de l’artiste. Si vous cherchez bien sur le Google vous le trouverez très facilement en téléchargement gratuit, vu qu’il est bien compliqué de trouver de versions véritables, physiques comme numériques (les visuels officiels semblent plutôt ceux réalisés par les fans de Mother Monster), de cet opus.

Louise Penny – Un Long Retour

 Un nouveau livre de Louise Penny, c’est un peu comme le cadeau d’anniversaire qui revient tous les ans à la même époque. Voire même un cadeau de Noël, qu’on déguste bien au chaud dans son lit avec un chocolat chaud, pour apprécier chaque page du roman.

Cela doit bien faire dix ans que j’ai commencé à lire Louise Penny et à suivre les enquêtes de l’Inspecteur Gamache. Pour moi, le point d’orgue a été atteint avec Le Beau Mystère, qui mélangeait l’aspect policier en plein cœur des moines et de la musique avec la préparation de l’apothéose de l’avancée de l’histoire personnelle des protagonistes, pleinement présentée dans La Faille en Toute Chose. Avec Un Long Retour, j’ai au début tiqué sur le synopsis plutôt simple et qui ne présentait aucun meurtre, une simple disparition qui pourrait s’expliquer par beaucoup de raisons réalistes. En gros, je ne ressentais vraiment aucune intrigue forte dès le départ, je n’étais pas happée. Pour autant, j’ai vite revu mon jugement car, comme je le précisais plus haut, les pages se dégustent, se vivent tout simplement.

Louise Penny excelle dans ses descriptions, jamais ennuyeuses, pétries de métaphores et de bon sens. Pour prendre un exemple, je vous mets ci-dessous un passage (que vous pouvez agrandir en cliquant dessus) qui m’a émue aux larmes, même en le relisant. L’auteure y parle du chien de l’Inspecteur, Henri, adopté suite au décès de son précédent maître et se comparant à Rose, une cane de compagnie, elle aussi recueillie par un humain. Mais ce qu’elle parvient à faire, c’est retranscrire les idées du chien, d’une façon sensée et émouvante. C’est aussi ça du Louise Penny, de l’émotion pure cachée dans les aléas de la vie de tous les jours.

Même sans meurtre de prime abord, même avec un inspecteur à la retraite, l’ouvrage parvient à attirer et garder l’attention du lecteur de bout en bout. Reste maintenant à enclencher sur son prochain livre, La Nature de la Bête, paru cette année aux éditions Actes Sud.

Deauville 2020 : 1 jour 4 films

Me revoilà sur le tapis et les fauteuils rouges des salles de cinéma de Deauville. Bien que le festival n’ait jamais montré d’incertitudes quant à sa tenue, il n’était pas facile de se montrer confiant à la vue de toutes les annulations de cette année. C’est le contraire qui s’est produit à la 46ème édition du festival du cinéma américain, car il a bénéficié de ces annulations pour pouvoir diffuser en avant-première des films des festivals de Cannes et d’Annecy.

4 films vus donc mais je m’étais prévue une journée de grand challenge avec 7 longs-métrages. Ce qui a été contrecarré par les dispositifs sanitaires du cinéma du casino Barrière en particulier. Autant le CID et Le Morny promouvaient la distanciation en retirant un siège sur trois, autant celui du casino est allé plus loin avec un siège sur deux condamné, même si c’est votre meilleur ami ou votre mari avec qui vous venez de passer la nuit. De fait, la capacité de la salle a été réduite à 207 places, ce qui est rien pour des AVP en festival. C’était donc un festival bien spécial cette année, où en plus de cela seuls les réalisateurs et acteurs français et européens étaient finalement présents, les américains étant bloqués chez eux et nous adressaient un bonjour par vidéo diffusée au début de la séance. Retour sur les 4 films qui ont jalonné ma journée.


Début de journée à 9 heures au cinéma Le Morny, où les cinéphiles affluent et remplissent déjà la moitié de la salle dix minutes avant le début de la séance, pour Giants Being Lonely. On retrouve ici la touche film d’auteur qui traite de la vie américaine des petites villes, loin du glamour et des paillettes. Film en compétition cette année, on ressent la tristesse de l’environnement et des personnages. Une tristesse latente qui va nous être exposée tout au long du fil, quand on en découvrira les raisons. Certaines scènes sont un peu hachées, on se demande ce qu’elles font là, ce qu’elles apportent au récit et ce qu’elles veulent dire, mais tout prend sens au fur et à mesure, jusqu’à l’explosion finale, qui m’a beaucoup fait penser à Francis Bacon et George Dyer. Dommage que les deux personnages principaux se ressemblent comme deux gouttes d’eau car j’ai mis du temps à les différencier, ce qui a été le cas aussi pour d’autres spectateurs avec qui j’ai pu échanger à la sortie. C’est un film intéressant dans sa globalité mais qui peut perdre des personnes en cours de route sur la première heure, tant on ne comprend pas réellement où l’on veut nous mener, bien qu’on sente une tension de plus en plus présente.

J’ai directement enchaîné avec Slalom à 11h au CID, qui a reçu le Prix Ornano-Valenti 2020 du Festival de Cannes (prix du meilleur premier film). La réalisatrice et deux des actrices principales ayant pu venir présenter le film en début de séance. J’ai adoré ce film car il se déroule à la montagne (principalement tourné aux Arcs de ce que j’ai pu voir), suivant l’année scolaire de l’héroïne de 15 ans en ski-études. Avec en tête d’affiche Jérémie Renier, qui assure un rôle poignant et magistralement interprété, comme pour le reste du cast, le film aborde les abus qui peuvent avoir lieu dans différents domaines, dont le domaine sportif. Pour l’anecdote ça fait drôle de voir un film en français au CID, en vosta donc. Il reste toutefois dommage de toujours ajouter du drama à toute belle histoire, bien que la réalisatrice ait parlé de mettre en images son vécu. L’aspect compétitif n’est d’ailleurs pas tant mis que cela en avant, mais plutôt l’accomplissement personnel, qui aurait pu être plus creusé : le sport vient finalement au second plan même si le film reste superbe sur bien des plans.

A peine le temps d’aspirer un risotto au casino et me revoilà à 14h devant Calamity, film d’animation ayant reçu le prix du festival d’Annecy. J’étais à la base partie pour voir The Assistant mais voilà, la queue commençait déjà à 13h devant la salle, du jamais vu ! Donc une grande partie de la file d’attente (je dirais une centaine de personnes) s’est dirigée in extremis vers le CID, là où nous étions sûrs de trouver de la place. Le représentant du festival d’Annecy a très bien su vendre le film ainsi que les deux autres présentés à Deauville cette année : Petit Vampire et Lupin III The First, diffusés le lendemain. Calamity, centrée sur l’enfance de l’héroïne, est un bon film, une bonne comédie, mais aussi un reflet évident de la lutte des femmes qui perdure encore aujourd’hui. Le film n’est pas infantilisant pour un sou ni féministe à outrance pour autant. L’animation a une touche agréable, qui prête à rêver et n’engorge pas l’image de détails malvenus. Très aérienne, elle accroche de suite le regard, ce qui rend l’enchaînement des scènes véritablement plaisante à regarder. La bande son est également d’un bon acabit et je comprends pourquoi ce film a reçu de bonnes critiques lors du virtuel Annecy 2020.

Deuxième chou blanc à 16h, où Kajillionaire et Last Words étaient complets tous les deux alors que je n’étais même pas encore sortie de la séance en cours. Direction donc la ville, la plage, la brocante de la salle des fêtes, et retour dans le game à 18h30 pour Shiva Baby. Une comédie qui assume pleinement les clichés des coutumes juives, qui m’a beaucoup fait penser au tout premier film que j’ai vu au festival de Deauville, en 2007 (déjà 13 ans de festival pour moi !), Death at a Funeral. Car le principe est un peu le même : des personnes qui ont des relations cachées dans la vraie vie se retrouvent par hasard à un enterrement, ce qui met en avant leurs mensonges et leur vraie vie à la vue de tous. On rigole bien, le film est court et heureusement, car Shiva Baby, c’est aussi et surtout un bébé qui passe son temps à pleurer et hurler. Déjà que j’apprécie peu ça en temps normal, là c’est vraiment poussé à son paroxysme.


C’était donc une journée en demi-teinte pour moi car je n’ai pas pu voir le tant attendu Comment je suis devenu super-héros, comme deux autres films que j’avais listés pour la journée. Je ne vais toutefois pas être trop critique car je sais que l’organisation du festival a fait son possible pour que cette édition ait pu se tenir cette année, mais je sais que beaucoup de participants ont été déçus par la gestion de certains sujets. Je reste ravie d’avoir cette année encore participé à ce festival, qui reste accueillant, plaisant et convivial.

46ème Festival du Cinéma Américain de Deauville – Edition 2020

Comme pour bon nombre d’événements cette année, le festival du cinéma américain de Deauville bénéficie lui aussi de changements en lien avec la situation sanitaire encore en cours. Si le festival n’est pas annulé d’ici là, les modifications qui ont lieu cette année pour Deauville sont en positif car le festival récupère des films n’ayant pas pu être présentés au festival de Cannes et d’Annecy : 10 films seront projetés à Deauville concernant le premier (dont Peninsula, suite du Dernier Train pour Busan et le nouveau film de Maïwenn, ADN) et 3 pour le second. L’affiche de l’édition 2020 étant un hommage à Kirk Douglas, décédé en février dernier.

Je ne pourrai pas assister à l’intégralité du festival cette année (du 4 au 13 septembre) mais j’essaierai d’y passer quelques jours, la programmation étant véritablement dense pour cette édition, proposant la possibilité physique de voir jusqu’à 5 films sur une journée (checké avec la durée des films et la distance entre les différents cinémas), ce qui rend le prix du billet encore plus rentable que d’habitude.

Vanessa Paradis fait suite à Catherine Deneuve en tant que présidente du jury pour visionner les 14 films en compétition. Vous trouverez sur le site du festival la programmation complète, cette année encore dans les trois cinémas de la ville. Le décret sur le port du masque obligatoire pendant toute la durée de la séance en même temps que l’arrêt de la distanciation vont surement peser sur le festival, reste à voir si le public sera au rendez-vous, ce qui reste la grande inconnue. Ayant été deux fois encore au cinéma la semaine passée pour voir les nouvelles sorties de la semaine (Tenet et Les Nouveaux Mutants), je suis vraiment pessimiste quant au remplissage des salles obscures sur le court terme …

News Août 2020

Demain soir je suis (enfin) en vacances ! Ne vous attendez donc pas à avoir de mes nouvelles d’ici la fin du mois, car je compte bien profiter d’un bon moment loin de l’ordinateur et peut-être même des internets.

Grâce à la diffusion d’Aux Yeux de Tous dimanche dernier à la télévision, mon blog a vu ses statistiques s’agiter car mon article plus ou mois dédié au film a été vu plus de 460 fois. Quand je regarde les critères de recherche, beaucoup cherchaient visiblement l’explication finale mais pas de spoil ici !

Bénéficiant d’un compte Netflix depuis le milieu du confinement à peu près, j’ai pu rattraper pas mal de classiques, revoir des films cultes à mes yeux (Shutter Island, la saga Matrix ; dont le quatrième opus doit sortir le même jour que John Wick 4) et découvrir de nouvelles séries, dont Boca A Boca. Série brésilienne dont les épisodes s’enchaînent avec facilité (seulement 6 composent la première saison), j’ai été enjouée par les couleurs et la bande-son (en fait je suis très preneuse de ces éléments, comme mentionné dans mon article sur l’Atelier des Lumières). La série détonne complètement des autres du même acabit, aka celles qui veulent traiter de virus ou d’épidémie. Les acteurs méritent d’être connus hors de leur région même si je regrette parfois des scènes un peu répétitives dans les danses et scènes de débauche. J’en retiens tout de même une réelle appropriation du sujet et une certaine mise en scène captive et immersive, le tout dans une série pas tant pour les adolescents que cela.

Côté cinéma c’est donc confirmé nous aurons bien Tenet ce mois. Je suis tout de même inquiète pour le cinéma, malgré des salles qui s’efforcent de proposer des rétrospectives ou films qui ont marqué leur époque, fort est de constater que le public n’est pas vraiment au rendez-vous, même pour les sorties de l’année. UGC ayant commencé sa diffusion des Harry Potter dimanche dernier, je m’attendais à une salle quasi comble pour le deuxième film de la saga (mon péché mignon), alors que nous frisions les 50 personnes pour une capacité de la salle de 394 places (oui je sais c’est précis mais la salle 16 de l’UGC Ciné Cité La Défense est mon antre). D’après les chiffres du CNC, la fréquentation de juillet est de 4,8 millions d’entrées contre plus de 18 millions en juillet 2019. Tenet sera vraisemblablement un test en même temps qu’un vrai levier pour espérer relancer la machine pour la rentrée.

Je souhaite à tous de très bonnes vacances pour ceux qui ont la chance d’en avoir et bon courage à tous ceux qui travaillent ou ont d’autres préoccupations. Je vous donne rendez-vous à la rentrée pour de nouvelles news cinématographiques, gustatives et variées.