Orphan Black tire sa révérence

Après cinq années de bons et loyaux services, Orphan Black a diffusé la semaine dernière son cinquantième et tout dernier épisode. L’occasion de revenir brièvement et de façon chiffrée (puisque j’avais déjà fait un article dessus) sur une série novatrice et bougrement addictive.

Orphan Black c’est une histoire de clones, qui devient une histoire de soeurs, et elles sont bien plus que Seven Sisters. Chapeau bas à nouveau à Tatiana Maslany, qui interprète pas moins de quinze personnages différents, secondaires comme principaux et a été à multiples reprises recompensée. Mais aussi Ari Millen, qui en joue presqu’une dizaine. Je ne cite qu’eux mais tous les acteurs sont de très haut niveau. Vous trouverez d’ailleurs ici la liste complète des personnages et des clones. Quel travail de fourmi. Pour revenir sur la cinquième et dernière saison, elle permet de bien boucler la boucle, mais avec de lourdes pertes au compteur (personnages comme spectateurs).

Avec 404 000 canadiens devant leur poste pour le pilote et 1 026 000 américains, la série s’est gamelée en France avec seulement 9000 spectateurs au lancement. Heureusement, les internets et Netflix ont permis aux spectateurs francophones de continuer à suivre la série. Malgré la qualité de la série, les audiences US sur la BBC ont chuté au fil du temps, passant d’une moyenne de 413 333 téléspectateurs lors de la saison 1 à 238 333 pour la saison 4 (chiffres non encore arrêtés pour la saison 5).

La série est belle et bien finie mais les créateurs (John Fawcett et Graeme Manson) ne souhaitent toutefois pas s’arrêter en si bon chemin. En effet, une adaptation cinématographique serait en réflexion. Pas de date prévue ni de volonté de se précipiter, le film viendra s’y l’occasion et sa pertinence se présentent !

Annabelle 2 : La Création du Mal

Trois ans après le premier film et ses séances tumultueuses (notamment celle où j’étais allée), la poupée Annabelle est de retour sur grand écran, avec David F. Sandberg à la réalisation (après le succès de son précédent court-métrage et film Dans le Noir). Cette fois-ci j’ai eu l’avantage de tomber sur une salle calme (pour une séance à 10h du matin un weekend heureusement), qui m’a permis de profiter du film comme il se doit.

Je tiens à remercier au passage UGC qui a pris le risque de diffuser le film dans trois de leurs salles parisiennes, malgré les réticences et les incidents passés. Après échange avec eux, la diffusion d’Annabelle 2 dans plus de salles (les films d’horreur restaient à 80% diffusés à Châtelet, comme c’était le cas de Grave et I Wish) est un test pour voir s’ils peuvent se permettre de stopper le boycott des films d’épouvante dans la plupart de leurs salles.

Nous sommes en plein dans le Conjuring Universe, commencé avec Les Dossiers Warren et Le Cas Enfield. Annabelle premier du nom (ni le second) ne reprenant pas le couple Warren directement mais liant tout de même les histoires et les démons (Valak si tu m’écoutes), de par les références faites au sein des films Conjuring. The Nun est ainsi prévu pour l’an prochain (se focalisant justement sur Valak), en guise de spin-off à Conjuring 2, et nous aurons également un préquel, The Crooked Man, prévu pour 2019.

Revenons sur Annabelle 2, qui nous explique donc la création du démon et qui est un préquel tout à fait réussi du premier long-métrage. Il recoupe d’ailleurs de façon très nette avec les événements du précédent. Le film se déroule 12 ans avant le premier, dans une maison servant d’orphelinat pour six nouvelles venues. Le couple habitant la maison a perdu sa fille unique il y a de longues années, et ils souhaitent redonner un peu de vie à la maison, tout en rendant service. Bien évidemment, rien ne va se passer comme prévu, et d’étranges événements surnaturels vont faire leur apparition, mettant en péril chacun des habitants. Et pas qu’un peu.

On sent un univers plus abouti et une meilleure maîtrise des éléments du film d’horreur. Jouant sur les peurs enfantines et le fait de braver les interdits, les scènes d’épouvante parviennent à toujours utiliser au maximum les éléments du décor mis en place (je pense au monte escalier mais également au passe-plat). Il y a quelques petites incohérences, mais excusables car liées au scénario du film en lui-même, pour renforcer la situation d’horreur et éviter que le film ne dure que dix minutes. Par exemple, on voit bien que le démon prend possession de l’âme de quelqu’un, ce qui était son but ; mais une fois l’âme récupérée il continue tout de même son bazar alors qu’il devrait se calmer et tout arrêter.

Les scènes d’angoisse sont parsemées dans le film mais quand elles sont présentes, elles durent un sacré bout de temps. Les jeux de lumières / sons sont réglés au millimètre / à la seconde, et permettent une bonne immersion dans l’action. A chaud, j’ai trouvé le film en-deçà du premier, mais après réflexion je l’ai trouvé plus mûr que le précédent, même si Conjuring 1 reste mon préféré toute catégorie de la franchise.

Aux Yeux de Tous (x 2)

Suite aux conseils d’un ami, j’ai visionné Aux Yeux de Tous, film américain sorti il y a peu, avec Nicole Kidman et Julia Roberts. Sauf que mon ami me conseillait Aux Yeux de Tous, film français sorti en 2012, qui n’a aucun lien avec le premier, avec Mélanie Doutey, sur la vidéosurveillance et le traçage des individus. Au final, j’ai vu les deux.

Aux Yeux de Tous : le film américain

Sorti en 2015 aux Etats-Unis sous le titre Secret In Their Eyes, le film est un remake du film argentin Dans ses Yeux de 2009. L’histoire a lieu peu après les attentats du 11 septembre et a comme personnage principal Julia Roberts, agente du FBI, qui découvre sa fille violée et tuée. Aucune piste ne permet officiellement de conclure l’enquête et c’est un de ses amis, enquêteur également, qui va rouvrir l’enquête treize ans après, afin d’apporter à la mère une réponse.

Le scénario est bien ficelé même si on s’y perd parfois entre les actions ayant lieu en 2001 et celles ayant lieu treize ans plus tard, ce qui entraîne quelques incompréhensions au niveau de l’histoire et de la cohérence des films. Les acteurs sont parfaits dans leur rôle, avec une mention spéciale pour Nicole Kidman, qui joue toujours sur ses charmes de la plus belle et pertinente façon qui soit.

Sans être avare en rebondissements, le film a tout de même des temps plus calmes, où on peut apprécier l’avancée de l’enquête et l’entièreté du casting, avec également Chiwetel Ejiofor, Dean Norris et même Alfred Molina. On passe un bon moment, mais il faut rester concentré d’un bout à l’autre si l’on veut bien comprendre la fin qu’on ne voit pas tout à fait venir.

Aux Yeux de Tous : le film français

 Entièrement filmé par le biais de webcams et caméras de surveillance, il se focalise sur un couple de parisiens, composé d’un jeune homme lambda et d’une policière avec des moyens d’argent, ayant déposé un colis piégé à la gare d’Austerlitz, avec pour conséquence l’assassinat de plusieurs personnes. Avec Olivier Barthélémy et Mélanie Doutey dans les rôles principaux, le film est assez court mais va très vite dans l’enchaînement des événements. Nous suivons le hacker qui pirate les séquences vidéo de l’attentat et les caméras de surveillance de Paris, jusqu’à retracer la piste de notre couple, qui ne sont que des hommes de main n’ayant pas conscience de leur acte avant que le colis n’explose, et surtout, des investigateurs du complot.

Tout premier film de Cédric Jimenez, ce dernier veut nous montrer à quel point les images et vidéos peuvent être trafiquées et à quel point nous pouvons être vulnérables face au traitement des données. Webcams piratées, caméras de la ville détournées facilement : tout nous montre ici que notre droit à l’image n’est que pure foutaise. S’approchant du réalisme au maximum (entre complots politiques et lieux connus), le film tient en haleine, malgré des techniques utilisées assez rudimentaire (les sons par exemple ne sont qu’issus de téléphones ou de micros à basse qualité).

Je vous conseille donc ces deux films, selon vos goûts, qui abordent chacun à leur façon la crainte et les conséquences d’attentats.

Kairos Escape Game

Je fais suite à mon dernier article sur les escape games car j’ai eu l’occasion d’en effectuer un troisième le weekend dernier, au sein d’une enseigne plutôt récente : Kairos.

Je dis plutôt récente car il y a beaucoup d’enseignes d’escape game qui fleurissent depuis plusieurs années à Paris et en proche banlieue, mais pas que. Kairos fait partie des derniers-nés et mérite à gagner en (re)connaissance, d’où mon article d’aujourd’hui et les critiques positives sur TripAdvisor (il faudrait que je songe à me faire rémunérer tiens).

 Kairos a pour le moment trois thèmes à sa collection, tous liés à trois époques différentes : Zombie Motel (2035), le Boucher de Détroit (2003, très Dexter like) et les Pirates des Antilles (1727). Un prochain thème devrait être ajouté au catalogue, se situant dans l’espace … J’ai effectué celui des pirates et pour des raisons évidentes de confidentialité et de fun … je ne vous en parlerai pas.

Je peux toutefois vous faire part de mon très bon avis concernant Kairos (que j’ai donc pu comparer avec d’autres enseignes testées précédemment) : des décors au poil, un personnel accueillant et sympathique, des énigmes créatives, des surprises réussies … bref, j’y ai passé un très bon moment bien que trop court, évidemment. Je ne vais pas m’attarder sur le prix car il est aligné avec les autres prestataires de ce service (environ 25 euros par tête), mais je souhaite encourager la structure qui offre des décors à couper le souffle et un véritable dépaysement réussi.

My Cousin Rachel

Je n’avais jamais entendu parler du livre éponyme de Daphne du Maurier dont le film est issu, mais la bande-annonce aperçue au cinéma m’avait donné envie d’y jeter un œil. On suit l’histoire de Philippe (incarné par Sam Claflin : Hunger Games, Le Chasseur et la Reine des glaces) dont le cousin Ambroise est décédé dans un pays étranger, suite à son mariage récent avec une certaine Rachel (personnage joué par Rachel Weisz : La Momie, Le Procès du Siècle). Selon les points de vue, le cousin en question est décédé de façon normale suite à une maladie ; il avait également des problèmes psychiatriques et se sentait martyrisé, semblait paranoïaque. Mais on nous laisse également à penser qu’il a pu être tué par la fameuse Rachel. Cette dernière revient en Angleterre, où habite Philippe, pour le rencontrer (je ne sais plus trop pourquoi, je ne sais même pas si la raison a été donnée dans le film). Ce dernier, croyant fermement à la culpabilité de Rachel dans tout cela, souhaite venger la mort de son cousin en mettant les choses au clair avec elle. Mais il va tomber amoureux d’elle, ce naïf.

J’ajoute « ce naïf » car, qu’elle soit innocente ou coupable, il passe carrément pour un neuneu qui n’a jamais vu une femme de sa vie et qui tombe éperdument amoureux d’elle sans même s’en rendre compte. Il n’a aucune conscience de la stupidité de ses actes, mais c’est tellement dramatique que ce n’en est pas risible.

Le film n’est pas mauvais mais n’est pas transcendant non plus. En plus de cela, je n’ai pas lu l’histoire originale afin de comparer et estimer si l’adaptation faite (seconde adaptation du livre en film d’ailleurs) est bonne. On retrouve avec plaisir Iain Glen dans un rôle qui lui sied parfaitement, et les autres acteurs sont assez justes également. Cela reste toutefois une histoire assez romancée, qui pourrait flirter avec l’érotisme mais qui ne l’ose pas. L’aspect thriller est bien présent, car on parle tout de même d’un prétendu meurtre, et le jeu de Rachel Weisz est parfait, ne laissant aucunement transparaître l’innocence ou la culpabilité du personnage. Je n’ai hélas pas été convaincue par la fin, même si, comme chacun qui verra le film, j’ai ma petite idée sur la conclusion à apporter …

I Wish – Faites un vœu

Claire Shannon est une jeune lycéenne mal dans sa peau. Un jour, pour son anniversaire, son père lui offre une mystérieuse boîte à musique. Elle découvre que celle-ci peut exaucer tous ses vœux. Petit ami, popularité, argent, tout semble parfait. Mais le rêve a un prix : à chaque nouveau souhait, une personne de son entourage décède. Claire devra se débarrasser de ce cadeau pour sauver ses proches et ses amis. [Wikipédia]

C’est sur ce pitch pas terrible que démarre I Wish (souvent mal-nommé One Wish, sûrement à cause de la typo sur l’affiche). Et franchement, j’ai été sacrément emballée. J’avais peur de voir un énième film d’horreur nul, où il suffit de glisser sur les publicités que le quatrième assistant réalisateur a un copain qui est le neveu du frère d’un figurant d’Annabelle ou Conjuring pour faire prétendre que le film est bon, mais heureusement le film était bon. A cause du boycott qui perdure de la part d’UGC sur les films d’horreur, peu de salles parisiennes diffusent I Wish. Je me suis dirigée vers Châtelet (pour les non-parisiens, voir un film d’horreur à Châtelet c’est un peu comme vouloir lire du Dostoïevski dans le Goudurix) et j’ai également eu la surprise de voir une salle pleine, mature et avec un comportement sensé.

Claire réalise au bout du troisième, voire même quatrième vœu je crois, que sa boîte commence à tuer des gens. Avant cela, le plaisir est rien que pour le spectateur. Faisant penser à Destination Finale sous certains aspects (notamment les moments où les personnes ne font tuer, sans que l’on ne sache vraiment comment au début – ces scènes sont d’ailleurs un mélange de comédie et de suspense assez intéressant), on ne s’ennuie pas une seule seconde. Le film est rapide et les scènes s’enchaînent avec une grande fluidité, jusqu’à l’apothéose, qui vaut le coup d’être vue.

Pour ce qui est des acteurs, Joey King (qui joue le rôle de Claire) était déjà une habituée car elle était intervenue dans Conjuring justement et En quarantaine (le remake américain tout moche de REC) entre autres. Ki Hong Lee (Ryan) est quant à lui un personnage presqu’emblématique du Labyrinthe, Ryan Phillippe (le père de Claire) a fait véritablement commencer sa carrière grâce à Souviens-toi… l’été dernier, Shannon Purser s’est fait connaître récemment par son rôle dans Stranger Things et Riverdale, et Sherilyn Fenn n’est autre qu’Audrey Horne dans Twin Peaks, ce qui en fait un film au casting pas dégueulasse du tout.

En fin de compte cela faisait longtemps que je n’avais pas vu un bon film d’horreur au cinéma, même s’il n’est pas irréprochable, mais l’équilibre entre horreur, tension, voire même un brin de comédie, est très bien respecté et permet de passer un bon moment.