thriller

Life : Origine Inconnue

Six membres de la station spatiale internationale sont en orbite autour de la Terre au sein d’un même vaisseau et reçoivent une sonde venant tout droit de Mars, contenant des échantillons de sol … ayant une probable source de vie. On va vite passer de « probable » à « sûr à 100% » puis encore plus vite à « oulala ça craint qu’est-ce que c’est que ce bordel ?! ».

Réalisé par Daniel Espinosa, Life fait penser à des dizaines de films du genre qu’on a pu voir avant. Sauf que celui-ci est quand même vachement bien. Avec au casting Jake Gyllenhaal, Rebecca Ferguson, Ryan Reynolds et Hiroyuki Sanada (je le cite aussi car Helix me manque <3), on assiste à un Gravity x The Thing. Ou plus vraisemblablement à un Alien remasterisé, aussi bien au niveau de la bestiole que des moyens techniques à disposition. Autant film de science-fiction que véritable thriller, Life prend le temps de poser les bases avant de faire venir l’élément déclencheur, mais quand l’aspect angoissant apparaît dans le film, il y reste jusqu’au bout. J’ai rarement été aussi stressée devant un film, cela étant aussi bien du à la forme de vie extra-terrestre en elle-même, qu’à cette sensation de promiscuité dans l’espace. L’inconnu (comment résoudre le problème / que veut cet organisme / est-ce vraiment un problème / que va-t-il se passer) est vraiment palpable tout du long, ce qui amène à une sensation de panique assez saisissante. On aurait entendu une mouche voler dans la salle de cinéma tant la tension était présente. Il y a également quelques scènes assez dures mais nous sommes plus dans l’angoisse que dans l’horreur pure.

J’ai trouvé que ce film était un film de zinzin (de l’espace), tant l’ambiance permettait de s’y plonger à fond, alors même que je m’attendais à un film de série B un peu dégueu, comme ceux auxquels les productions (grosses ou non) nous avaient habitués ces dernières années. Fort heureusement, le pari est ici réussi. Avec une mention spéciale pour la fin, qui est aussi étonnante que bonne !

Piège Mortel [Théâtre La Bruyère]

Très influencée par le style thriller et … la publicité, j’ai appris l’existence de Piège Mortel grâce à une colonne Morris en bas de mon travail. Affiche aperçue le matin, réservation faite le midi, et le soir me voilà au Théâtre La Bruyère afin d’assister à une des représentations.

Mise en scène par Éric Métayer, la pièce se résume en ces mots : « Sidney Brown est un auteur de pièces policières en panne d’inspiration. Il lui faut un succès à tout prix. Il reçoit Piège Mortel, la pièce d’un jeune auteur, un triomphe assuré. Jusqu’où Sidney sera-t-il prêt à aller pour mettre la main dessus, lui qui a passé sa vie à imaginer des meurtres et des intrigues ? » Je préfère utiliser le synopsis officiel car s’il y a bien quelque chose qui ne doit pas être dévoilé c’est bien l’intrigue. Cette pièce n’est pas lambda, c’est-à-dire qu’il ne faut pas se fier aux apparences et que les rebondissements sont constants. Comme dans n’importe quel vaudeville vous pourriez me dire. Mais il faut savoir que Piège Mortel n’est pas un vaudeville, c’est un thriller. Un thriller avec de la comédie, des pleurs, de l’angoisse, du comique de situation et de langage, mais un thriller tout de même. A noter que cette comédie policière avait déjà été jouée en 2010, au Casino-Théâtre et qu’elle est basée sur la pièce d’Ira Levin, également auteur de … Rosemary’s baby ! Piège Mortel a aussi été adapté au cinéma avec Christopher Reeve dans un film de 1982.

Jouée à partir du 19 janvier 2017, la pièce regroupe cinq acteurs : Nicolas Briancon, Cyril Garnier, Virginie Lemoine, Marie Vincent et Damien Gajda. Des acteurs qu’on aura pour la plupart vus autant à la télévision et au cinéma, qu’au théâtre. En 1h30 de spectacle, nous en prenons plein la vue. Je ne rentrerai sciemment pas dans les méandres de l’histoire mais je peux vous dire que l’ambiance huis clos est très bien respectée, grâce à un décor simple mais avec pléthore de détails. Les acteurs sont tous très bons et l’intrigue tient en haleine jusqu’au rideau final. Piège Mortel est l’occasion de passer une bonne soirée dans les salles parisiennes.

Nocturnal Animals

Je ne comptais à la base pas faire d’article sur Nocturnal Animals, mais après l’avoir vu pour la seconde fois au cinéma, je me suis dit que le film méritait tout de même son petit billet.

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Film de Tom Ford, Nocturnal Animals nous raconte l’histoire de Susan (Amy Adams), mariée à Hutton (Armie Hammer) et sensiblement en phase de dépression. Elle reçoit alors le premier roman de son ex-mari Edward (Jake Gyllenhaal) et va vivre cette fiction en même temps que les spectateurs. Attention donc à ne pas confondre les phases de la vie de Susan et celles des pages du livre dans lequel elle est plongée, intitulé lui-même Nocturnal Animals.

Oppressant et très noir, le film bénéficie d’une esthétique certaine. Pour prendre un exemple frappant : le générique d’ouverture. Montrant des images peu flatteuses (face auxquelles aucune personne dans la salle n’a heureusement osé se moquer, et ce pour les deux séances que j’ai faites), l’esthétique est toutefois superbe. Le directeur de la photographie de ce film a fait un travail sublime et visible dans quasiment toutes les scènes, des vues en plongée de Los Angeles aux déserts arides, en passant par la beauté d’Amy Adams superbement mise en valeur.

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Dur, voire même difficile sous certains aspects, Nocturnal Animals nous présente une bande son au poil, qu’on a toujours en tête quelques heures après. Les acteurs sont tous dans leur élément et font preuve d’un professionnalisme impeccable. Que ce soit ceux cités plus haut, mais aussi Michael Shannon en inspecteur fort de ses principes et Aaron Taylor-Johnson comme grand méchant de l’histoire, qui ne ressemble à aucun de ses précédents rôles (pour rappel, John Lennon et Kick-Ass, c’est lui aussi).

Avec près de 125 000 entrées en France une semaine après sa sortie, le film commence son succès même s’il n’était pas fait pour être un blockbuster. L’ambiance sombre pourra en rebuter certains, mais la puissance des images et le talent des acteurs aidera à convaincre bon nombre de spectateurs de la performance du staff de Tom Ford.

Scream [Série]

On pensait la licence Scream morte et enterrée, mais la revoilà, pour le biais d’une série télévisée de Netflix, toujours avec Wes Craven au commencement de la production.

Diffusée depuis l’an dernier, la série en est à sa deuxième saison. Nous retrouvons un tueur masqué (les personnages et les événements ne sont pas les mêmes que pour les films) qui sévit dans un village où tout le monde semble se connaître. Les personnages principaux et secondaires englobent une quinzaine de personnes (au début, car cela va decrescendo évidemment), ce qui facillite la proximité avec leurs histoires et leur passé.

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La première saison comporte dix épisodes alors que la deuxième est un chouia plus longue : douze épisodes, car elle met bizarrement plus de temps à démarrer que la précédente. Alors bien sûr, est en train d’arriver le moment où nous nous lassons de toutes ces séries de type slasher (Scream Queens, Slasher, Dead of Summer…), mais celle-ci ne parvient pas encore à me faire atteindre le point de non-retour. Sans doute grâce à la nostalgie que j’ai face à la licence (j’avais à peine huit ans que j’ai vu le film Scream, c’est peut-être une des raisons qui fait que je suis attirée par les thrillers aussi loin que je me souvienne) et le fait de savoir que Wes Craven était encore de la partie jusqu’à sa mort, survenue il y a presqu’un an maintenant, et que son héritage continue ce qu’il avait commencé.

The Fall

Je suis tombée sur cette série dans un article qui mentionnait The Fall parmi les séries de thriller US qui étaient le plus binge watchées… Hé bien j’ai binge watché les deux saisons en trois jours. Et je me suis demandée comment j’avais pu passer à côté depuis 2013 !

Déjà, The Fall reprend deux de mes acteurs fétiches : Gillian Anderson (on a d’ailleurs récemment appris que la saison onze de X-Files était confirmée) et Jamie Dornan (plus pour Once Upon a Time que 50 Nuances de Conneries). Ensuite, les saisons sont courtes : cinq épisodes pour la première, six pour la deuxième. Enfin, l’ambiance et le traitement de l’histoire sont telles qu’on est obligés d’enchaîner les épisodes tellement le rythme est haletant.

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La réalisation est particulièrement bien effectuée. Les cadrages précis mais proches. Comme si nous étions dans un documentaire, le côté caméra à l’épaule en moins. Nous faisons partie des événements, de l’intimité des trois, voire quatre personnages principaux. Tournée à Belfast, la série est troublante de réalisme et peut s’apparenter à un épisode de série télévisée qui nous résume une enquête policière. Mais en bien mieux, puisque nous prenons ici le temps de comprendre chaque individu, leurs forces, leurs faiblesses, leurs objectifs. Rien n’est bâclé, chaque pion est méthodiquement avancé un par un.

Devant un tel succès public, The Fall a été reconduit pour une troisième saison, bien que les deux premières se suffisent à elles-mêmes. Cinq nouveaux épisodes sont prévus, sans qu’une date de sortie n’ait encore été annoncée.

Elle [Film 2016]

Elle (1) Deuxième film du festival de Cannes de cette année que je suis allée voir, et quel film !

Si vous savez déjà de quoi le film parle, je me permets toutefois de revenir dessus car, de ce que j’ai vu de la salle, beaucoup de spectateurs avaient l’air de découvrir le synopsis en même temps que les scènes et donc se demander ce qu’ils faisaient là. Ce film est tellement poignant de réalisme et intense, qu’il faut pouvoir l’apprécier en sachant ce que l’on va voir.

Michèle Leblanc est agressée et violée dans sa grande maison de banlieue parisienne où elle vit seule. Elle ne porte pas plainte par la suite et reprend sa vie entre sa société de jeux vidéo qu’elle dirige avec son amie Anna, sa liaison avec Robert le compagnon de celle-ci, son fils Vincent, son ex-mari Richard, ses voisins Patrick et Rebecca. [Wiki]

Le film commence par la scène de viol et il est inutile de vous préciser que le coupable (agissant masqué) fait partie des principaux protagonistes. Je savais ce que j’allais voir mais j’ai été nettement touchée. Ayant moi-même été agressée, plusieurs scènes m’ont véritablement atteinte, souvent celles montrant qu’on peut se croire en sécurité en rentrant chez soi, alors que ce n’est pas toujours le cas.

Comme vous pouvez le voir sur l’affiche, pléthore de bons acteurs. Ils sont tous bons et véhiculent tous les bonnes émotions. Mention spéciale au « méchant » qui doit en plus tenir un double-jeu épatant. Épatant de réalisme, épatant de professionnalisme et épatant car cela m’a particulièrement touchée. Cela mis à part, je ne mettrai pas d’acteurs au-dessus d’un autre car ils sont tous véritablement bons.

Elle

Le film est dur car il affiche les faits tels qu’ils sont, tels qu’ils le seraient « dans la vraie vie ». Les cadrages montrent exactement ce qu’ils veulent montrer, la bande-son n’est pas utilisée à outrance (à part Iggy Pop à plusieurs reprises) et Paul Verhoeven nous montre encore (plus de vingt ans après Basic Instinct) qu’on peut flirter avec érotisme et thriller de façon presque parfaite.