Mois: août 2011

Les Âmes grises

2253109088Je fais très peu de critiques de livres, car j’en lis bien trop. Les âmes grises fait partie des rares exceptions à la règle, et pour cause, ce livre était si beau et poignant que mon rêve était de pouvoir écrire un jour un ouvrage comme celui-ci.

J’avais pourtant bien mal commencé mon été littéraire, en passant en revue (presque) tous les Twilight le long du mois de Juin. Et, pire du pire, en en appréciant la lecture. Je me dégoutais moi-même et commençais à me dire que cet été ressemblera plus à des séances de plage avec Meg Cabot plutôt qu’avec Alexandre Dumas.

L’histoire se passe en décembre 1917 dans l’est de la France, dans un village à quelques kilomètres du front, qui est confronté au meurtre d’une fillette, Belle de Jour. Le narrateur relate les réactions des uns et des autres : inspecteur, procureur, juge, notables et petites gens… Caractères et sentiments se dévoilent, affinités, soupçons et lâchetés… Les personnages ne sont pas des héros mais des « âmes grises », partagées entre le bien et le mal.

Les âmes grises sont en quelque sorte une représentation de chacun de nous. Rien n’est tout blanc ni tout noir. Le gris de notre âme s’explique alors grâce à ce juste milieu, aussi positif que négatif. Chacun est capable du pire comme du meilleur, où un geste atroce et irréfléchi peut aisément s’expliquer par la meilleure et plus belle volonté du monde. Ce livre, prix Goncourt, se lit avec une facilité déconcertante, comme n’importe quelle histoire dans laquelle on se sent happé. Ni trop long, ni trop court, les âmes grises nous prouve qu’un prix Goncourt n’est pas forcément un livre pompeux et indigeste, mais simplement un livre vrai dans lequel il est facile de s’immerger. Le tout grâce à des personnages simples, accessibles, mais à la fois uniques, des détails pertinents sans être omniprésents ou rébarbatifs, et encore grâce à la narration en elle-même, à mi-chemin entre le récit historique et des mémoires parvenant presque d’outre-tombe.

A mettre entre toutes les mains et dans tous les esprits.

I’ll Follow the Sun

Pas beaucoup d’articles en ce moment et ce, pour plusieurs raisons. Ce sont les vacances pour tout le monde. Ma connexion internet estivale n’est pas ce qu’elle est en des temps plus normaux. Et je concentre toute ma motivation en l’écriture de mon roman, bientôt fini, bientôt proposé aux maisons d’édition.

Bonnes vacances à ceux qui en ont o/

Amour, tu me tueras.

« Il n’y a pas d’échec amoureux. C’est une contradiction dans les termes. Éprouver l’amour est déjà un tel triomphe que l’on pourrait se demander pourquoi l’on veut davantage. »

nostalgie

Le nombre de fois où tout être humain a une folle envie furieuse de tout envoyer balader est assez conséquent. A plus ou moins fortes variation, fréquence et intensité selon les individus. Les raisons à cela sont tout aussi nombreuses. Une envie d’envoyer valser sa vie actuelle pour retrouver une liberté perdue, pour s’enlever des contrariétés malsaines et inutiles, ou encore par colère, où les efforts faits tous les jours ne mènent en rien au bonheur visé. Pour recommencer sa vie, repartir sur de bonnes bases. Si tant est qu’on puisse les trouver et les définir pleinement. Se donner les moyens de parvenir à ses objectifs et, le cas échéant, revoir ces objectifs. Se dire qu’ils ne sont pas forcément adaptés ou alors seraient-ils inatteignables car inconsciemment mauvais ?

On recherche tous le bonheur, parfois sans trop se poser la question, ce qui reste le meilleur des cas. Les buts sont effectivement une bonne chose, car comme leur nom l’indique, ils tentent de donner un sens à notre vie en nous faisant fixer une étoile qui brille au loin. Malheureusement, se poser des buts à atteindre ne sert qu’à se focaliser sur une seule chose, mettant sur la sellette les belles choses de la vie, à côté desquelles il est aisé de passer. Plus le but se fait inatteignable, plus celui-ci est douloureux. Et plus celui-ci s’en trouve renforcé, et donc doublement douloureux. Comme si la vie ne dépendait plus que de cette recherche éperdue du bonheur censé se trouver en cet unique objectif, si différent pour bien des personnes. Monter dans la hiérarchie, avoir un cercle d’amis important, gravir l’Everest, être un collectionneur impénitent. Avoir pour soi la personne que l’on aime. Ne pas devoir la partager. Se savoir aimé comme l’on aime, en réponse à la citation d’Amélie Nothomb de ce début d’article. Sans limites, sans recul, sans objectivité. Juste follement, irrémédiablement. Vouloir plus qu’être seulement un corps enchevêtré dans un autre, se sentir aimé au même titre que désiré. Sans être obligé de se cacher aux yeux des autres. Parce qu’il n’y a qu’une personne avec qui l’on puisse être heureux et qu’une seule personne qui puisse nous rendre la vie heureuse. Parce que l’objectif est unique et écarte toutes les options et tous les choix qui s’offrent à nous. Parce qu’on ne voit le bonheur qu’à un seul endroit, si douloureusement lointain.

« Notre amour est beau parce qu’il est impossible. »
Windows on the world (2003), Frédéric Beigbeder