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Anti [Rihanna]

Sorti le 28 janvier dernier, Anti de Rihanna semble être un bon album face aux critiques unanimes. Pourtant, ce dernier opus me semble bien fade face aux précédents.

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Quatre ans après Unapologetic, qui n’était pas non plus brillant à mes yeux, Anti est à son tour très axé R&B, ce qui n’est pas mon style de prédilection. Rien que le premier single, Work, avec Drake, ne sort pas des sentiers battus et nous ressort à peu de choses près la même rengaine à laquelle la chanteuse nous avait habitués. Certains pourraient dire que c’est une bonne chose, qu’elle reste dans la continuité de ses titres antérieurs. Mais pour moi, elle ne sait pas se renouveler. La seule piste qui m’a intéressée sur ce nouvel album est Same Ol’ Mistakes (une reprise d’une durée de presque sept minutes), qui est un compromis entre ses chansons jazzy et ses balades désespérantes.

Gros flop en ce qui me concerne, je ne partagerai donc assurément pas l’expérience du Anti World Tour, commençant le 26 février à San Diego.

Bonus 2015

Après une mauvaise nuit, des rêves bien pires que la réalité et des échanges concrets qui m’ont fait relativiser sur ma journée d’hier et sur le fait que malheureusement les gens changent sans qu’on n’ait soi-même finalement grand-chose à se reprocher, ainsi va la vie et ça va quand même mieux de le savoir même quand on reste dans l’ignorance, me voilà de retour avec un thème un peu plus jovial puisque nous nous replongeons dans l’univers du divertissement, et donc du plaisir. Sans vouloir faire de tops / flops de l’année 2015, je vais faire un article bonus, histoire de compiler certaines créations dont je n’ai pas pris le temps de parler dans des articles à part entière.

Versailles [Série]

Les séries télévisées coûtent cher, et certaines encore plus que d’autres. C’est le cas du pari audacieux que s’est lancé Canal + en réalisant et diffusant Versailles depuis quelques semaines.
Tourné en partie sur le lieu éponyme (en plus de Vaux, Maisons-Laffitte, Janvry, Sceaux, Rambouillet et bien d’autres), la série a flambé son budget en attachant une attention particulière aux costumes, aux lieux choisis et aux éléments de décor censés représenter l’ambition démesurée de Louis XIV quant à la construction du château. Composée de dix épisodes, la saison n’aura coûté pas moins de 27 millions d’euros : un budget colossal pour une série française.

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Il est encore un peu tôt pour juger objectivement de la qualité de la série, puisqu’elle n’a pas encore fini d’être diffusée sur les écrans et qu’il me semble déplacé de court-circuiter Canal + en allant regarder la totalité de la série sur les internets. Grandeur et démesure sont en tout cas de mise et c’est avec grand plaisir qu’on découvre une série sur l’histoire de France produite par nos propres studios. Nationalement, cela fait du bien.

Adèle [25]

Je ne me suis jamais véritablement penchée sur les précédents albums d’Adèle. Bien entendu je connais les principaux singles et apprécie sa voix sans commune mesure, mais sans pour autant avoir été un jour fan comme peuvent l’être beaucoup de personnes à son encontre. J’ai donc souhaité rattraper mon manque de culture adélien flagrant en achetant son nouvel album nommé 25.
J’en retiens une très belle découverte, une voix toujours chaleureuse, mais des paroles aussi irréalistes que possible. Certes je ne suis qu’une personne lambda mais si, à l’instar de la chanson Hello, j’appelais quelqu’un « au moins un millier de fois », je pense que cela n’aurait rien de romantique / nostalgique du tout, mais ressemblerait plutôt au comportement d’une névrosée / hystérique. Bien qu’elle ait trouvé l’amour, Adèle continue de composer des chansons délibérément tristes donc éviter l’album si vous sortez d’une peine de cœur, au risque de pleurer à chaque piste (Water Under the Bridge et Sweetest Devotion mis à part, qui sont une véritable et joviale bouffée d’oxygène).

The Girl in the Red Coat

Je lis beaucoup mais je lis peu de romans récents (comprenez « de cette année »), ce qui fait qu’il m’ait bien souvent impossible d’effectuer une quelconque critique de la rentrée littéraire actuelle. Pour autant, j’ai lu le mois The Girl in the Red Coat, roman de Kate Hamer, encore inédit en langue française (ce qui ne saurait tarder vu le succès du livre dans sa langue anglais originale).
Le pitch est des plus simples : une petite fille se fait un jour kidnapper à quelques mètres de sa mère, sans que cette dernière ne s’en rende compte. S’en suit alors un roman croisé entre les mésaventures qui vont être subies par l’enfant et celle de la mère ne perdant pas espoir malgré les mois qui passent sans aucune nouvelle de sa fille.
Les chapitres sont plutôt courts (rarement plus d’une dizaine de pages) et se lisent avec une grande facilité. Le style d’écriture oscillant sensiblement entre les phases de la mère et celle de l’enfant, celui-ci permet une immersion facile dans l’histoire. De plus, même si vous n’êtes pas férus de la langue anglaise, je pense que vous pourrez aisément réviser vos bases grâce au vocabulaire d’une enfant de huit ans.

Eye Candy

Basé sur le roman du même nom de R.L. Stine (l’auteur de l’illustre Chair de Poule), Eye Candy est à mes yeux une espèce de Mr. Robot féminine. On y suit Lindy, hackeuse qui s’est faite inscrire par sa meilleure amie sur Flirtual (Tinder pour ne pas le nommer) et va ainsi se frotter à un tueur en série sévissant parmi la gente féminine présente sur l’application. En une saison de dix épisodes, Eye Candy excelle dans la montée de l’intrigue (car nous sommes conscients que le tueur fait partie de l’entourage proche de Lindy) et dans l’humour caustique même parfois moins rationnel que Mr. Robot (cette série faisant évidemment partie de mes coups de coeur de l’année, mais ayant déjà fait un article dessus, je ne trouvais pas utile d’y revenir).

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Diffusée par MTV, chaque épisode comporte son lot de chansons extradiégétiques, où le titre et l’interprète apparaisse en simultané sur l’image, afin de se les procurer si l’envie nous en prend. L’actrice principale (Lindy) étant également interprétée par Victoria Justice et le production venant de l’excellent Blumhouse Productions, studio dont je ne vais pas encore reparler. Mention spéciale WTF pour les titres des épisodes, du nom d’IRL, SOS ou encore YOLO… Malheureusement, à cause des audiences américaines médiocres, la série ne comportera qu’une seule et unique saison.

Interstellaires

J’ai gardé le meilleur pour la fin, au en tout cas l’album qui me tenait le plus à cœur, puisqu’Interstellaires n’est autre que le titre du dernier album en date de Mylène Farmer.
Commençons par le moins bon : pas de piste cachée et une chanson que je ne parviens absolument pas à écouter, même en me forçant : Insondables. Pour le reste, il n’y a que du bon dans le cochon ! Interstellaires est un album pêchu, mêlant reprises réussies (Stolen Car et I Want You to Want Me) et créations dynamiques (Interstellaires, City of Love, C’est pas Moi et mon coup de cœur Voie Lactée). Pour une fan comme moi de Farmer, mais aussi de l’espace, le thème de cet album ne pouvait que me ravir. Pas de tournée annoncée suite à cet opus mais le cru farmérien 2015 est vraiment d’un bon acabit.

Honeymoon – Lana Del Rey

« C’est le mot qui résume le rêve ultime. […] La vie est une lune de miel, tu sais ? La vie, l’amour, le paradis, la liberté… C’est pour toujours. »

tumblr_nin99etp9P1u7j6ago1_500 Ainsi décrit par l’artiste, il est sorti depuis le 18 septembre, il s’appelle Honeymoon et c’est le dernier album studio de Lana Del Rey.

J’ai commencé cet article à la première écoute, j’ai laissé passer quelques jours d’écoute plus attentive et je l’ai finalement fini aujourd’hui. Ambiance sensiblement différente que ses précédents albums, les pistes sont plaisantes même si j’avais la désagréable impression d’être bourrée en entendant le rythme des paroles, entêtant et déstabilisant comme le quart d’heure qui suit l’ingurgitation d’un shot d’absinthe. A moins que LDR n’ait été elle-même portée par cette chaleur en enregistrant l’album.

Quoiqu’il en soit, une ambiance très années trente se dégage de l’album, et bien que les pistes ne soient pas forcément des plus abouties, on ressent que la chanteuse a réussi à poser sa voix. Même si l’album Born to Die a été un énorme succès commercial, il n’en restait pas moins évident que la voix de Lana Del Rey avait été retouchée outrageusement. Même les néophytes pouvaient s’en rendre compte à l’écoute des chansons, comme c’était le cas notamment pour Video Games. La voix et les respirations de la chanteuse sont ici plus naturelles et ne souffrent pas d’un parasitage d’Auto-Tune ; peut-être moins vendeur mais aussi moins factice.

Je ne sais pas comment va se porter Honeymoon au niveau des ventes, mais il est possible que bien des acheteurs ne soient pas intéressés car LDR se détache de plus en plus de ce qu’elle faisait lors de ses premiers singles. Ni pire, ni meilleur, cet album est surtout différent car on sent une émancipation et un détachement de la chanteuse face à ce qui se veut (et se vend) dans l’air du temps.

Rebel Heart [Madonna]

51TiozSp-jL._SY300_ Je crois que cet article fait partie de ceux qui m’ont pris le plus de temps à écrire. Non pas que je sois restée une dizaine d’heures à essayer de critiquer cet album, mais plutôt qu’à chaque fois que je passais sur l’article en brouillon, je ne savais pas vraiment quoi dire ni surtout comment le formuler. Allez, je me lance.

Rebel Heart donc, le dernier album en date de Madonna. Je ne peux pas dire avec exactitude combien de pistes il comprend car cela varie entre toutes les versions commercialisées. Celle que j’ai en a 27 et je dois en écouter véritablement quatre. Quand j’ai vu la jacquette, j’ai été heureuse car j’avais le sentiment que j’allais entendre la Madonna des décennies passées. Hélas, maintes fois hélas.

Sorti en mars 2015, il surfe sur la tendance électro danse que je ne supporte pas. Parmi ses albums les plus récents, j’avais adoré American Life et Confessions on a Dance Floor, mais j’ai émis beaucoup plus de réserves concernant Hard Candy et MDNA. Rebel Heart continue ici une descente aux enfers auditive.

Quelques chansons nous transportent dans les années 80, c’est le cas de Living For Love, Devil Pray ou encore Ghosttown. J’apprécie également beaucoup The Body Shop, téléchargementHeartbreakcity et Wash All Over Me, et c’est tout. Je retiens donc six pistes sur un total de 27. Je vais me concentrer sur celles-là car je trouve les autres passablement inécoutables (je ne parle même pas d’Autotune Baby qui, comme son nom l’indique, n’est qu’un cri de bébé qui dérive en autotune pour en faire une chanson). Living For Love est à tendance disco est a été mon coup de cœur de l’album, qui bénéficie d’une bonne touche pêchue. Les cinq autres peuvent faire penser à des balades (en particulier Heartbreakcity) mais on entend ses anciennes influences encore présentes.

L’album propose également un duo avec Nicki Minaj (Bitch I’m Madonna) et un autre avec Mike Tyson (Iconic). Les deux m’ont dépitée. La madone semble vouloir avec cet album renouer avec son ancien public, ce qui se montre également avec la présence de plusieurs de ses samples dans les chansons : Holy Water contient un sample de Vogue, Best Night contient un sample de Justify My Love et Veni Vidi Vici contient un sample de Ray of Light et Holiday. Pour autant, il ne suffit pas de piocher dans l’ancien pour faire du neuf, ou en tout cas du bon.

KYO – L’Équilibre

Sorti en mars 2014, soit 10 ans après leur dernier album 300 Lésions, L’Equilibre de Kyo a permis au groupe de retrouver une place sur la scène française. J’ai écouté et réécouté l’album afin de vous donner mon avis sur ce que vaut Kyo aujourd’hui.

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L’Équilibre est donc le quatrième album de Kyo. Deux singles en sont sortis à ce jour : Le Graal et L’Équilibre. Choix intéressant puisque ces deux morceaux sont sensiblement différents, respectivement comme l’étaient à l’époque Tout envoyer en l’air et Dernière Danse. Pour Le Graal, on retrouve le tonus et la punch rock attitude d’antan. L’Équilibre quant à lui, nous plonge profondément et spontanément des années en arrière, quand on entendait à la radio Je Saigne Encore. Et pour cause, cette chanson est d’une tristesse infime et je la déconseille à quiconque souffrant de tromperie ou autre désastre amoureux. Alors hop, un exemple des paroles, pour le sadomasochisme : « Cette nuit tu n’as pas dormi, Je t’ai retrouvée dans le noir, Les yeux gonflés par le mépris, Par la tristesse et par la rage, La voix cassée par les larmes, Tu veux connaître tous les détails, Ou, quand, comment, Et ce qu’elle a de plus que toi, Comme un enfant désemparé« . Voilà, voilà, du Kyo quoi. En soit ce n’est pas un reproche, si on achète l’album de Kyo c’est pour entendre ce pourquoi on appréciait le groupe à l’époque.

Je m’attends à faire face à une levée de boucliers si je dis que Poupées Russes me fait penser à Mano Solo, mais c’est l’impression que j’ai eue en entendant le morceau pour la première fois. Pareil pour Enfant du Solstice avec Indochine, mais simplement pour les premières notes, où l’on découvre ensuite une mélodie punchy plutôt agréable. Je vais arrêter ici les comparaisons maladroites puisqu’on entend surtout … du Kyo.

Les critiques à sa sortie ont été relativement positives, heureusement, étant donné le temps de production de cet album. Pour le reste des pistes, on entend les sonorités générales qu’on trouvait sur leurs précédents albums, et ce n’était pas pour me déplaire.

Donker Mag [Die Antwoord]

Le 3 juin 2014 est sorti le troisième album studio de Watkin Tudor Jones et Yolandi Visser, plus connus sous le nom du groupe Die Antwoord : Donker Mag. Il fait suite à $O$ sorti en 2009 et Tension en 2012.

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Pour ceux qui ont écouté et apprécié les albums précédents, pas de panique, on reste dans le même thème, celui d’une musique zef. Les sons de Happy Go Sucky Fucky ou encore Pitbull Terrier, restent aussi entraînants que l’étaient à l’époque Fish Paste ou Baby’s on Fire. Comme sur les précédents on retrouve quelques interludes musicaux et non musicaux. On est dans la continuité donc, mais avec de vraies surprises. La chanson Sex par exemple, n’est ni moins mais plus, qu’une reprise décalée de Sea, Sex and Sun de Gainsbourg. Ce qui m’a étonnée également, mais dans le bon sens, est la présence de chansons plus calmes, voire douces, comme Strunk et la chanson éponyme de l’album, Donker Mag.

L’album se permet plus de liberté, mais non d’un point de vue obscène, plutôt d’un point de vue musical. Paradoxalement, cette liberté leur permet de se détacher des sons electro et rap pour se rapprocher du style hip-hop. On y retrouve plus de légèreté dans les paroles abordées, mais toujours autant de punch !