drame

Le Comte de Monte-Cristo au Théâtre Essaion

Cela faisait quelques mois que cette pièce me tentait, mais je voulais me replonger d’abord dans l’univers de Dumas avant d’aller voir la représentation du Comte de Monte-Cristo au Théâtre Essaion. Le mois dernier, j’ai donc relu l’oeuvre originale et ai poussé le vice jusqu’à regarder les quatre téléfilms avec Depardieu. Me voilà donc fin prête pour aborder comme il se doit l’adaptation théâtrale de cet illustre roman.

Il est assez ardu de résumer l’ouvrage d’Alexandre Dumas en une pièce d’1h30. Les trois comédiens présents sur scène (Véronique Boutonnet, Franck Etenna et Luca Lomazzi) y parviennent pourtant tout à fait, faisant évidemment l’impasse sur beaucoup d’événements inhérents à l’histoire, mais pouvant être facilement mis de côté. A l’inverses, des éléments passés sous silence lors de différentes adaptations, sont ici mis en avant, comme par exemple la visite de Monte-Cristo au château d’If, lorsqu’il abat les dernières cartes de sa vengeance. Ce choix scénaristique permet d’utiliser une narration originale pour l’oeuvre : les flashes-back.

 Au début étonnante, voire déconcertante, la représentation gagne en puissance au fur et à mesure du dénouement et des tirades issues du livre. Poignantes, d’autant plus quand on sait que le roman de Dumas est inspiré d’une histoire vraie. Les trois acteurs jouent tour à tour le rôle de Dantes / Monte-Cristo et les autres personnages emblématiques de l’oeuvre et nous entraînent dans le tourbillon des événements tragiques et forts. Je pense qu’il est préférable de connaître l’histoire originale afin d’apprécier au mieux la pièce, mais cette dernière reste accessible à tous.

Véritable succès d’Avignon (et en salles) depuis l’année dernière, la pièce continue jusqu’au 11 février 2018 au théâtre Essaion (qui a la particularité d’être une véritable cave parisienne, permettant une bonne immersion au sein du château d’If).

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La Peur [Théâtre-Michel]

Je continue ma tournée des théâtres parisiens, cette fois avec le Théâtre Michel, basé rue des Mathurins à Paris, où je suis allée voir la pièce La Peur.

Influencée par le titre, je pensais voir (comme c’est dans mes habitudes) une pièce traitant du domaine du surnaturel et / ou de l’horreur. Que nenni ! Sans spoiler une seule seconde les événements, je peux toutefois vous dire qu’on est plus dans le genre du suspense / thriller, en suivant les mésaventures d’une femme infidèle. On sait dès le début de la pièce que cette dernière trompe son mari et qu’elle a été démasquée par la dame cocue. Celle-ci va alors exercer du chantage sur la première, poussée par la colère et la vengeance.

Adaptée de la nouvelle de Stefan Zweig, la pièce est littéralement portée par seulement trois acteurs : Hélène Degy (la femme adultère), Aliocha Itovich (l’homme trompé) et Ophélie Marsaud (l’autre femme trompée). Hélène Degy ayant d’ailleurs été sélectionnée aux Molières 2017 dans la catégorie révélations féminines. A l’affiche depuis octobre 2016, elle y restera jusqu’à la toute fin de l’année 2017 (période de relâche actuellement – j’ai bien fait d’y aller hier soir – les représentations reprendront le 5 octobre).

On ne voit absolument pas le temps passer pendant l’1h15 que dure la pièce. Avec des décors simples mais efficaces, un jeu très bon et proche du public et un sens du thriller assez poussé, tout est là pour nous faire passer un bon moment. J’ai même eu ma petite larme aux yeux à la fin car le sujet traité me tient particulièrement à cœur. Je précise également que c’est une sortie bien abordable puisque les places à plein tarif commencent à partir de 19€. N’ayez pas peur et allez-y !

Elle [Film 2016]

Elle (1) Deuxième film du festival de Cannes de cette année que je suis allée voir, et quel film !

Si vous savez déjà de quoi le film parle, je me permets toutefois de revenir dessus car, de ce que j’ai vu de la salle, beaucoup de spectateurs avaient l’air de découvrir le synopsis en même temps que les scènes et donc se demander ce qu’ils faisaient là. Ce film est tellement poignant de réalisme et intense, qu’il faut pouvoir l’apprécier en sachant ce que l’on va voir.

Michèle Leblanc est agressée et violée dans sa grande maison de banlieue parisienne où elle vit seule. Elle ne porte pas plainte par la suite et reprend sa vie entre sa société de jeux vidéo qu’elle dirige avec son amie Anna, sa liaison avec Robert le compagnon de celle-ci, son fils Vincent, son ex-mari Richard, ses voisins Patrick et Rebecca. [Wiki]

Le film commence par la scène de viol et il est inutile de vous préciser que le coupable (agissant masqué) fait partie des principaux protagonistes. Je savais ce que j’allais voir mais j’ai été nettement touchée. Ayant moi-même été agressée, plusieurs scènes m’ont véritablement atteinte, souvent celles montrant qu’on peut se croire en sécurité en rentrant chez soi, alors que ce n’est pas toujours le cas.

Comme vous pouvez le voir sur l’affiche, pléthore de bons acteurs. Ils sont tous bons et véhiculent tous les bonnes émotions. Mention spéciale au « méchant » qui doit en plus tenir un double-jeu épatant. Épatant de réalisme, épatant de professionnalisme et épatant car cela m’a particulièrement touchée. Cela mis à part, je ne mettrai pas d’acteurs au-dessus d’un autre car ils sont tous véritablement bons.

Elle

Le film est dur car il affiche les faits tels qu’ils sont, tels qu’ils le seraient « dans la vraie vie ». Les cadrages montrent exactement ce qu’ils veulent montrer, la bande-son n’est pas utilisée à outrance (à part Iggy Pop à plusieurs reprises) et Paul Verhoeven nous montre encore (plus de vingt ans après Basic Instinct) qu’on peut flirter avec érotisme et thriller de façon presque parfaite.

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Sandrine croyait être, enfin, tombée sur le bon, l’adorable.
Elle le connaissait et le côtoyait depuis quelques mois déjà. Et ce soir là, il l’emmena dans un beau et agréable restaurant. Ils passèrent un repas idyllique. Il la taquine, elle fait de même. Ils sont passionnés et sur la même longueur d’onde.

Ils vont chez lui, font l’amour, il se met à la guitare et elle l’écoute. Il lui dit être fatigué et lui fait comprendre qu’il est temps qu’elle rentre chez elle. Malgré les tentatives de Sandrine, il ne l’a jamais rappelée.