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Une Heure dans un Love Hotel Parisien

Mi-parisienne, mi-campagnarde, j’ai quand même su trouver des occupations pittoresques qui font le charme de la capitale. Le charme, le mot est bien choisi, puisque je vais vous faire découvrir aujourd’hui un pan des love hôtels de Paris.

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Venu tout droit du Japon, c’est en traînant sur le net que je me suis rendue compte que le principe était aussi applicable ici. Louer une chambre d’hôtel à l’heure, c’est faisable et en plein cœur de Paris. Mon comparse et moi-même nous décidons pour l’enseigne Love Hotel à Paris, à deux pas des bars de Châtelet, dans l’illustre rue Saint-Denis. A partir de 25 euros l’heure, nous nous voyons proposer diverses chambres à thème : le dojo japonais, la case africaine, le donjon SM, le métro, le royaume des miroirs, j’en passe et des bien plus extravagants encore. Une fois la pièce choisie, nous nous voyons remettre deux cadeaux : un préservatif pour le monsieur et un sex toy pour la demoiselle (à garder par la suite évidemment). L’hôtel étant hébergé dans un sex shop comparativement comme le Sexodrome, nous avons l’impression de déambuler dans maints couloirs et escaliers avant de finalement arriver à l’étage destiné au plaisir des sens.

Ma plus grande crainte était de tomber dans un établissement sale, où l’on pouvait voir et sentir les nombreux couples passés avant nous. Quelle ne fut donc pas ma très bonne surprise en découvrant une chambre limite aseptisée, propre de partout, salle de bain comprise. Ma deuxième surprise fut de me rendre compte que la chambre était couverte (en dehors de la décoration propre au thème) d’écrans de télévision diffusant des films pornographiques. Une télécommande posée sur une table de chevet permettant d’en baisser le son sans problème.

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Les clients sont soit discrets, soit rares, puisque nous n’avons croisé aucun autre couple à l’entrée comme à la sortie de la chambre. Je vous recommande Love Hôtel à Paris grâce à sa propreté et la gentillesse des hôtesses. Comme dans les sex shops de Pigalle, ne soyez pas gênés d’être où vous êtes. Les vendeurs sont là pour vous comme ils le seraient dans n’importe quel magasin, ce qui est également le cas pour le maître d’hôtel de cet établissement, certes particulier. 25€ n’étant pas non plus une forte somme pour une heure et de toute façon, quand on aime (faire l’amour), on ne compte pas.

Knock Knock [Film 2015]

Me plonger dans les salles obscures m’avait grandement manqué. J’y ai découvert un film où je n’avais ni vu la bande-annonce, ni même vraiment lu le synopsis. En revanche, j’ai vu que Keanu Reeves en était l’acteur principal, et il n’en a pas fallu plus pour me décider d’aller visionner Knock Knock.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire au début du film, ce dernier n’est pas tourné à Los Angeles (où j’aurais juré mordicus avoir reconnu les maisons), mais à Santiago. Présenté au festival de Deauville ayant eu lieu au début de ce mois, le film est seulement sorti en salles françaises ce mercredi.

On parle de harem reverse, bah là pour adopter la même logique, ce serait un Funny Games reverse. Un film où le girl power dans les tendances perverses met mal à l’aise. Pour cause, le film est étiqueté en tant que thriller érotique. Facile à croire quand on sait qu’on en doit la réalisation à Eli Roth. Keanu Reeves donc (Evan dans le film), est un bon mari et un bon père de famille, qui se retrouve seul chez lui pour le weekend prolongé, à cause du travail, pendant que le reste de sa famille est en séjour à la plage. Deux jeunes femmes vont alors sonner à sa porte et rendre son weekend bien moins paisible qu’il ne le pensait.

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Les acteurs m’ont impressionnée. A part la famille et quelques autres personnages secondaires qu’on voit très peu, le film se concentre sur trois uniques protagonistes : Evan, Bel et Genesis, respectivement joués par Keanu Reeves, Ana De Armas et Lorenza Izzo. Tous les trois m’ont véritablement bluffée, et en particulier les deux femmes, peu connues au sein du cinéma américain. Leur interprétation est des meilleures quand on sait le rôle qu’elles jouent. Pétillantes, fraîches, naturelles, très belles et complètement cinglées, je ne pouvais pas me détacher de leur personnage une seule seconde, malgré parfois quelques longueurs durant le long-métrage.

Une réussite en demi-teinte toutefois car j’ai trouvé que le film manquait par moments de rebondissements et se reposait sur certains lauriers, mais la folie mise en avant par les acteurs et le rôle de victime joué par Keanu Reeves (c’est rien à côté des 47 Rônin) aident le film à tirer son épingle du jeu.

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Sea & Sex au Havre (No Sun)

A chaque fois qu’elle est en déplacement, dans ces fameuses chambres d’hôtels impersonnelles, Chloé s’ennuie. On pourrait d’ailleurs se demander pour quelle raison elle s’ennuie puisqu’elle ne fait pas plus de choses chez elle. Elle traîne sur internet, lit les bouquins qu’elle a dans son sac et, comble du raffinement, bénéficie même d’une télévision dans sa chambre, ce qu’elle ne possède même pas dans son propre logement. Seulement Chloé ne s’y sent pas chez elle. Contrairement à chez elle où elle ne sait pas laquelle est sa place. Alors elle profite de ces moments pour prendre du temps pour elle : rester une heure durant dans la baignoire avec une tasse de thé fournie par la maison, se promener juste un peu dehors, histoire de dire qu’elle est sortie, mais pas trop pour éviter la frayeur de se faire agresser, prendre un apéritif à chaque repas, voire même un digestif selon l’humeur du jour, au risque de se noyer dans l’alcool triste.

Allant prendre place à une table du restaurant de l’hôtel ce soir là, elle répond, rieuse à la question du serveur qui lui demande si elle est seule par un : « Oui, malheureusement« , avec une œillade pétillante à destination d’un jeune trentenaire assis comme elle, seul à une table. Brun comme l’ébène, le style Keanu Reeves / Jérôme Kerviel, tout à fait son genre si elle devait en avoir un. En donnant au serveur son numéro de chambre pour qu’il sache à qui adresser l’addition, Chloé espère que cela ne tombera pas dans l’oreille d’un sourd dans la salle.

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On n’était que lundi soir et c’était déjà une salle semaine. Revenue récemment de vacances, elle disait au revoir à des jours emplis de soleil et de bonne humeur, pour se renfoncer à nouveau dans la monotonie du travail. D’une, elle était en déplacement dans une ville qu’elle exécrait, de deux, elle changeait également de lieu de travail et de collaborateurs compte-tenu de son nouveau lieu de prestation sur Paris. Rajoutons à cela la perspective d’un enterrement ayant lieu cette semaine et la boucle était bouclée pour qu’elle se soit levée d’un très mauvais pied le matin même.

Bien qu’elle reste mélancolique, elle pleure beaucoup moins. Depuis quelques temps, elle est en colère. En colère contre tout le monde, en colère contre ceux qui la traitent d’hypocrite alors qu’elle leur dit justement ce qu’ils veulent entendre pour ne pas se braquer, alors qu’on la force à aimer des gens qu’elle n’apprécie pas, alors qu’elle se force à ne pas aimer des gens avec qui elle souhaiterait passer beaucoup plus de temps, alors qu’on tente de lui faire dire et faire le contraire de ce que sa tête et son cœur souhaitent.

Ayant fini de dîner et ayant eu l’impression de s’être perdue dans ses pensées pendant deux heures alors même qu’elle n’avait passé que dix secondes dans l’ascenseur qui la menait à son étage, Chloé sort de sa poche la clé de sa chambre, prête à affronter une nouvelle soirée d’ennui profond. Son Keanu Reeves à la barbe de trois jours bien entretenue, vu au restaurant, est là, à l’attendre devant la porte de sa chambre. Tous les deux le sourire aux lèvres, elle ne souvient plus qui le premier a dit bonjour à l’autre. En refermant la porte derrière eux, elle note toutefois de se souvenir de lui demander son prénom à celui-là, qu’elle puisse s’en rappeler pour la postérité.

Les Bons Dimanches

Un bon dimanche c’est se réveiller avec les lueurs du soleil, se retourner et voir quelqu’un dans son lit. D’autant plus quand on se souvient de son prénom.

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Après une séparation les dimanches font partie des moments les plus durs. Se réveiller dans un grand lit et le voir vide, se sentir seul. Alors les mois suivant la rupture, on se réfugie dans le lit de n’importe qui, dans les bras de tout le monde, dans le seul but de tromper la solitude. Alors que l’on n’y croit pas vraiment, qu’on ne vit pas vraiment le moment présent, mais qu’on vit dans les souvenirs, les comparaisons et les regrets du passé. Mon corps est rempli mais mon cœur s’ennuie pour paraphraser Mylène Farmer à l’envers. Et puis on se lasse. On ne sait que préférer entre la tristesse seule ou la tristesse entourée.

Et puis il y a des matins comme ça où l’on se sent bien. Et même si l’on doit affronter un dimanche catastrophique où rien ne va se passer, le réveil fut bon.

Nymphs

Nymphs nous vient tout droit de Finlande et ça va plaire aux adolescentes. Autant dire que j’ai abandonné au bout du premier épisode.

Dès la première scène, nous faisons irruption dans la vie d’une jeune fille dont j’ai déjà oublié le nom (grâce à IMDB nous l’appellerons Didi), alors qu’elle est en train de réaliser pour la première fois l’acte d’amour avec un homme. Cinq minutes plus tard, le jeune homme décède, avec des bleus parsemés sur le corps. Grâce à deux jeunes femmes, Didi va apprendre qu’elle est une nymphe et qu’elle devra faire l’amour avec un homme à chaque pleine lune en lui ôtant la vie, afin de garder la sienne.

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J’ai trouvé le pitch intéressant, d’autant plus qu’il comprenait également des satyres. Je ne vais pas vous faire un cours d’éducation sexuelle, mais pour moi satyres et nymphes (nymphomanes aujourd’hui) sont les deux facettes de la même pièce puisque les troubles sexuels sont (je généralise sciemment) les mêmes que l’on se place du point de vue masculin ou féminin. Pour d’autres explications concernant l’hyper-sexualité, où en revient encore à la bipolarité. En revanche, je n’ai pas réellement vu les actes des satyres dans la série, je ne peux donc pas sans hésitation les comparer à des succubes et des incubes, bien que les descriptifs soient proches. Nymphes et Satyres vont ici se mener une lutte acharnée comme peuvent le faire les loups-garous et les vampires. Bah oui, c’est du Twilight tout craché. C’est naïf, c’est la découverte de son corps, de l’amour, des doutes… Les scènes présentes dans le premier épisode sont d’un cliché affligeant. Un exemple pour la route : une nymphe soigne Didi d’une blessure à la cheville en lui déposant un baiser sur la plaie. A peine cinq minutes plus tard, Didi est en vadrouille avec un garçon qui se blesse à la lèvre. Mais que va donc bien faire Didi ? Quel suspense insoutenable, quelle niaiserie assumée.

C’est sans aucun doute une série qui vise les jeunes femmes et je ne vais pas critiquer la cible de Nymphs mais je ne trouve absolument aucun intérêt à cette série, ou du moins au seul épisode que j’ai vu. Prenez plutôt un bon livre de mythologie grecque ou romaine et vous passerez du bien meilleur temps, tout en vous instruisant.

La Normalité n’existe pas

« Si tu étais un homme, tu serais un sacré connard ! »

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Cette phrase, dite à mon intention, me fit doucement sourire. Car je m’étais déjà fait la même réflexion à mon égard. J’apprécie les différences, la multitude d’aspects, de caractères, de sensations, reflétés dans l’être humain. Je regarde souvent les gens dans la rue. Non pour les juger, mais pour rencontrer de nouvelles personnes, voir de quoi chaque individu est fait. J’aime découvrir l’humanité à son maximum, sans être humaniste pour autant. J’ai connu des prétentieux, des faux prétentieux, des timides, des faux timides, des personnes enveloppées, des maigrichonnes, des grandes, des plus petites, des poilues, des imberbes, et parmi tout cela également des personnes plus moyennes. Moyen non dans le sens bof, mais dans le sens « normal », dans la moyenne, car pour moi la normalité n’existe pas, je pencherais plutôt vers une tendance générale, exceptions mises à part. Je me moque souvent de moi-même car cette curiosité instinctive, souvent même non voulue et fruit du hasard, ne me rend pas plus heureuse pour autant. J’aurais pu connaître un dixième de toutes ces personnes et être consciente que je me porterais tout aussi bien, voire mieux. La différence apporte la comparaison, parfois le mal-être, souvent l’admiration. Serait-ce ma mysoginie pas si latente que cela qui me pousse à côtoyer des personnes du sexe opposé, chez qui aucune comparaison vis-à-vis de moi n’est valable ?

Si j’étais un homme, je ne serais pas capitaine mais je ne pense pas que j’aurais changé pour autant mes limites. J’aurais peut-être mieux assumé mes moments de célibat. J’aurais vécu plus facilement les ruptures ou j’aurais été plus souvent à l’origine desdites ruptures. Ma mère m’aurait laissé plus facilement jouer aux jeux vidéo. J’aime tellement les hommes que j’aurais peut-être été gay. Je pleurerais peut-être beaucoup moins. Je n’aurais probablement pas été passée à tabac dans la rue pour qu’on me vole mon sac. Impossible de s’imaginer dans la peau d’un autre soi-même quand il est déjà difficile de s’interpréter et de s’assumer tel que l’on est réellement.