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Maxime Chattam

Auteur français aussi vénéré à mes yeux que Jean-Christophe Grangé ou encore Franck Thilliez, Maxime Chattam nous livre des polars avec de réelles intrigues et un franc parler adéquat, qui nous permettent de plonger véritablement dans une angoisse et une possession telles, qu’on ne peut pas lâcher un de ses ouvrages sans l’avoir dévoré de bout en bout.

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Attention toutefois aux âmes sensibles car je connais peu de personnes de mon entourage à qui je pourrais recommander cette littérature. Elle n’est pas à mettre entre toutes les mains. J’avoue que certains passages m’ont moi-même troublée. Glaciale, dérangeante, dégoûtante, pourraient être des adjectifs pour la décrire alors que je la trouve avant tout intéressante, prenante et réaliste. Oui, Chattam met en avant la lie de l’humanité et les horreurs qui peuvent être effectuées par les hommes : meurtres, mutilations, agressions, sadisme … mais cela ne représente-t-il pas réellement notre société et ce qu’elle est en train de devenir ?

A titre d’exemples, la Conjuration Primitive nous montre que le nouveau virus touchant notre société à venir est celui du meurtre. La Théorie Gaïa (et la trilogie dont elle est issue) nous met également sous les yeux les preuves des changements que nous imposons à la planète – que je rapprocherais du livre Inferno de Dan Brown et dans le même temps de la Forêt des Mânes de Grangé (que je vous conseille fortement). Le Sang du Temps nous plonge dans l’univers des sociopathes et des difficultés à faire confiance à tout un chacun, même au narrateur de l’histoire. Dans les deux parties du Diptyque du Temps, il nous fait remonter dans le temps pour nous prouver que le mal habite la société depuis un grand nombre de décennies déjà…

Bien sûr, les écrits de Maxime Chattam sont dérangeants. Mais ne le sont-ils pas car nous savons au fond de nous qu’ils abordent une large part de vérité ? Qu’il suffit de regarder les flux d’actualité pour être abreuvés de nouvelles aussi sordides, les détails pratiques en moins ?

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Et puis c’est bien écrit, c’est essentiel. Les enchainements sont limpides et les chapitres bien souvent courts, pour donner l’envie à chaque fois de commencer le prochain. Egalement, l’aspect dramatique est à mon avis une des raisons pour laquelle il est si simple de s’identifier au(x) narrateur(s). Ils sont tout aussi faillibles que nous, pouvant même mourir en plein milieu du livre, sans crier gare… Ce qui n’est pas courant pour un personnage principal qui raconte sa propre histoire.

Je vous conseille ses livres si vous souhaitez vous pencher dans ce qu’il y a de pire dans l’esprit humain, dans ses faiblesses, dans ses aberrations. Mais je vous les conseille si vous avez le coeur bien accroché, car il n’y a ici que peu de place pour de l’espoir et pas du tout pour de la tendresse.

Je me dis bien souvent que si je devais écrire des romans, j’aimerais écrire les siens.

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Bonus 2015

Après une mauvaise nuit, des rêves bien pires que la réalité et des échanges concrets qui m’ont fait relativiser sur ma journée d’hier et sur le fait que malheureusement les gens changent sans qu’on n’ait soi-même finalement grand-chose à se reprocher, ainsi va la vie et ça va quand même mieux de le savoir même quand on reste dans l’ignorance, me voilà de retour avec un thème un peu plus jovial puisque nous nous replongeons dans l’univers du divertissement, et donc du plaisir. Sans vouloir faire de tops / flops de l’année 2015, je vais faire un article bonus, histoire de compiler certaines créations dont je n’ai pas pris le temps de parler dans des articles à part entière.

Versailles [Série]

Les séries télévisées coûtent cher, et certaines encore plus que d’autres. C’est le cas du pari audacieux que s’est lancé Canal + en réalisant et diffusant Versailles depuis quelques semaines.
Tourné en partie sur le lieu éponyme (en plus de Vaux, Maisons-Laffitte, Janvry, Sceaux, Rambouillet et bien d’autres), la série a flambé son budget en attachant une attention particulière aux costumes, aux lieux choisis et aux éléments de décor censés représenter l’ambition démesurée de Louis XIV quant à la construction du château. Composée de dix épisodes, la saison n’aura coûté pas moins de 27 millions d’euros : un budget colossal pour une série française.

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Il est encore un peu tôt pour juger objectivement de la qualité de la série, puisqu’elle n’a pas encore fini d’être diffusée sur les écrans et qu’il me semble déplacé de court-circuiter Canal + en allant regarder la totalité de la série sur les internets. Grandeur et démesure sont en tout cas de mise et c’est avec grand plaisir qu’on découvre une série sur l’histoire de France produite par nos propres studios. Nationalement, cela fait du bien.

Adèle [25]

Je ne me suis jamais véritablement penchée sur les précédents albums d’Adèle. Bien entendu je connais les principaux singles et apprécie sa voix sans commune mesure, mais sans pour autant avoir été un jour fan comme peuvent l’être beaucoup de personnes à son encontre. J’ai donc souhaité rattraper mon manque de culture adélien flagrant en achetant son nouvel album nommé 25.
J’en retiens une très belle découverte, une voix toujours chaleureuse, mais des paroles aussi irréalistes que possible. Certes je ne suis qu’une personne lambda mais si, à l’instar de la chanson Hello, j’appelais quelqu’un « au moins un millier de fois », je pense que cela n’aurait rien de romantique / nostalgique du tout, mais ressemblerait plutôt au comportement d’une névrosée / hystérique. Bien qu’elle ait trouvé l’amour, Adèle continue de composer des chansons délibérément tristes donc éviter l’album si vous sortez d’une peine de cœur, au risque de pleurer à chaque piste (Water Under the Bridge et Sweetest Devotion mis à part, qui sont une véritable et joviale bouffée d’oxygène).

The Girl in the Red Coat

Je lis beaucoup mais je lis peu de romans récents (comprenez « de cette année »), ce qui fait qu’il m’ait bien souvent impossible d’effectuer une quelconque critique de la rentrée littéraire actuelle. Pour autant, j’ai lu le mois The Girl in the Red Coat, roman de Kate Hamer, encore inédit en langue française (ce qui ne saurait tarder vu le succès du livre dans sa langue anglais originale).
Le pitch est des plus simples : une petite fille se fait un jour kidnapper à quelques mètres de sa mère, sans que cette dernière ne s’en rende compte. S’en suit alors un roman croisé entre les mésaventures qui vont être subies par l’enfant et celle de la mère ne perdant pas espoir malgré les mois qui passent sans aucune nouvelle de sa fille.
Les chapitres sont plutôt courts (rarement plus d’une dizaine de pages) et se lisent avec une grande facilité. Le style d’écriture oscillant sensiblement entre les phases de la mère et celle de l’enfant, celui-ci permet une immersion facile dans l’histoire. De plus, même si vous n’êtes pas férus de la langue anglaise, je pense que vous pourrez aisément réviser vos bases grâce au vocabulaire d’une enfant de huit ans.

Eye Candy

Basé sur le roman du même nom de R.L. Stine (l’auteur de l’illustre Chair de Poule), Eye Candy est à mes yeux une espèce de Mr. Robot féminine. On y suit Lindy, hackeuse qui s’est faite inscrire par sa meilleure amie sur Flirtual (Tinder pour ne pas le nommer) et va ainsi se frotter à un tueur en série sévissant parmi la gente féminine présente sur l’application. En une saison de dix épisodes, Eye Candy excelle dans la montée de l’intrigue (car nous sommes conscients que le tueur fait partie de l’entourage proche de Lindy) et dans l’humour caustique même parfois moins rationnel que Mr. Robot (cette série faisant évidemment partie de mes coups de coeur de l’année, mais ayant déjà fait un article dessus, je ne trouvais pas utile d’y revenir).

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Diffusée par MTV, chaque épisode comporte son lot de chansons extradiégétiques, où le titre et l’interprète apparaisse en simultané sur l’image, afin de se les procurer si l’envie nous en prend. L’actrice principale (Lindy) étant également interprétée par Victoria Justice et le production venant de l’excellent Blumhouse Productions, studio dont je ne vais pas encore reparler. Mention spéciale WTF pour les titres des épisodes, du nom d’IRL, SOS ou encore YOLO… Malheureusement, à cause des audiences américaines médiocres, la série ne comportera qu’une seule et unique saison.

Interstellaires

J’ai gardé le meilleur pour la fin, au en tout cas l’album qui me tenait le plus à cœur, puisqu’Interstellaires n’est autre que le titre du dernier album en date de Mylène Farmer.
Commençons par le moins bon : pas de piste cachée et une chanson que je ne parviens absolument pas à écouter, même en me forçant : Insondables. Pour le reste, il n’y a que du bon dans le cochon ! Interstellaires est un album pêchu, mêlant reprises réussies (Stolen Car et I Want You to Want Me) et créations dynamiques (Interstellaires, City of Love, C’est pas Moi et mon coup de cœur Voie Lactée). Pour une fan comme moi de Farmer, mais aussi de l’espace, le thème de cet album ne pouvait que me ravir. Pas de tournée annoncée suite à cet opus mais le cru farmérien 2015 est vraiment d’un bon acabit.

Ma rentrée littéraire 2015

Ayant la chance d’utiliser très rarement les transports en commun dans le cadre de mon travail, j’ai profité des semaines de vacances (et des allers / retours Paris / Le Havre) pour me replonger dans l’une de mes activités préférées : la lecture. Je suis très orientée polar, mystère, thriller, comme pour le septième art finalement. Voici un petit point sur les livres que j’ai pu lire ce mois-ci, sans aucun lien avec la rentrée littéraire officielle de cette année.

gardiendephare Le Gardien de Phare – Camilla Läckberg

Septième tome de la série consacrée à Erica Falck et Patrik Hedström, Le Gardien de Phare garde le même ton et le même univers que les précédents. Publié en France aux éditions Actes Sud dans la collection Actes noirs, le livre nous amène à nouveau dans les secrets de famille, les meurtres à résoudre, avec le côté historique en moins, qu’on avait pu trouver dans L’Enfant Allemand par exemple. J’ai connu Camilla Läckberg en même temps que Stieg Larsson, à l’époque où les romans polars suédois ont véritablement décollé. Le Gardien de Phare m’a moins tenue en haleine que les précédents ouvrages, à cause d’une intrigue plus facilement devinable. Pour autant, on parvient sans problème à s’immiscer dans l’histoire au point de vouloir dévorer les pages à vitesse grand V.

La Vraie Parisienne – Anne Plantagenet

la-vraie-parisienne-anne-plantagenet-editions-j-ai-lu-librio-15810648 Trouvé complètement par hasard dans ma bibliothèque de quartier, ce livre d’Anne Plantagenet est aussi bien à destination des parisiens que des autres. Il oppose le point de vue que peuvent avoir les « provinciales » sur les parisiennes (tout le temps chics, au top de la mode, belles en toutes circonstances, tueraient père et mère pour une place dans le métro, mangent bio …) à la réalité. Composé d’une douzaine d’histoires courtes, il démolit les clichés qui servent de barrières entre les différents lieux de vie et permet d’ouvrir les yeux sur la vraie vie à l’intérieur de la capitale, qui ne se résume pas à aller voir la fashion week ou passer son temps au café de Flore.

Concerto à la Mémoire d’un Ange – Éric-Emmanuel Schmitt

concerto-c3a0-la-mc3a9moire-d_un-ange-e28093-eric-emmanuel-schmitt1 Comme pour Amélie Nothomb, j’ai lu la quasi intégralité des livres d’Éric-Emmanuel Schmitt. Pour autant, je n’avais pas encore lu celui-ci : Concerto à la Mémoire d’un Ange. Il regroupe quatre nouvelles (L’Empoisonneuse, Le Retour, Concerto à la Mémoire d’un Ange et Un Amour à l’Élysée). Comme de bien souvent pour l’auteur, ce roman traite d’histoires d’amour ; mais d’amour perdu, d’amour raté, d’amour oublié, où a été donné ou non une seconde chance. Je n’ai pas été touchée par ces histoires comme j’ai pu l’être pour le magnifique La Part de l’Autre, où il nous raconte la vie et le monde différents selon l’acceptation ou non d’Adolf Hitler aux Beaux-Arts. Pour autant, Concerto à la Mémoire d’un Ange est représentatif des écrits de l’auteur dans sa description de l’autre et son envie de souhaiter à tous une belle fin.

La Femme qui Valait Trois Milliards – Boris Dokmak

LFQV3M_02 Gros coup de cœur estival pour La Femme qui Valait Trois Milliards, qui n’est ici autre que Paris Hilton. Enlevée depuis quelques temps dans le plus grand secret, impossible de savoir si l’héritière est encore en vie ou non. Ce polar prenant montre une vraie enquête policière mêlée à l’histoire américaine et égyptienne, qui n’est pas pour déplaire aux fans d’égyptologie comme moi. Ne vous laissez pas décourager par la grosseur du livre car il se lit avec une facilité déconcertante. Les rebondissements et le sens du thriller sont maîtrisés de bout en bout par l’auteur, ce qui fait que je n’aurais jamais pensé être aussi enthousiasmée à l’idée d’avoir lu un ouvrage parlant de Paris Hilton.

Journal Intime – Chuck Palahniuk

journal-intime-chuck-palahniuk Fait extrêmement rare dans l’histoire de mes lectures, j’ai abandonné ce livre. Il m’ait souvent arrivé de lire de mauvais ouvrages, mais par ténacité j’y parvenais toujours à bout. Je n’ai pas trouvé ce livre mauvais mais je ne me sentais pas dedans, pas motivée par les événements (alors que je l’avais été évidemment à la lecture de la quatrième de couverture), pas boostée par la promesse de forts éléments de tension qui tardaient à arriver. Au bout de 130 pages sur 350, j’ai donc décidé de m’arrêter là.
Pour le pitch tout de même, une femme écrit son journal intime, suite à la tentative de suicide de son mari, actuellement dans le coma. Ce journal intime est écrit pour quand il se réveillera, pour qu’il puisse savoir ce qui s’est déroulé en son absence. En plus de cela, on ne sait pas pourquoi il a souhaité en finir, ni pourquoi il s’est mis à murer certaines pièces des maisons voisines avant son passage à l’acte.
Le résumé promettait de la folie et une dérive vers le fantastique que je n’ai pas vues. J’ai toutefois bien ressenti la névrose de l’héroïne, en espérant qu’elle ne représente pas celle de l’auteur.

Léviatemps – Maxime Chattam

cvt_Leviatemps_6834Maxime Chattam reste, avec JC Grangé dont je vais parler juste en dessous, l’un de mes auteurs français de référence dans le domaine du polar. Théories du complot, assassinats, dystopies : tous ces thèmes ne peuvent que me plaire. Chattam nous plonge ici dans le Paris des années 1900, face à l’Exposition Universelle et aux meurtres de courtisanes, rappelant sans conteste Jack l’Éventreur. Léviatemps fait partie d’une série en deux tomes, dont le deuxième volume est Le Requiem des abysses.
Nous voilà donc plongés dans les rues de Paris et dans une enquête des plus prenantes, à la recherche d’un ou plusieurs meurtriers mettant à mal les maisons de plaisir, en nous montrant un monde remplis de vices mais d’espérance aussi.

La Forêt des Mânes – Jean-Christophe Grangé

9782253158486-T Coup de cœur là aussi pour cette oeuvre de Jean-Christophe Grangé, vous savez, celui à qui l’on doit également Les Rivières Pourpres mais aussi Le Concile de Pierre, tous les deux adaptés sur grand écran. Nous sommes dans ce livre immergés dans l’univers du mal, encore une fois, mais plus spécialement dans celui du cannibalisme et du dédoublement de personnalité. Paru en 2009, nous partons de Courbevoie / Nanterre / Paris pour finir au Nicaragua, au Guatemala et en Argentine, sur les traces d’hommes plus ou moins préhistoriques, mêlant thriller au domaine scientifico-fantastique, puisqu’il s’approche d’un sujet qui peut en toucher beaucoup : celui de l’origine de l’homme et de mal, ainsi que leur développement à tous les deux. Ce livre fait 512 pages mais j’aurais apprécié qu’il en fasse 1000, tant l’écriture de Grangé est un vrai délice.

Incurables – Lars Kepler

2vmf29xeqk Fan de Lars Kepler (nom de publication du couple Alexandra Ahndoril et Alexander Ahndoril qui publient leurs ouvrages à quatre mains) depuis son premier roman, c’est avec délectation que je me suis plongée dans Incurables, sorti en Suède en 2011. Comme Stieg Larsson, comme Camilla Läckberg, Lars Kepler a / ont la force d’écriture et la maîtrise des éléments et du suspense pour réaliser un vrai et bon polar.
Sans vous résumer l’intrigue de pied en cap, un meurtre a eu lieu dans un établissement pour adolescentes difficiles, où s’engage bien entendu une chasse au coupable. Les chapitres sont très courts, souvent trois ou quatre pages, ils permettent la présence d’événements réguliers mais également de pouvoir s’échapper du livre quand bon nous semble. Des trois auteurs suédois que j’ai cités, ma préférence reste tout de même pour Camilla Läckberg, aussi bien pour son style que pour les personnages récurrents pour lesquels j’ai enfin retenu les noms.
Je vais m’arrêter là car cela fait déjà beaucoup de lectures d’un coup, d’autant plus que La Faiseuse d’Anges m’attend sur mon bureau …

Cinquante Nuances de Grey

Tout avait pourtant si bien commencé ! Nous sommes un dimanche soir, il est 19h07 et je me rends à l’UGC le plus proche de chez moi pour la séance de 19h10 de Kingsman. Quand soudain, stupeur et tremblements, la séance affiche complet. NOOOOOOOONNN. J’avoue vouer un véritable culte à Kyle MacLachlan (mon deuxième Pierce Brosnan) et je le pensais sur l’affiche, d’où mon attirance pour ce film, en plus du scénario en lui-même et des autres acteurs tout aussi classieux. Bon bref, c’est horrible, il faut se décider, mais pour quoi ? Peu de films sont finalement diffusés à cette heure là, sauf, vous l’aurez deviné si vos yeux ont frôlé le titre de cet article : 50 Nuances de Grey (232 places restantes alors qu’il devait commencer quinze minutes plus tard, bien fait !). J’arrive alors dans une salle hétéroclite, bourrée d’œstrogène, de pop-corn et de sourires béats. Au secours !

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Pour comprendre mon passif avec 50 Nuances (ouais tu vois, on dit 50 Nuances, on est in), il faut remonter deux ans en arrière (au mieux). Le livre est déjà sorti depuis pas mal de temps, mais cela fait quelques mois qu’il perce dans les rayons de « littérature » français. Au travail, les archétypes des femmes célibataires écervelées ne jurent que par ce bouquin. Et la description qu’elles en font me fait penser aux SAS que j’ai pu lire adolescente en été, en moins bien. Un an passe sans que rien ne se passe. Nous sommes maintenant début 2014 et je suis quand même curieuse. Je me dis que je suis pleine de préjugés et que, ça se trouve, je passe à côté de la nouvelle Simone de Beauvoir, pauvre ignorante que je suis. J’achète le premier tome : je perds une poignée d’euros et pas mal d’heures de ma vie, mais je ne le sais pas encore.

C’est clair, je n’ai jamais lu un livre aussi mal écrit de ma vie. On va me dire que c’est à cause de la traduction française. OBJECTION REJETÉE. On doit la traduction française à Denyse Beaulieu, et franchement, je pense qu’on lui donne toujours le même style de bouquins à traduire, la pauvre. Et pourtant j’essaye de temps en temps d’entretenir ma fibre féminine, j’ai lu le Diable s’habille en Prada (ok, je n’ai pas poussé le masochisme jusqu’aller voir le film), j’ai lu Bridget Jones (j’ai failli m’étouffer devant la qualité dramatique du troisième et dernier tome mais passons) ou encore Twilight (pour le coup, j’ai pris plaisir à lire les bouquins, comme un goût d’Harry Potter d’antan, à peu près). Tout ça pour dire que je me suis déjà essayée à de la petite littérature et que ce n’est pas une première pour moi. Néanmoins, je ne suis jamais tombée aussi bas.

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Pour la faire courte, car à la base je souhaitais critiquer le film, c’est mal écrit / mal traduit, il n’y a aucune qualité rédactionnelle, les personnages sont fades (quitte à faire un fanfic de Twilight, autant garder la description des personnages pour permettre une meilleure distinction et une meilleure approche de leur histoire), les actions sont vaines et elle jouit dès qu’on lui effleure la peau, peu importe la partie du corps, quel réalisme ! Ah, l’histoire est inexistante et il n’y a aucune espèce de rebondissement, mais ça c’est un détail. Inutile de préciser que je n’ai pas continué ma lecture sur les deux tomes suivants.

Pour ce qui est du film, je l’ai trouvé réussi quand on pense au matériau de base. La réalisation est bien faite, les scènes sont bien cadrées, bien filmées. On sent un souci du détail important, que ce soit au niveau des décors que des personnages. Les acteurs sont bien dans leur rôle. Dakota Johnson par exemple, parvient très bien à mettre en avant la différence d’assurance chez une femme avant / après qu’elle ait fait l’amour pour la première fois. Parfois avec trop de zèle mais je pense que c’était une volonté au niveau de la réalisation. Si on peut dire cela, j’ai préféré le film au livre (toutes proportions gardées), car il utilise une touche de comique inexistant dans l’ouvrage original. Vous apprécierez ce film si vous avez aimé le livre, mais franchement, il n’a quand même aucun intérêt. Il ne se passe pas grand chose, c’est niais, irréaliste, et cela me choque que des jeunes adolescentes vierges puissent penser que les relations sexuelles se passent comme dans un rêve à chaque fois. Je sais, c’est du cinéma, mais si vous souhaitez voir un film axé sexualité très réussi, allez voir Nymphomaniac. Somme toute, deux heures c’est trop long, mais ça a le mérite de m’avoir gâché moins de temps de ma vie que le premier livre.

Valérie Trierweiler, Merci pour ce livre

Au départ par curiosité, par plaisir coupable, puis par analogie avec ma propre histoire, j’ai voulu me laisser séduire par le livre très médiatisé de Valérie Trierweiler. Dépassant à ce jour les 450 000 ventes, Merci pour ce moment ne s’associe pas à un simple lavage de linge sale en public. Il est un cri du cœur d’une femme trompée, humiliée et bafouée.

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Bien qu’ayant eu un soupçon de culpabilité en passant à la caisse avec le livre, je ne regrette en rien de l’avoir acheté. Car je ne l’ai pas acheté par souci d’entendre des ragots, mais pour trouver une porte de sortie et m’inspirer de la force de cette femme, où je lis des tournures de phrases qui pourraient être miennes.

Edité par Les Arènes, j’ai dévoré Merci pour ce moment en l’espace d’une journée. Ce livre est juste et franc. Il balaye toutes les idées préconçues que l’on peut avoir, que ce soit selon les informations reléguées préalablement dans les médias ou selon sa propre orientation politique. A titre exemple, je ne partage pas les idéologies politiques de Valérie Trierweiler, mais j’ai été touchée par ses mots, sa volonté de prendre du recul malgré tous les événements.

Je suis malheureusement bien placée pour comprendre, à mon échelle, le drame personnel qu’elle a pu vivre. Me servant de ce blog, et ayant même proposé un livre à des maisons d’édition, pour expier un sujet semblable. L’écriture sert ici d’exutoire. Sans servir à régler ses comptes et tirer à vue, écrire permet de voir sa vie en hauteur, d’analyser la situation pour fermer un pan de sa vie. Le mal d’Amour est un mal pernicieux, presque létal. Mais il reste toujours à relativiser quand on pense à d’autres épreuves que subissent tous les jours des personnes dans le besoin, sans emploi, en pleine guerre à travers le monde ou encore en proie à des violences conjugales. Valérie Trierweiler le dit elle-même sans faux-semblant : « Je traverse une épreuve, pas un drame » (p. 33). Cette phrase est le déclic qui permet de se rendre compte que le recul est pris, qu’il faut avancer, bien que cela n’efface ni la douleur, ni les larmes.

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Valérie Trierweiler, en plus d’une notoriété et d’un sujet nationalement connu qui permet aisément d’ouvrir facilement des portes dans le milieu de l’édition, est une femme qui parvient à décrire ses sentiments. Je fais une critique du livre mais je me permets un parallèle avec ma propre histoire. Je me revois, il n’y a pas si longtemps que cela, dans le bureau d’Arash Derambarsh, directeur de collection au Cherche-Midi, l’entendant me conseiller et me dire, suite à la lecture de mon manuscrit, qu’il faut que je parvienne à décrire plus en détails ce que je ressens, quelle joie ou quelle peine a pu m’épanouir ou me déchirer. J’utilise toujours un bon nombre de métaphores ou de phrases bien tournées, là où Valérie Trierweiler sait utiliser le pouvoir descriptif des mots, alors même que ces douleurs sont indéfinissables.

Merci pour ce moment se lit comme un roman, car à nos yeux, simples lecteurs, il est bien tourné et nous happe plus comme une histoire où l’on peut se reconnaître, plutôt qu’un simple reportage impersonnel. J’ai souffert, j’ai connu moi aussi « l’éternelle naïveté des femmes fidèles » (p.297). J’en ai écrit un livre, bien qu’encore non publié. Je comprends ses raisons d’avoir voulu coucher sur le papier toute cette douleur. Dans une volonté d’aller de l’avant, mais dans une optique de réhabilitation également, elle-même consciente de l’image négative qu’elle avait véhiculée sans le vouloir. Je comprends la retenue de certaines personnes à la publication du livre, s’offusquant qu’on puisse … écrire ce que l’on pense. Mais libre à ceux qui le souhaitent, de le lire ou non. J’ai beaucoup souffert pour moi, mais ici j’ai souffert pour elle. En lisant la référence, page 62, à la séquence au Grand Journal où Julie Gayet « ne dément pas et minaude », je suis allée voir cette vidéo à nouveau, qui ne m’avait à l’époque pas interpellée. En la visionnant à la lumière d’éléments nouveaux, j’ai eu mal. Je me suis reconnue en Valérie Trierweiler regardant cette émission, dans sa peine, dans son incompréhension, dans cette douleur qui broie sans qu’on ne puisse trouver un moyen de la faire passer.

Les phrases ne sont pas perfides, elles claquent. Elles sont l’instrument de la tristesse et non de la vengeance. Bien des mots que j’ai pu écrire à des personnes m’ayant fait beaucoup de mal, ont été mal interprétés. Les personnes en tort s’imaginent plus facilement qu’on leur en veut, plutôt que d’être responsables du malheur d’autrui. C’est dans cette même optique que j’ai lu les pages de ce livre, les unes après les autres.

J’ai aimé et je défends Merci pour ce moment car je m’y suis reconnue, toutes proportions gardées. Non, ce livre n’est pas un torchon pour des lectrices en attente du nouveau numéro de Grazia. Ce livre est un message d’espoir, pour elle et pour toutes celles et ceux qui peuvent être amenés à affronter des situations similaires, où l’être qu’on aime est devenu « tellement différent, indifférent » (p.63).

Les Âmes grises

2253109088Je fais très peu de critiques de livres, car j’en lis bien trop. Les âmes grises fait partie des rares exceptions à la règle, et pour cause, ce livre était si beau et poignant que mon rêve était de pouvoir écrire un jour un ouvrage comme celui-ci.

J’avais pourtant bien mal commencé mon été littéraire, en passant en revue (presque) tous les Twilight le long du mois de Juin. Et, pire du pire, en en appréciant la lecture. Je me dégoutais moi-même et commençais à me dire que cet été ressemblera plus à des séances de plage avec Meg Cabot plutôt qu’avec Alexandre Dumas.

L’histoire se passe en décembre 1917 dans l’est de la France, dans un village à quelques kilomètres du front, qui est confronté au meurtre d’une fillette, Belle de Jour. Le narrateur relate les réactions des uns et des autres : inspecteur, procureur, juge, notables et petites gens… Caractères et sentiments se dévoilent, affinités, soupçons et lâchetés… Les personnages ne sont pas des héros mais des « âmes grises », partagées entre le bien et le mal.

Les âmes grises sont en quelque sorte une représentation de chacun de nous. Rien n’est tout blanc ni tout noir. Le gris de notre âme s’explique alors grâce à ce juste milieu, aussi positif que négatif. Chacun est capable du pire comme du meilleur, où un geste atroce et irréfléchi peut aisément s’expliquer par la meilleure et plus belle volonté du monde. Ce livre, prix Goncourt, se lit avec une facilité déconcertante, comme n’importe quelle histoire dans laquelle on se sent happé. Ni trop long, ni trop court, les âmes grises nous prouve qu’un prix Goncourt n’est pas forcément un livre pompeux et indigeste, mais simplement un livre vrai dans lequel il est facile de s’immerger. Le tout grâce à des personnages simples, accessibles, mais à la fois uniques, des détails pertinents sans être omniprésents ou rébarbatifs, et encore grâce à la narration en elle-même, à mi-chemin entre le récit historique et des mémoires parvenant presque d’outre-tombe.

A mettre entre toutes les mains et dans tous les esprits.