Mois: mars 2008

Tout va bien dans le pire des mondes.

Coeurs sensibles, cœurs fidèles,
Qui blâmez l’amour léger,
Cessez vos plaintes cruelles :
Est-ce un crime de changer ?
Si l’amour porte des ailes,
N’est-ce pas pour voltiger ?
N’est-ce pas pour voltiger ?
N’est-ce pas pour voltiger ?

Beaumarchais, Le Mariage de Figaro

 

Une semaine. Un matin. Un lundi.
Encore une semaine de cours qui s’annonce.
Je me regarde dans la glace, réajuste une énième fois ma coiffure, me remets une dernière goutte du dernier parfum à la mode, retouche mon maquillage express et enfourche au pif une de mes paires de converse que j’attrape au passage.

Encore une journée de cours, arriver dans un amphi, écouter d’une voix distraite le titre du cours, le temps de saisir d’une main hasardeuse le fil de mon ipod au fin fond de ma poche droite.
Un Figaro attrapé sur le vif dans le hall m’occupera pendant l’heure et demi de présence obligatoire à un cours qui ne m’apprendra décidément rien de plus que je ne savais déjà.

Pause. 10 minutes. Prendre un ascenseur, badger, sortir, fumer sa clope en parlant distraitement du cours sempiternel qui vient d’avoir lieu, et revenir, comme je le fais une dizaine de fois dans la journée.

Cours d’informatique, barbant à souhait, obligatoire aussi ; facultatif pourtant de répondre aux questions connes de cette blondasse, conne, assise à côté de moi qui ne sait pas se servir d’un tableur excel.

Le déjeuner, l’heure où le hall se remplit, où le son du dernier Martin Solveig se déclenche, où le billard retrouve des occupants et le piano des mains adroites pour jouer, quand j’ai le temps ce sont les miennes.

Prochain cours ? Droit ? Non pas envie aujourd’hui.
Aujourd’hui comme tous les autres jours je rentrerai chez moi sentant l’amsterdammer, je jetterai mes converse pêle-mêle dans l’entrée, j’allumerai mon pc et me connecterai sur le net jusqu’à ce que le sommeil vienne me chercher.
Mes devoirs attendront, ils attendent toujours de toute façon, mes amis me téléphoneront mais je ne répondrai pas, parce que je n’ai pas envie de parler ce soir ; et demain sera aujourd’hui comme aujourd’hui avait déjà été vécu maintes et maintes fois auparavant.

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Es-tu heureuse? Je ne suis pas si ambitieuse.

Rien n’est plus artistique que l’Amour.
Son Amour on l’imagine, on l’invente et on le met sur un piédestal pour pouvoir le contempler.
C’est un prince charmant qu’on se refuse à avouer, car même si on l’invente, on est bien incapable de savoir à quoi il va bien pouvoir ressembler In Real Life. Alors au début on ne le reconnait pas tout à fait, il nous dit quelque chose, une impression de déjà-vu et puis on l’oublie, on le laisse de côté en pensant le chercher ailleurs, celui-ci n’est pas adéquate, trop facile et surtout arrivé trop vite. A quoi bon avoir un but de vie en Amour si c’est pour le trouver tout de suite? Plus de but, plus d’envie, plus de vie. Quand on est avec son malheur, on est accompagné, quand il nous laisse, le vrai malheur arrive. La vie n’a de cesse de se détériorer de jours en jours, jusqu’au jour justement où le pire arrivera.
Bref, je m’égare. Cet Amour oublié un jour on y repense, on le recroise, et on réalise (ou pas).

De l’Amour à la Haine, de la Haine à l’Indifférence

A tout ce que je te proposais tu disais toujours non N.O.N

J’ai pris le N et le O les ai inversés afin de les coller sur cet interrupteur supposé rallumer notre passion. Il ne marche pas.
Alors avec le N restant, je suis parti en vacances au Brésil.
J’ai bronzé, le N a voulu changer de sexe, je l’ai fait opérer. Puis l’ai avalé.
Donc à mon retour ne t’étonnes pas si je porte la N en moi.

Tu vois, de l’amour à la haine il n’y a qu’un pas.

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Les deux au départ, puis les trois sont indissociables.
L’Amour tout d’abord, ce sentiment mystérieux qui restera toujours aussi incompréhensible qu’imprévisible. A mon grand malheur, oui car il faut bien que je parle un peu de moi dans tout ça, je n’ai jamais réussi à tomber amoureuse de la bonne personne. Ceci marche dans les deux sens: je tombe amoureuse des personnes qui ne me le rendent pas et je ne le suis pas de celles qui me le rendent bien trop.

Alors au début on adore, on est fou, puis on aime, on devient plus sage, plus raisonné, en obtenant ce que l’on veut ou non. Pourquoi la Haine me direz-vous? Quand on aime et que l’on est pas aimé en retour, la Haine fait son apparition. Mais attention, elle n’est pas forcément à l’encontre de la personne aimée, non, bien au contraire, on se met à se détester, à se demander pourquoi on est amoureux de cette personne, on aimerait tant ne pas l’être mais ce n’est pas possible, c’est un problème et il faut vivre avec pour un temps indéterminé. Alors évidemment, toujours dans l’optique où cette relation n’est qu’à sens unique, si cette Haine envers l’Amour se fait moins virulente c’est signe du temps qui passe, mais le temps n’est jamais une bonne chose, le temps ne fait et ne nous fera toujours regretter ce que l’on a mal fait mais aussi ce que l’on a bien fait en osant vouloir le revivre.
Arrive donc l’indifférence cachée derrière la libération, la libération à double tranchant, une délivrance si soudaine qu’on ne peut la fuir, on n’en a d’ailleurs même pas la moindre envie sur l’instant. Cette indifférence si attendue, si voulue, qu’on arrive à regretter par la suite.
Voilà, tout est fini, plus rien ne nous lie à la personne avec laquelle nous n’avions décidément pas plus de lien que ça. Et là on se rend compte que l’indifférence n’est pas si idéale qu’on l’avait espérée, qu’on l’avait idéalisée. Etre indifférent à quelqu’un n’est pas la meilleure des solutions, c’est un manque de sentiment absolu, quand on hait, on hait pour quelque chose et on attend la fin, la bonne. Là il n’y a plus rien à attendre, on se laisse aller on s’en fout, avant l’histoire qui ne prenait d’importance que pour l’un des deux protagonistes commençait à prendre une mauvaise tournure, un air de romance de mauvais goût, maintenant elle n’a plus aucun goût.

Un droit ? Une obligation ? Une libération.

C’est dommage d’en finir ainsi. Ainsi oui.
Nous devons tous en finir un jour, encore y-a-t-il la manière de le faire.

Je parle du cas de Chantal Sébire.
Nous en finissons tous un jour, pour certains c’est un évènement tabou, d’autres y pensent régulièrement, non pas qu’ils souhaitent mourir forcément, mais c’est un sujet d’une telle importance qu’on ne peut s’empêcher d’en parler. La plupart n’y voient qu’une fin en soi et redoutent ce moment irréversible.

Dans l’absolu elle ne me dérange pas. Je ne crains pas ma mort, j’ai peur pour celles des autres.

Là où je trouve que le bât blesse, c’est que l’on ait même pas le droit de mort sur sa propre vie. Evidemment il y aura toujours l’excuse des « déviances » que cela pourra entrainer, mais soyons réalistes, ce n’est pas un meurtre, ce n’est pas une joie, c’est un besoin. Quand la mort devient un besoin (pour la personne concernée j’entends), c’est inhumain de vouloir la retenir de force. On a bien compris qu’on voulait nous garder en vie le plus longtemps possible puisqu’on ne doit plus fumer dans les endroits publics car Fumer Tue, on ne doit plus manger trop gras etc vous connaissez la chanson; mais pourquoi? Pourquoi une telle envie de nous maintenir en vie malgré les difficultés?
Notre vie nous appartient et il est légitime d’en faire ce que bon nous semble.
Je ne fais pas une apologie de l’euthanasie ou autre, j’ai juste soif d’un peu plus de liberté, d’un peu moins de souffrance en ce vous concerne. Pour le moment on ne sait pas vraiment comment est décédée Chantal Sébire, pourvu qu’elle ne devienne pas une simple statistique du taux du suicide.

Tout peut toujours arriver à tout le monde. Mais en général ça n’arrive pas; sauf quand ça arrive.

A quoi rime la vie en société franchement? A des dizaines d’hommes et femmes; dizaines au niveau de chaque vie, chaque réseau de connaissances pour le commun des mortels; à des dizaines d’hommes et de femmes faisant leur possible pour se supporter et se conduire ensemble avec courtoisie.
Courtoisie. le mot est peut-être mal choisi. Est-ce de la courtoisie de vouloir se sentir en agréable compagnie avec le reste de nos semblables? Est-ce de la courtoisie d’éviter les conflits en se comportant si gentiment? La vie en société ne se réduirait donc qu’à de la lâcheté camouflée?

Certains ne veulent pas se contredire, ou plutôt ne veulent pas contredire. Peur du ridicule? Peur d’être celui qui est perpétuellement en faute? Soit ils ne se sentent absolument pas en confiance avec la personne à laquelle ils s’adressent et là il ne faut pas la contredire de peur que cela ne lui déplaise, soit ils sont copains, amis, intimes, et lui ou elle n’ose pas aller dans le sens contraire de leur interlocuteur, de peur de perdre un ami cher par une parole au rabais.

A côté de ça il y a les accrocheurs, les titilleurs dans un langage que même firefox ignore, ceux qui contredisent à outrance. On ne peut exister si l’on a un avis différent de l’autre. Se conforter au sien est un ennui mortel, source de nonchalance. Il faut du conflit, il est nécessaire pour une confrontation des opinions, une discussion qui avance, tout en sachant pertinemment que l’Autre restera ancré à son point de vue autant que moi-même.

Dans quel monde vit-on? Mon dieu que cette question fait boulet…
On vit dans un monde, microphysiquement parlant de fourmis, de requins, fait d’amour, de haine et d’hypocrisie pour relayer les deux.

Après-Propos

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Il est comme qui dirait l’usage de se présenter à la création d’un nouveau blog.
J’estime que non.
Ceux qui connaissent l’existence de ce blog me connaissent déjà bien assez pour que je n’aie le besoin de me présenter une nouvelle fois.

Pourquoi un nouveau blog? Pourquoi celui-ci? Pour faire plus sérieux sans doute, pour être plus distante vis-à-vis des moteurs de recherches surtout.
Marre aussi de tous ces articles et commentaires puériles qui pullulent de l’autre côté de la page. Je me rends compte que j’ai besoin de calme, écrire oui, être lue ça je m’en fous. Mais je me rends aussi compte que je n’ai rien de particulier et surtout d’intéressant à dire.

En outre, les articles présents dans ce blog sont une fiction, les propos prêtés aux personnages, ces personnages eux-mêmes, et les lieux où on les décrit sont en partie réels, en partie imaginaires. Ni eux-mêmes ni les faits évoqués ne sauraient donc être exactement ramenés à des personnes et des événements existant ou ayant existé, aux lieux cités ou ailleurs, ni  témoigner d’une réalité ou d’un jugement sur ces faits, ces personnes et ces lieux .