Indifférence

Y’a comme qui dirait un Echo

Hope_by_BigboyDenis

Que faire quand on a l’impression que peu importe les efforts faits, ils ne servent à rien ? Que faire lorsqu’on a l’impression de parler dans le vide, et de manière répétitive ? Comment admettre que les gens autour de soi sont soit bornés ou ont soit des œillères pour ne pas comprendre ce que l’on essaye de leur faire rentrer dans le crâne ; délicatement au début mais de manière un peu plus brute sur la fin. Et évidemment la manière forte se retourne toujours contre celui ou celle qui l’aura utilisée en premier. Mais il faut bien cela de temps en temps, pour secouer les consciences. Encore faut-il que les dites consciences soient véritablement secouées et renversées dans le bon sens.

Le tout est de ne pas perdre espoir et de se dire qu’un jour, il y aura peut-être du changement, et du positif. C’est l’attente qui fait mal. Surtout si l’on ignore si cette attente sera un jour récompensée. Les filles qui passent leur temps à se plaindre, à geindre de toutes les catastrophes qui peuvent leur tomber sur la tête le font bien souvent sans raison, mais pas toujours. Cela ne se fait pas du jour au lendemain mais correspond plutôt à une douce évolution crescendo. Elles en parlent d’abord aux personnes concernées, puis, voyant que celles-ci ne tiltent pas, elles en font des montagnes, faisant des scènes en public ou écrivant leurs états d’âme sur leur blog. Car pour elles, c’est une façon comme une autre de faire réagir les gens avec lesquels elles ont des problèmes ; il faut frapper là où cela blesse pour se faire comprendre. Au risque de se voir accablées de tous les maux au final, de la part des plus coupables qui ne se seront pas même rendus compte qu’elles souffraient de toujours passer au second plan, faute de leur manque de discernement et de maturité.

J’ai envie de chocolat, c’est dans combien de jours Pâques au fait ?

L’Ultime Sacrilège.

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A ma gauche un ordinateur et un gentil geek pianotant intelligemment devant une partie de Callof. Droit devant moi, évidemment, mon laptop blanc crème avec ma souris, blanche elle aussi, blanc pomme. Mes yeux oscillent entre les deux écrans et les fenêtres de conversation clignotantes. Je m’arrête toutes les cinq minutes le temps de relancer le téléchargement des épisodes d’un anime, et ce temps perdu, le reste surtout pour mon pauvre petit cerveau qui perd, à chaque arrêt, le peu d’élan d’imagination qu’il avait jusqu’alors emmagasiné. Il fait froid. Ou plutôt, j’ai froid. Je me faufile jusqu’à une chambre proche et saisis le premier blouson que je sens sous mes doigts : un blouson noir avec une croix satanique et le logo du groupe Chimaira. Tant pis pour la gueule du blouson, j’ai froid après tout. Les basses Ashdown, branchées à un ukulélé, font résonner sous mes pieds, le son nostalgique d’une fin de soirée tranquille.

Allant fumer un joint dehors, je réfléchissais à ce que je pouvais rajouter à ce texte qui ne semble rien dire de bon. Et puis il n’est pas vraiment glauque non plus, bizarrement. Encore plus bizarrement, je n’ai aucune idée de tristes pensées à coucher sur le fichier word, ouvert depuis maintenant plus d’une demi-heure. Peut-être ai-je fait le tour de tout ce qu’il y a de méprisable en ce monde. Non, bien sûr que non. Un blog n’y suffirait pas. Mais quand je ne pense à rien de tel, rien de sombre, de choquant, il ne me vient à l’esprit que d’arrêter mon blog. Les aventures rose-bonbon, les histoires lancinantes de naïveté, les nouvelles qui donnent envie de sourire sont tellement rares et par définition si naïves et rose-bonbon qu’elles ne méritent pas que l’on s’y attarde. On m’a souvent félicitée pour mes derniers écrits et faite culpabiliser pour les horreurs que j’y racontais. Mais si ces écrits sont poignants, c’est parce qu’ils sont réalistes, et le sont bien trop à mes yeux. J’écris autant pour expier mes fautes que celles des autres.
Et j’attends avec impatience ce jour. Le jour où je n’aurais plus rien de sombre à raconter, le jour où toutes mes plaies se seront enfin cicatrisées.

When you know you’re going to fall.

Un dernier article pour clôturer l’année. Un dernier article pour donner une impression d’année achevée et bien achevée. Le mois de décembre n’est pas encore terminé qu’il semble déjà oublié. Trop de retardataires à se précipiter dans les magasins déjà bondés, trop d’inquiets à être expulsés des magasins bientôt vides.
Les bonnes nouvelles sont lointaines et n’apportent que jalousie et dégoût. Les mauvaises à l’inverse, semblent si proches et si puissantes qu’elles renforcent le dépit déjà présent en éclipsant le reste. Les fêtes. Reste-t-il pourtant encore quelque chose à fêter ? Ces traditions auxquelles on tient, on se raccroche, n’ont plus aucun sens si on leur ôte leur simple volonté de consumérisme. Dommage de voir qu’il y a pourtant besoin de ce genre d’excuses pour que des repas de familles, des rassemblements se fassent. Comme s’il était délibéré de ne pas se voir toute une année durant, en prétextant en profiter bien plus au moment de ces réjouissances. Mais il y a certaines années où les fêtes viennent trop tard, et où les personnes chères ne sont plus.

D’où l’importance d’être constamment rassuré

Mais je vous préviens, ce n’est pas en vous gavant quotidiennement d’anxiolytiques que vous allez forcément aller bien.

Mon but n’est pas vraiment d’aller bien, je souhaite simplement aller mieux, ALORS FAITES-MOI CETTE ORDONNANCE BORDEL DE MERDE.

L’hiver, la saison obscure, glaciale car totalement neutre.
Il était là, à son bureau, en train d’observer dans son verre en plastique la ration de coca frémissante qu’il venait de verser. Ce qui représente sans doute son unique bonheur de la journée. Il passe son temps à courir, à vérifier le travail fait, à hausser le ton parfois, souvent, au risque de passer pour celui qui se croit au dessus des autres, qui est constamment en train d’ennuyer ses collègues et n’est jamais satisfait de ce qu’on lui propose.
Il a simplement un travail, et il y tient. Il cherche à ce que tout soit fait de la bonne façon et à ce que tout soit réussi. Il se fait des ennemis et il en est conscient, mais il préfère se faire détester des autres plutôt que de s’insupporter.

C’est un Docteur Jekyll, et il a grand besoin de le cacher.

Toute sa vie est façonnée, il paraît bien sur lui, confiant, et surtout heureux. Quand il rentre chez lui le soir, seul, sans avoir personne l’attendant chez lui, c’est à ces heures là qu’il redevient enfin lui-même. Il parle à des anciennes connaissances, il parle à des personnes qu’il ne connaît pas car c’est pour lui la seule manière de ne pas se penser jugé. Et quand minuit arrive, qu’il commence à se sentir exténué, il coupe toute communication et s’endort, en espérant une nouvelle fois ne jamais se réveiller.

life.exe

J’ai toujours vécu dans cette ambiance si particulière mais qui m’est pourtant si courante que je n’y fais plus attention. Ce luxe éclatant, ces beaux appartements, ces sacs en édition limité et ces garde-robes dignes d’une Gabrielle Solis. Avoir tout ça à portée de mains et côtoyer ces richesses extérieurs tous les jours ont fait entrer en moi un cercle plus que vicieux. Plus qu’humain. Je ne peux pas passer près d’un sans papiers avec son chien ou son chat sans sentir une lame me transpercer le cœur. Tant d’inégalités que personne ne résoudra jamais. Une culpabilité aussi, d’avoir tant alors que lui n’a que si peu. Tous les matins en me rendant au travail je vois à la sortie de ma station de métro le même clochard comme certains pourraient sans doute l’appeler ; je déteste cette appellation, ça pue l’aspect hautain et je m’en foutiste à plein nez. Il fait de plus en plus froid et il est toujours là, du matin ou soir en me disant Bonjour Madmoiselle le matin et Bonne Soirée Madmoiselle le soir. Ca me crève le cœur de l’entendre me parler, de savoir qu’il y a un fossé entre nous qui ne pourra jamais être franchi. Alors de temps en temps je descends à la cafétéria de mon boulot, j’achète un café et quelque chose à manger et je les lui apporte. Son sourire est le plus beau de tous les cadeaux que l’on pourrait me faire, de tous ces sacs que l’on pourrait m’offrir et de tous ces bijoux qui ornent mes poignets.

De l’Asphalte Sous les Pieds …

Dans le genre endroits glauques il y a aussi le métro.
Tous ces gens qui se voient sans se regarder, qui s’espionnent sans se voir, et qui n’iront jamais échanger un regard ou une simple parole. Alors on écoute sa musique à fond, on se fixe sur un coin de page de son journal, ou de celui du voisin dans le cas échéant … et on attend d’être arrivé pour pouvoir enfin refaire le chemin inverse quelques heures après.

C’est navrant mais c’est comme ça.