Mois: août 2008

Cherche un Joueur à Jouet sans Coeur

Nous étions bien, nous étions les meilleures amies au monde. Quand je te voyais le matin, le soir, la nuit, à toute heure, j’étais heureuse. Heureuse de te parler mais aussi de t’écouter, je n’imaginais pas l’avenir car je n’en voyais pas l’intérêt. Chaque jour était un éternel recommencement et je ne pensais pas qu’il puisse en être autrement. Nous étions au centre d’un groupe d’amis qui partageaient, riaient et eurent leur bac. Tu riais de mes mots aussi bien que je riais des tiens car nous étions sur la même longueur d’ondes. Tu te confiais à moi, j’en faisais de même car je ne voyais personne d’autre qui aurait pu mieux me comprendre que toi. Nous allions en voyage ensemble comme s’il n’y avait que nous deux ; nous deux avec ton tempérament et ma maladresse si prononcés.

Alors quand je n’allais pas bien, et c’était souvent le cas, tu étais toujours là. Tu savais déceler mes problèmes entre deux de mes éclats de rire, qui étaient là pour montrer aux autres que j’allais bien, comme je l’ai toujours fait. Tu étais là. Quand c’était ton tour, je faisais tout mon possible, cela en réalisant que je ne le faisais pas aussi bien que toi.

Et puis il y eut Lui, ton action et surtout ma réaction. Et entre toi et moi il y eut l’incompréhension, la colère, la déception et la tristesse. Le mal était fait et contre toute attente nous continuions à nous voir tous les jours, nous voir sans nous regarder, sans nous parler. Tu ne comprenais pas, j’avais juste ma putain de fierté qui m’empêchait de revenir vers toi. Nous nous éloignions un peu plus chaque jour sans que nos amis puissent y faire quelque chose, chacun ayant choisi son côté entre toi et moi.

Tu me téléphonais, je ne répondais plus, je n’osais plus lever le regard vers toi au risque de voir dans tes yeux une lueur de colère ou de dépit. Cela va maintenant faire un an que nous ne nous sommes pas parlées et je m’en suis toujours voulu. J’aimerais que tout redevienne comme avant, avant cette semaine que nous attendions avec tant d’impatience depuis des mois, qui a eu de sinistres répercussions.

J’ai juste un désir, une envie, celui de te revoir et m’effondrer dans tes bras pour te demander pardon du mal que je nous ai fait.

Refais-Moi l’aMor(t)

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Photo Originale : Naïs Sendoa aka Chimik

-T’arrive-t-il de passer un seul jour sans parler de la Mort ?
-Sans en parler, oui évidemment, sans y penser, non.

Nous sommes une génération qui ne pense pas à la guerre ; pour nous elle n’existe qu’à travers les manuels scolaires ou les journaux télévisés. Elle nous semble lointaine à tous points de vue, temps comme espace, même si nous en entendons parler chaque jour que le soleil fait.
Alors à quoi bon changer d’air sous prétexte de vouloir changer d’aire ? Les morts passés s’oublient, les morts à venir semblent inéluctables, comme liés au destin de ces maures chantant leur douce litanie, en Mauritanie comme partout dans le monde.
Alors nous érigeons des sépultures, des mémoriaux, nous les parquons, nous les classons et les démarquons pour différencier la cause de leur Mort ; trier valeureux et intrépides aux paresseux placés entre épines. Tout cela pour prouver que les individus, n’étant déjà pas à égalité dans la vie, ne le seront pas plus à l’heure de la Mort.

Douce envie, fort mépris, certains restent en vie, mais pris.

All You Need Is BoB

Futilité des convenances, des cultes abjects et des croyantes gratuites, onéreuses et chères en vie de la personne qui s’y confie. Et pendant tout ce temps j’avais envie de crier bullshit bullshit même si ce n’était pas vraiment de circonstances … normal, je ne réalisais pas vraiment de toute façon.
On se sent unique mais si banal à la fois, dans la vie, on se sent supérieur, pas supérieur, juste différent ; on se démarque et on le sait, les crimes à la télévision ne font pas peur car ils sont quotidiens et ne nous arrivent jamais. Ça arrive à la masse, à la population de mortels encensés brûlés sur l’autel des affaires sordides dont le dénouement ne se fera jamais. On les classe, les fait rentrer dans des statistiques ou des articles de journaux.

Mais on les aime ces autres, ces humains qu’on ne comprend pas toujours, souvent parce ce qu’on ne le désire pas vraiment. Alors quand on tombe amoureux on veut montrer à l’autre la façade que celui-ci veut voir, c’est réciproque, et quand les masques tombent tout est fini. Alors quoi ? Se changer, se mouler à vie pour être avec les gens qu’on aime et paraître en être aimé ?
Etre heureux c’est être naturel, être libéré de ses apriori futiles, s’aimer et ramasser les fleurs par bouquet.