critique

Foodie de Juin

En juin, le pays s’est réveillé, culturellement et gastronomiquement parlant, même si j’ai mis du temps à me déconfiner, bien après la date officielle.

Je ne suis pas encore allée au cinéma (il faut dire que mon cinéma habituel s’acharne à passer des films vieux de 10 ans et plus, d’Inception à Retour Vers le Futur) et je ne recommence que demain les sorties culturelles avec l’Atelier des Lumières de Paris. En attendant, j’ai quand même mangé, en Ile-de-France et ailleurs, pour 90% dans des endroits que je ne connaissais pas encore, c’est de ceux là dont je vais vous parler aujourd’hui (il n’y en a pas 15 je vous rassure, seulement 3).

Les Paillotes – Ville d’Avray

J’ignorais totalement l’existence de cet établissement et des trois restaurants + un hôtel abrités sous un même lieu, au bord des étangs de Corot à Ville d’Avray. Regroupant un restaurant de type « brasserie », un autre plus gourmet et un troisième carrément étoilé, les étangs de Corot sont une adresse à ne pas louper. Les plats sont conséquents, raffinés et novateurs, tout en restant bien accrochés à la cuisine traditionnelle. Etant le deuxième restaurant que je faisais depuis mars, mon estomac n’était pas encore ré-habitué à un trop-plein de nourriture, je me suis donc contentée de « seulement » un plat et un dessert, à savoir en premier lieu un magret de canard aux cerises, accompagné de courgettes aux girolles, pour clôturer par la brioche façon pain perdue aux pralines, avec du caramel à la fleur de sel.

Je pense que l’intitulé des plats ainsi que les images parlent d’elles-mêmes concernant l’aspect mi-sophistiqué, mi-traditionnel. La carte proposait également du turbot sauvage ou encore de l’échine de cochon à la moutarde de Meaux, pour ne citer que ceux-là. Evidemment, il faut prévoir un joli budget pour le repas mais il vaut le coup sans sourciller, en plus du cadre paradisiaque (imaginez-vous les paillotes sans le cellophane post confinement). J’y retournerai assurément.

Kozy – Paris La Fayette

Instant brunch parisien, mais pour une fois pas un dimanche matin mais un midi de semaine, sur la pause déjeuner. Kozy est une enseigne qui possède plusieurs points de restauration dans Paris, dont celui rue La Fayette où je suis allée. Les brunches sont servis à toute heure, et j’ai été globalement contente de découvrir l’établissement, même si la grosse déception a été pour ma part la température de la nourriture. J’ai été servie en à peine cinq minutes après la prise de commande, sans exagérer, et les plats sont arrivés à peine tièdes. Ce qui est dommage quand on prend d’une part de l’oeuf bacon et de l’autre des pancakes à la banane et au caramel. Après en avoir parlé avec des amis habitués de l’établissement, ce n’est pas quelque chose qui leur est arrivé, j’ai donc mis ça sur le dos du coup de rush de midi qui leur a valu de préparer des plats en avance, même si cela est généralement pour moi rédhibitoire dans le jugement d’un restaurant. La température mise à part, les assiettes étaient fournies et le goût était là. C’est également un bon point que de pouvoir bruncher le matin ou à midi en semaine, ce qui reste assez rare dans les établissements parisiens proposant ce type de formules.

A Merendella Citadina – Ajaccio

Au détour d’une petite rue d’Ajaccio se trouve ce restaurant (ne me faites pas répéter le nom). Je suis d’ailleurs frustrée d’être trop continentale car le responsable du restaurant m’a dit de ne pas hésiter à lui faire de la publicité si le repas m’avait plu, mais avec un nom de la sorte, quand on ne parle pas corse, c’est plus complexe de s’en souvenir. J’ai du passer un peu de temps sur internet pour retrouver quel était le restaurant et c’est peut-être une raison qui expliquerait que le bouche à oreilles hors Corse peut rester à la vitesse du 56k.

Bref, cet établissement est porté par le coeur du restaurateur, accompagné de son cuisinier, qui prend plaisir à varier les plaisirs et changer régulièrement la carte. Je parle de coeur car on voit qu’il prend véritablement en compte les retours des consommateurs et s’attache à réaliser de la bonne cuisine. J’ai choisi foie gras en entrée et poisson (j’ai oublié lequel) en plat. J’ai été un chouïa surprise par la présentation du foie gras (comme vous pouvez le voir sur ma photo), qui était enrobé d’accompagnement à la truffe. Le foie gras était à mes papilles un petit peu fade (avis tout à fait objectif car j’ai l’habitude qu’il soit cuit directement avec un vin / alcool un plus fort) et j’accorde beaucoup d’importance aux condiments utilisés. Pour autant je n’ai jamais eu autant de foie gras à manger. Les deux foies étaient conséquents et je loue l’originalité de la présentation et du mariage des deux aliments.

Le poisson était des plus fins, avec un risotto bien crémeux, restant pour autant assez digeste pour que je parvienne à finir mon assiette, après la large entrée que j’avais mangée, le tout accompagné de petits légumes croquants à souhait. J’ai également goûté une autre entrée, un gaspacho avec mozzarella (sur la troisième image), que j’ai trouvé très frais et bien relevé (le restaurant n’a donc pas de problème d’assaisonnement je vous rassure). Je vous conseille cet établissement qui mérite d’être connu, où vous serez bien accueilli et repartirez l’estomac plein de nouvelles saveurs.


Plus que de sortir pour me restaurer, j’ai avant tout souhaité encourager le secteur de la restauration évidemment mis à mal. Même si le confinement est passé, le télétravail s’est démocratisé et les restaurateurs sont loin d’avoir retrouvé leur public d’avant la crise sanitaire mondiale. Si vous en avez les moyens évidemment, essayez de soutenir au maximum les restaurateurs proches de chez vous qui sont en difficulté car il faut se serrer les coudes, quel que soit le secteur d’activité concerné.

Bonne reprise à tous !

Une Foodie à l’Hippodrome de Saint Cloud

Les séminaires ça a du bon. Les séminaires de direction, c’est encore un autre niveau. L’occasion m’a été donnée en ce début d’année, de découvrir l’hôtel / restaurant Renaissance, Paris Hippodrome de Saint Cloud, mitoyen et quasi inséparable du Country Club attenant. Je connaissais déjà l’hippodrome de Saint Cloud, non pour y avoir assisté à des courses, mais pour participer chaque année au Salon des Terroirs, rassemblant des producteurs et éleveurs des quatre coins de la France, voire plus. Mais je n’avais jamais eu l’occasion de manger, et encore moins de dormir en ce lieu. L’hôtel Renaissance est un hôtel haut de gamme (appartenant à la chaîne Marriott), où le personnel est aux petits soins et où chaque pièce, de la chambre au hall d’entrée, en passant par les salles de séminaire ou le large coin piscine, vous montre à quel niveau ce point de chute est de grand standing.

Je ne vais pas vous décrire par le menu ma journée et demi en ces lieux, mais vais plutôt m’attarder, comme à mon habitude, sur la nourriture servie, que j’ai pu tester le temps d’un dîner, d’un petit-déjeuner et d’un déjeuner.

Ce n’est pas le cas dans tous les établissements luxueux mais ça l’est de plus en plus, à mon grand désarroi : des noms de plats et des plats eux-mêmes assez pompeux, qui cherchent plus à faire rêver qu’à véritablement ravir les papilles. La nourriture n’était pas mauvaise, loin de là, mais elle cherchait trop à sortir des sentiers battus, plus qu’à vraiment faire honneur à la bonne gastronomie, qui peut sans problème rester simple et haut de gamme à la fois. Je mets ici de côté le petit-déjeuner, continental, qui proposait tout ce que j’aime (céréales, viennoiseries, charcuterie, œufs, etc.) et toute une variété de produits salés et sucrés vous rendant prêt pour toute la journée.

Je suis plus critique quant aux autres repas. A préciser également qu’en raison de ma présence en mode séminaire, je me doute assurément n’avoir pas partagé la même carte que les convives ordinaires, en plus d’être réduite. De fait, c’est également la même carte qui nous a été proposée pour les deux repas. Carte qui était pour moi bien restreinte en termes de choix. La raison est bien simple et ne regarde que moi ; je n’arrive pas à manger de la nourriture crue, ce qui était fortement représenté sur notre carte. Effet de mode ou non, je ne saurais le dire. Je tiens également à être tout à fait honnête, mes collègues mangeant de tout n’ont pas le moins du monde été étonnés par les mets proposés, y trouvant facilement leur bonheur.

Bon je ne vais pas revenir sur tous les plats que j’ai mangés, mais en résumé : le velouté de butternut par exemple, j’en fais moi-même assez souvent à la maison pour vouloir en manger au restaurant, la raviole d’Obsyblue, que je n’avais jamais goûté de ma vie m’a laissé une mauvaise impression pour son goût de marée et sa cuisson peu poussée, grand bravo pour la pluma ibérique confite ainsi que le paleron de 72 heures façon bœuf bourguignon, très bien aussi le pavé de saumon et patates douces. Au final c’étaient surtout les entrées et les desserts qui m’ont moins ravie.

Je vous conseille toutefois le lieu, tant pour la beauté de l’hôtel et l’amabilité des hôtes, car je pense également que vous aurez une carte plus complète : je bavais complètement devant les assiettes des autres clients du restaurant.

Foodie de Mars

En ces temps de confinement (télétravail à 100% pour moi, avec encore plus de choses à faire car beaucoup de problématiques à gérer, comme j’ai pu en parler brièvement dans mon précédent article), j’ai voulu m’échapper un peu en revenant sur les dernières semaines pré-assignation à résidence, qui m’ont permis de prendre un bon bol d’air avant de voir la fin de cette crise.

J’ai donc pu passer un petit weekend en Corse, principalement à Calvi (première photo) mais également dans d’autres villages dont malheureusement je confonds les noms. Etant en bonne compagnie je n’ai absolument pas pensé à prendre des photos de mes autres plats, mais il faut dire que la nourriture en Corse est bien copieuse et bien bonne. J’ai pris pour la blague en photo la « pizza Nutella » car sur la carte il était précisé que c’était une petite pizza au Nutella, sauf qu’au final j’ai eu l’impression de devoir manger une pizza entière, et j’avoue avoir abandonné avant la fin, tant c’était trop. Je suis évidemment repartie avec des valises pleines, notamment d’un saucisson, qui n’a pas échappé à mon petit rouquin.

Et le dernier weekend avant la fin du confinement, sans vouloir faire de rébellion mais parce que c’était un événement réservé de longue date pour un visiteur qui était sur Paris exceptionnellement, j’ai profité d’un dernier brunch du samedi chez Mariage Frères.

 J’avais déjà brunché une seule fois chez MF et, bien que le raffinement ait été au rendez-vous, j’étais restée un peu sur ma faim. J’ai donc ici choisi de prendre le plus gros brunch, comprenant une entrée sucrée (scones et muffins, accompagnés de la gelée extra de thé et de beurre d’Aquitaine), un plat salé (suprême de poulet rôti au thé rose Tudor), et un dessert, à choisir parmi le chariot des desserts. Hé bien là je vous avoue que je ne suis absolument pas restée sur ma faim, c’était raffiné et copieux à souhait ! La seule photo que j’ai prise est celle du dessert justement, qui était un cheesecake, au thé évidemment.

J’arrête de vous faire saliver avec mes photos et vous souhaite évidemment bon courage dans cette période de confinement. Je suis complètement seule dans un appartement en banlieue parisienne et je sais qu’il y a encore bien pire que moi. Je m’occupe en journée grâce au travail et j’essaye de faire beaucoup de yoga et de stepper pour éviter d’être trop rouillée. Toutes mes pensées vont vers vous, j’espère que vous êtes à l’abri, en sécurité et en bonne santé.

Cinéma : Coups de cœur 2019

Comme vous avez pu le voir je me suis fait plus calme sur les critiques de films cette année, car j’en ai vus beaucoup (près de 100 sorties au cinéma cette année) et j’ai trouvé un moyen d’en parler tout de même, via le blog SeriesDeFilms, où je fais des revues mensuelles. La fin d’année est toutefois synonyme de rétrospective et j’ai souhaité me pencher sur les films que j’ai préférés cette année, me limitant à un film par mois seulement, le choix a été rude. Sans les trier par ordre de préférence, j’ai toutefois effectué un bref listing chronologique. En espérant vous donner envie de voir ceux que vous n’auriez pas vus !

L’Heure de la Sortie [Janvier]

Porté par Laurent Lafitte, ce film est un vrai thriller qui met mal à l’aise. On ne sait pas trop sur quel pied danser, on sent qu’un événement important va arriver mais on ne sait pas trop quoi. Le propos du film est difficile à cerner de prime abord mais bascule très rapidement vers l’écologie et les consciences de chacun à ce sujet. Le groupe de jeunes acteurs est très fort pour retranscrire les bonnes émotions et le casting dans toute sa globalité est un chef d’oeuvre. Le film est passé inaperçu car il est vrai que c’est un film français à petit budget mais il se tient d’un bout à l’autre et fait ressentir de vives émotions.

Le Chant du Loup [Février]

Mon gros coup de cœur de février dernier va au Chant du Loup (contre Alita et Nicky Larson que j’ai également bien aimés), que je suis allée voir sans en savoir grand chose. Le film met une bonne demi-heure à démarrer, pendant laquelle on peut avoir des difficultés à situer l’action et surtout à déterminer le genre du film. Cette partie de présentation passée, on rentre dans le vif du sujet et dans l’ambiance bien particulière de l’armée. Les rebondissements sont bien présents et la tension de certaines scènes est vraiment palpable. Les acteurs sont bons et malgré quelques légères incohérences le film est particulièrement réussi.

Us [Mars]

Battant à plate couture dans mon cœur Ma vie avec John F. Donovan sorti ce même mois, Us s’est révélé être une très bonne surprise. J’ai toujours un peu de mal avec le style horreur qui se mélange au fantastique (de type Ça) mais toute l’intrigue se recoupe d’une belle façon et est bien expliquée. La réalisation est très bien faite et le film fait son office, plus penché sur la tension que l’horreur pure. Jordan Peele, qui a également fait cette année la très bonne série remake de la Quatrième Dimension, montre qu’il en a sous le pied et je saurai l’attendre au tournant pour ses prochains films !

Shazam [Avril]

J’appréhendais un peu d’aller voir un film de super-héros pour adolescents, je pensais m’ennuyer quelque peu, d’autant plus que je ne suis pas forcément fan de super-héros de façon générale et que je ne le connaissais même pas. Ayant vu le même mois Captain Marvel et Avengers, cela commençait à faire beaucoup pour quelques semaines. Pourtant, la dose d’humour est bien présente et accessible à tous, la fin est un peu télescopée et prévisible mais le tout permet de passer un bon moment, en se laissant guider dans cet univers moins connu mais tout aussi plaisant.

Détective Pikachu + Rocketman [Mai]

Ok je fais une exception et positionne deux films pour mai car impossible de me décider entre l’amour et la raison. Mon coup de coeur du mois c’est Détective Pikachu. Pas forcément parce que le film est excellent mais parce que ça a touché ma corde nostalgique sensible. Dès la première scène, nous sommes plongés dans nos souvenirs du tout premier film Pokemon. Les allusions et clins d’œil sont présents tout au long du film, mais sans que cela ne soit trop forcé ou flagrant. Ce qui attire le regard dans ce film est bien évidemment le look du Pikachu et de ses comparses. Qu’on le trouve moche ou qu’on ait envie de lui faire des câlins, il faut tout de même avouer que le design de Pikachu est particulièrement léché. Il en va de même pour les autres Pokémon, bien que je trouve que certains semblent plus « naturels » que d’autres. On sent un réel travail de précision et une volonté de rendre hommage au matériau original. Ce long-métrage met en avant le virage que les derniers films d’animation avaient amorcé, c’est-à-dire le mélange entre l’existence des Pokémon et notre société actuelle.
Bonne adaptation partant d’un jeu vidéo, le film ne fait pas dans la demi-mesure mais apporte un résultat plus que satisfaisant, pour tous les publics, prêtant à sourire comme ravivant les souvenirs que tout un chacun peut avoir de sa propre expérience avec la licence Pokémon.

À la seconde marche de mon podium je place Rocketman. A part Taron Egerton je n’avais pas regardé le casting, et quel casting (bon ok j’ai confondu Bryce Dallas Howard et Christina Hendricks). Je ne suis pas du tout comédie musicale mais les passages de chants sont bien amenés et parfaitement chorégraphiés. Le film semble honnête et tendre et m’a beaucoup émue. Très bon biopic dans la lignée de Bohemian Rhapsody.

Parasite [Juin]

LE coup de coeur du mois c’est surtout Parasite. J’ai par la suite vu les autres films du réalisateur que je n’avais pas vus (Mother, Memories of Murder, le Transperceneige). Et c’est déjà très bon signe quand un seul film incite à se faire la cinématographie du réalisateur. Ce film fait rire, trembler, rester silencieux, appréhender, se questionner… Bref, il nous invite dans les événements et je l’ai trouvé maîtrisé de bout en bout ! Il faut dire qu’en face de ça ce mois-ci il y avait MIB dont aucune question à se poser.

Crawl [Juillet]

Car je suis fan d’Alexandre Aja même si ces derniers films étaient pour moi en-dessous de ce à quoi il nous avait habitués. Crawl maintient le suspense de bout en bout et montre de superbes prises de vues de la Floride. J’ai été heureuse de retrouver le réalisateur (avec Grégory Levasseur et Sam Raimi à la production) pour ce nouveau long-métrage.

Midsommar + Once Upon A Time … In Hollywood [Août]

L’incroyable Midsommar, le nouveau film d’Ari Aster, à qui l’on devait déjà le superbe et dérangeant Hérédité l’an dernier. Midsommar est tout aussi superbe et dérangeant. D’une durée de 2h20, ce qui est plutôt rare pour un film d’angoisse, Ari Aster nous montre sa pleine maîtrise de la réalisation, jouant avec plaisir avec les couleurs, les indices, les cadrages, mais également la légère distorsion de la réalité. Légère car remarquable en fond, sans être omniprésente. Attention, ce film est puissant et n’est pas à mettre devant tous les yeux, mais je considère le réalisateur comme quelqu’un à suivre et j’attendrai ses prochains films avec impatience.

Mention spéciale pour Once Upon A Time … In Hollywood, notamment car je connaissais bien l’histoire réelle dont parle ce film et c’est avec plaisir que je l’ai découverte ici. Ce film bénéficie de plusieurs degrés de lecture et je pense que ceux qui ignorent les événements dont parle celui-ci (surtout les non-américains) ne vont pas comprendre l’histoire de la même façon que les autres. Le long-métrage traîne parfois en longueur mais chaque scène est si bien jouée et bien filmée que c’est un régal de bout en bout.

American Skin [Septembre]

Mois un peu particulier pour moi vu que j’ai participé au festival de Deauville, donc je ne compte pas rentrer dans le détail des 20 films vus puisqu’ils ne sont évidemment pas encore sortis au cinéma (hormis le Woody Allen assez moyen). Je souhaite toutefois faire une exception pour American Skin si possible, qui se trouve être le film que j’ai le plus aimé depuis des mois, voire plus, et qui, en raison des distributeurs, ne sortira que directement en DVD / VOD et que j’aimerais mettre en avant pour vous inciter à le voir (standing ovation de plus d’un quart d’heure lors de sa diffusion au festival et grosse émotion pour moi lors de son visionnage).

Tout commence par un contrôle de police dans une riche banlieue américaine, qui va déraper. Un homme et son fils sont contrôlés et ce dernier est tué par un des policiers. S’en suit un procès où il est déclaré non coupable et une volonté du père de faire justice soi-même en prenant en otage un commissariat, peu importe qui se trouve dedans. J’ai trouvé que créer un climat anxiogène en mélangeant policiers, taulards, civils terrorisés et père à soif de vengeance était une idée de génie. Le tout saupoudré de dialogues et de réflexions pertinentes sur les bavures policières (ce qui n’est pas sans faire écho au cas de Steve en France), le conflit racial, ou encore la place de chacun dans la société. De bons arguments sont en plus portés par les deux camps, ce qui est appréciable et montre une volonté de ne pas prendre partie dans une certaine mesure, quand l’heure n’est pas à pointer du doigt le coupable. Il y a tant à dire sur ce film (l’aspect documentaire travaillé, les acteurs sublimes, la dynamique du montage, la violence de l’altercation policière, etc.) que je résumerais en disant qu’il était haletant jusqu’à la dernière scène et que c’est bien la première fois que j’utilise ce terme depuis le début du festival. Je vous invite véritablement à aller voir ce bijou dès qu’il sera disponible.

Joker [Octobre]

J’ai aimé le Joker car je ne suis pas fan des super héros et cet aspect ultra réaliste de Gotham m’a plus happée que les autres films de l’univers. Evidemment la prestation de Joaquin Phoenix, que je suis avec assiduité depuis Signes et Le Village, fait de ce film ce qu’il est, alors qu’il aurait pu totalement faire beaucoup moins de bruit avec un jeu d’acteur moindre.

A Couteaux Tirés [Novembre]

Il faut dire que ça faisait bien longtemps que je l’attendais celui-là. Truffé de bons acteurs, d’humour et d’une vraie enquête à rebondissements, dans un cadre, comme dit dans le film « comme un plateau de Cluedo », c’est avec réel plaisir que j’ai assisté à cette séance. Les spectateurs ont semblé être du même avis que moi puisqu’il y a eu une salve d’applaudissements à la fin. Amis du bon goût, je vous invite à aller le voir sans tarder !

Last Christmas [Décembre]

En vrai il n’est pas forcément dingo mais j’en ai vus peu en décembre. Je ne suis pas du tout fan des films de Noël, que j’assimile le plus souvent à des comédies romantiques à l’eau de rose. Last Christmas combine romance et comédie en effet, mais drame et réalisme sur bien des plans. Ce que j’en retiens du film et qui m’a fait l’apprécier, est qu’il met en avant le fait qu’être en couple n’est pas une fin en soi et qu’il faut avant tout être épanoui et bien avec soi-même et que c’est ce qui compte le plus. Je suis contente que ce parti pris soit porté car cela change des histoires utopiques qui ne me font pas aimer ce genre.

Et vous, quels sont vos coups de cœur pour cette année ?

Une Foodie à Berlin

Les vacances (dont le festival de Deauville) et la reprise du travail sont passés par là, ce qui fait que je ne parle que maintenant de mon séjour à Berlin, ayant eu lieu … début septembre. Pour moi, j’allais au-devant de bretzels, saucisses et bières. Finalement, beaucoup de bières, un bretzel et deux saucisses. Le reste étant un mélange de nourriture turque, indienne et américano-japonaise (!!). A savoir que le blog Refuse To Hibernate et l’article écrit par Audrey & Mickaël m’a été d’un grand conseil pour mes sorties gustatives, comme vous pourrez le voir.

Little Green Rabbit

Je vais être assez concise dans cet article, surtout car les souvenirs s’échappent rapidement de mon esprit, notamment par exemple le nom du premier restaurant où j’ai décidé de déjeuner, ce qui ne va servir à rien que j’en parle.

[Cinq minutes plus tard]

C’était le Little Green Rabbit ! Plats bien copieux, à tendance bio, pour un prix modique, je vous le recommande fortement. Les salades sont composées à la demande, comme les plats, et la variété de mets et de garnitures est assez large et les cuisiniers n’y vont pas de main morte. La possibilité de déjeuner à l’intérieur comme en terrasse est également un plus pour cet endroit détente et propice à la relaxation.

Je suis un peu confuse concernant la chronologie de ces trois jours à Berlin mais je suis à peu près sûre que c’est ce premier soir où je suis allée dans un restaurant indien, le Mira, qui m’a laissé un souvenir quelconque. Dans la moyenne, ni plus ni moins, il a fait le job.

Le lendemain, après un petit-déjeuner à l’hôtel et la suite de la visite de la ville (il ne faut pas croire que je suis un pilier de bar et de restaurant, tout le reste du temps je l’ai passé à arpenter Berlin), rendez-vous au Steel Vintage Bikes, magasin de cycles qui fait en même temps office de restaurant, dans une ambiance mi-vintage, mi-underground. Ce repas était un pur bonheur, salé comme sucré. Et pour l’aspect cuisine copieuse, le restaurant se pose aussi là. Orgie de pancakes et de vin dans ce repère de bikers à tendance lounge. Bien que lourde quand on voit ce que j’ai commandé, la nourriture était délicate et excellemment bien préparée. Je vous conseille d’éviter les heures de pointe car le restaurant / magasin étant petit, il sera vite complet.

Steel Vintage Bikes

Comme si tant de nourriture ne suffisait pas pour la journée, c’est le Shiso Burger qui m’a accueillie en début de soirée pour l’apéro et le dîner. Je ne le savais pas mais il y en a également un à Paris, vers Saint-Michel. Shiso Burger, c’est le mélange des mondes américains et asiatiques : en gros des burgers thon mariné, à la sauce teriyaki, etc. J’avoue n’avoir que moyennement apprécié. La cuisson de la viande, l’impression bourrative des frites, rien ne m’a véritablement convaincue. Si j’avais su, je l’aurais testé à Paris directement. Le côté fun, hormis l’originalité du mélange de ces deux cuisines, réside également dans les murs, recouverts d’écrits et de dessins des visiteurs, remerciant les hôtes. J’y ai laissé un petit Pikachu si vous passez par-là.

Shiso Burger

La dernière véritable escale gustative s’est faite le lendemain matin, à l’occasion d’un brunch chez Roamers Coffee & Booze, en plein cœur du quartier turc. Car brunchant à 11 heures, j’ai grignoté par-ci par-là le reste de la journée, dont mon fameux bretzel, acheté in extremis à l’aéroport avant le départ en soirée. L’un des plus bons brunchs que j’ai eu l’occasion de tester. Je pense que les photos ci-dessous parlent d’elles-mêmes, toutes évidemment sans filtre.

C’est ici que j’ai enfin pu goûter des saucisses allemandes, sachant que mon plat était constitué d’oeufs avec miel et herbes, que les saucisses étaient de sanglier, avec de l’avocat, de la feta, des haricots, le tout agrémenté de sauce chimichurri, beurre et pain. Rien que ça. Le plat en face du mien (avec lequel j’ai beaucoup hésité) comprenait du chèvre, du miel et encore plein de bonnes choses. Et pour bien finir, un grand thé chaï et un carrot cake, bam.

Roamers

Pour résumer, je ne m’attendais absolument pas à manger tout cela à Berlin. J’avais beaucoup d’idées préconçues et mes souvenirs de mon dernier séjour allemand, à Freiburg, me laissaient penser à une cuisine plus traditionnelle : bretzels et forêt noire. J’ai donc été ravie par la variété de nourriture proposée, même si le multiculturalisme fait qu’il est de plus en plus difficile de trouver des adresses typiques. Pour autant je ne regrette pas les restaurants où je suis allée, car n’étant sur place que trois jours, il fallait de toute façon faire des choix.

Deauville Film Festival : 14 septembre 2019 [Bilan]

On redescend doucement sur terre après une semaine de films quasi non-stop. Juste un film pour moi aujourd’hui avant de découvrir le verdict du jury. Mes préférés pour cette édition 2019 sont Swallow, Judy And Punch et The Peanut Butter Falcon (oui, j’aime le cynisme). A savoir que le film que j’ai le plus aimé de ceux que j’ai vus cette semaine reste American Skin, mais il est hors-compétition et ne remportera pas de prix ici hélas. Rendez-vous donc ce soir pour la cérémonie du palmarès et la remise du prix de cette édition, et demain pour la remise du prix du public. Je touche un petit mot du film vu ce jour, avant de revenir plus en détails sur Deauville 2019.

The Hummingbird Project

Porté par un duo aux opposés mais néanmoins assorti (Jesse Eisenberg et Alexander Skarsgård), le film est original dans son synopsis (la construction d’un énorme tunnel entre le Kansas et New York, contenant une fibre optique plus rapide et permettant des bénéfices conséquents sur les actions en bourse). Le stress subi par les deux personnages se transmet bien et quelques notions de maths fi permettent de comprendre le sujet traité. Un film pas mal, qui n’a pour autant rien de bien particulier pour se distinguer.

J’abordais cette semaine la question de faire ou non le grand chelem des films en compétition. Le prix du public est assez bien fait pour palier le fait que tout le monde n’aille pas voir tous les films en compet’ : manque de temps, préférences autres (boudiou que je voulais voir Mars Attacks), manque d’argent (le pass festival en entier a tout de même un coût), ou encore juste pas envie ou autre chose à faire. Il faut dire que les films en compétition occupent toute la journée car ils sont diffusés à 11h et 14h. Difficile d’aller faire des excursions dans le coin avec une grande partie de la journée mangée. Ce qui explique que je ne sois allée voir « que » 12 films sur les 14 (20 au global si l’on comprend les avant-premières hors compétition).

J’ai donc bien réfléchi et je me suis dit que cela n’aurait absolument aucune influence dans le milieu de la critique ciné si je n’allais pas voir tous les films. Rentabiliser le pass n’est pas la question car je vais de toute façon au cinéma à Paris en mode illimité. J’en suis venue à me demander ce qui me plaisait tant dans le fait de participer à ce festival. C’est un tout. Seule pendant les dix jours, j’ai pourtant parlé des films vus avec beaucoup de personnes, certaines que j’ai même recroisées plusieurs fois. Je me suis coupée de ma vie de tous les jours, j’ai pris mon temps, j’ai visité les environs, j’ai profité des restaurants et, même quand je n’appréciais pas le film que j’étais en train de voir, j’appréciais d’être là où j’étais.

Je vais donc reprendre ma vie normale (je vais juste bruncher au Morny’s demain matin avant de finir par la séance d’Angry Birds 2 – y’a que ça qu’il me reste à voir demain matin !) et rentrer sur Paris. Je vous donne rendez-vous prochainement, avec normalement un article foodie sur Berlin, un article « pourquoi » sur lequel je suis penchée depuis plusieurs mois, pourquoi pas un article sur Calvados Expérience et assurément un article sur mon aventure chez FlyView Paris.