Mois: décembre 2008

When you know you’re going to fall.

Un dernier article pour clôturer l’année. Un dernier article pour donner une impression d’année achevée et bien achevée. Le mois de décembre n’est pas encore terminé qu’il semble déjà oublié. Trop de retardataires à se précipiter dans les magasins déjà bondés, trop d’inquiets à être expulsés des magasins bientôt vides.
Les bonnes nouvelles sont lointaines et n’apportent que jalousie et dégoût. Les mauvaises à l’inverse, semblent si proches et si puissantes qu’elles renforcent le dépit déjà présent en éclipsant le reste. Les fêtes. Reste-t-il pourtant encore quelque chose à fêter ? Ces traditions auxquelles on tient, on se raccroche, n’ont plus aucun sens si on leur ôte leur simple volonté de consumérisme. Dommage de voir qu’il y a pourtant besoin de ce genre d’excuses pour que des repas de familles, des rassemblements se fassent. Comme s’il était délibéré de ne pas se voir toute une année durant, en prétextant en profiter bien plus au moment de ces réjouissances. Mais il y a certaines années où les fêtes viennent trop tard, et où les personnes chères ne sont plus.

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Pour une Minute, Pour une Eternité

Nutella_by_StephZiemann

J’attendais l’inspiration.
Avant de me rendre compte que l’inspiration ne tombe pas du ciel un matin au réveil comme une tartine sur le sol côté Nutella.
L’inspiration se provoque, se mérite, se suscite. Elle se fait désirer pour mieux se laisser savourer.
J’attendais l’inspiration car j’avais laissé tomber mes rêves. Je n’avais plus besoin de rêver mais de simplement commencer à vivre. L’inspiration n’est qu’un prétexte pour avouer ses désirs subconscients ou ses peines passées. Quand les désirs deviennent réels, les peines s’effacent, l’inspiration n’a alors plus aucune raison d’être et est simplement reléguée au second plan. L’être humain a pourtant toujours eu besoin d’avouer ses sentiments, que tous compatissent avec sa peine et que tous se réjouissent avec lui.
Quand on est heureux on veut le dire, faire comprendre cet état d’esprit et le faire partager. On veut crier sa joie par delà les cheminées jusqu’à dépasser les frontières. Dépasser les frontières. Les dépasser et faire comme s’il n’y en avait pas plus.

Que mon cœur lâche,
Mes rêves d’amours excentriques
N’ont plus leurs strass.
Mon stress d’amour est si triste.

QMCL – MF

Où Mamzelle Laure ne veut plus se passer de l’Italie …

Et Mamzelle Laure se disait de l’Italie …

Il fait froid, mais j’aime cette chaleur.
Je suis partie de chez moi ce matin, très tôt, bien trop tôt, en vérifiant et revérifiant sans cesse la présence des billets de train dans mon sac. J’ai hésité longuement sur ma tenue ; des vêtements décontractés ont finalement eu raison de moi.

Je tremble car il fait un froid glacial mais aussi et surtout car je suis heureuse et que je sais à quel point le bonheur peut m’effrayer.

J’arrive dans la gare, au milieu de tout, ce monde qui va, qui vient, qui court, s’arrête, repart. Toutes ces personnes qui réfléchissent à leur destination, qui sourient de rejoindre un être cher ou pleurent de le voir partir. Il n’y a aucun lieu aussi impersonnel qui recueille dans le même temps tant d’émotions qu’une gare.
Le train, arrive, enfin. Je prends une place, la mienne en l’occurrence. Et je me rends maintenant compte des causes et des probables conséquences futures de ce voyage. Après un temps me semblant interminable où je n’ai fait que réfléchir, encore et encore, le train s’immobilise finalement, arrivé à sa destination finale.

Là où tout s’arrête.
Là où pour moi tout (re)commence.

Il Neige.

Toute cette excitation. Je ne m’en étais même pas rendue compte. Il me suffit d’être plongée devant un écran pour oublier tout ce qui m’environne. Et puis j’ai entendu ma collègue au téléphone. Une seule phrase. Presque un seul mot. Il neige.
Un coup d’œil à la baie vitrée pour voir qu’effectivement il neigeait. Mais pas de la neige dégueulasse, pas de la bouillie infâme comme on le voit trop souvent ici. Non. des beaux flocons qu’on regarde en les sentant se poser au bout de ses doigts en tendant les mains sous ce ciel blanc. J’étais par la même occasion la seule à oublier volontairement mon parapluie pour descendre à découvert dans la rue. Regarder, profiter, en écoutant machinalement le son d’une chanson des Red Hot dans mes oreilles. Snow.

D’où l’importance d’être constamment rassuré

Mais je vous préviens, ce n’est pas en vous gavant quotidiennement d’anxiolytiques que vous allez forcément aller bien.

Mon but n’est pas vraiment d’aller bien, je souhaite simplement aller mieux, ALORS FAITES-MOI CETTE ORDONNANCE BORDEL DE MERDE.

L’hiver, la saison obscure, glaciale car totalement neutre.
Il était là, à son bureau, en train d’observer dans son verre en plastique la ration de coca frémissante qu’il venait de verser. Ce qui représente sans doute son unique bonheur de la journée. Il passe son temps à courir, à vérifier le travail fait, à hausser le ton parfois, souvent, au risque de passer pour celui qui se croit au dessus des autres, qui est constamment en train d’ennuyer ses collègues et n’est jamais satisfait de ce qu’on lui propose.
Il a simplement un travail, et il y tient. Il cherche à ce que tout soit fait de la bonne façon et à ce que tout soit réussi. Il se fait des ennemis et il en est conscient, mais il préfère se faire détester des autres plutôt que de s’insupporter.

C’est un Docteur Jekyll, et il a grand besoin de le cacher.

Toute sa vie est façonnée, il paraît bien sur lui, confiant, et surtout heureux. Quand il rentre chez lui le soir, seul, sans avoir personne l’attendant chez lui, c’est à ces heures là qu’il redevient enfin lui-même. Il parle à des anciennes connaissances, il parle à des personnes qu’il ne connaît pas car c’est pour lui la seule manière de ne pas se penser jugé. Et quand minuit arrive, qu’il commence à se sentir exténué, il coupe toute communication et s’endort, en espérant une nouvelle fois ne jamais se réveiller.