colère

Slut-Shaming

Il y a des jours comme celui-là où, quoi qu’on fasse, c’est comme si l’on ne faisait rien. Où l’on s’acharne dans le vent à faire entendre raison, voire même simplement à faire entendre sa voix. Ces jours où, bien que la Terre entière ne se soit pas liguée contre vous, on ressent qu’elle sait quand même beaucoup plus qu’elle ne vous fait croire. Et où je me dis qu’un aller simple pour l’univers ne me serait pas totalement démérité.

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Où l’on se sent floué, démoralisé, blessé, cerné de préjugés. Alors même que la veille les émotions étaient les mêmes mais les raisons étaient autres. Où l’on s’acharne à bien faire mais où l’on se rend compte que tout peut être interprété de travers et retourné contre soi.
Pourquoi pourquoi pourquoi pourquoi ? Pourquoi telle parole ou telle action ? Pourquoi des souffrances veines et gratuites ? Pourquoi différents échecs face à différentes personnes ? Pourquoi des barrières là où l’on souhaite avancer vers une nouvelle voie ? Mais finalement se dire qu’il vaut mieux ne pas avoir de réponses. Car celles qui ont pu être apportées n’ont fait que gangrener la vérité et mettre à mal le peu de self-esteem qui pouvait encore subsister. Après tout, au bout d’un moment cela finira peut-être par aller mieux le lendemain.

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La Saint-Valentin et toutes ces conneries

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Alexandre est en couple avec Tom depuis maintenant près d’un an. Alexandre est bien avec lui, il se laisse porter par les jours successifs qu’ils vivent ensemble mais n’arrive pas à fermer les yeux sur les zones d’ombres qui lui amènent autant de tristesse que cette relation n’en amène de bonheur.

« Serait-ce parce que je réfléchis trop ? »

Alexandre ne peut pas m’empêcher de repenser sans cesse à ces fois où Tom lui a fait du mal. Et sans même s’en être rendu compte. Il repense à toutes ces fois où il restait devant son ordinateur pendant que Tom allait faire la fête avec ses potes et oubliait de lui envoyer ne serait-ce qu’un texto pour la nouvelle année. Il repense à tous ces moments où il lui faisait mal et où il ne s’en apercevait même pas. Rendant la peine plus insupportable encore.

Alexandre n’est pas quelqu’un de matérialiste à l’extrême mais il adore faire des cadeaux. Et pour lui, c’est en général un donné pour un rendu lors des grandes occasions. Alexandre a fait exploser son budget pour Tom à l’occasion de la Saint-Valentin, voulant lui faire plaisir et lui montrer qu’il tenait à lui. Mais dans le fond, il voulait surtout que Tom fasse de même, n’ayant jusqu’alors jamais entendu de réels mots d’Amour sortant de sa bouche. L’anniversaire d’Alexandre était passé depuis peu et ce dernier pensa que Tom allait faire d’une pierre deux coups pour lui faire passer une superbe soirée en amoureux. Mais en échange d’une bouteille de parfum de marque et d’un nouveau téléphone portable pour son aimé, Alexandre ne récolta qu’un livre, que Tom avait dû prendre à la va-vite au dernier moment. Le livre n’étant même pas emballé.

C’est la deuxième fois qu’Alexandre encaisse un si gros coup alors qu’il venait même de lui payer le restaurant le soir même à l’occasion de cette fête stupide. Mais il n’ose pas le dire à Tom, pas peur de passer pour « la chiante » dont Tom le traite sarcastiquement quand il est en colère. Car le problème est là, il a peur de le perdre et c’est bien la cause de tant de malheurs.
Alexandre se jura intérieurement qu’il ne laissera pas se passer une troisième peine comme celle-là.

Ca passe, ça lasse, ça casse. Encore faut-il que Tom s’en rende compte.

Arthur & Julie (une histoire ordinaire)

Article brut de décoffrage, sans hypocrisie perfide, sans détour non plus, mais avec mes tripes, je peux l’assurer. Il ne va pas forcément plaire mais je ne fais plus dans la dentelle pour ceux qui en ont perdu la douceur. Et puis cela reste de la littérature avant tout. Et puis zut, je le trouve beau mon article, surtout pas si acide que cela, juste sincère et délicat autant que possible.

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J’ai envie de vous parler d’une amie que je respectais, que j’aimais. Mais que je n’ai sans doute pas assez choyée.

Elle était comme moi, mais en mieux, en beaucoup mieux. J’admirais sa force de caractère tout comme sa force à affronter chaque épreuve se dressant devant elle, le regard fier et la tête haute. Même si sa force intérieure n’était pas toujours solide, elle ne laissait rien paraître, utilisant son courage comme un bouclier la protégeant du monde. Au fil des années, j’ai grandi avec elle, parlé d’hommes avec elle, lui tenant encore la main dans la rue nos vingt ans passés, sans voir venir la fin.

En parallèle, il y a un peu plus d’un an j’étais heureuse. Les jours qui passaient me faisaient l’effet d’une joie permanente, car il me semblait être engloutie dans ce bonheur frivole et indéfinissable pour quiconque ne le ressentant pas, ce sentiment d’être dans une relation durable avec quelqu’un et s’en réjouir. S’en réjouir, même quand ce dernier part en voyage en écrivant des cartes postales à ses potes sans penser à vous en envoyer une, s’en réjouir quand, en plus d’être la seule des deux à faire des cadeaux à la Saint-Valentin, lui payer en plus le restaurant, s’en réjouir quand il reste volontairement tard au travail en oubliant que vous l’attendez chez lui ou encore quand il vous fait comprendre qu’il désire plus que tout passer le Nouvel An avec ses amis, et tant pis que vous ne soyez pas là. Aveuglée par les côtés positifs, ces détails, qui subsistent sur la durée beaucoup plus longtemps qu’une persistance rétinienne, restent après tout des détails quand on ne pense pas à se mettre à la place de l’autre.

Immergée une année durant dans ce cocon protecteur qu’est la relation amoureuse, je me suis rendue compte qu’elle avait pris fin le soir où j’ai ouvert ma boîte mail pour y lire les mots désastreux qui l’annonçaient. A partir de ce soir là, je me suis sentie misérable. Misérable car j’avais autant perdu une tierce personne que mon estime de moi par la même occasion. Comment se respecter quand on nous montre par de telles façons qu’on ne mérite aucune estime, aucune dignité ? Moi qui aie toujours mis en avant le poids des mots, ces derniers, rédigés à la va-vite comme un mail sans émotion, sans pudeur et sans regret, m’ont dévastée. On ne ressent alors qu’un mal sans nom, impossible à définir et à décrire, qui fait traverser la colère, l’incompréhension et surtout la tristesse. De la tristesse naît l’incompréhension et surgit la colère. Car après tout, ce mal que l’on subit, il devait être mérité, sinon comment expliquer qu’on puisse souhaiter faire autant de peine à quelqu’un qui n’a fait que vous aimer ? Mettant toute sa force à entretenir ses relations amicales au détriment de la nôtre, préférant ignorer que les deux pouvaient aisément se concilier. Je ne ressens plus que de la colère et de la haine quand je pense à ces moments perdus, foutus en l’air, à toute cette destruction que je pensais ne pas mériter et à cet homme qui n’aura pas cessé, comme moi, de ne penser qu’à lui.

C’est à cette époque là que j’ai perdu cette amie que je considérais comme ma grande sœur, ma brune de grande sœur, ma littéraire de grande sœur, ma geek de grande sœur ; celle que je voulais être en grandissant mais que je ne verrai plus grandir.

Inutile de répéter à quel point je me sentais minable et méprisable. Croyant me motiver, elle a multiplié les grandes paroles censées me donner un coup de fouet, allant jusqu’à m’invectiver en public. Or, s’il y a bien quelque chose à ne pas faire quand je suis agenouillée dans une mare de vase, c’est de me marcher sur la tête pour que je me noie. Certaines personnes peuvent le prendre d’une bonne façon, cela doit dépendre de la personnalité, mais je doute que cela concorde avec la mienne. S’en est suivi un quiproquo regrettable dont je me souviens plus des aboutissants que des tenants. L’aboutissant final a été la perte totale de cette amie chère, qui préférait m’insulter par statuts Facebook plutôt que de répondre à mes messages. Je ne lui en veux pas, je ne lui en veux plus, je regrette simplement l’issue de ces quelques jours de dispute, après une amitié de plusieurs années. Après quelques nouvelles tentatives de ma part, des mois après, toujours une réponse négative à mon égard et l’impossibilité de recoller les morceaux d’un vase que je ne pensais pas si fragile.

J’y pense aujourd’hui, car je ressens toujours autant de regrets quand je descends dans le Sud pour passer devant sa maison familiale et penser à nos souvenirs communs. Et c’est avec un pincement au cœur que je reste dans l’ignorance, me demandant si elle reste en colère contre moi pour un quiproquo que mes excuses n’ont su effacer, ou si elle regrette d’avoir vu nos chemins se séparer. Mais si des deux solutions, la plus négative est la vraie raison, je préfère rester dans l’ignorance.

Car si maintenant j’ai appris malgré moi à détester le premier, je ne peux m’empêcher d’éprouver toujours autant d’affection pour la seconde. La solidarité féminine dira-t-on. L’attirance pour la joie au détriment de la peine selon moi.

La loi des séries

Je devrais commencer à me méfier, tous les six mois ce blog me cause des problèmes. Il y a un an et demi, il y a un an, il y a six mois et maintenant aujourd’hui. Mélou je suis d’accord avec toi quand tu me dis qu’on peut y écrire ce que l’on veut, mais il y toujours des moments où trop d’ambigüité devient porteuse de préjudices. J’ai beau le dire, le répéter cent fois, même y consacrer une page, il y a et aura toujours des lecteurs et lectrices ne connaissant pas assez ce blog et moi-même, qui prendront tout au pied de la lettre. Ecrire est un plaisir, que ce soit pour Alice ou moi-même, mais j’ai l’impression que je devrais me cantonner aux articles d’actualité de la société, pas la mienne, ni celle dont je m’inspire. Moins de plaisir dans l’écriture en résulterait, mais moins d’embarras inutile également. Je devrais donc m’autocensurer pour ne faire que des articles qui plairaient à tout le monde, sauf peut-être à moi.

Ou alors créer un autre blog, beaucoup plus anonyme s’il veut continuer à être tout aussi malsain. Je ne sais pas, je suis énervée autant que je suis blasée. D’autant plus que j’avais prévenu, ce mois-ci allait être un mois expérimental concernant les articles. Ecrire a toujours fait partie de moi, peu importe le nombre d’articles psycho-dépressifs ou hors de la raison qui sont passés sur ce blog. Et plus le temps passe, plus je prends plaisir à écrire. Sur tout, n’importe quoi, lire et écrire sont deux leitmotivs à ma vie. C’est à prendre ou à laisser, je raconterai toujours autant d’absurdités ici. Lire ce que j’écris ou s’en abstenir, le choix est libre.

Je suis calme, comme toujours

Hier, c’était la journée de merde comme on n’en fait plus.

Vous savez, le type de journée où rien ne se passe comme prévu. Où vous vous réveillez une demi-heure avant que votre réveil ne sonne sans pouvoir vous rendormir ensuite. Où votre journée de travail se résumera aux horaires suivants : 8h30/20h15. Où vous vous renverserez du thé brûlant sur la main avant même d’arriver en salle de cours. Où tout ce que vous aviez prévu de faire ou dire passe à la trappe et où l’énervement vous guette de plus en plus. Ces jours où vous prenez cafés sur chocolats sur cafés pour tenir la journée entière, tout en oubliant de manger par la même occasion. Où vous ne savez pas où donner de la tête et où votre main va souvent plonger dans votre sac pour choisir au choix, sédatifs, calmants et magnésium. Où vous vous disiez la veille qu’il était temps d’arrêter de fumer mais qu’au final, non, ce jour là, ce n’est vraiment pas possible. Où vous vous mettez à tempêter contre des personnes n’y étant pour rien dans votre humeur du jour, tout en prenant les coupables avec un peu plus de pincettes. Ces jours où même l’horoscope du 20 Minutes semble se foutre de votre gueule et où votre ordinateur portable ne reconnait plus aucun point wifi pendant tout un après-midi. Ces jours où vous pensez en vous levant qu’il va vous arriver quelque chose de bien, que vous allez faire changer des choses dans votre vie et que vous ne pensez plus qu’à revenir 24 heures auparavant une fois sur le point de vous endormir.

Pour résumer, le nouveau clip de Mylène Farmer est décevant, Buried est décevant (je déteste illico toutes les personnes me l’ayant conseillé – bon ok pour l’originalité je lui ai tout de même mis 6/10 sur IMDB, je suis trop gentille) et le mois de décembre promet lui aussi d’être décevant. Plus que quelques jours avant les marchés de Noël, les vins chauds, les gaufres au sucre glace, les pains d’épice et les sandwiches fromage à raclette chaud / jambon corse. Hmm. Et je veux de la neige, vite, sinon je m’énerve !

There, there.

Non pas se scarifier, qui ne relève d’aucune utilité, mais se mettre des claques.

Pour se raisonner, pour se forcer à arrêter de pleurer, encore et encore. Se remettre les idées en place en quelque sorte, comme on le ferait sur un gamin pleurant de manière bien trop capricieuse en suppliant d’obtenir tel jouet ou friandise.
Pour le faire taire. Pour stopper à tout prix ces larmes qui coulent le long de mes joues, contre ma volonté.
Symboles de rancune, rancoeur et tristesse maladive en toutes circonstances.

PS : Ouais, bonne année au fait.