Mois: décembre 2010

Rétrospective 2K10 (3615 tellmylife)

Nommée dans la catégorie de pire année qui soit, 2010 remporte le prix haut la main. Et pour une fois je vais (à peu près) parler de moi, et non pas de Karen, Lisa, Delilah, Emma ou encore Jérôme. Mais je ne vais pas raconter cette année 2010 en long, en large et en travers. D’une, il y aurait beaucoup trop de choses à raconter et compte tenu de mon don pour la synthèse je vais éviter de faire l’article le plus long qui soit, et de deux, je préfère ne garder que les anecdotes intéressantes, histoire de rendre digeste ce billet des plus mégalomaniaques.

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6 mois de quiétude non dissimulée pour 6 mois de chagrin non dissimulable, voilà l’histoire banale de cette année, comme on en voit tous les jours dans les vies de chacun.

Après un an d’une relation sérieuse, la fin. Annoncée par l’une des pires manières qui soient, au pire moment qui soit. Fin Mai, par mail, une semaine avant mes partiels / passage de permis. De fait, les trois mois de l’été n’ont représenté pour moi qu’une succession de jours semblables en tous points et ont formé un ensemble tout ce qu’il y a de plus insupportable.

Les uns après les autres, les jours se suivaient, se ressemblaient. Tout me ramenait à la perte que j’avais vécue quelques semaines, et maintenant quelques mois, auparavant sans que je ne fasse de véritables efforts pour aller de l’avant. C’est aussi à cette époque là que j’ai perdu, pour des raisons qui me sont encore obscures, non pas quelqu’un que je considérais comme ma meilleure amie, mais plutôt comme une sœur. Quelqu’un avec qui je m’étais toujours entendue, et ce depuis des années, malgré la distance et le temps qui passait. Juin, Juillet, Août : un été où se mélangeait culpabilité, colère, abattement et incompréhension. Où toutes les pensées et tous les actes que j’ai alors faits ne souffraient d’aucun sens et d’aucune motivation à aller de l’avant. Pleurer. Bronzer à Roland Garros. Boire des verres de vin au saut du lit. Regarder l’intégrale de Weeds. Penser à lui et pleurer encore. Conduire une camionnette après avoir avalé des cachets bleus sous sachet plastique. Faire des concerts. Aller à des festivals. Fumer des joints. Faire des meringues. Ne pas réussir à faire cuire des pâtes. Cueillir des champignons. Jouer de l’ukulélé avec les pieds. Escalader le POPB. Et puis rire aussi. Aller à la pêche. Tirer des feux d’artifices. Faire du footing sur l’île de Puteaux. Commencer à écrire un bouquin. En lire des dizaines d’autres. Et se croire dans une série télé américaine, quand les parents offrent une voiture à leur ado après qu’il se soit fait larguer. Plus que croire d’ailleurs, l’être vraiment.

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Car si je pouvais m’échapper de ma vie actuelle au profit de mon monde, ne serait-ce que pour quelques heures seulement, je le faisais avec allégresse. Là où cela devient dangereux est quand on se met à préférer ce monde virtuel jusqu’à en devenir dépendant. Fort heureusement cela n’a jamais été mon cas. C’est aussi à cette époque que j’ai recommencé à faire de la tachycardie et à reprendre des traitements, où je devais chaque jour prendre une flopée de médicaments, supposés m’aider à aller mieux. Mais j’ai réalisé une seconde fois au cours de mon existence, qu’on ne pouvait pas guérir le mal de vivre avec des antidépresseurs et des sédatifs. Marilyn a eu raison de se suicider plutôt que de mourir d’une overdose comme Edie Sedgwick. Alors j’ai recommencé à mettre un pas devant l’autre, pour réapprendre à vivre une troisième fois en 20 ans. Vivre, c’est comme le vélo, ça ne s’oublie pas. Certes, ça ne s’oublie pas, mais après s’être cassé la gueule plusieurs fois, on a de belles appréhensions à se remettre en selle.

Le déclic arriva fin Août grâce à un séjour chez Mélou, à base de clopes / Mojitos au bord de la piscine et sessions de Guitar Hero dans le salon. Alors on reprend confiance en soi, en la vie, et cet état va même nous faire faire des erreurs qu’on n’aurait pas faites en temps normal. Car quand on subit ce type d’épreuves, on se croit invulnérable. Quand on se brise la jambe, on ne va tout de même pas se casser le bras deux jours plus tard. Et bien si, il n’y a pas de raison pour que cela n’arrive pas. Pire, quand on provoque ces accidents une fois et qu’on se fait mal, il est normal de se faire encore plus mal la deuxième fois qu’on les aura provoqués. C’est du bon sens. Sauf qu’en général dans ces cas là, le bon sens est la dernière des choses à laquelle on pense. Alors brutalement, se remettre à aimer quelqu’un. Se sentir capable d’être humain à nouveau. Avec une forte joie mais beaucoup de malheurs aussi. Pour le reste, Christine et ce jeune homme l’ont raconté avant moi. Un pas en avant, deux pas en arrière. J’ai l’impression de revivre actuellement cet inter-minable été et je me maudis pour cela.

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Beaucoup de vœux et d’espoir pour 2011 donc, une nouvelle décennie qui, je l’espère, apportera son lot de bonnes nouvelles, de jours heureux et, tout simplement, de bonheur. Je l’espère, même si je ne le pense vraiment qu’à moitié. Laissons le temps au temps, mais prions tout de même pour qu’il se presse un peu. Je vous souhaite à tous une superbe nouvelle année : études, famille, Amour, amitié, travail, santé et chocolat !

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Bad Romance

Regardant la mer, il pense à elle. Assis sur cette plage recouverte de neige, frissonnant en sentant la fine brise d’iode passer sur sa peau, il ne pense qu’à elle. Comme il le fait depuis plus d’un mois déjà. Quand il va au cinéma se changer les idées, il aimerait y être avec elle, quand il part en voyage loin de chez lui, il aimerait pouvoir l’emmener avec lui, quand il passe ses journées chez lui, tout seul, il ne peut que penser à elle, et à chaque fois qu’il la voit dans les locaux de la fac où tout deux font leurs études, il sent ses forces l’abandonner et serre les dents pour n’en rien laisser paraître.

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Alors il attend. Il attend désespérément un coup de fil, un mail ou tout autre message d’elle. Il l’imagine venir à lui et lui déclarer qu’elle désire lui donner une seconde chance. Il se la représente dire qu’il avait raison depuis le début et qu’un bonheur est à portée de leur main. Il souhaite simplement de plus être coupable de ne pas avoir réussi à cacher les sentiments aimants qui ont surgi quand ils ont commencé à flirter ensemble. Pire que tout, il se reconnait en elle. Lui aussi a longtemps préféré la frivolité aux relations sérieuses, car d’une, il n’y croyait pas, et de deux, il chérissait sa liberté. Son adolescence passée, il a compris qu’être entouré par quelqu’un que l’on désire n’a pas de prix, peu importe le nombre de chiffres sur le compte de sa Mastercard. Alors il attend cet appel, ce coup de fil du bonheur, gardant au fond de lui l’espoir vulnérable d’entendre le téléphone sonner, pour lui annoncer la nouvelle qu’il souhaite depuis tant de jours maintenant. Perdant du poids au fil des semaines et se sentant se rider, se rapetisser au fin fond de son être, il n’a d’autre choix que d’attendre, ayant enchainé échecs sur échecs quand c’était lui qui envoyait les messages que son esprit lui dictait d’écrire.

Il ne comprend plus l’intérêt de la vérité dans la vie. Comme le dit l’adage : « Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire », mais il espérait follement que les siennes n’en faisaient pas partie. A chaque fois que la vérité le démangeait, il la sortait, la laissait éclater dans toute sa splendeur, souvent à raison mais parfois à tort. Pour ce qui est des mauvaises vérités, celles qui ne sont pas bonnes à entendre, il les a dites, et un peu regrettées. Pour ce qui est des bonnes, il a bien du mal à en digérer les conséquences.

Quand on dit leurs quatre vérités à des personnes que l’on déteste et que celles-ci vous délaissent par la suite, pas de problème. Mais quand on dit de formidables vérités, de celles qui laissent exprimer les sentiments les plus délicats et les plus louables qui soient, et que les destinataires vous délaissent aussi, on se rend compte que rien ne pourrait faire plus de mal que cela. A quoi sert cette prétendue vérité que tout le monde élève en tant que sagesse du monde ? Pourquoi vouloir porter haut cet étendard qui bouleverse si aisément les vies, sans que ces dernières soient nécessairement construites sur des bases de mensonges ? Mentir, encore et toujours, semble être la seule voie de guérison, la seule direction dans laquelle partir si l’on tient à garder intactes ses connaissances, ses envies … et sa vie. Mais mentir aux autres sur ses sentiments n’équivaut plus qu’à se mentir à soi-même où tout, sauf la vie, restera intact.

Joyeux Noël et plus si affinités

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Il est venu le temps (des rires et des … ? non mais arrêtez-moi) de se goinfrer de marrons glacés, d’empoigner à pleine main des chocolats par dizaines, d’ouvrir bouteille de vin sur bouteille de vin et de reprendre au passage les kilos perdus quelques semaines plus tôt.
Je vous souhaite un joyeux Noël à tous, que ceux qui ont des vacances en profitent et que ceux qui ont l’occasion de passer les fêtes avec leur famille et amis, le fassent. =)

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Attention, encore un article à tendance psychologique / psychosomatique / réflexions de comptoirs.

« S’abîmer de manière irréversible le cœur, gâcher sa vie pour quelqu’un et pleurer, vivement pleurer ! Plus besoin de cachets, ni de fouets, tu seras à la merci de ses yeux et de ses lèvres. En pensant à ses baisers et son parfum, tu auras de nouveau la respiration difficile.

Le mieux serait qu’au début elle ne veuille pas de toi. Comme tu souffrirais béatement, en te figurant que d’autres poseraient peut-être leur tête dans le creux de son épaule. Dans Paris éteint, tu regarderais les gens heureux en expirant des bouffées de tristesse. Avec de la chance, cette mélancolie te rendra timide et tu cesseras d’hésiter entre elle et la drogue : ton nouveau dilemme sera elle ou le suicide.
Aimer ou faire semblant d’aimer, où est la différence, du moment que l’on parvient à se tromper soi-même ? » Frédéric Beigbeder, Nouvelles sous ecstasy

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Les articles que j’écris sortent de mes tripes, je les couche sur le papier après avoir mis à sac mes sentiments, mes envies et ma, voire mes, personnalités. Ces articles me demandent beaucoup car ils sont construits avec des parties de moi-même, parfois énormes, souvent minimes, mais toujours intimes. Je me donne dans ce que j’écris en me mettant à nue, pour faire fuir mes démons en les exposant à la lumière cuisante et ainsi les faire imploser. Et pour prendre du recul aussi. Pour prendre du recul sur ces émotions en dents de scie et ces opportunités sous forme de montagnes russes. Car chaque erreur n’est faite que pour éviter de se voir répéter, je les note, pour m’en souvenir. Pour marquer chaque erreur de manière si aisée, à la craie blanche dans mes pensées si obscures. Le mal par le mal ? Sans doute. Se mettre face à ses propres échecs, encore et encore, si douloureux qu’ils soient, pour forcer la motivation de leur départ ? Oui et non. Cela est uniquement valable quand tout espoir est mort. Et enterré. Mais l’espoir est perfide, cruel, dévastateur et multiplicateur de tristesse.

Car l’espoir peut prendre une multitude de formes différentes, qui l’aident à se cacher pour mieux dévorer toute joie qui viendrait à éclore dans l’embryon du cœur humain. Jusqu’à rendre toute pulsion de bonheur aussi furtive qu’un poumon se vidant en quelques secondes du Poppers qu’il aurait insufflé. L’espoir s’identifie à tous nos souhaits inutiles de se propulser dans le passé : pour pouvoir faire dévier l’aiguillage de la SNCF et faire prendre à notre vie la bonne direction, celle du bonheur. Et éviter de voir se remplir le Relais H de la gare aux échecs.

Qui n’a jamais désiré revenir en arrière d’une minute, une heure, une journée, une semaine, un mois, un an, voire plus, pour avoir l’opportunité de tout arranger ? De se dire qu’il y a deux mois vous preniez dans vos bras l’être que vous aimez le plus au monde, qui ne veut plus se faire considérer comme tel au jour d’aujourd’hui. Il y a un an, il y a un siècle, il y a une éternité. Même Joe Dassin le dit.

La vie est une lutte acerbe contre le temps, où à défaut de gagner, nous tentons chaque jour de ne pas perdre. Certains préfèrent le plaisir au bonheur, car il a ce petit plus d’être concret, physique, en un mot, d’exister. Mais le bonheur est durable, lui. Basé sur des pensées ou des sensations non palpables, il se tient sur la durée, ou du moins essaye-t-on follement, et de manière désespérée, qu’il en soit ainsi.

Sur ce, je repars abuser des bonnes choses, car tout ce qui est mauvais pour la santé reste tout de même diablement délicieux.

Lady Gaga – The Monster Ball Tour

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Si l’on m’avait dit il y a deux ans, pendant que je visionnais un clip tout ce qu’il y a de plus bizarre, mettant en scène un chien au bord d’une piscine sous une musique entêtante, que j’irais voir Lady Gaga en concert, je ne l’aurais pas cru. « Venez, vivez, vibrez » nous dit le Palais Omnisports de Paris-Bercy : après plusieurs déconvenues concernant la venue de la diva à Paris, j’ai une fois de plus vibré au son d’un concert, mon dixième de l’année, mais quel concert …

Là où beaucoup d’artistes se contentent d’assembler une playlist de titres phares et demandés par les fans, chantant leurs chansons les unes après les autres, Lady Gaga préfère dépasser ce stade. Pour le côté pro et l’originalité, il y a tout d’abord les chorégraphies, présentes pendant tout le long du spectacle. La quasi-totalité des chansons se déroule accompagnée de chorégraphies parfaites et sophistiquées, qui rassemblent la diva avec une bonne dizaine de ses danseurs. Se mêle à tout cela une réelle interaction avec le public, où Gaga relèvera les propos criés dans la salle pour y réagir, quitte à s’arrêter en plein milieu d’une chanson pour répondre à ses fans, et la reprendre ensuite. Où elle prendra son temps pour admirer les cadeaux de fans jetés sur scène, comme arracher de ses dents la tête d’un Tigrou miniature ou encore disloquer la tête d’une Barbie pour laisser son corps ballant au bout de la scène. Faits trop rares pour qu’ils soient soulignés, encore plus rares quand on pense à la grandeur du POPB.

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Pour ce qui est des tenues de scène, en veux-tu, en voilà. Il s’en succède une bonne demi-douzaine, tantôt affriolantes, tantôt excentriques (costume de religieuse – en référence à ses années scolaires passées dans une école privée très catholique ; ruisselante de sang pendant que ses danseurs cannibales lui déchirent le coeur, tenue qui crache autant d’étincelles que Katy Perry de la crème fouettée, et bien d’autres encore). Mais que seraient de belles tenues sans un décor scénique qui vaille aussi le coup ? Pas rien, mais en tout cas bien peu de choses. Fort heureusement ce n’est pas le cas ici, bien au contraire. Entre une jeep fumante garée sur scène (dans laquelle se cache un piano), une rame de métro remplie de nonnes, des paysages urbains ou bien forestiers, ou encore une immense plante carnivore prenant toute l’ampleur de la scène, les décors sont tout sauf rudimentaires. Des sketchs viennent aussi pimenter ce concert riche en rebondissements, par le biais de dialogues entre Gaga et ses danseurs … mais aussi d’un réel échange avec le public.

Beaucoup de fans trouveront des réponses à leurs questions durant le show, Lady Gaga racontant des bribes de sa vie et son adolescence, avec la prolixité qui lui est propre. Le nom du Monster Ball Tour prend alors tout son sens quand on comprend qu’elle-même se considérait comme un monstre, à forcer de se voir jugée comme tel par ceux l’ayant côtoyée du temps de son adolescence. Elle nous enseigne à travers le show une véritable leçon de courage, faisant référence à ses épreuves passées qui n’ont pas été un obstacle dans sa voie vers la célébrité. Le nom de son prochain album Born This Way n’est qu’un clin d’œil à tous ses détracteurs qui la traitaient de cette façon. Elle est ainsi, et a fait de cette prétendue faiblesse, une force.

A travers cette tournée, Lady Gaga a montré qu’elle avait bel et bien l’allure d’une pro qui semble avoir des années de show derrière elle. Qu’on l’aime ou non, qu’on apprécie ses chansons ou non, on ne peut que reconnaitre le talent qui la caractérise, aussi bien dans les concerts qu’elle organise ou dans son sens affuté du show business. Non sans rappeler une certaine Madone.

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Sans nul doute l’un de mes meilleurs concerts jusqu’à ce jour.

What The … Movie ?

What The Movie (WTM pour les habitués) est un site plus qu’addictif que j’ai découvert il y a plus d’un an déjà. Le principe de ce site est simple : une image s’affiche à l’écran, aux visiteurs de trouver le nom du film auquel elle appartient. WTM est un site anglophone, mais pas de soucis pour les non bilingues, la quasi-totalité des réponses peut aussi bien être donnée dans la langue originale qu’en langue anglaise, française, espagnole, etc (pas besoin donc de taper Kōkaku kidōtai pour Ghost In The Shell, et fort heureusement). WTM est aussi largement conciliant pour les fautes de frappe et les approximations, pour preuve, il validera sans soucis pour réponse « Shrek », que ce soit le premier, deuxième ou troisième et acceptera sans sourciller « Incpetion » pour Inception. Autre point qui a son importance, les tags. Car il n’y a rien de plus revigorant que de se faire une session d’une centaine d’images de films d’horreur à la suite en cliquant simplement sur le tag approprié.

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Tout membre du site peut proposer les screenshots (encore un exemple) qu’il souhaite (la nudité et la violence sanguinolente étant autorisées mais protégées automatiquement par une option à décocher) ; site qui compte à ce jour plus de 118 000 images dans sa base de données pour plus ou moins 40 000 membres.

WTM est excellent pour deux raisons : passer le temps et rire devant des screenshots bien souvent originaux, parfois complètement tirés par les cheveux et indevinables, mais toujours judicieux. Mon coup de cœur geekesque du moment, et depuis un certain temps déjà.

Lonely Lisa

Lisa fait peine à voir et le sait. Elle se fait surtout beaucoup de peine en se regardant dans la glace. Marchant à travers sa maison le corps agité de soubresauts. Le cœur qui cogne à s’en faire éclater la poitrine. Ses pulsations grandissantes qui ne font qu’accentuer un malaise incurable, par aucun médecin ni aucun médicament : sa tristesse.

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Couverte de laine sur ses épaules, elle regarde les pistes de ski de fond, visibles depuis le balcon de sa chambre. La tête haute, volontaire de porter son regard au loin, elle allume son énième cigarette de la journée, désireuse de se laisser aller au vent comme cette fumée, rendue presqu’opaque par le froid de la Savoie, qu’elle habite depuis plusieurs années déjà. S’évaporer pour aller se réfugier dans les bras d’un de ses fucking friends comme la société moderne les appelle, quand ils sont surtout pour elle des amis proches, cherchant l’illusion d’être entourée et protégée. Et désirée. Et aimée. Tout en sachant que tout cela ne restera qu’une illusion. Et c’est très bien ainsi. Ce n’est pas d’eux dont elle cherche l’Amour, dans les bras desquels elle se met à pleurer une fois le plaisir donné et reçu, en pensant à une toute autre personne, celle que Lisa aime réellement. Celle qu’elle essaye de chasser de son esprit en se blottissant dans le lit d’autres hommes.

Lise n’aime pas les filles. Ou plutôt elle en aime certaines, en désire d’autres, flirte volontiers avec quelques unes, et parfois plus le temps d’une nuit, mais n’apprécie pas la gente féminine dans sa globalité. Elle les déteste car elles représentent ses pires faiblesses. Lisa méprise les filles qui s’habillent de manière aguicheuse avec des jupes courtes, trop courtes. Mais elle le fait aussi. Lisa crache sur ces filles qui ont déjà trompé leur petit ami, peu importe la raison, c’est inexcusable. Elle les méprise pour cela et ne pense qu’à des mots insultants pour les décrire. Mais elle l’a déjà fait aussi. Lisa ne comprend pas ces filles qui se donnent au premier venu, rencontré lors d’une soirée arrosée, déshonorant ainsi leur corps en s’offrant sans concession. Mais elle le fait aussi.

Ces filles font peine à voir mais elles ne le savent pas. Lisa seule, à assez de recul nécessaire pour s’estimer différente de ces dernières, mais si semblable pourtant. Elle déteste ces filles pour ce qu’elles sont ; des bouts de miroir mis côte à côte afin d’assembler la glace dans laquelle elle se regarde aujourd’hui.