Mois: juillet 2008

En fait c’est si simple de perdre le goût du bon pain.

Voilà une autre pause que je m’accorde, que je m’oblige somme toute, que je subis.
Pourquoi ? Tout simplement car je m’égare, je n’ai depuis ce soir plus le cœur à écrire, ça reviendra bien sur, dans quelques jours … semaines ? Non jours. Mais un peu plus que quelques alors.

C’était l’heure de manger. Elle n’avait pas faim. Ses bras ont commencé à être ballants le long de son corps, dans son fauteuil sur lequel elle était depuis maintenant quelques semaines à cause d’une énième chute.

C’est ainsi qu’elle est morte, avec la parole et la dignité en moins et les proches absents.
Je devais aller la voir dimanche soir mais j’ai préféré rester à la maison en me disant que je la verrai la prochaine fois…
C’est dire si je m’en veux aujourd’hui.

Deux enterrements en une semaine désolée mais c’est plus que je ne puis en supporter.
Mais allez ne vous inquiétez pas, sur msn, je ferai comme si de rien n’était et je continuerai à vous sourire, comme je l’ai toujours fait =)

Un cri. Un bruit. Le silence.

Un cri. Non dans la nuit mais un cri tout de même, et pas des plus inaudibles.

Il me suffit de quelques secondes pour m’apercevoir d’où il vient : de la maison voisine sans l’être ; voisine car oui c’est la seule maison aux alentours de la mienne ; non voisine car elle est à une centaine de mètres et ses habitants ne m’ont jamais adressé la parole.

Viennent les premières paroles que je vais entendre de mes « voisins », une fois féminine, forte je vous laisse l’imaginer puisqu’elle arrive à me parvenir « Arrête de me frapper ! Arrête ! Arrête ! ».

Des bruits sourds et on ne peut plus bruyants, des portes qui claquent, et moi, allongée dehors qui me redresse peu à peu, mettant ma main en visière pour affronter avant tout le soleil.

Une fois le moment de surprise passé vient la question, question informulable, qu’on aimerait de pas avoir à se poser : Qu’est-ce que je fais ?

Je ne connais pas leur nom, pas leur visage non plus ; le propriétaire m’avait juste dit de ne pas trop faire de bruits en traînant la nuit dans les hangars environnants car son cher futur locataire pouvait arriver à tout moment …armé. Et j’ai bien vu à son regard qu’il ne rigolait pas.

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J’en étais là, en train de jouer à pile ou face avec le bon bout de ma raison, si fier à Gaston Leroux quand j’entendis une autre phrase troubler le silence, une phrase, un appel sans appel « Au secours ! Il veut me tuer ! » et puis une voiture avec un homme, seul, qui s’en va.
Etre sur le fait accompli et devoir réfléchir avant d’agir complique les choses au plus haut point. Le danger c’est pourtant ça qui m’attire, qui me passionne, le danger inconnu un peu moins. Appeler ? Pour décrire une scène courante, interprétée par des personnages que je ne connais pas, à un nom qui j’ignore et une adresse qui ne m’est ainsi dire pas familière ? Oui, car c’est comme ça que ça se passe, et là, il ne faut pas avoir peur des représailles, ni peur des autres. C’est ainsi, pendant dix minutes ou peut-être une heure que je m’interrogeais. Je vais voir comment elle va ? Que faire s’Il revient ? Toutes ces questions qui semblent dérisoires une fois formulées mais qui pourtant restent sans réponses.

Et là un bruit, plus qu’un bruit, un son. Un son qui ne m’est pas inconnu mais que je n’ai jamais entendu ici. Le son d’une sirène, une ambulance qui arrive, suivie par la gendarmerie.

Bien. Elle est en sécurité entre leurs mains désormais. Mais je n’ai rien fait. Et le bruit que fait le silence n’est là que pour me rappeler et faire résonner en moi le son de la culpabilité.

De l’Asphalte Sous les Pieds …

Dans le genre endroits glauques il y a aussi le métro.
Tous ces gens qui se voient sans se regarder, qui s’espionnent sans se voir, et qui n’iront jamais échanger un regard ou une simple parole. Alors on écoute sa musique à fond, on se fixe sur un coin de page de son journal, ou de celui du voisin dans le cas échéant … et on attend d’être arrivé pour pouvoir enfin refaire le chemin inverse quelques heures après.

C’est navrant mais c’est comme ça.