Mois: avril 2011

La magie du marketing

Contexte historique : un samedi minuit à Saint-Michel, dans un « restaurant » grec.

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Achetant mon sandwich, je choisissais dans le réfrigérateur du resto, une canette d’Oasis pour estomper tout le sel bien trop présent dans le repas. Sur la canette, le « Mangue de pot » me réjouit, moi qui ignorais même qu’Oasis faisait à présent du jus à la mangue. Sitôt achetée, sitôt bue, j’ai découvert là un breuvage délicat, avec un goût hors-normes, aussi rafraichissant qu’innovant. Chaque gorgée faisait frétiller au cœur de mes papilles le léger goût de mangue, avec moins de sucre qu’à l’habitude. En un mot, je félicitais intérieurement la firme d’avoir commercialisé ce nouveau parfum.

Là où le bât blessa, fut quand mon cousin se mit à regarder plus en détails la canette qui me laissait tant en admiration, pour me dire : « Euh, le « mangue de pot » c’est juste une pub, ton Oasis est juste un tropical, comme d’hab’ ».

C’est pratique ça, on pourrait nous faire manger de la m*rde tous les jours (pourquoi j’emploie le conditionnel moi ?), sans qu’on ne s’en rende compte, et tout le monde le trouverait à juste titre, son compte. Et je suis maintenant à la recherche d’une madeleine de Proust qui n’existe même pas encore. C’est magique le marketing !

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Bienvenue chambre 809 (tout sauf un hôtel)

Je déteste plus que tout les hôpitaux. Je m’y sens mal à chaque fois que je prends sur moi pour en passer la porte. Je vois tous ces murs de couleurs criardes, contrastant tellement avec les locataires aux corps diaphanes. Je vois les magasines de la salle d’attente, posés négligemment entre trois fauteuils défoncés mais puants le désinfectant. Et ces visions me donnent la nausée.

J’avance dans ce couloir orange pâle, au rythme du bip obsédant du patient de la chambre d’à côté qui ne fait qu’appeler les infirmières pour la moindre et inutile demande. Je n’ose rien toucher, sans savoir si cela est par peur d’être contaminé par je ne sais quoi ou plutôt de moi-même contaminer cet endroit qui suinte la propreté par tous ses pores.

Face au miroir de l’ascenseur, je recoiffe rapidement mes cheveux courts, quoique déjà assez longs pour un homme, si l’on prend en compte le point de vue de mes parents. Je viens rendre visite à ma meilleure amie, Alice, mon alter égo, celle qui j’ai toujours comprise tant je différais d’elle. Elle est arrivée ici lundi matin. C’est sa mère qui a appelé les urgences quand elle n’a pas réussi à réveiller sa fille qui avait cours tôt ce matin là. Criant, la secouant, la giflant même, elle ne parvint pas à la réveiller. Alice arrivée aux urgences, il a été diagnostiqué une tentative de suicide à base d’alcool pur et d’antidépresseurs, l’équivalent d’une boîte entière. Un lavage d’estomac plus tard et un coma terminé, elle repose patiemment dans une chambre au deuxième étage de cet hôpital de province. Chambre impersonnelle où rien ne la distingue d’une autre, à part le livre de fantasy médiévale d’Alice, posé sur ce qui lui sert de table de chevet.

Je_Suis_by_Lytune

Je m’en veux car, comme à chaque fois qu’une catastrophe arrive, on ne peut que culpabiliser en se disant qu’on aurait pu l’éviter. C’est ici parfaitement mon cas. Je la savais triste, je la savais aller très mal, mais je n’aurais jamais imaginé qu’elle puisse faire ce qu’elle pensait. Elle m’avait pourtant déjà appelé, en larmes, certains soirs où elle se sentait moins que rien. J’avais alors réussi à la réconforter, sans me douter que cela n’était qu’à chaque fois provisoire. Ou alors faisait-elle même semblant de paraitre rassurée des paroles que je lui disais.

Aucun bruit ne sort de sa chambre, je l’entrebâille avec une certaine appréhension. Je vois Alice, elle est à demi assise sur son lit et regarde par la fenêtre, qui ne donne sur rien à part un terrain vague, sans âme et sans espoir. Quand je pense aux raisons de son passage à l’hôpital, je me dis qu’ils auraient pu trouver un meilleur remontant. Je m’approche d’elle et lui prend la main, prêt à tout, prêt à affronter sa colère, sa rancœur ou une plus grande dépression encore. Elle se retourne vers moi en sursautant, ne pouvant pas me cacher ses yeux imbibés de larmes. J’étais prêt à tout, sauf à sa véritable réaction : la culpabilité. Voyant les pleurs rouler de plus bel sur ses joues, je l’entends me dire à quel point elle était désolée. Elle me priait de lui pardonner. Elle était désolée, si désolée, semblait si terrorisée, comme une enfant prise en faute. La voyant ainsi, j’ai craqué, je ne parvenais plus à être fort. J’ai senti mes yeux se rougir et une boule douloureuse se former au milieu de ma gorge. Je l’ai serrée dans mes bras en me promettant d’avoir la force qu’elle ne parvenait pas à avoir. D’être celui qui pourrait l’aider à vivre, à chaque fois qu’elle n’en aurait plus le courage, maintenant que son coma lui avait paralysée toute la moitié gauche de son corps.

Ray William Johnson / =3

raySi vous avez l’habitude de passer du temps sur YouTube à regarder des vidéos, la plupart du temps sans grande importance, vous ne pouvez pas être passés à côté du phénomène « =3 » (Equals Three). Créée par Ray William Johnson il y a plus d’un an, cette émission est l’une des plus regardées du site. La chaîne de RWJ est à ce jour la deuxième chaîne de YouTube en nombre d’abonnements (derrière Nigahiga), difficile de ne pas en avoir entendu parler. Avec un rythme de deux vidéos par semaine (chaque lundi et jeudi), chaque émission diffusée tourne autour de 4 à 5 millions de vues, et ce, sans essoufflement depuis le lancement de la chaîne, en Avril 2009.

Utilisant des vidéos la plupart du temps comiques, RWJ a le don de rendre intéressantes des vidéos pouvant passer inaperçues au premier abord. Le principe est simple : à chaque épisode : trois vidéos commentées par RWJ (envoyées préalablement par quiconque le souhaite), une question posée par une personne choisie, et les meilleures réponses ayant été postées sur son Twitter / Facebook (exemple à la suite de l’article). RWJ réinvente les vidéos virales, créant dans le même temps des expressions comme le SIDA des écureuils (Squaids), « Fake and Gay » ou encore « Cause You’re Adopted » : l’unique réponse possible à toutes les questions commençant par « Pourquoi ».

Outre le temps passé sur les vidéos de sa propre émission, RWJ fait partie du groupe musical Your Favorite Martian, plutôt axé techno / hip-hop. Cinq titres, assortis de cinq clips, sont parus à ce jour (woot, un sixième depuis hier), dont le premier, My Balls, a été visualisé plus de 13 millions de fois. Equals Three est un syndrome : on regarde un épisode, puis un deuxième, un troisième… sans se lasser, et c’est l’engrenage. Un véritable coup de cœur en ce qui me concerne =3

Google est notre ami

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L’alcool désinhibe, c’est bien connu. On explique souvent le franc-parler et les paroles dites sans retenues, par ce dernier. Mais ce n’est pas pour la raison à laquelle on pense bien souvent. On pense en premier lieu à la perte de conscience au premier degré, qui nous permet de nous donner l’audace de dire les choses que l’on pense. Mais cela est aussi du à l’euphorie ambiante dans laquelle on se trouve, qui nous pousse à croire que ce qu’on peut espérer devient réalisable. On se met à envoyer des mails, textos, on se met à parler sans peur, et à agir sans appréhension, car on est dans un état qui nous fait imaginer qu’il y a tout à espérer. Si nous sommes si heureux au moment présent, grâce aux effets de l’alcool, comment cela pourrait-il en être autrement ? Pourquoi nos rêves demeurent-ils si inatteignables et pourquoi resteraient-ils impossibles ? Google a bien compris ces crises de sur-confiance. Il a mis à jour, il y a quelques mois déjà, une option qui permet d’effacer du réseau, les messages envoyés lors d’une soirée bien arrosée (comme une option reset en somme), sous réserve que la personne destinataire ne l’ait pas encore lu (disponible dans l’onglet « laboratoire » des paramètres de votre compte Gmail).