Mois: octobre 2010

Peu ou Prou

Les humeurs sont volubiles, les impressions le sont tout autant. Se glisser tout de go dans son lit un soir, le sourire aux lèves, soucieux de jours merveilleux, de promesses d’une revanche sur des mois de déconvenue, et puis se rendormir le lendemain, les yeux rougis d’avoir trop pleuré, réalisant que ces attentes n’étaient qu’illusions. S’imaginant même que la veille n’était qu’un rêve, à présent disparu, sans deviner s’il reviendra un jour, peut-être. Savoir que, sans même s’apercevoir, ces souhaits dépassaient les limites du réalisable, de si peu. Se convaincre qu’on peut être heureux avec peu, vraiment peu, puisque ce petit quelque chose sera toujours mieux que rien, mais se rêver à obtenir le tout. Préférant le tout au rien et le rien au peu, pour peu de ne pas faire les choses à moitié et ne surtout, pas souffrir du tout. Plutôt mourir que souffrir peu à peu, à tout petit feu, quand on ne peut former un tout. Mais plus important par-dessus tout, se rendre compte, en l’espace de quelques heures en tout, qu’on ne peut s’estimer heureux avec ce que l’on a, ce que l’on obtient, mais espérer l’être avec ce que l’on aura, qui se résumera en tout et pour tout à bien peu de nous. Peu ou prou.

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I-Doser – Votre dealer légal de cocaïne

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Pouvoir acheter des doses de drogues en toute légalité, c’est désormais possible. Apparu sur le net il y a maintenant plusieurs années, I-Doser connait un très grand succès mais à petite échelle, il est donc tout à fait probable que vous n’en ayez jamais entendu parler. Le principe est simple, il suffit d’acheter sur le site internet en question des « doses » de différents effets et de puissances différentes. L’intérêt de ce site réside dans le fait que ces doses ne sont ni plus ni moins que des fichiers audio d’une durée moyenne de trente minutes, agissant sur le cerveau de telle manière à agir comme le ferait n’importe quelle drogue.

Les doses d’I-Doser fonctionnent sur le principe du battement binaural. Les sons des doses sont réglés sur de la très basse fréquence et le battement binaural va associer les différents sons parvenant aux deux oreilles pour agir sur le cerveau. Des écouteurs sont donc plus que conseillés pour les écouter, et si ce sont des intra-auriculaires le résultat n’en sera que meilleur.
Le prix des doses ne diffère pas de celui des « vraies » drogues, certaines doses pouvant chiffrer jusqu’à 200 dollars, pour les plus puissantes. Rassurez-vous, une fois la dose achetée vous pourrez l’utiliser à l’infini. Le catalogue des I-doses brasse véritablement assez large, proposant (entre autres) des fichiers procurant les effets de l’absinthe, de l’héroïne, du THC, de la méthamphétamine, de l’ecstasy, de l’opium, du speed et même de la migraine. Je ne sais pas vous, mais je n’ai pas vraiment envie de payer pour avoir une bonne grosse migraine …

Pour ce qui est des effets, ils s’estompent quelques minutes après la fin de l’écoute de la dose. Si effets il y a. Car bien évidemment les avis divergent sur ce nouveau système de drogues parallèles. Mon avis est qu’un tel procédé ne peut pas rester légal s’il est efficace, c’est à dire si les effets des drogues restent les mêmes. Voilà pour ce qui est de la théorie, passons maintenant à la pratique. Ayant lu diverses expériences sur le net dont le résultat variait significativement en fonction de l’état dans lequel les personnes se trouvent lors de l’écoute de la piste, j’ai décidé de faire une étude assez complète en ratissant large moi aussi. Pour ce faire, j’ai regroupé mes séances selon mon état psychologique et physiologique au moment de la « prise » : un état dit normal, un autre sous l’influence légère de l’alcool et un dernier sous celle, toujours légère pour ne pas fausser les conséquences de l’écoute, de la drogue.

Les conseils de prise sont les mêmes peu importe les drogues choisies : être allongé dans une pièce noire avec ses écouteurs, tout en se concentrant sur la musique. Enfin, si on peut toutefois parler de musique à propos de sons discordants ressemblant la plupart du temps à ceux sortant d’un écran de télévision enneigé. Après quelques écoutes en étant « clean », je ressens … une totale absence de résultat, même avec des doses prétendument « très fortes ». A part une anodine tachycardie découlant à mon avis d’un stress en attendant de possibles répercutions, rien.

Même absence de résultats probants, le cerveau pourtant un peu plus nébuleux, en différenciant bien les effets des drogues réelles de celles auditives. Problème de concentration, gros manque d’autosuggestion ? Sans doute. Effet placebo ou science véritable ? Difficile de le dire avec si peu de moyens. Toujours est-il que je ne crois pas aux effets véritables de ce système D si l’on est en pleine possession de ses moyens physiques et psychologiques avant les écoutes. Ceux n’y croyant pas n’achèteront sûrement pas ces doses et ceux y croyant penseront ressentir quelques effets, aussi infimes soient-ils. Si on part de ce statut quo, rien de bien méchant que de commercialiser ce dispositif, qui, comme la voyance pour la citer en exemple, se sert d’une base scientifique pour faire passer n’importe quelle théorie, aussi invraisemblable soit-elle.

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Bientôt le 8ème

Je suis désolée à l’avance quand je pense à une bonne partie de mon lectorat qui va prendre cette nouvelle de manière désinvolte (au mieux) ou cynique (au pire). La nouvelle vient de tomber officiellement sur le site d’Universal Music ce matin, le huitième album de la belle rousse arrive pour début décembre, joli coup marketing pour la venue des fêtes de Noël.

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Oui vous avez bien lu. Moby, RedOne (producteur de Lady Gaga) et Archive. Sans nul doute que ce nouvel album va avoir des tendances très électro, encore plus quand on note l’absence de Laurent Boutonnat concernant l’écriture. Anguille sous roche ? Fin d’une co-production, simple désaccord sur le ton de l’album ou tout autre chose ? Nous saurons ça en temps utile, et le plus vite sera le mieux.

Flash Info

Pas d’abandon de poste non mais très peu de temps libre à consacrer à mon blog en ce moment. Des contrariétés et des responsabilités, en veux-tu en voilà, grâce auxquelles je n’ai absolument pas le temps de m’ennuyer (et à cause desquelles je n’ai pas non plus le temps de me reposer). De moins en moins de temps donc, mais je vais de mieux en mieux tout en stressant de plus en plus au fil des jours ; je mets donc Sacri’Ledge de côté quelques jours encore dans le but de m’enlever une responsabilité et ne pas me dire chaque jour en me mettant la pression : « Vite vite, je dois écrire quelque chose, en plus j’ai déjà en tête différents thèmes dont je souhaite parler … ». Il n’en résulte hélas rien de bien concret, s’ajoutant à l’absence de temps celle de la motivation.

Le programme des prochains articles est déjà là, centré autour de la musique avec un petit plaidoyer en faveur des Rois de la Suède puis l’analyse d’un site vendant des fichiers sonores procurant (soi-disant) les mêmes effets que n’importe quelle drogue ou alcool, et du cinéma, avec un bon résumé (et des explications selon les cas) des différentes fins qu’on peut imaginer après avoir vu Inception (article spoil).

D’ici-là, portez-vous bien !

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L’Horreur à la Française

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Après bien des années de vaches maigres en matière d’horreur, le cinéma français a désormais le vent en poupe. Malgré tout ce qu’on peut dire sur le septième art français de manière générale et les clichés qu’il dégage (mauvais acteurs, intrigues à la mords-moi-le-nœud et effets spéciaux pauvres dus au manque du budget, entre autres), l’épouvante française a de beaux jours devant elle.

Le tournant pris depuis les années 2000 se doit aux productions françaises qui se multiplient de plus en plus, tout en prenant une ampleur non négligeable. Eskwad en est l’exemple parfait depuis sa production de Ils en 2005, dont le succès dépassa les barrières nationales, puis Martyrs deux années après qui, fait rare pour un film d’horreur, fut interdit aux moins de 18 ans lors de la sortie en France. La Fabrique de Films n’est quand à elle pas en reste avec ses très médiatisés The Descent, Eden Lake et Severance, produits en collaboration avec des firmes britanniques.

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Je me suis (enfin) décidée à écrire sur les films d’horreur français après avoir vu Captifs, dernier né de BAC Films à qui on doit entre autres Shrooms et Scary Movie. Un peu déçue sur ce coup là j’ai préféré repenser aux précédents films français « épouvantables » dont on peut être fiers. Car en France on aime bien toucher à tout, et niveau horreur même les zombies ne sont pas en reste. Pour le gore je citerais Frontiere(s) qui a bien fait parler de lui en 2007 pour de multiples raisons : la présence d’Estelle Lefébure dans l’un des rôles principaux, le thème du nazisme là où on l’attendait le moins et les multiples scènes de boucherie d’un bout à l’autre du film. Niveau angoisse pure et dure, Martyrs relève le défi haut la main en appuyant sur le côté psychologique dérangeant pour jouer avec nos nerfs comme un pantin avec de simples ficelles. Pour ce qui est du cannibalisme nous sommes là aussi présents grâce à Trouble Every Day qui met en scène la délicieuse Béatrice Dalle, quand d’autres préféreront le terme de vampirisme. Béatrice Dalle retentera d’ailleurs l’expérience horreur avec A l’Intérieur, produit lui aussi par la Fabrique de Films. Et pour ce qui est des films de morts-vivants, pas de problème non plus comme l’a confirmé La Horde en février 2010 (pour la Saint-Valentin, chouette) en amenant la menace des zombies en pleine région parisienne.

Petit budget, petites ambitions certes mais l’horreur française a le mérite de se vouloir originale. Car j’en profite pour faire passer un petit coup de gueule concernant la sortie de Let Me In (Laisse-moi entrer), qui n’est que la pâle copie du film suédois Morse (Let the Right One In) datant de 2008. Je n’ai rien contre les remakes pour peu qu’ils apportent un bonus au film original, et pour les films d’horreur ce bonus réside bien souvent dans les effets spéciaux, ici rien de tout cela à part le fait de transformer un film d’auteur assez discret mais admirable pour en faire un film américain à gros budget mais sans grande originalité. Tout le contraire des films français donc, qui parviennent à se démarquer avec les moyens du bord de manière tout aussi honorable, voire plus.

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