Mois: mars 2010

Y’a comme qui dirait un Echo

Hope_by_BigboyDenis

Que faire quand on a l’impression que peu importe les efforts faits, ils ne servent à rien ? Que faire lorsqu’on a l’impression de parler dans le vide, et de manière répétitive ? Comment admettre que les gens autour de soi sont soit bornés ou ont soit des œillères pour ne pas comprendre ce que l’on essaye de leur faire rentrer dans le crâne ; délicatement au début mais de manière un peu plus brute sur la fin. Et évidemment la manière forte se retourne toujours contre celui ou celle qui l’aura utilisée en premier. Mais il faut bien cela de temps en temps, pour secouer les consciences. Encore faut-il que les dites consciences soient véritablement secouées et renversées dans le bon sens.

Le tout est de ne pas perdre espoir et de se dire qu’un jour, il y aura peut-être du changement, et du positif. C’est l’attente qui fait mal. Surtout si l’on ignore si cette attente sera un jour récompensée. Les filles qui passent leur temps à se plaindre, à geindre de toutes les catastrophes qui peuvent leur tomber sur la tête le font bien souvent sans raison, mais pas toujours. Cela ne se fait pas du jour au lendemain mais correspond plutôt à une douce évolution crescendo. Elles en parlent d’abord aux personnes concernées, puis, voyant que celles-ci ne tiltent pas, elles en font des montagnes, faisant des scènes en public ou écrivant leurs états d’âme sur leur blog. Car pour elles, c’est une façon comme une autre de faire réagir les gens avec lesquels elles ont des problèmes ; il faut frapper là où cela blesse pour se faire comprendre. Au risque de se voir accablées de tous les maux au final, de la part des plus coupables qui ne se seront pas même rendus compte qu’elles souffraient de toujours passer au second plan, faute de leur manque de discernement et de maturité.

J’ai envie de chocolat, c’est dans combien de jours Pâques au fait ?

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Quand les Tilleuls Mentent

Jeune_Fille_by_complejo

Bon allez, c’est fini de se plaindre à longueur de temps de la stupidité des gens et de la rudesse de la vie. Ok les gens sont stupides mais il va bien falloir vivre avec si l’on ne veut pas devenir fou ou asocial. Le passé reste passé. Le fait de le ressasser ne fait que ressurgir de la frustration pour les déceptions anciennes et de la mélancolie tenace pour les souvenirs les plus joyeux.
Et puis …
Se remettre à faire du sport, s’arrêter de (trop) fumer, de (trop) boire, de (trop) manger et de (trop) procrastiner. Faire des listes de choses à faire pour se donner des buts, des ambitions. Et en oublier la moitié. Prendre les décisions qui s’imposent sans pour autant les faire sur un coup de tête. Et remplir mon verre de ce vin qui est derrière la poubelle de mon bureau.

Mylène au Pays des Merveilles

En regardant de plus près les statistiques des différents articles de mon blog, j’ai vu que les plus consultés depuis un bon mois sont ceux sur le dernier concert de Miss Farmer au Stade de France et celui ayant comme titre « Go Ask Alice » avec une image d’Alice Liddell en en-tête.

On sent qu’un DVD live ainsi qu’un film burlesque, tout deux assez attendus sont dans l’air ~

« La Femme à l’Oreille Coupée »

Cadavre____by_Krimy
 
 
Camille a la vingtaine et a perdu la moitié de la capacité d’audition d’une personne normale suite à une rhinopharyngite mal soignée il y a un an de cela. Elle m’accorde cet après-midi une heure de son temps en vue d’un reportage sur les épreuves physiques qui mènent aux maux psychologiques.
Ce qui se dégage d’elle d’emblée est une certaine tristesse dissimulée derrière un sourire à toute épreuve. On sent de la joie de vivre recouvrir le désespoir qu’elle tente de cacher avec une certaine réussite.

Je trouve ça tellement acerbe cette mode d’appeler tous les sourds des « malentendants ». Je suis malentendante, pas sourde, il y a tout de même une différence derrière ce soucis du politiquement correct à tout va. Un véritable sourd doit m’envier, ça je vous le dis. [Rires]

Et puis il y a aussi la sensation de ressentir et entendre chaque os et chaque action de son visage. Le simple fait de manger une crêpe résonne de telle manière à mon oreille que je ne peux plus entendre la conversation qui se déroule en face de moi. Tous les sons sont amplifiés. C’est terrifiant vous savez, à me rendre folle, surtout au début, quand je n’arrivais pas à m’y habituer. Je jurerais presque entendre la fumée qui parcoure ma bouche lorsque je porte une cigarette à mes lèvres. C’est bizarre au tout début mais croyez-moi ça devient vite agaçant. D’ailleurs, je peux ?

Oui bien sûr.

Merci. J’ai vu il y a peu un reportage sur une personne souffrant d’acouphènes. Elle disait : « Il faut vivre avec ou se suicider », je crois qu’elle a très bien résumé la situation, moi aussi j’ai choisi de vivre avec, il y a pire, je n’ai ni un membre en moins ni totalement un sens en moins. [Elle me sourit.]

Cela va faire bientôt un an, vous n’êtes jamais allée « consulter » ? Ou alors sans succès ?

J’ai évidemment songé à en finir avec tout ça, médicalement parlant, prendre les devants si vous voulez mais, c’est ridicule je sais, mes actions se sont surtout limitées à ces dits songes. Les premiers jours je pensais simplement que mon rhume allait passer. Et puis il s’est passé, mais il partit avec mon audition. [Rires] Je suis allée voir plusieurs cabinets d’audition sur Paris et Neuilly. Ce n’est pas étonnant de les trouver souvent dans les quartiers chics, ce n’est vraiment pas donné tout cet appareillage qu’on refourgue en général aux personnes âgées. Mais comme tout le monde je pense, je me souciais tout de même de mon image et je n’arrivais pas vraiment à m’imaginer avec des prothèses auditives à mon âge. L’image qu’on nous véhicule sur les aides auditives sont telles qu’elles visent avant tout le troisième âge, à juste titre. Mais ce ne sont malheureusement pas les seuls concernés, j’en sais quelque chose.

J’ai passé toute une année à remettre mes bonnes résolutions au lendemain. J’ai passé ma vie entière à procrastiner, alors pourquoi changer maintenant ? [Rires] Plus sérieusement, j’ai bien entendu fait des recherches ça et là pour être équipée mais le fait est que je reste une étudiante et les appareils dont j’avais besoin ne se trouvaient pas à moins d’un millier d’euros. Je ne pouvais pas m’offrir ce luxe, car c’était à mes yeux bien d’un luxe dont il s’agissait.

Votre beauté physique n’était pas « salie », si je peux me permettre, mais qu’en était-il de vos relations sociales, de votre évolution dans ce monde bruyant et si expéditif ?

Vous mettez le doigt sur la pire des souffrances qu’il m’y été donnée de combattre, pire que le malaise physique permanent. Le pire restera toujours l’isolement. Toujours. Les conversations qui s’entrelacent ? J’en suis exclue. Ecouter un cours quand mon voisin chuchote à ma droite ? Exclu. Je ne vous parle même plus d’écouter de la musique d’une oreille et de téléphoner de l’autre … C’est bien simple, la surdité nous met à part. On ne peut plus participer aux discussions, on est de plus en plus mal à l’aise pour interagir et au final on se replie sur soi, logiquement. Les moments pendant lesquels je me sentais bien ? Mon iPod aux oreilles ou au cinéma. Vous vouliez quoi ? Que je ressasse un nombre incalculable de fois par jour le fait de faire répéter à mon entourage leurs phrases car je ne les avais pas entendues ou pas comprises ? La solution de facilité est de laisser couler, le cercle vicieux par excellence. En terme d’exclusion je me compare parfois aux trentenaires qui sont touchés par Alzheimer ou d’autres maladies neurodégénératives modifiant, voire supprimant la mémoire et les souvenirs.

Mon problème : j’ai l’impression de m’habituer à tout ça et d’abandonner face aux petits soucis de mon existence. Mais vous savez, au fond de moi, j’ai toujours l’espoir que ce rhume va bientôt se terminer. [Elle rit.]

Comme une icône sous le Nikon

Caffe_by_jasamijesamoblak

Jusqu’à il y a encore un mois, j’avais en ma possession un « vieux » Kodak numérique – si tant est que l’adjectif puisse s’accoler au terme d’appareil photo numérique. Pas de problèmes jusqu’alors, m’efforçant de faire une cinquantaine de clichés par semaine, dont un petit dixième seulement réussissait à me servir de base pour Photoshop.

Aujourd’hui, un réflex rythme ma vie. Ce n’est plus 50 clichés hebdomadaires qui me font face mais un nombre quatre fois plus imposant, et je ne parle pas du bracketing. Pire, la proportion de photos réussies dépasse maintenant de loin le dixième du total. Plus question de passer des soirées entières sur une seule photo portait, la cadence se doit d’être augmentée, tout en maintenant le pouvoir d’imagination qui tiraient les clichés vers le haut.

Bien plus facile de prendre des photos que de les rendre marquantes et originales, comme de remarquer le « Made in Thailand » sous l’objectif de mon Nikon.
Lors du festival d’Angoulême, tous les photographes et leurs objectifs se pressaient devant Frédéric M., jouant des coudes et comparant le fort symbole phallique qu’ils tenaient dans leurs mains et agitaient dans tous les sens.

Celui qui a le plus petit est toujours le plus lésé.

Initials B.B.

biolay

Les artistes font leur temps et Brigitte laisse la place, dans un domaine bien différent, à Benjamin Biolay, dont je ne vais pas répéter les exploits mérités de ces derniers jours.

Biolay a toujours été quelqu’un dont j’écoutais les chansons par-ci par-là, en ayant pleinement conscience des mots derrière la musique. Si j’étais lui, je serais présomptueuse et me considérerais comme le nouveau Gainsbourg : alignant des textes sensuels ou revendicatifs mais toujours provocateurs, sur des airs entêtants.

Alcool, clopes et dégaine insolente sont plus qu’une marque de fabrique, c’est avant tout une mode qui se travestit différemment sur chaque personne tentant de l’adopter. Je l’avoue, je n’ai pas encore écouté son dernier album, à part son titre phare La Superbe, peur d’être déçue sans doute.

Il est des artistes dont on ne sera jamais désabusé, quoiqu’il arrive, mais ces artistes là sont rares, trop rares.