Mois: février 2011

« Les mots sont nos vies ? »

Les mots sont inutiles. Ils ne sont représentatifs des sentiments des seules personnes qui les disent ou écrivent. Ceux qui les lisent ou les écoutent ne pourront jamais être aussi touchés que ceux qui les laissent échapper. Ils sont donc, non pas inutiles comme je l’ai dit précédemment, mais à double tranchant et diablement inefficaces quand on touche à l’affect.

J’ai eu cette illumination bien tardive en recevant la semaine passée des mots tendres, touchants, superbes, mais qui me passaient au-dessus de la tête car je ne me sentais pas concernée. Cela m’était déjà arrivé à maintes occasions mais sans que je ne me pose véritablement la question de leur utilité et de leur pertinence. Cette prise de conscience fonctionne dans les deux sens. Tous les mots que j’ai pu dire et continue à mon grand malheur de penser, ne seront jamais compris à leur valeur par celui à qui je les destine. Plus que de la déception, on peut parler à juste titre de frustration.

L’homme a beau se vouloir sympathique envers autrui, il n’en reste moins inapte à se mettre dans des situations « étrangères ». A quoi bon parler, à quoi bon écrire, si l’on reste incompris ? Car même en restant incompris, les personnes qui seront avec vous les plus sympathiques et agréables vous donneront l’impression du contraire, celle de vous sentir compris ; réaction encore plus dangereuse, mais après tout celle que l’on attend le plus. Perfidie ou sympathie que de faire croire qu’on comprend des sentiments qui ne nous touchent pas, même s’ils nous concernent par extension ? Bien qu’ayant un côté pessimiste bien affirmé, je préfère pencher pour de la sympathie. Je n’ai pas encore perdu tout espoir en ce qui concerne l’espèce humaine et continue de penser, sans doute avec naïveté, que ces réactions ne sont que positives. En partant tout de même du principe qu’elles sont mensongères et construites de toute pièce. Mais peut-être pensé-je cela car je suis incapable de me mettre à la place des autres, et que je résume à moi toute seule tout le désespoir et le pessimisme que j’imagine universels…

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Up and Down. And down. And down …

Jeff se déteste. Il déteste sa personnalité taciturne et son caractère impossible à gérer. Envers les autres il n’y a aucun problème, il est plus que cordial dans la vie de tous les jours, sourit aisément, a une bonne conversation et met à l’aise son entourage assez facilement. Bref, il est apprécié. Ce qu’il n’apprécie pas, c’est lui. Et c’est le seul à avoir ce ressentiment envers lui-même. Son caractère lui est impossible car il ne parvient pas à se définir. Jeff n’arrive pas à savoir quelle personne il est vraiment : est-il cet homme souriant et pétillant de vie aux yeux de tous, ou ce mec abattu qui passe son temps à maudire sa vie et ne réussit pas à se sentir heureux ? Car il est bel et bien là, ce perfide problème qui n’en est pas à ses balbutiements.

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Se confiant un jour à une amie proche, Jeff s’est entendu dire de sa propre bouche qu’il ne parvenait pas à être heureux, ou du moins qu’il n’y parvenait plus. Quand on a un rêve, on l’admire, on le statufie, car il représente le souhait incarné de toute espérance. Quand on est en plein rêve, mais en même temps en pleine réalité, quand tout ce qu’on souhaitait se déroule enfin, on ne se pose plus aucune question. On ne se demande pas si on en viendra à regretter nos actes par la suite, on vit pleinement, on profite tout simplement. Et puis vient le temps où le rêve s’arrête et où la fin de ce rêve se transforme en une vie cauchemardesque, où on ne rêvera plus qu’à s’endormir de nouveau pour se laisser flotter sur son petit nuage comme auparavant. En toute naïveté certes, mais avec un grand bonheur.

Jeff n’a pas l’impression de se forcer quand il est entouré. Il passe ses journées comme si de rien n’était, parlant à loisir, racontant des anecdotes, bref, ce que ferait tout un chacun. Il ne ressent nullement l’impression de se mentir. Etre entouré lui donne le sentiment d’être bien, de partager, en un mot : de vivre. Ce n’est que seul, les yeux penchés sur les lignes d’un livre, seul face à son ordinateur, ou encore écoutant de la musique allongé sur son lit, que se font ressentir les effets d’un tel changement d’environnement. Jeff passe d’une école où il semble connaître tout le monde, parle volontiers avec chaque personne qu’il croise, à une chambre où toutes les pensées les plus sombres qu’il puisse avoir l’emprisonnent et le ramènent à ses rêves dépassés.

Jeff se déteste car il s’en sent prisonnier. Il fait tout son possible pour les chasser mais elles reviennent aussi rapidement et aussi douloureusement qu’un boomerang bien lancé atterrirait dans le nez de quelqu’un ayant oublié son geste. Il se demande souvent s’il est normal. Et s’il est normal de changer d’état d’esprit comme de chemise, de se sentir rassuré et se transformer l’instant d’après en un homme qui n’a plus foi en la vie. En tout cas pas en la sienne.

Bleu Noir – Mylène Farmer

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Deux mois après sa sortie, il est temps pour moi de revenir sur le huitième album de Mylène Farmer, sobrement intitulé Bleu Noir, comme le prochain single à venir. Avec près de 400 000 copies vendues le premier mois, cet album se place parmi les meilleures ventes de l’année passée et a été certifié triple disque de platine en une seule semaine.

Pour ce qui est des chansons de l’album, Mylène Farmer en signe toutes les paroles, excepté une chanson, écrite par Moby. Les musiques ont été composées par trois artistes, principalement Moby et Darius Keeler, musicien du groupe Archive. Deux des musiques de l’album, à tendance électro, ont été faites par RedOne, connu comme étant le producteur de Lady Gaga, pour qui il a également co-écrit une petite poignée de ses chansons.

Concernant la version collector limitée de l’album, sous forme d’un pupitre, on y trouve pêle-mêle de l’encre (bleu-noir évidemment), un porte-plume et autres objets estampillés Farmer. S’ajoutent à cela les paroles des chansons, écrites sur une trentaine de feuilles cartonnées.

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Bleu Noir n’est pas un album à mettre entre toutes les mains, mais est plutôt destiné aux habitués des écrits de Mylène Farmer. Habitués à suivre les modes sans que cela ne soit choquant, on écoutera sans étonnement les deux titres composés par RedOne, ainsi que le reste de ses chansons, teintées d’obscurité, parlant d’Amour, toujours aussi habilement écrites. Bleu Noir est également un album de transition pour lequel il n’y aura pas de tournée. Un autre album viendra, où on retrouvera Laurent Boutonnat dans la composition des chansons de Farmer, d’où en découlera une nouvelle tournée.

On regrettera de ce nouvel album l’absence des clips des années 80, vrais courts-métrages pouvant atteindre 17 minutes comme cela était le cas avec Pourvu qu’elles soient douces. Pas non plus de titre provoquant ni de paroles trop charnelles dans cet album tout en délicatesse.

Plusieurs années à attendre pour avoir le loisir d’assister à une nouvelle tournée donc, mais un peu moins longtemps pour voir à nouveau Mylène Farmer au cinéma, après Giorgino en 1994 et sa voix prêtée dans la trilogie d’Arthur et les Minimoys, puisqu’elle incarnera sous peu le personnage principal de l’Ombre des Autres, dont le tournage est prévu pour cette année.

Crise de Nerd

Aujourd’hui j’ai encore écrit un article que je ne publierai pas. Si j’ai le cran (ou le grain de folie) suffisant, j’en ferai un mail à la personne concernée. Ou alors je le rangerai dans le dossier d’archives de mon Windows – fucking – Vista, ad vitam aeternam. Le genre de mail magnifique (à lire en écoutant Exogenesis : Symphony Part 1 de Muse), que la moitié de la population souhaiterait recevoir … sauf que je pioche dans la seconde moitié, et que je m’en mords les doigts. Mais je craquerai. Et cet article, je le posterai finalement ici un jour ou l’autre, ou le mailerai, il me suffira d’avoir encore bu plus que de raison ou de piquer une nouvelle crise de nerfs, comme c’était le cas hier, aujourd’hui, et le sera encore sûrement demain.

Alors aujourd’hui j’ai aidé une amie. Plutôt que d’envoyer des mails à la personne que j’aime pour lui faire comprendre que ce n’est pas le cas et ainsi la récupérer (psychologie inversée powa), j’ai envoyé, un mail à la personne qu’elle aime, pour lui faire comprendre que cela est bel et bien le cas, et ainsi la récupérer. Mettre des mots sur son propre ressenti n’est pas l’acte le plus aisé qui soit, surtout quand l’interlocuteur qu’on a en face est fermé à la négociation. Quand les mots ne parviennent pas à aider ceux qui les écrivent, autant les mettre à disposition de ceux qui s’estiment prêts à les lire.