au secours

Supprimer ce Message ?

Il y a toujours ce moment où l’on boit – trop – et où se dit que tout est possible, tout est réalisable. Où l’on pense que tout le monde est dans le même état d’esprit, un peu jemenfoutiste, beaucoup rêveur. Là où cela devient dangereux est quand l’alcool n’est là que pour atteindre ce moment où l’on pense qu’on va pouvoir avancer dans la vie, car tout n’est qu’illusion. Boire pour se pousser à dire les choses que l’on pense, boire pour faire en sorte que les choses avancent, boire pour avoir l’impression que cela puisse être le cas. Boire pour ne plus avoir peur que tout reste en l’état.

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Il y a aussi toujours ce moment où l’on se réveille, après une nuit sans dormir, à se retourner sans cesse, à être malade parfois, et où l’on se rend compte que tout n’est pas réalisable, loin de là. Qu’il ne suffit pas de boire ou d’y croire très fort pour que les souhaits se réalisent. Où l’on est passé de la moitié du temps où l’on se critique de ne pas oser dire ce que l’on pense, à l’autre moitié du temps où l’on regrette d’avoir été franc et où l’on aimerait n’avoir rien dit, n’avoir rien fait. Etre resté dans la passivité pour ne pas risquer des conséquences qui feraient regretter d’assumer ses envies.

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Slut-Shaming

Il y a des jours comme celui-là où, quoi qu’on fasse, c’est comme si l’on ne faisait rien. Où l’on s’acharne dans le vent à faire entendre raison, voire même simplement à faire entendre sa voix. Ces jours où, bien que la Terre entière ne se soit pas liguée contre vous, on ressent qu’elle sait quand même beaucoup plus qu’elle ne vous fait croire. Et où je me dis qu’un aller simple pour l’univers ne me serait pas totalement démérité.

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Où l’on se sent floué, démoralisé, blessé, cerné de préjugés. Alors même que la veille les émotions étaient les mêmes mais les raisons étaient autres. Où l’on s’acharne à bien faire mais où l’on se rend compte que tout peut être interprété de travers et retourné contre soi.
Pourquoi pourquoi pourquoi pourquoi ? Pourquoi telle parole ou telle action ? Pourquoi des souffrances veines et gratuites ? Pourquoi différents échecs face à différentes personnes ? Pourquoi des barrières là où l’on souhaite avancer vers une nouvelle voie ? Mais finalement se dire qu’il vaut mieux ne pas avoir de réponses. Car celles qui ont pu être apportées n’ont fait que gangrener la vérité et mettre à mal le peu de self-esteem qui pouvait encore subsister. Après tout, au bout d’un moment cela finira peut-être par aller mieux le lendemain.

Histrionic Personality Disorder

Un trouble assez intéressant qu’il m’a été donné d’étudier ces derniers temps, côtoyant des personnes touchées, comprenant leurs difficultés, sans avoir même besoin de les comparer avec les miennes de par leurs similitudes.

Commençons par les faits, le trouble de la personnalité histrionique touche jusqu’à 3% de la population, les femmes en majorité. Ca c’est pour le préambule. Pour l’explication grosso modo, ce trouble est défini par Wikipédia comme « un mode généralisé de réponse émotionnelle excessive ». Séduction, recherche de regards, tentatives de suicide et changements d’humeur fréquents en sont les principales composantes. Ces faits liés ensemble dépendent de la psychiatrie et des troubles mentaux, pas rien donc.

Evidemment, tout le monde fait plus ou moins usage de séduction si l’on doit prendre cet exemple, et cela reste dans le cadre de la normalité tant qu’elle n’est pas additionnée aux autres faits. Chaque comportement mis à part n’est pas un signe, c’est dans leur globalité qu’ils prennent leur importance. Vous êtes par exemple histrionique (mot savant pour éviter le terme « hystérique ») si cinq des manifestations suivantes vous représentent à forte échelle :

Le sujet est mal-à-l’aise dans des situations où il n’est pas le centre de l’attention d’autrui
L’interaction avec autrui est souvent caractérisée par un comportement de séduction inadapté, ou d’attitude provocante
L’expression émotionnelle est superficielle et instable
Le sujet utilise régulièrement son aspect physique pour attirer l’attention
La manière de parler est trop subjective et pauvre en détails
Il y a une dramatisation (théâtralisme, exagération du pathos) et une exagération de l’expression émotionnelle
Le sujet fait preuve de suggestibilité : il est facilement influencé par les autres ou par les circonstances
Le sujet a tendance à considérer que ses relations sont plus intimes qu’elles ne le sont en réalité

Pour le cas des histrioniques, ils auront toujours tendance à penser que leurs actions sont normales et explicables, et non tirées par les cheveux et complètement à côté de la plaque. « Les sujets histrioniques entretiennent une certaine dépendance vis-à-vis d’autrui, leurs relations avec le sexe opposé se caractérisent par le besoin de séduction, tout en évitant les relations affectives authentiques. Les changements d’humeur fréquents et la labilité émotionnelle amènent à de véritables crises de nerfs. »

Je crois que tout est dit.

Arthur & Julie (une histoire ordinaire)

Article brut de décoffrage, sans hypocrisie perfide, sans détour non plus, mais avec mes tripes, je peux l’assurer. Il ne va pas forcément plaire mais je ne fais plus dans la dentelle pour ceux qui en ont perdu la douceur. Et puis cela reste de la littérature avant tout. Et puis zut, je le trouve beau mon article, surtout pas si acide que cela, juste sincère et délicat autant que possible.

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J’ai envie de vous parler d’une amie que je respectais, que j’aimais. Mais que je n’ai sans doute pas assez choyée.

Elle était comme moi, mais en mieux, en beaucoup mieux. J’admirais sa force de caractère tout comme sa force à affronter chaque épreuve se dressant devant elle, le regard fier et la tête haute. Même si sa force intérieure n’était pas toujours solide, elle ne laissait rien paraître, utilisant son courage comme un bouclier la protégeant du monde. Au fil des années, j’ai grandi avec elle, parlé d’hommes avec elle, lui tenant encore la main dans la rue nos vingt ans passés, sans voir venir la fin.

En parallèle, il y a un peu plus d’un an j’étais heureuse. Les jours qui passaient me faisaient l’effet d’une joie permanente, car il me semblait être engloutie dans ce bonheur frivole et indéfinissable pour quiconque ne le ressentant pas, ce sentiment d’être dans une relation durable avec quelqu’un et s’en réjouir. S’en réjouir, même quand ce dernier part en voyage en écrivant des cartes postales à ses potes sans penser à vous en envoyer une, s’en réjouir quand, en plus d’être la seule des deux à faire des cadeaux à la Saint-Valentin, lui payer en plus le restaurant, s’en réjouir quand il reste volontairement tard au travail en oubliant que vous l’attendez chez lui ou encore quand il vous fait comprendre qu’il désire plus que tout passer le Nouvel An avec ses amis, et tant pis que vous ne soyez pas là. Aveuglée par les côtés positifs, ces détails, qui subsistent sur la durée beaucoup plus longtemps qu’une persistance rétinienne, restent après tout des détails quand on ne pense pas à se mettre à la place de l’autre.

Immergée une année durant dans ce cocon protecteur qu’est la relation amoureuse, je me suis rendue compte qu’elle avait pris fin le soir où j’ai ouvert ma boîte mail pour y lire les mots désastreux qui l’annonçaient. A partir de ce soir là, je me suis sentie misérable. Misérable car j’avais autant perdu une tierce personne que mon estime de moi par la même occasion. Comment se respecter quand on nous montre par de telles façons qu’on ne mérite aucune estime, aucune dignité ? Moi qui aie toujours mis en avant le poids des mots, ces derniers, rédigés à la va-vite comme un mail sans émotion, sans pudeur et sans regret, m’ont dévastée. On ne ressent alors qu’un mal sans nom, impossible à définir et à décrire, qui fait traverser la colère, l’incompréhension et surtout la tristesse. De la tristesse naît l’incompréhension et surgit la colère. Car après tout, ce mal que l’on subit, il devait être mérité, sinon comment expliquer qu’on puisse souhaiter faire autant de peine à quelqu’un qui n’a fait que vous aimer ? Mettant toute sa force à entretenir ses relations amicales au détriment de la nôtre, préférant ignorer que les deux pouvaient aisément se concilier. Je ne ressens plus que de la colère et de la haine quand je pense à ces moments perdus, foutus en l’air, à toute cette destruction que je pensais ne pas mériter et à cet homme qui n’aura pas cessé, comme moi, de ne penser qu’à lui.

C’est à cette époque là que j’ai perdu cette amie que je considérais comme ma grande sœur, ma brune de grande sœur, ma littéraire de grande sœur, ma geek de grande sœur ; celle que je voulais être en grandissant mais que je ne verrai plus grandir.

Inutile de répéter à quel point je me sentais minable et méprisable. Croyant me motiver, elle a multiplié les grandes paroles censées me donner un coup de fouet, allant jusqu’à m’invectiver en public. Or, s’il y a bien quelque chose à ne pas faire quand je suis agenouillée dans une mare de vase, c’est de me marcher sur la tête pour que je me noie. Certaines personnes peuvent le prendre d’une bonne façon, cela doit dépendre de la personnalité, mais je doute que cela concorde avec la mienne. S’en est suivi un quiproquo regrettable dont je me souviens plus des aboutissants que des tenants. L’aboutissant final a été la perte totale de cette amie chère, qui préférait m’insulter par statuts Facebook plutôt que de répondre à mes messages. Je ne lui en veux pas, je ne lui en veux plus, je regrette simplement l’issue de ces quelques jours de dispute, après une amitié de plusieurs années. Après quelques nouvelles tentatives de ma part, des mois après, toujours une réponse négative à mon égard et l’impossibilité de recoller les morceaux d’un vase que je ne pensais pas si fragile.

J’y pense aujourd’hui, car je ressens toujours autant de regrets quand je descends dans le Sud pour passer devant sa maison familiale et penser à nos souvenirs communs. Et c’est avec un pincement au cœur que je reste dans l’ignorance, me demandant si elle reste en colère contre moi pour un quiproquo que mes excuses n’ont su effacer, ou si elle regrette d’avoir vu nos chemins se séparer. Mais si des deux solutions, la plus négative est la vraie raison, je préfère rester dans l’ignorance.

Car si maintenant j’ai appris malgré moi à détester le premier, je ne peux m’empêcher d’éprouver toujours autant d’affection pour la seconde. La solidarité féminine dira-t-on. L’attirance pour la joie au détriment de la peine selon moi.

Peu ou Prou

Les humeurs sont volubiles, les impressions le sont tout autant. Se glisser tout de go dans son lit un soir, le sourire aux lèves, soucieux de jours merveilleux, de promesses d’une revanche sur des mois de déconvenue, et puis se rendormir le lendemain, les yeux rougis d’avoir trop pleuré, réalisant que ces attentes n’étaient qu’illusions. S’imaginant même que la veille n’était qu’un rêve, à présent disparu, sans deviner s’il reviendra un jour, peut-être. Savoir que, sans même s’apercevoir, ces souhaits dépassaient les limites du réalisable, de si peu. Se convaincre qu’on peut être heureux avec peu, vraiment peu, puisque ce petit quelque chose sera toujours mieux que rien, mais se rêver à obtenir le tout. Préférant le tout au rien et le rien au peu, pour peu de ne pas faire les choses à moitié et ne surtout, pas souffrir du tout. Plutôt mourir que souffrir peu à peu, à tout petit feu, quand on ne peut former un tout. Mais plus important par-dessus tout, se rendre compte, en l’espace de quelques heures en tout, qu’on ne peut s’estimer heureux avec ce que l’on a, ce que l’on obtient, mais espérer l’être avec ce que l’on aura, qui se résumera en tout et pour tout à bien peu de nous. Peu ou prou.

30 Ans d’Age Mental

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Cause ou conséquence des connaissances avec lesquelles je prends plaisir à discuter et passer mon temps, je me sens vieille. Psychologiquement. Parfois même physiquement, mais c’est une autre histoire.

Ce n’est un secret pour personne me connaissant, j’ai un an d’avance sur le planning scolaire dit normal. De ce fait, j’ai toujours été habituée à converser avec des plus âgés que moi, flirter avec des garçons de plusieurs années mes aînés et passer des soirées à discuter politique avec un verre de vin à la main plutôt que de boire plus que de raison, quitte à ne plus pouvoir parler ensuite.

Je n’ai que 20 ans mais j’ai l’impression d’avoir déjà beaucoup vécu, et parfois même mal vécu. De façon contradictoire je n’ai que très peu de souvenirs plaisants de mon adolescence. J’ai toujours cherché à me rapprocher de personnes plus âgées, lorsque cela était possible, car j’étais en quête de maturité, d’une maturité que les gens de mon âge n’avaient pas, en vue d’échapper à leurs petites actions puériles à mes yeux.

Mais à force de me frotter à des personnes plus cultivées et plus posées, j’ai fait l’impasse sur les années où l’on peut se permettre de faire des folies sans en éprouver de remords. Je me suis en même temps rendue compte qu’en me sentant bien avec mes quinze ans et mes amis d’une vingtaine d’annés, j’ai désormais la désagréable impression d’avoir trente ans dans mon corps qui en a pourtant encaissé dix de moins. J’ai d’un côté pris du bon temps tout un après-midi à discuter avec des filles et garçons de 26-27 ans, qui furent étonnement choqués de découvrir mon jeune et véritable âge. Mais de l’autre je me suis sentie vieille le weekend dernier, parmi des jeunes de ma génération qui prenaient des extas, du proto et autres pilules bleues et blanches en buvant cul-sec des verres de vodka. C’est comme si l’on m’avait donné une bonne claque. Comme si l’on m’avait dit « Tu vois ? Tu le faisais quand eux ne savaient même pas que cela existait. Et maintenant il est 23h, tu es déjà fatiguée et ne vas pas tarder à aller te coucher. » Une bonne claque. Comme mon moniteur d’auto-école me disant que je ne suis pas assez primaire mais plutôt trop mature et réfléchie … et que c’en est un défaut pour l’occasion. Comme mon copain plus âgé que moi qui me dit qu’il a l’impression de sortir avec une vieille. Voilà la bonne grosse gifle que je me suis prise en me rendant compte qu’un excès de maturité équivaut à n’importe quel autre excès : de la négativité. Le mieux était décidément l’ennemi du bien.