adolescence

30 Ans d’Age Mental

grass_by_MASRAM

Cause ou conséquence des connaissances avec lesquelles je prends plaisir à discuter et passer mon temps, je me sens vieille. Psychologiquement. Parfois même physiquement, mais c’est une autre histoire.

Ce n’est un secret pour personne me connaissant, j’ai un an d’avance sur le planning scolaire dit normal. De ce fait, j’ai toujours été habituée à converser avec des plus âgés que moi, flirter avec des garçons de plusieurs années mes aînés et passer des soirées à discuter politique avec un verre de vin à la main plutôt que de boire plus que de raison, quitte à ne plus pouvoir parler ensuite.

Je n’ai que 20 ans mais j’ai l’impression d’avoir déjà beaucoup vécu, et parfois même mal vécu. De façon contradictoire je n’ai que très peu de souvenirs plaisants de mon adolescence. J’ai toujours cherché à me rapprocher de personnes plus âgées, lorsque cela était possible, car j’étais en quête de maturité, d’une maturité que les gens de mon âge n’avaient pas, en vue d’échapper à leurs petites actions puériles à mes yeux.

Mais à force de me frotter à des personnes plus cultivées et plus posées, j’ai fait l’impasse sur les années où l’on peut se permettre de faire des folies sans en éprouver de remords. Je me suis en même temps rendue compte qu’en me sentant bien avec mes quinze ans et mes amis d’une vingtaine d’annés, j’ai désormais la désagréable impression d’avoir trente ans dans mon corps qui en a pourtant encaissé dix de moins. J’ai d’un côté pris du bon temps tout un après-midi à discuter avec des filles et garçons de 26-27 ans, qui furent étonnement choqués de découvrir mon jeune et véritable âge. Mais de l’autre je me suis sentie vieille le weekend dernier, parmi des jeunes de ma génération qui prenaient des extas, du proto et autres pilules bleues et blanches en buvant cul-sec des verres de vodka. C’est comme si l’on m’avait donné une bonne claque. Comme si l’on m’avait dit « Tu vois ? Tu le faisais quand eux ne savaient même pas que cela existait. Et maintenant il est 23h, tu es déjà fatiguée et ne vas pas tarder à aller te coucher. » Une bonne claque. Comme mon moniteur d’auto-école me disant que je ne suis pas assez primaire mais plutôt trop mature et réfléchie … et que c’en est un défaut pour l’occasion. Comme mon copain plus âgé que moi qui me dit qu’il a l’impression de sortir avec une vieille. Voilà la bonne grosse gifle que je me suis prise en me rendant compte qu’un excès de maturité équivaut à n’importe quel autre excès : de la négativité. Le mieux était décidément l’ennemi du bien.

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Pour les pleurs d’une petite fille

Je m’appelle Léa, 15 ans et top modèle en devenir. Comme toutes mes copines j’ai un skyblog, un style bien à moi qu’elles me copient toutes, un copain redoublant, ce qui, en plus d’avoir une moto lui donne un air rebelle que tous les mecs de ma classe jalousent, et des parents que je déteste. Mon lycée, c’est un lycée de décérébrés. Entre les membres du pseudo club de chimie parodiant odieusement ceux de sitcoms américaines et les profs qui font tout pour nous rendre la vie impossible je n’ai qu’une seule idée, arrêter les cours.
A côté de ça j’ai de la chance, j’ai des copines sympas et toutes moins mignonnes que moi. Je crois que si c’était l’inverse je ne traînerais pas avec elles. Elles me mettent en valeur et je ne les remercierais jamais assez – secrètement- pour ça. Niveau intelligence pardon ? J’ai un beau physique et je m’en contente bien assez. Ce ne sont pas les quelques filles intellotes de ma classe qui attirent les garçons. Tout ce que je veux plus tard c’est avoir un mari que j’aime et qui veuille avoir des enfants. Ma mère me dit que je suis trop jeune pour avoir des gosses. Je la déteste, elle ne comprend décidément rien à rien.

Et en plus j’adore le rose.