regret

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Il y a toujours ce moment où l’on boit – trop – et où se dit que tout est possible, tout est réalisable. Où l’on pense que tout le monde est dans le même état d’esprit, un peu jemenfoutiste, beaucoup rêveur. Là où cela devient dangereux est quand l’alcool n’est là que pour atteindre ce moment où l’on pense qu’on va pouvoir avancer dans la vie, car tout n’est qu’illusion. Boire pour se pousser à dire les choses que l’on pense, boire pour faire en sorte que les choses avancent, boire pour avoir l’impression que cela puisse être le cas. Boire pour ne plus avoir peur que tout reste en l’état.

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Il y a aussi toujours ce moment où l’on se réveille, après une nuit sans dormir, à se retourner sans cesse, à être malade parfois, et où l’on se rend compte que tout n’est pas réalisable, loin de là. Qu’il ne suffit pas de boire ou d’y croire très fort pour que les souhaits se réalisent. Où l’on est passé de la moitié du temps où l’on se critique de ne pas oser dire ce que l’on pense, à l’autre moitié du temps où l’on regrette d’avoir été franc et où l’on aimerait n’avoir rien dit, n’avoir rien fait. Etre resté dans la passivité pour ne pas risquer des conséquences qui feraient regretter d’assumer ses envies.

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Roland Garros, mon Ami. [1/2]

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Ou l’histoire de l’un des plus grands noms liés au tennis connus en France qui n’est même pas tennisman…

Les grands regrets de ma Vie tiennent sur les doigts d’une main. Parmi eux, avoir arrêté de pratiquer le tennis trop jeune.
Aussi loin que mes souvenirs me permettent d’aller, j’ai toujours adoré le tennis et tous les sports de raquettes, pour peu qu’elles soient au bout des poignets et non sous les pieds. J’ai commencé assez jeune dans un club. Malheureusement je me suis très vite lassée. Je trouvais le tennis, que mes camarades et moi pratiquions à nos dix ans, trop scolaire, trop naïf et ludique alors que je le voyais professionnel, comme à la télévision. C’était moi la naïve à l’époque. Je n’ai pas abandonné à cause d’épreuves trop dures mais plutôt car celles-ci n’étaient pas à la hauteur de mes ambitions. Je voulais du spectacle, des coups puissants et une sortie du court en sueur d’avoir tant donné de ma personne. Au lieu de cela j’avais devant mes yeux des heures et des heures de différenciation entre un simple service à la cuillère et un revers, des remises cérémonieuses de balles blanche et jaune et des adversaires qui loupaient mes lancers une fois sur deux. Stupidement, j’ai décidé de stopper toute activité sérieuse concernant le tennis.

Je n’ai pourtant jamais réussi à tourner définitivement la page, continuant d’acheter raquettes sur raquettes et sentir l’odeur particulière des balles Dunlop neuves, prêtes à déraper et chauffer la résine à même le sol. A chaque période de vacances, une force que je ne tentais pas de contrer, me projetait sur les courts de tennis les plus proches. J’y passais des heures. Des heures, en plein soleil du mois de Juillet, tantôt contre un mur, tantôt en simple ou double. J’en ressortais avec une peau brûlante mais avec un soulagement immense, comme émergeant d’un orgasme qui aurait duré quatre heures.

Chaque année, fin mai, je me sens comme le phénix qui renaît de ses cendres. Tout mon corps se remplit à la fois de plaisir et de regrets. Pendant deux semaines, à moins d’une dizaine de kilomètres de chez moi, la Porte d’Auteuil ressort ses plus beaux revêtements, ses meilleurs joueurs et sa plus belle météo pour célébrer la quinzaine de Roland Garros. Qui, pour faciliter le tout, se déroule toujours pendant la période baccalauréat / partiels, rayez la mention inutile.

Cherche un Joueur à Jouet sans Coeur

Nous étions bien, nous étions les meilleures amies au monde. Quand je te voyais le matin, le soir, la nuit, à toute heure, j’étais heureuse. Heureuse de te parler mais aussi de t’écouter, je n’imaginais pas l’avenir car je n’en voyais pas l’intérêt. Chaque jour était un éternel recommencement et je ne pensais pas qu’il puisse en être autrement. Nous étions au centre d’un groupe d’amis qui partageaient, riaient et eurent leur bac. Tu riais de mes mots aussi bien que je riais des tiens car nous étions sur la même longueur d’ondes. Tu te confiais à moi, j’en faisais de même car je ne voyais personne d’autre qui aurait pu mieux me comprendre que toi. Nous allions en voyage ensemble comme s’il n’y avait que nous deux ; nous deux avec ton tempérament et ma maladresse si prononcés.

Alors quand je n’allais pas bien, et c’était souvent le cas, tu étais toujours là. Tu savais déceler mes problèmes entre deux de mes éclats de rire, qui étaient là pour montrer aux autres que j’allais bien, comme je l’ai toujours fait. Tu étais là. Quand c’était ton tour, je faisais tout mon possible, cela en réalisant que je ne le faisais pas aussi bien que toi.

Et puis il y eut Lui, ton action et surtout ma réaction. Et entre toi et moi il y eut l’incompréhension, la colère, la déception et la tristesse. Le mal était fait et contre toute attente nous continuions à nous voir tous les jours, nous voir sans nous regarder, sans nous parler. Tu ne comprenais pas, j’avais juste ma putain de fierté qui m’empêchait de revenir vers toi. Nous nous éloignions un peu plus chaque jour sans que nos amis puissent y faire quelque chose, chacun ayant choisi son côté entre toi et moi.

Tu me téléphonais, je ne répondais plus, je n’osais plus lever le regard vers toi au risque de voir dans tes yeux une lueur de colère ou de dépit. Cela va maintenant faire un an que nous ne nous sommes pas parlées et je m’en suis toujours voulu. J’aimerais que tout redevienne comme avant, avant cette semaine que nous attendions avec tant d’impatience depuis des mois, qui a eu de sinistres répercussions.

J’ai juste un désir, une envie, celui de te revoir et m’effondrer dans tes bras pour te demander pardon du mal que je nous ai fait.