tristesse

Mad World

Jour de fête devenu jour de deuil, les lendemains ne chantent plus. 15, 16, 17 juillet, on tente de se remettre en selle, la distance aidant pour ceux n’ayant pas de proximité avec ces drames. Drames qui deviennent des habitudes auxquelles on ne s’habitue pas. L’absence de proximité qui peut aider à se détacher, se sentir plus détaché qu’on ne l’aurait cru. Plus détaché, pas moins touché, pas moins meurtri.

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Alors on tente de reprendre ses habitudes, mais en mieux, s’en créer de nouvelles. Reprendre goût à la vie comme l’a fait Mathias Malzieu après son hospitalisation, véritable hymne à la vie que de savoir profiter et redécouvrir les bonheurs simples. Le simple bonheur. Se lever pour aller au marché, profiter du beau temps, échanger avec les forains, payer une tournée, en recevoir d’autres, conduire par la suite et finir au commissariat. Mais ne pas être attristé par une amende ou quelques points perdus, car il y a bien d’autres choses sur lesquelles s’attrister.

Continuer à regarder d’autres feux d’artifice, sortir, penser aux autres, mais aussi penser à soi.

Their tears are filling up their glasses
No expression, no expression
Hide my head, I wanna drown my sorrow
No tomorrow, no tomorrow

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26 ans sous Fluoxétine

Je vous disais, pas plus tard que dans les news du mois dernier, que tout allait pour le mieux, amour, travail, santé. Je viens finalement de débloquer un succès inégalé : me faire quitter dans les deux jours entre mon anniversaire et la Saint-Valentin.

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Toujours ces mauvaises histoires de timing, ces « je sors d’une relation de dix ans, je crois que je ne suis pas prêt », ces « ce n’est pas de ta faute » (entendu à 17 reprises au cours de ma vie) ces « tu es une fille formidable » (entendu à 38 reprises mais il n’en reste que je ne suis apparemment pas si formidable pour ceux qui ont croisé ma route) et ces « garde confiance en toi ! », comme si, après tous mes échecs cuisants, la probabilité que j’aie encore confiance en moi existe toujours.

Bref, coup de gueule ou coup de dépit, la seule chose qui m’a fait sourire ce matin dans la rue (9h17 et j’avais l’impression d’être la seule dehors) était qu’on pouvait aisément reconnaître à l’expression de leur visage ceux qui étaient en couple ou non.

Addicted

Addicted au téléphone, aux hommes, tout pour gâcher une soirée. Regarder son téléphone et voir que rien ne va plus. Que ce qui tirait vers le haut, ce qui faisait qu’on avait envie de faire des efforts, d’être bien, d’être belle, d’être heureuse, n’existe plus. Mais continuer à sourire, jusqu’à ce que l’on puisse laisser couler les larmes, la tristesse, le chagrin d’un amour qui n’avait même pas commencé. Le chagrin d’une incompréhension, d’une confiance donnée à quelqu’un dont on aurait aimé qu’il ne se comporte pas comme les précédents. S’arrêter en warning sur une nationale tellement les pleurs étreignent les yeux et ne permettent plus de conduire, comme si l’alcool était passé au second plan et tout ce qui comptait à présent était tout ce qui n’existait même plus. Conduire à 40km/h de plus que la vitesse autorisée, envie de rentrer chez soi, se blottir dans ses draps, tout en sachant que cela n’ira pas mieux demain.

Car demain la réalité continue et tout ce qui avait contribué au rêve s’échappe.

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Confessions Nocturnes

a_lesbian_woman_activist_against_the_lesbophobia_by_wawa2009-d8717nl Toutes ces aventures, toutes ces envies, tous ces espoirs qu’il faut refréner. Je parlais il y a peu de ce sentiment de bien-être et de maîtrise totale de sa vie qui arrivent quand l’alcool fait son effet. Cet effet me fait peur à présent. Peur de tomber dans le piège de ces envies, de ces messages qu’on désire ardemment écrire, de cette personne qu’on souhaite appeler, de ces espoirs qu’on pense réalisables. A l’heure du tout numérique, il est bien simple d’être en soirée et de faire semblant de s’amuser, tout en ayant comme seules préoccupations que de vouloir remplir son verre et dire ce que l’on pense à qui l’on pense. Peur de ne pas trouver la limite entre la franchise de l’honnêteté et la vie en société qui fait qu’on ne peut malheureusement pas toujours dire ce que l’on pense pour ne pas passer pour une cynique notoire, voire une dépressive, ou une traînée. Peu importe à quel point on peut désirer une personne il faut remarquer tous les signes et admettre ceux qui nous disent que non, ce n’est pas possible. Qu’il faut refaire sa vie avec quelqu’un qu’on ne connaît pas encore, dont on ne sait même pas s’il existe. Alors que toutes ces soirées où je finis sciemment alcoolisée pour ne pas penser à ce qui m’attendra demain, je pense tout de même que tout ceci n’est que ma faute. Toutes les personnes me disant que je suis belle et drôle et gentille et intelligente me font mal, que si j’ai apparemment tous ces bons mots, je n’en reste pas moins seule, ce qui me prouve d’autant plus que le problème ne peut venir que de moi. Que c’est l’accumulation de tous ces mensonges, toutes ces tromperies, qui fait que je ne peux plus penser à demain sans m’imaginer nourrir mon chat entre un épisode d’une série télé et une crise de larmes, parce que je voulais parler, parce que je voulais juste espérer, parce que je voulais juste changer ma vie. L’alcool est la solution et le problème à la fois, car le problème c’est toutes ces choses qui n’aboutissent pas, c’est cette volonté d’aller de l’avant qui échoue, c’est travailler en RH dans une société qui fait un plan social, c’est se demander chaque weekend quelle occupation va bien pouvoir être utile au moins une heure, c’est sombrer dans le sommeil au bout de longs moments de doutes et de passages sur messenger pour ne pas craquer dans sa volonté de parler pour ne rien dire, rien dire qui pourrait avoir de conséquences, c’est se lever chaque matin dans le noir sans jamais voir le bout du tunnel.

Supprimer ce Message ?

Il y a toujours ce moment où l’on boit – trop – et où se dit que tout est possible, tout est réalisable. Où l’on pense que tout le monde est dans le même état d’esprit, un peu jemenfoutiste, beaucoup rêveur. Là où cela devient dangereux est quand l’alcool n’est là que pour atteindre ce moment où l’on pense qu’on va pouvoir avancer dans la vie, car tout n’est qu’illusion. Boire pour se pousser à dire les choses que l’on pense, boire pour faire en sorte que les choses avancent, boire pour avoir l’impression que cela puisse être le cas. Boire pour ne plus avoir peur que tout reste en l’état.

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Il y a aussi toujours ce moment où l’on se réveille, après une nuit sans dormir, à se retourner sans cesse, à être malade parfois, et où l’on se rend compte que tout n’est pas réalisable, loin de là. Qu’il ne suffit pas de boire ou d’y croire très fort pour que les souhaits se réalisent. Où l’on est passé de la moitié du temps où l’on se critique de ne pas oser dire ce que l’on pense, à l’autre moitié du temps où l’on regrette d’avoir été franc et où l’on aimerait n’avoir rien dit, n’avoir rien fait. Etre resté dans la passivité pour ne pas risquer des conséquences qui feraient regretter d’assumer ses envies.

Pas un Havre de Paix

Il y a des jours qui ne commencent pas trop mal mais qui finissent en queue de poisson. Vous me direz, c’est toujours mieux que les jours qui commencent directement en grand n’importe quoi.

Levée à cinq heures, dans le train à six, c’était une longue journée qui avait débuté tôt. Plus ou moins deux heures de train plus tard, j’arrivais sur la west coast française, entamant une nouvelle mission en prestation chez un client. Longue journée donc, où l’on m’attendait comme le messie et où je devais montrer que j’en étais au moins le bras droit. Au lit à 21 heures, après un verre de vin et un épisode d’Orphan Black au lieu d’un face à face avec David Pujadas, j’ai eu droit à un appel de Judas. Enfin, d’un intermédiaire de Judas.

Je ne vais pas rentrer dans les grands détails, mais c’était un appel d’un commissariat local, où Elato était apparemment au poste avec son nouveau compagnon pour porter plainte contre moi. Comme quoi je lui envoyais des textos depuis mon téléphone portable (si tel avait été le cas je ne m’en serais pas caché), que je déposais des miroirs chez elle (wtf ?), ou encore mieux, que je menaçais son frère (dont je ne connaissais pas l’existence avant qu’on me l’apprenne ici). J’ai eu beau avoir fait plusieurs articles sur Elato sur mon blog (où je ne me suis jamais vraiment cachée non plus, tout en préservant toutefois son anonymat), je ne connais pas cette petite fille. Encore moins ses coordonnées, encore moins son adresse, encore moins sa probable famille.

Le fait est que de recevoir un appel de la police en fin de soirée est des plus stressants. Je ne précise pas « où on s’y attend le moins », car je ne pense pas qu’on puisse vraisemblablement s’y attendre quand on n’a rien à se reprocher. Provenant d’un appel masqué, on peut facilement crier au fake. Mais la pression dans la voix de celle que j’avais au téléphone était telle qu’on ne peut que dire ok à tout pour en finir au plus vite avec cette lapidation quasi publique, où la présomption d’innocence n’avait pas l’air d’exister ne serait-ce qu’une seconde. La seule raison pour laquelle j’écris cet article, c’est pour lancer un appel à la population. Si quelqu’un était responsable de ces méfaits (aussi bien d’un faux appel policier que de fausses preuves), je le somme d’arrêter. Je sais que je n’y suis pour rien mais je ne sais pas ce qu’il peut bien y avoir derrière un coup de fil pareil. Je continuerais ma vie de tous les jours, n’ayant pas la volonté de monter au créneau, mais plutôt celle de continuer à enduire ces deux-là sous une chape d’oubli. Qu’il y ait des suites ou pas si les faits sont avérés, je pense qu’un cas comme dans l’autre (si les faits continuent ou s’arrêtent) on pourra toujours trouver une excuse pour accuser la femme trompée et quittée qui fait une coupable facile et idéale, mais je ne compte pas m’engager dans un débat qui me coûte du temps (je rigole, j’en ai à revendre), mais surtout de l’énergie. Si la policière était vraie, je pense qu’elle était plutôt contente que je fasse ma bénie oui oui pour qu’elle puisse passer à une affaire un peu plus importante et prioritaire que celle-ci. Après seulement dix minutes d’appel, j’étais vidée, psychologiquement au bord de la rupture et je n’ai pas réussi à m’endormir à cause de ma tachycardie qui m’a tenue en haleine pendant un bon moment, alors que j’étais debout depuis bien trop d’heures. Ces attaques sempiternelles sont fatigantes, surtout de la part de personnes qui ont déjà tout. On peut soigner le mal par le mal mais je ne tolère pas qu’on fasse du mal pour du mal.