incompréhension

News Décembre 2015

J’ai été peu prolixe ces dernières semaines, pour plusieurs raisons. J’ai été très touchée par les attentats du mois dernier et j’ai eu très peu, non pour moi qui étais plus ou moins en sécurité, mais pour mes proches. Et certains de mes proches m’ont ignorée sans me donner de raison, pensant qu’il n’y avait pas à craindre pour eux. Alors que j’ai eu si peur qu’il leur soit arrivé malheur, cela m’a plus peinée encore de savoir que même nos propres amis peuvent parfois douter de l’attachement qu’on peut leur porter. Incompréhension donc face à ces actes odieux commis par des inconnus, mêlée à l’incompréhension de l’ignorance faite homme, d’amis. Inexplicable, car inexpliquée, et donc douloureuse.

Je suis rarement autant sortie à Paris que depuis les horribles événements. Non pas pour braver la Mort comme à chaque fois que j’allumais une cigarette, mais par envie de continuer à découvrir cette ville que j’avais fini par mettre de côté avec le temps. Tellement sa beauté, sa présence et sa grandeur me semblaient naturelles et inébranlables.

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Et puis 2015, feu 2015, bienvenue 2016. Si je n’avais pas autant voyagé (je serai encore absente courant décembre, vous en saurez plus à mon retour), j’aurais pu me questionner sur l’utilité de cette année. Le brouillon de ce « news décembre 2015 » était à la base un peu plus glauque que celui que je publie car, bien qu’hantée par des chagrins, il faut faire table rase et avancer. Je pars en voyage donc, ne vous attendez pas à avoir de mes nouvelles avant une dizaine de jours, et d’ici là je vous souhaite d’avancer vous aussi, que vous ayez des barrières ou que tout se déroule à merveille, n’oubliez pas que chaque jour peut être le dernier et qu’il faut en regretter le moins possible. Sortez, chantez, voyagez, bougez, fêtez tout ce qui vous semblera bon, du moment que vous passez du bon temps avec vos proches ou en toute quiétude avec vous-même.

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Pas un Havre de Paix

Il y a des jours qui ne commencent pas trop mal mais qui finissent en queue de poisson. Vous me direz, c’est toujours mieux que les jours qui commencent directement en grand n’importe quoi.

Levée à cinq heures, dans le train à six, c’était une longue journée qui avait débuté tôt. Plus ou moins deux heures de train plus tard, j’arrivais sur la west coast française, entamant une nouvelle mission en prestation chez un client. Longue journée donc, où l’on m’attendait comme le messie et où je devais montrer que j’en étais au moins le bras droit. Au lit à 21 heures, après un verre de vin et un épisode d’Orphan Black au lieu d’un face à face avec David Pujadas, j’ai eu droit à un appel de Judas. Enfin, d’un intermédiaire de Judas.

Je ne vais pas rentrer dans les grands détails, mais c’était un appel d’un commissariat local, où Elato était apparemment au poste avec son nouveau compagnon pour porter plainte contre moi. Comme quoi je lui envoyais des textos depuis mon téléphone portable (si tel avait été le cas je ne m’en serais pas caché), que je déposais des miroirs chez elle (wtf ?), ou encore mieux, que je menaçais son frère (dont je ne connaissais pas l’existence avant qu’on me l’apprenne ici). J’ai eu beau avoir fait plusieurs articles sur Elato sur mon blog (où je ne me suis jamais vraiment cachée non plus, tout en préservant toutefois son anonymat), je ne connais pas cette petite fille. Encore moins ses coordonnées, encore moins son adresse, encore moins sa probable famille.

Le fait est que de recevoir un appel de la police en fin de soirée est des plus stressants. Je ne précise pas « où on s’y attend le moins », car je ne pense pas qu’on puisse vraisemblablement s’y attendre quand on n’a rien à se reprocher. Provenant d’un appel masqué, on peut facilement crier au fake. Mais la pression dans la voix de celle que j’avais au téléphone était telle qu’on ne peut que dire ok à tout pour en finir au plus vite avec cette lapidation quasi publique, où la présomption d’innocence n’avait pas l’air d’exister ne serait-ce qu’une seconde. La seule raison pour laquelle j’écris cet article, c’est pour lancer un appel à la population. Si quelqu’un était responsable de ces méfaits (aussi bien d’un faux appel policier que de fausses preuves), je le somme d’arrêter. Je sais que je n’y suis pour rien mais je ne sais pas ce qu’il peut bien y avoir derrière un coup de fil pareil. Je continuerais ma vie de tous les jours, n’ayant pas la volonté de monter au créneau, mais plutôt celle de continuer à enduire ces deux-là sous une chape d’oubli. Qu’il y ait des suites ou pas si les faits sont avérés, je pense qu’un cas comme dans l’autre (si les faits continuent ou s’arrêtent) on pourra toujours trouver une excuse pour accuser la femme trompée et quittée qui fait une coupable facile et idéale, mais je ne compte pas m’engager dans un débat qui me coûte du temps (je rigole, j’en ai à revendre), mais surtout de l’énergie. Si la policière était vraie, je pense qu’elle était plutôt contente que je fasse ma bénie oui oui pour qu’elle puisse passer à une affaire un peu plus importante et prioritaire que celle-ci. Après seulement dix minutes d’appel, j’étais vidée, psychologiquement au bord de la rupture et je n’ai pas réussi à m’endormir à cause de ma tachycardie qui m’a tenue en haleine pendant un bon moment, alors que j’étais debout depuis bien trop d’heures. Ces attaques sempiternelles sont fatigantes, surtout de la part de personnes qui ont déjà tout. On peut soigner le mal par le mal mais je ne tolère pas qu’on fasse du mal pour du mal.

30 Ans d’Age Mental

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Cause ou conséquence des connaissances avec lesquelles je prends plaisir à discuter et passer mon temps, je me sens vieille. Psychologiquement. Parfois même physiquement, mais c’est une autre histoire.

Ce n’est un secret pour personne me connaissant, j’ai un an d’avance sur le planning scolaire dit normal. De ce fait, j’ai toujours été habituée à converser avec des plus âgés que moi, flirter avec des garçons de plusieurs années mes aînés et passer des soirées à discuter politique avec un verre de vin à la main plutôt que de boire plus que de raison, quitte à ne plus pouvoir parler ensuite.

Je n’ai que 20 ans mais j’ai l’impression d’avoir déjà beaucoup vécu, et parfois même mal vécu. De façon contradictoire je n’ai que très peu de souvenirs plaisants de mon adolescence. J’ai toujours cherché à me rapprocher de personnes plus âgées, lorsque cela était possible, car j’étais en quête de maturité, d’une maturité que les gens de mon âge n’avaient pas, en vue d’échapper à leurs petites actions puériles à mes yeux.

Mais à force de me frotter à des personnes plus cultivées et plus posées, j’ai fait l’impasse sur les années où l’on peut se permettre de faire des folies sans en éprouver de remords. Je me suis en même temps rendue compte qu’en me sentant bien avec mes quinze ans et mes amis d’une vingtaine d’annés, j’ai désormais la désagréable impression d’avoir trente ans dans mon corps qui en a pourtant encaissé dix de moins. J’ai d’un côté pris du bon temps tout un après-midi à discuter avec des filles et garçons de 26-27 ans, qui furent étonnement choqués de découvrir mon jeune et véritable âge. Mais de l’autre je me suis sentie vieille le weekend dernier, parmi des jeunes de ma génération qui prenaient des extas, du proto et autres pilules bleues et blanches en buvant cul-sec des verres de vodka. C’est comme si l’on m’avait donné une bonne claque. Comme si l’on m’avait dit « Tu vois ? Tu le faisais quand eux ne savaient même pas que cela existait. Et maintenant il est 23h, tu es déjà fatiguée et ne vas pas tarder à aller te coucher. » Une bonne claque. Comme mon moniteur d’auto-école me disant que je ne suis pas assez primaire mais plutôt trop mature et réfléchie … et que c’en est un défaut pour l’occasion. Comme mon copain plus âgé que moi qui me dit qu’il a l’impression de sortir avec une vieille. Voilà la bonne grosse gifle que je me suis prise en me rendant compte qu’un excès de maturité équivaut à n’importe quel autre excès : de la négativité. Le mieux était décidément l’ennemi du bien.

Anima sana in corpore sano

Ma semaine de cours m’offre la possibilité, et cela, toutes les semaines, de ne pas travailler le lundi. Sitôt vu la neige en train de revêtir la pelouse du jardin je passai un coup de fil à ma petite amie. Certes, le temps n’est pas ce qu’il y a de plus chaud et de plus sensuel mais il a cet avantage tout particulier d’être délicat et carrément romantique. La neige m’a toujours réjoui. Sensation de pureté et d’élégance, elle a sans cesse contribué à faire frissonner en moi cette curieuse impression de renaissance et de suppression des écarts de conduite de l’année qui se termine. Certains pourraient saisir l’occasion au vol et dire de moi que je suis efféminé. A dire vrai je ne crois pas que ce soit du tout le cas. Bien sur, je soigne mon apparence, je m’habille avec précision, ne voulant négliger aucune erreur ou imperfection en passant du temps devant mon psyché. Je fais attention à mon corps au moins autant qu’à traiter et maltraiter continuellement mon esprit.
Un esprit sain dans un cœur sain.
Tout cela s’explique plutôt à mes yeux par une volonté de perfectionnisme. Je ne veux pas que l’on ait des impressions fausses sur moi, pas plus que les vraies. Je continue tous les jours de m’instruire, de lire, de regarder, d’écouter, et surtout de parler. Car y a t il une meilleure source de connaissances que celles émanant des autres ? Je recherche l’intelligence sans failles, veux savoir presque tout sur tous les sujets et ce jusqu’à passer pour un idiot fini en demandant sans cesse des réponses auprès de mon entourage. Peut-être est-ce pour cela que ma copine m’aime. Pour l’image que je lui renvoie. L’image qu’elle voudrait voir et que je lui offre effrontément, comme c’est souvent le cas au début des histoires de couples, expliquant aisément pourquoi la fin a tendance à se précipiter dès que les amants se lassent de leur rôle et que leurs masques tombent. Peut-être est-ce pour cette raison aussi que je collectionne les petites amies et les histoires sans lendemain. Toutes ces jolies filles qui commencent trop à s’accrocher à moi au fil des jours me font peur. Elles me mettent en danger, en danger face à ma conformité voulue. Ce qui me pousse à réaliser dans le même temps que je préfère continuer à m’enfoncer dans mes faux-semblants plutôt que de m’ouvrir aux autres et de leur être sincère. Sincérité que je refuse d’accepter moi-même. Au risque de voir ma propre vie défiler sans son personnage principal.