comédie

Gaspard Proust [Comédie des Champs-Elysées]

Fiou moi qui comptais rédiger ce billet demain, je précipite un peu les choses car je ne vais pas voir 3 représentations en 5 jours, mais 4. Le prochain était ce soir et le dernier demain, je pose mes idées à plat avant d’être toute embrouillée par tant de culture.

J’avais vraiment adoré Gaspard Proust Tapine, qui date de bien des années déjà. Et c’est tout à fait par hasard que je me suis rendue compte que son « nouveau spectacle » (c’est bien le nom de sa tournée qui a commencé depuis deux ans) tendait vers les dernières représentations. Ni une ni deux, j’ai pris la il y a une semaine un billet pour dimanche dernier, parce qu’en ce moment il fait moche à Paris et il faut bien mêler l’utile à l’agréable.

Gaspard Proust est méchant. On peut le résumer ainsi et je sais que nombre de ses blagues pourraient être censurées. Tout le monde (certains plus que d’autres) en prend pour son grade, mais que cela fait plaisir de rires de blagues qu’on ne pourrait pas forcément dire en société aujourd’hui. Commençant son show par une longue introduction liée à l’actualité (ce dimanche c’était donc Chirac, seveso et attentat au couteau), l’artiste enchaîne pendant 1h30 de spectacle. Malgré un petit coup de mou assumé vers les 3/4 du show, avec un laïus lu, Gaspard Proust parvient à faire rire à chaque envolée humoristique. Sans être une fan inconditionnelle, j’apprécie cet humour caustique, cynique et bougrement intelligent, nous faisant porter un certain recul sur les aberrations de notre société actuelle.

Juste pour info, si cela peut servir à certains, mon portefeuille étant malmené ces derniers temps, j’ai pris la place la moins chère possible, tout au bout de la salle, mais cette dernière étant petite je n’ai au aucun problème pour voir ou entendre tout ce qui se passait (preuve avec la photo). Vous pouvez donc choisir à peu près n’importe quelle place les yeux fermés.

Piège Mortel [Théâtre La Bruyère]

Très influencée par le style thriller et … la publicité, j’ai appris l’existence de Piège Mortel grâce à une colonne Morris en bas de mon travail. Affiche aperçue le matin, réservation faite le midi, et le soir me voilà au Théâtre La Bruyère afin d’assister à une des représentations.

Mise en scène par Éric Métayer, la pièce se résume en ces mots : « Sidney Brown est un auteur de pièces policières en panne d’inspiration. Il lui faut un succès à tout prix. Il reçoit Piège Mortel, la pièce d’un jeune auteur, un triomphe assuré. Jusqu’où Sidney sera-t-il prêt à aller pour mettre la main dessus, lui qui a passé sa vie à imaginer des meurtres et des intrigues ? » Je préfère utiliser le synopsis officiel car s’il y a bien quelque chose qui ne doit pas être dévoilé c’est bien l’intrigue. Cette pièce n’est pas lambda, c’est-à-dire qu’il ne faut pas se fier aux apparences et que les rebondissements sont constants. Comme dans n’importe quel vaudeville vous pourriez me dire. Mais il faut savoir que Piège Mortel n’est pas un vaudeville, c’est un thriller. Un thriller avec de la comédie, des pleurs, de l’angoisse, du comique de situation et de langage, mais un thriller tout de même. A noter que cette comédie policière avait déjà été jouée en 2010, au Casino-Théâtre et qu’elle est basée sur la pièce d’Ira Levin, également auteur de … Rosemary’s baby ! Piège Mortel a aussi été adapté au cinéma avec Christopher Reeve dans un film de 1982.

Jouée à partir du 19 janvier 2017, la pièce regroupe cinq acteurs : Nicolas Briancon, Cyril Garnier, Virginie Lemoine, Marie Vincent et Damien Gajda. Des acteurs qu’on aura pour la plupart vus autant à la télévision et au cinéma, qu’au théâtre. En 1h30 de spectacle, nous en prenons plein la vue. Je ne rentrerai sciemment pas dans les méandres de l’histoire mais je peux vous dire que l’ambiance huis clos est très bien respectée, grâce à un décor simple mais avec pléthore de détails. Les acteurs sont tous très bons et l’intrigue tient en haleine jusqu’au rideau final. Piège Mortel est l’occasion de passer une bonne soirée dans les salles parisiennes.

Olivier de Benoist : 0 / 40

On ne pourra jamais se lasser de Paris, ne serait-ce que par le renouvellement perpétuel de la culture que la ville offre. Entre comédies musicales, théâtres, musées … la capitale est toujours un motif de découverte. Cette semaine, je me déplacée pour le one man show d’Olivier de Benoist, ayant lieu au Café de la Gare (même s’ils n’ont pas de café à l’intérieur ni de gare à proximité) jusqu’à la fin de l’année.

olivier-de-benoist-affiche Le Café de la Gare fait partie de ces anciennes salles de spectacle où l’on croirait entendre les chansonniers. Ici le placement se fait par ordre d’arrivée. Je vous conseillerai néanmoins d’arriver pour l’heure, car quiconque fait une demi-heure de queue pour ensuite aller aux toilettes à l’intérieur du théâtre se voit piquer la place qu’il comptait prendre. Le spectacle dure 1h30, première partie de Jérémy Charbonnel comprise (c’est vrai qu’il est pas mal), sans entracte, et sans temps mort.

Pour ceux qui connaissent déjà Olivier de Benoist, je n’ai rien à leur apprendre. On retrouve l’humour caustique qui le caractérise et, pour une fois ce n’est pas une blague, il laisse en grande partie les femmes tranquilles. A vue d’oeil les deux tiers du show sont composés de sketches inédits, comprenez par là « pas passés à la télévision ou radio ». Je préfère le préciser car il n’y a rien de pire que d’aller voir un spectacle comique, en ayant déjà eu connaissance de l’intégralité du show par le biais de divers canaux. Enfance, scolarité, mariage, paternité … Toute la vie du comique est passée au crible, de 0 à 40 ans, d’où le titre du spectacle.

Olivier de Benoist montre qu’il est un vrai show man qui ne concurrence personne sur les thèmes qu’il aborde. Et ce genre de spectacle nous prouve encore qu’il est possible de sortir à Paris, rire, s’amuser, le tout pour une vingtaine d’euros ! Si je devais noter 0/40, ce serait un 15/20.

La Dame Blanche [Théâtre du Palais-Royal]

Tentée par ce spectacle depuis plusieurs mois déjà, je me suis finalement rendue hier soir au théâtre du Palais-Royal, afin d’assister à une représentation de La Dame Blanche.

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Pièce de Sébastien Azzopardi et Sacha Danino, avec Arthur Jugnot dans le rôle-titre (si je ne m’abuse, il est présent dans toutes les scènes), La Dame Blanche est un spectacle entouré d’une aura particulière puisqu’il met en avant la peur qu’on peut avoir en assistant à une pièce de théâtre. Les représentations ayant débuté en septembre 2015, cette pièce est un réel succès et je vais vous expliquer pourquoi.

Je vais sciemment devoir rester évasive pour ne pas vous gâcher la surprise des différents événements, et ça me fait un peu mal au cœur car il y a tellement de choses dont je voudrais vous parler ! La pièce commence à 21 heures, pour une durée de deux heures sans entracte. Vous serez tout de suite plongés dans le thème en étant accueillis par des ouvreurs quelque peu spéciaux (qui ne vous souhaitent pas « bonne soirée » mais « bon courage »). A peu près un quart d’heure avant le début de la pièce, ce sont de nouveaux personnages qui font leur apparition dans la salle pour nous faire patienter, sourire … et frémir. J’adore avoir peur au cinéma ou en lisant mais ici, j’avais mine de rien peur d’avoir peur. Je m’explique, que ma soirée soit gâchée en étant tout le temps sur la défensive en scrutant tout ce qu’il se passe autour de moi pour ne pas être surprise à en crier. Je vous rassure, quand la pièce commence, le spectacle est roi et nous mettons de côté tous les éléments pouvant nous effrayer dans la salle. Toutefois, cela va évidemment dépendre des scènes, mais vous vous rendrez bien compte quand vous serez amenés à rire aux éclats ou à être attentifs à votre environnement (salle plongée dans le noir, changements climatiques, course-poursuite entre les allées, etc.).

La Dame blanche, Pièce de Sébastien Azzopardi et Sacha Danino, Mise en scène : Sébastien Azzopardi, Décors : Juliette Azzopardi, Lumières : Philippe Lacombe, Costumes : Pauline Yaoua-Zurini, Magie : Kamyleon, Vidéo : Mathias Delfau, Sculpture : Jean Godement, Masques : Marion Even, Production : Théâtre du Palais Royal, Créée au Théâtre du Palais Royal le 10 septembre 2015, Théâtre du Palais Royal (Paris), 8 septembre 2015, © Emilie Brouchon / L'Œil du spectacle

La Dame blanche, Pièce de Sébastien Azzopardi et Sacha Danino, Mise en scène : Sébastien Azzopardi, Décors : Juliette Azzopardi, Lumières : Philippe Lacombe, Costumes : Pauline Yaoua-Zurini, Magie : Kamyleon, Vidéo : Mathias Delfau, Sculpture : Jean Godement, Masques : Marion Even, Production : Théâtre du Palais Royal, Créée au Théâtre du Palais Royal le 10 septembre 2015, Théâtre du Palais Royal (Paris), 8 septembre 2015, © Emilie Brouchon / L’Œil du spectacle

Il y a pour moi deux types de spectacles interactifs. Celui où le public va prendre part de façon physique à l’action (les spectacles d’hypnose par exemple, ou le très bon Dernier Coup De Ciseaux (que je vous conseille) qui va faire appel au public pour décider de la conclusion à donner au spectacle) et celui où les événements de la pièce vont se dérouler ailleurs que sur la scène. C’est ce second cas de figure qui décrit le mieux La Dame Blanche. Si vous aimez frissonner et être en interaction complète avec les acteurs, privilégiez les premiers rangs et les corbeilles (les balcons ne sont pas laissés pour compte je vous rassure). Si en revanche vous souhaitez être (plus ou moins) tranquillement installés en évitant au maximum les effets sonores / physiques qui vont venir se dérouler, privilégiez les rangs plus lointains (à partir du quatrième) et les milieux de rangées bien sûr.

Je tiens à hautement préciser que cette ambiance horrifique ne fait pas tout dans cette pièce. Les dialogues sont très bien tournés et les phrases font souvent mouche. Nous avons également droit à une belle dose de comédie, et l’on passe autant de temps à rire qu’à avoir peur. Les acteurs ont parfaitement pris possession de leur rôle et savent improviser quand il le faut. Les effets de sons et lumières sont également très présents dans le spectacle et permettent une immersion encore plus poussée dans les différentes scènes. Les décors sont sublimes et fournis en détails importants. La spontanéité des actions permet de ne pas voir passer le temps et La Dame Blanche sort ainsi véritablement du lot parmi ce qu’il se fait actuellement dans les théâtres parisiens.

Le Fantôme de Canterville

On s’est tous à peu près mis d’accord pour dire que le long-métrage Les Visiteurs 3 était assez déplorable et que Batman contre Superman n’était pas le film du siècle : c’est pour cette raison que je ne les ai pas commentés. Il y a en revanche peu de critiques sur Le Fantôme de Canterville, dernier petit bébé d’UGC Distribution grâce à sa filiale Les Films du 24 (à qui on devait précédemment (Thérèse DesqueyrouxQu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ?  ou encore Joséphine s’arrondit …).

Tourné en Wallonie, c’est supposément en Bretagne qu’a lieu le film. Les bases de l’histoire sont bien simples et librement inspirées de l’œuvre d’Oscar Wilde : « Le fantôme d’Aliénor de Canterville est condamné à hanter le château de sa famille et à en faire fuir tout nouvel habitant. Elle remplit cette mission à merveille, aidée de Gwilherm, son fidèle serviteur. Mais lorsque les Otis, une famille fuyant la vie parisienne, achètent le château, Aliénor se désole car elle n’arrive pas à effrayer cette tribu du XXIe siècle… Pire : les enfants la ridiculisent et les parents l’ignorent ! »

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Réalisé par Yann Samuel (qui a connu la notoriété grâce à Jeux d’enfants), le film est un bon divertissement pour la famille. J’avais vraiment peur d’aller voir un navet fini mais la salle a bien plus ri que lors de la séance des Visiteurs (si tant est qu’on puisse juger sur cet exemple). Audrey Fleurot donne parfois le sentiment d’en faire trop, bien que ce soit son personnage qui le veuille. Michaël Youn quant à lui, m’a semblé bien sage, montrant ainsi qu’il peut également faire rire sans être grivois. Attention, Le Fantôme de Canterville ne vole pas bien haut mais il reste tout de même un bon divertissement pour les enfants (bien qu’ils ne comprendront pas toutes les blagues un peu plus « adultes »), grâce notamment au petit nombre de personnages. Evidemment, on voit à des kilomètres quels obstacles vont arriver et comment cela va se finir, mais je n’y allais pas avec de réelles attentes.

Pour donner un vrai point positif au film, j’ai été bluffée par les effets spéciaux, car on dit bien souvent que les sociétés françaises / belges ne sont pas vraiment au point. Les efforts en termes de costumes et d’effets spéciaux sont remarquables et donnent un véritable cachet à certaines scènes.

Vous l’aurez compris, je n’ai pas eu de vrai coup de coeur mais l’ensemble reste correct, et au-dessus de ce qu’on pourrait croire en voyant simplement les affiches derrière les bus parisiens.

Célibataire, mode d’emploi

La voilà, la grosse bouse de l’année : Célibataire, mode d’emploi !

Je sais, la carte illimitée n’excuse pas tout. Mais étant habituée à aller au cinéma seule, je ne refuse quasiment jamais quand on me propose une séance (c’est dans ce même cas de figure que j’avais traîné ma carcasse pour voir 50 Nuances de Grey l’an passé, argh). Je ne vais pas m’étendre pour exprimer mon désarroi face à Célibataire, mode d’emploi car moins j’y pense, mieux je me porte. Regardez la bande-annonce et voyez les deux options qui s’offrent à vous. Soit, vous n’esquissez pas un sourire et il est donc inutile de vous déplacer en salle. Ou soit vous riez à gorge déployée, mais tous les gags du film sont dans la bande-annonce, donc il est également tout aussi inutile de vous déplacer en salle.

Déjà, la typologie des spectateurs me donnait des sueurs froides : 97% de femmes (dont 78% d’adolescentes) et 3% d’hommes accompagnant leur moitié, s’endormant déjà devant les publicités. Puis j’ai réalisé, que l’héroïne principale (Dakota Johnson) était justement la même que celle de 50 Nuances. Toujours aussi inexpressive, comme si elle faisait un concours de neutralité avec Kristen Stewart (que j’apprécie au demeurant).

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Bon, le film sinon (ça se voit que je n’ai vraiment pas le courage d’en parler ?). C’est niais, c’est censé être un hymne au célibat (comprenez = pas besoin des hommes pour vivre) et ce n’est qu’un film qui montre des femmes cherchant l’amour à tout prix et, le cas échéant, qui couchent à droite à gauche. Cette idée de résumer le célibat (et surtout l’appréciation du célibat) aux hommes qu’on va tenter de séduire, m’a dépitée. Je m’attendais naïvement à un Thelma et Louise ou quelque chose de plus philosophique que cela (ça se voit aussi que je n’avais pas regardé la bande-annonce), qui montrait que le fait d’être célibataire pouvait avoir de meilleures aspirations (et inspirations) que de passer son temps à vouloir le passer à pécho des mecs. Les gags prêtent à sourire mais je ne me suis pas roulée par terre pour autant et je ne me souviens même plus des noms des personnages.

La fin est le seul point positif du film (en plus du fait qu’il se finisse concrètement), mais hélas sous-exploitée. Là où on touche finalement au problème, tout est torché en une scène de fin d’une minute top chrono. Je ne vois pas l’intérêt de voir ce film si on est en couple, non plus si on est célibataire. En fait, je ne vois tout bonnement pas l’intérêt de ce film !