jeunesse

La Personne de Trop : La Troisième !

S’il y a bien une chose qui me fait sortir de mes gonds (parmi un paquet de dizaines d’autres choses) c’est bien quand on m’adresse la parole en utilisant la troisième personne du singulier pour me désigner. Elle fait quoi dans la vie ? Premièrement, si tu t’adresses véritablement à moi, tu ne formules pas tes phrases comme ça. Tu m’as prise pour un nourrisson de deux mois qui ne sait ni parler ni comprendre ce qu’on lui dit ? Elle prendra du café comme tout le monde ? Oui, je reste un être humain et je crois pouvoir faire des efforts de socialisation quand on me le demande (même si boire un café n’est toutefois pas un effort pour moi), quand d’autres ont apparemment toujours des problèmes avec le respect et les bonnes manières. Subir pendant tout un après-midi ces (re)marques de condescendance, volontaires ou non, mais tout aussi désagréables un cas comme dans l’autre, pourrait amener ni plus ni moins à une clarification de la situation par le biais de mots orduriers, de phrases bien placées et d’ironie délicate.

Mais là où ça se complique, c’est quand lesdites paroles condescendantes sont prononcées par des personnes de cinquante années plus âgées que moi. La solution reste de simplement leur faire comprendre par un dialogue censé que je ne suis pas la jeune idiote qu’ils croient voir en moi et que la jeunesse ne rassemble pas tous les défauts. Dussent-ils oublier qu’ils sont aussi passés par là bien des années auparavant. Et elle, elle préfère se faire enterrer ou incinérer ?

Bref, il est minuit, l’heure de mon épisode de Nurse Jackie. Pour faire de beaux rêves, c’est le top. Et pour se détendre aussi ? J’en prendrai bien un deuxième alors.

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La jeunesse est foutue

Comme promis à Mélou, un dernier article avant mon départ (non je n’avais pas oublié, j’étais juste partie rôder en région parisienne, rentrant chez moi en pleine nuit avec mes lunettes de soleil, une clope au bec et un ballon gonflé à l’hélium au dessus de ma tête, normal). J’en profite pour faire de la pub concernant sa toute dernière chronique sur le webzine d’Ultrarock, parce qu’elle le vaut bien !

La jeunesse est foutue. Elle ne lit plus. Elle ne fait plus que des erreurs d’orthographe et de grammaire, celles-ci étant très bien entretenues grâce aux skyblogs, conversations Msn (Soirée Msn ? *sigh*) et autres « lache té com sur mn article é jen metrais 50 sur tn blog ». Si Jean d’Ormesson était mort, il s’en retournerait dans sa tombe.

Non la jeunesse n’est pas foutue, du moins pas dans sa totalité. La jeunesse lit, il n’y a pas de soucis à se faire là-dessus. Elle lit des écrits différents, voilà tout. Et heureusement que la jeunesse lit, car c’est l’âge où on est le plus à même de comprendre rapidement et d’emmagasiner un maximum de connaissances, où on a le plus de temps libre à notre portée et où nos yeux sont encore en bonne santé. J’ai toujours adoré lire, choisissant des biographies aux romans policiers en passant par les grands classiques français mais en tenant bien à l’écart de mes lectures les romans de plage d’accros du shopping à Manhattan qui s’habillent en Prada (non, en fait j’ai cédé, je ne suis pas vierge des lectures ridicules qui redonnent parfois le sourire quand il le faut). Ce mois-ci, je me suis déguisée en véritable touche-à-touche littéraire : un Amélie Nothomb (Le Voyage d’Hiver), un livre grotesque (Barry Trotter et la Suite Inutile ; parodie du très illustre Harry Potter, remplie de sexe, blagues grivoises et autres conversations ridiculement plaisantes), de la fantasy avec un tome du Trône de Fer, un roman de SF (la Zone du Dehors, de Damasio, qui prouve une fois de plus que Damasio vit en pleine utopie mais qu’il en a, fort heureusement, grandement conscience), un bouquin de psychologie de comptoir (« Osez vous réconcilier avec la vie », c’est beau) et, pour clôturer en beauté « Comment parler des livres que l’on n’a pas lus ? ».

Niveau lecture comme niveau cinéma (ce mois de juillet, ma carte UGC a flambé : Petits Meurtres à l’Anglaise, Millénium 2 & 3, Fatal, Predators, l’Agence tous Risques, Inception, l’Italien et Shrek 4, entre autres), rien n’est encore perdu. Il y a, comme toujours, du bon comme du mauvais mais quand on aime on ne compte pas. La jeunesse est peut-être foutue, mais j’essaye en tout cas de faire en sorte que la mienne ne le soit pas.

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Au nom de quoi ?

Être rebelle et parfois faire des actes insensés pour épater la galerie m’étonneront toujours. Se prétendre heureux de vivre et vouloir profiter de tous les moments de la vie n’excusent pas tous les comportements, encore moins ceux qui, en pleine contradiction, mettent leur propre vie comme celle des autres en danger.

14 Juillet, plus de 2h du matin. Deux conducteurs : un sobre et un saoul, ce dernier auquel appartient la voiture. Moi, sobre en l’occurrence, exige de conduire avant de m’entendre dire de la part d’un des cinq convives que, si je ne suis pas contente je n’aie qu’à effectuer le chemin du retour à pied et laisser conduire l’autre jeune homme puisqu’il le désire tant. Mais oui, avouez, c’est drôlement plus fun de rouler à tombeau ouvert en plein milieu de la route sur des routes de campagne non éclairées que de rentrer en toute quiétude en réduisant les risques mortels.

Trois. Il y a maintenant une poignée d’années de cela, j’ai perdu trois proches lors de deux accidents de la route différents. Et pour l’un d’entre eux, cinq personnes se trouvaient dans la voiture. Toutes finirent éjectées à des dizaines de mètres du véhicule, cet accident ne laissant aucun survivant. L’information occupa à l’époque deux minutes du journal télévisé, se mélangeant sans distinction aux nombreux faits divers du même genre. Perdre trois amis c’est assez pour évaluer – dans la mesure du possible – les risques de danger. A ceux qui veulent jouer les ados décontractés, ne se prenant pas la tête et confondant dangereusement jeu et réalité, j’ai envie de leur faire prendre conscience de ce qu’ils encourent. Je sais malheureusement à quel point un carnage peut arriver facilement, aussi brutal et vif qu’un éclair dans le ciel. Je me souviendrai toujours de ce pompier, arrivé parmi les premiers sur les lieux de l’accident, me disant à propos du chauffard ayant embouti mes amis, et seul rescapé (la justice n’existe pas) : « Quand on l’a retrouvé, il tenait encore son verre d’alcool à la main ».

30 Ans d’Age Mental

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Cause ou conséquence des connaissances avec lesquelles je prends plaisir à discuter et passer mon temps, je me sens vieille. Psychologiquement. Parfois même physiquement, mais c’est une autre histoire.

Ce n’est un secret pour personne me connaissant, j’ai un an d’avance sur le planning scolaire dit normal. De ce fait, j’ai toujours été habituée à converser avec des plus âgés que moi, flirter avec des garçons de plusieurs années mes aînés et passer des soirées à discuter politique avec un verre de vin à la main plutôt que de boire plus que de raison, quitte à ne plus pouvoir parler ensuite.

Je n’ai que 20 ans mais j’ai l’impression d’avoir déjà beaucoup vécu, et parfois même mal vécu. De façon contradictoire je n’ai que très peu de souvenirs plaisants de mon adolescence. J’ai toujours cherché à me rapprocher de personnes plus âgées, lorsque cela était possible, car j’étais en quête de maturité, d’une maturité que les gens de mon âge n’avaient pas, en vue d’échapper à leurs petites actions puériles à mes yeux.

Mais à force de me frotter à des personnes plus cultivées et plus posées, j’ai fait l’impasse sur les années où l’on peut se permettre de faire des folies sans en éprouver de remords. Je me suis en même temps rendue compte qu’en me sentant bien avec mes quinze ans et mes amis d’une vingtaine d’annés, j’ai désormais la désagréable impression d’avoir trente ans dans mon corps qui en a pourtant encaissé dix de moins. J’ai d’un côté pris du bon temps tout un après-midi à discuter avec des filles et garçons de 26-27 ans, qui furent étonnement choqués de découvrir mon jeune et véritable âge. Mais de l’autre je me suis sentie vieille le weekend dernier, parmi des jeunes de ma génération qui prenaient des extas, du proto et autres pilules bleues et blanches en buvant cul-sec des verres de vodka. C’est comme si l’on m’avait donné une bonne claque. Comme si l’on m’avait dit « Tu vois ? Tu le faisais quand eux ne savaient même pas que cela existait. Et maintenant il est 23h, tu es déjà fatiguée et ne vas pas tarder à aller te coucher. » Une bonne claque. Comme mon moniteur d’auto-école me disant que je ne suis pas assez primaire mais plutôt trop mature et réfléchie … et que c’en est un défaut pour l’occasion. Comme mon copain plus âgé que moi qui me dit qu’il a l’impression de sortir avec une vieille. Voilà la bonne grosse gifle que je me suis prise en me rendant compte qu’un excès de maturité équivaut à n’importe quel autre excès : de la négativité. Le mieux était décidément l’ennemi du bien.

Un Mr Freeze à la framboise, oui, celui bleu-fluo.

En quittant les cours cet après-midi, j’ai eu l’idée, et surtout l’envie, de m’arrêter à une boulangerie sur mon passage dans l’unique but de m’acheter une glace. Le mois de mai étant déjà bien entamé et, à fortiori le soleil aidant, ne pouvait que me convaincre de m’acheter cela sans néanmoins trop culpabiliser. Dans ces moments là, on réalise évidemment la différence du regard extérieur entre une petite fille de 10 ans, en jupe et haut mignon qui mange une glace, et celle qui le fait dans les mêmes conditions 10 ans après.