soirée

Un opéra à la Madeleine

Je continue mes virées dans Paris en testant les concerts ayant lieu dans la capitale, notamment au sein de l’église de la Madeleine.

Je suis parfois tombée sans le savoir à l’avance, sur divers spectacles réalisés dans l’église, tantôt des champs religieux évidemment, tantôt à tendance plus gospel. Je me suis également rendue compte que bon nombre d’événements étaient organisés à la Madeleine, à un rythme assez effrené.

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Pour se renseigner, il suffit de se rendre sur le site officiel. En cette fin d’année par exemple, pas un jour ne passe sans un concert. Sur des périodes moins « festives », les spectacles se déroulent plutôt le weekend. Mozart, Beethoven, Ravel, Vivaldi … les plus grands sont joués en ces lieux, où l’acoustique architecturale permet d’apprécier encore plus les morceaux mis en avant.

Il faut compter entre 20 et 30 euros la place, que vous pouvez acheter sur les sites de ventes de billets habituels, ou directement le jour même à l’église. Je vous conseille d’arriver en avance car le placement est libre. L’opéra de Mozart que je suis allé voir cette semaine a fait salle comble, puisque cette dernière était déjà remplie à plus de la moitié une demi-heure avant le début du spectacle. Et tant qu’à y aller complètement dans l’ambiance parisienne, je vous conseille le restaurant Le Colibri, place de la Madeleine, qui fait preuve d’un bon rapport qualité / prix, pourtant proche des rues parmi les plus chères du Monopoly.

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Ici, c’est Paris.

Se sentir revivre, c’est sortir dans Paris. Boire un verre, puis un autre. S’installer à la table de trois beaux inconnus qui ont l’air simple et accueillant. C’est échanger, parler avec eux, de tout, de rien, histoire de se découvrir en l’espace de quelques minutes. Savoir ce qu’ils font dans la vie, parler de jeux vidéo avec l’un, de recrutement avec un autre et de films avec le troisième. Se dire qu’ils sont la combinaison de ce qu’on pourrait appeler l’homme parfait, si jamais un jour je devais croire à cette invention féminine qui n’est pour moi qu’une belle ânerie. Allumer une cigarette, la quatrième de l’année seulement, alors que nous sommes au mois de novembre. Parler, sourire, rire. Ces choses simples qui me semblaient perdues à tout jamais. Enterrées avec mon passé et mon espoir avenir, à venir.

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Ils s’appelaient Robin, Thibault et Kevin, je ne les reverrai jamais, mais j’ai passé un merveilleux moment.

Confessions Nocturnes

a_lesbian_woman_activist_against_the_lesbophobia_by_wawa2009-d8717nl Toutes ces aventures, toutes ces envies, tous ces espoirs qu’il faut refréner. Je parlais il y a peu de ce sentiment de bien-être et de maîtrise totale de sa vie qui arrivent quand l’alcool fait son effet. Cet effet me fait peur à présent. Peur de tomber dans le piège de ces envies, de ces messages qu’on désire ardemment écrire, de cette personne qu’on souhaite appeler, de ces espoirs qu’on pense réalisables. A l’heure du tout numérique, il est bien simple d’être en soirée et de faire semblant de s’amuser, tout en ayant comme seules préoccupations que de vouloir remplir son verre et dire ce que l’on pense à qui l’on pense. Peur de ne pas trouver la limite entre la franchise de l’honnêteté et la vie en société qui fait qu’on ne peut malheureusement pas toujours dire ce que l’on pense pour ne pas passer pour une cynique notoire, voire une dépressive, ou une traînée. Peu importe à quel point on peut désirer une personne il faut remarquer tous les signes et admettre ceux qui nous disent que non, ce n’est pas possible. Qu’il faut refaire sa vie avec quelqu’un qu’on ne connaît pas encore, dont on ne sait même pas s’il existe. Alors que toutes ces soirées où je finis sciemment alcoolisée pour ne pas penser à ce qui m’attendra demain, je pense tout de même que tout ceci n’est que ma faute. Toutes les personnes me disant que je suis belle et drôle et gentille et intelligente me font mal, que si j’ai apparemment tous ces bons mots, je n’en reste pas moins seule, ce qui me prouve d’autant plus que le problème ne peut venir que de moi. Que c’est l’accumulation de tous ces mensonges, toutes ces tromperies, qui fait que je ne peux plus penser à demain sans m’imaginer nourrir mon chat entre un épisode d’une série télé et une crise de larmes, parce que je voulais parler, parce que je voulais juste espérer, parce que je voulais juste changer ma vie. L’alcool est la solution et le problème à la fois, car le problème c’est toutes ces choses qui n’aboutissent pas, c’est cette volonté d’aller de l’avant qui échoue, c’est travailler en RH dans une société qui fait un plan social, c’est se demander chaque weekend quelle occupation va bien pouvoir être utile au moins une heure, c’est sombrer dans le sommeil au bout de longs moments de doutes et de passages sur messenger pour ne pas craquer dans sa volonté de parler pour ne rien dire, rien dire qui pourrait avoir de conséquences, c’est se lever chaque matin dans le noir sans jamais voir le bout du tunnel.

Qu’elle Dégage Avant l’Orage

J’ai passé un second cap dans ma vie dissolue par l’alcool. Celui-ci ne me fait plus rien, ou plutôt difficilement selon les quantités ingurgitées. Les mélanges ne me font plus rien, les alcools forts ne m’aident même pas à me faire sentir hors de moi – seulement à me brûler la gorge, à ce niveau rien de changé – et les quantités bues ne laissent pas même entrapercevoir un semblant d’euphorie factice, alors même que je me nourris de moins en moins. Plus d’impression d’être pompette donc, mais fort heureusement pas non plus de mal au crâne ou au cœur, juste rien. Juste l’impression d’avoir voulu me prendre une cuite phénoménale à base d’eau minérale. Là où le bât blesse est que, bien que je boive le plus souvent de l’alcool par plaisir, c’était ici dans l’optique d’en ressentir les effets positifs. Hélas, que nenni. Je ne fus ni désinhibée, ni courageuse, ni forte, ni gagnante. J’ai été comme j’étais d’habitude, j’ai ri comme en plein jour, j’ai pleuré comme en plein jour, j’ai aimé et j’ai eu peur comme en plein jour. En étant à chaque instant en pleine possession de mes moyens et de mes pensées, ne pouvant prendre pour moi-même l’excuse de l’alcool pour dire ou faire ce que je pensais, comme je l’aurais souhaité.

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Même en pleine crise d’hystérie, rester consciente. J’aime tellement conduire que j’évite le plus possible les médicaments qui me l’empêche, alors même que je me dois de les prendre. Je ne les prends qu’en cas d’urgence, quand je sais que ma bipolarité est en train de me faire basculer dans une orgie de pleurs et de spasmes. Où à ces moments mon souhait de me faire du mal est à son paroxysme, où je ne vois pas comment je pourrais me relever un jour et que je passerais de toute façon toute ma vie à pleurer. Malheureusement, lors de certaines soirées, ces crises indescriptibles qu’il faut voir pour croire ne préviennent pas. Imprévisibles, impossibles à arrêter seule, virulentes, exténuantes, une autre réalité que même l’alcool ne saurait créer. Ces crises sont mon jardin secret, pire, mon lot quotidien. Montrer sans le vouloir cette faiblesse extrême n’a fait que me montrer à quel point j’avais honte de la personne que j’étais, alcool ou pas. Sans alcool, c’eut peut-être même été pire. Physiquement malades, nous sommes des héros, mentalement malades, nous sommes des monstres.

Tout ne peut toujours pas être simple et comme on m’a sagement dit le weekend dernier, ce ne sont pas les plus méritants qui gagnent. On peut faire preuve d’une volonté hors-normes, de vouloir atteindre son objectif plus que tout, de souhaiter quelque chose ou quelqu’un si fort et s’en donner les moyens, on ne peut jamais être assuré que tout se déroule comme prévu. C’est bien même souvent l’inverse qui se passe. Alors après avoir tant tendu le cou, on rentre à nouveau dans sa carapace pour oublier ses rêves, ses envies et revenir à la vie réelle. On s’en veut d’avoir voulu rêver et échapper à son quotidien morne de la plus belle façon qui soit, d’avoir cru cela réalisable, en s’imaginant depuis des mois des scénarii permettant de s’endormir la nuit venue, au lieu d’avoir la possibilité de rester éveillé pour vivre ses fantasmes.

Qu’elle dégage avant l’orage, cette jeune femme qui passe son temps à sourire, avec ses yeux bouffis par les larmes.

Bienvenue dans la Vie ²

Je relisais certains de mes billets et je me suis rendue compte – impression fausse je l’espère – que j’écrivais mieux il fut un temps. Le fait est que j’écrivais sans nul doute juste différemment. C’est pourquoi je me permets exceptionnellement de reposter un ancien de mes articles, datant de 2008, que j’affectionne beaucoup de par son atmosphère assez différente comparée à celle de mes derniers billets. Quelques modifications faites, et voilà le retour de Karen.

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C’était encore une de ces soirées où chacun n’est là que pour impressionner le voisin et lui donner ce sentiment d’infériorité. La fête battait son plein et la reine de la soirée, Karen, 22 ans, chez qui la réception était donnée, fêtait tout juste son anniversaire. D’humeur toujours pétillante et joyeuse elle virevoltait d’invités en invités pour les remercier, de leurs cadeaux comme de leur présence. Je regardais tout ce petit monde, juchée sur des talons hauts à m’en donner le vertige, pendant que Bob était accroupi à côté de moi, en cherchant sous la table du buffet la boulette de shit qu’il était en train d’effriter, avant qu’un serveur ne lui donne un coup de coude involontaire, avant de se répandre en excuses. Karen était de plus en plus souriante proportionnellement au nombre de coupes de champagne qui passaient entre ses délicates mains.
Et c’est alors que je le vis. J’ai croisé son regard le temps d’un instant, le même type de regard complice et à la fois gêné que si je croisais un collègue de l’Opus Dei dans un bordel. Il était affairé à faire des boucles avec des cheveux qui ne lui appartenaient pas et la fille allongée sur le canapé se gaussait, sans doute, à l’une des blagues dites par mon bel inconnu.
« C’est bon, je l’ai retrouvée »
Le temps de me retourner et confier mon briquet à Bob pour continuer notre attrayante affaire et toutes les lumières s’étaient retrouvées éteintes. Bien sur, il devait être minuit, le gâteau et toutes les belles bougies n’allaient pas tarder à arriver. Je pris mon portable, par réflexe, par curiosité, ou par simple suspicion, pour y regarder l’heure. 1h48 du matin. Déjà. « Déjà » fut ma première pensée ; « Bizarre » fut la seconde. Vu l’heure, l’extinction des lumières n’avait plus rien de normal. Je recroisais le regard de Bob qui était décidément mis à mal avec ce énième joint de la soirée et lui demanda s’il était au courant de quelque chose. Non, bien sur que non, lui non plus ne savait pas ce qu’il pouvait bien se passer. Nous étions apparemment les seuls à trouver cela étrange. L’alcool ayant fait son effet, l’euphorie ambiante et surtout les quelques traces de drogues en tous genres sur le bord des tables en verre ont conforté mon idée qui était que nous étions sans aucun doute les seuls à avoir l’esprit le moins embué qu’il nous était possible. Remerciant mes talons je m’aperçu que je dominais de hauteur la quasi-totalité des invités présents. Dans un loft de plus d’une centaine de mètres carrés, où la musique pulsait toujours et où plus d’une soixantaine de personnes dansaient, se trémoussaient, s’embrassaient, fumaient et buvaient, il était presque vain de vouloir trouver quelque chose. Karen par exemple. Impossible de la voir et personne n’avait l’air de s’en soucier, tous préférant continuer la soirée éclairés aux veilleuses et remerciant l’organisatrice de cette idée concept. Karen avait beau avoir les défauts que tout le monde lui connaît il n’en reste pas moins qu’elle est mon amie et que son absence commençait franchement à m’inquiéter. Pendant cette courte inspection mentale, Bob avait quant à lui commencé à reluquer les beaux mâles qui se déhanchaient au rythme d’un David Guetta encore unrecorded. Cela me fit repenser à mon inconnu de tout à l’heure. De lui non plus il n’y avait plus aucune trace. En temps normal j’aurais été déçue d’avoir laissé passer un si beau coup mais cette furtive disparition ne parvint qu’à décupler mes soupçons, quels qu’ils soient.
Je décidais d’abandonner Bob quelques secondes, sur qui la fatigue commençait à prendre ses droits, pour chercher Karen. Peut-être étais-je en train de me monter le bourrichon pour rien et que cette gamine égocentrique était simplement en train de faire une partie de jambes en l’air avec le beau gosse de la soirée. Cette simple pensée me fit passer un éclair dans les yeux tout en imaginant ce dernier sortir d’une boîte géante en entonnant un début de Happy Birthday Karen en retombant deux secondes après le nez dans les confettis. J’éclatais de rire.
Ce n’était pas le moment de penser à ça. Je n’étais venue qu’une seule fois chez elle et me rappelais grosso modo où les pièces principales étaient. Je décidais d’aller de la moins à la plus intimiste. Dans la cuisine un couple qui se bécottait et une bouteille de vin ouverte, je me servis un verre et partis en direction de la salle de bains. Je frôlais les murs pour essayer d’éviter les gens qui, individuellement, prenaient la place de quatre, quand je renversais mon verre sur un Tshirt d’une blancheur immaculée parfaite, avant la belle tâche de vin en son milieu bien sur.
« Hey. Fais un peu attention là. Tu tombes bien, je te cherchais. Tu es bien Audrey n’est-ce pas ? Karen ne se sent vraiment pas bien, elle aimerait que tu arrêtes la fête et que tu vires tout le monde d’ici. Got it poupée ? »
J’avais commencé à acquiescer à l’écoute de mon prénom mais m’était abstenue de rajouter autre chose quand je m’étais mise à lever les yeux vers lui. Cette pourriture qui osait me donner des ordres était donc le gars bien fringué de tout à l’heure ? Malheureusement pour lui il ne me connaissait pas, il aurait autrement su que la manière la plus sûre de me voir ne pas faire quelque chose étant d’exiger que je le fasse. Feignant la plus totale indifférence je commença à le draguer effrontément en lui disant qu’à la base je cherchais la salle de bains pour me refaire une beauté et que cela passé je ferai ce qu’il me demandait, et plus si affinités. Un sourire éclaira son beau visage de connard. Il me laissa passer pour aller en direction de la pièce principale, où la fête n’avait pas vraiment l’air de s’essouffler. Je courus jusqu’à la chambre de Karen. Elle était assise la tête baissée, se fumant une cigarette, ou quelque chose de ressemblant. Elle leva les yeux vers moi, un œil en pleurs et l’autre en sang. Je la pris dans mes bras et appris par la même occasion que Boris, car c’était ainsi qu’il s’appelait, n’était autre que son petit ami. Voyant que je ne comprenais vraisemblablement pas la suite logique de ce statut, elle m’apprit qu’elle avait trop de dettes envers lui. C’était le meilleur dealer de la ville niveau coke et ecsta mais aussi le plus cher. Comme rien n’était jamais trop cher pour Karen elle s’était mise à le fréquenter assez régulièrement, lui et ses produits, assez régulièrement aussi. Cela allait faire un mois qu’elle commençait sérieusement à lui devoir de l’argent. C’est lui qui avait eu l’idée de cette soirée, pour faire raquer un maximum de fric aux invités qu’il aurait eu en guise de cadeaux. Seulement, la fête s’éternisait et ce qui se passait en vérité n’était vraiment pas à la mesure de ses espérances, pire, tout l’alcool et la nourriture de l’appart étaient en train d’y passer. C’est pour cette raison qu’il voulait à présent les virer au plus vite, d’autant plus qu’il avait trouvé un boulot sur mesure pour Karen qui lui permettrait d’avoir de l’argent à foison. Nous n’eûmes même pas besoin de nous regarder pour savoir en quoi consistait ce boulot.
La vie de Karen, qui semble à tous la plus merveilleuse qui soit, avec ce physique ravageur, ce luxe présent aveuglément, ces amis qui se bousculent dans la rue pour lui dire bonjour, toute sa vie est pourtant pourrie jusqu’à la moelle. Un mythe que l’on aimerait conserver comme tel et qui s’effondre aussi facilement qu’un château de cartes. Je n’ai aucune solution à lui proposer, je ne l’ai jamais vraiment connue après tout. Je ne peux que rester là et lui dire de ne pas s’inquiéter ou bien alors tenter d’user de mes charmes pour la protéger. Ils sont autant coupables l’un que l’autre, si je veux faire tomber l’un, l’autre tombera aussi. Ils sont liés tant qu’ils auront besoin l’un de l’autre. La seule phrase que je lui ai dite j’y repenserai toute ma vie mais je ne pouvais pas faire autrement. En sortant de sa chambre j’ai vu Boris qui me fit un clin d’œil à m’en faire vomir. Les invités commençaient à partir par petits groupes, je secouai Bob qui devait en être à son dixième joint depuis que je m’étais absentée et lui dit « Viens, on a plus rien à faire là ». Il eut le tact de ne me poser aucune question. Je n’avais pas non plus envie de passer la nuit seule, je me suis incrustée chez lui. Je la passais néanmoins seule à me rappeler mon unique souvenir de cette soirée, celui d’une fille qui ne vint vers moi que pour me demander de lui sauver la peau et à qui froidement, j’ai répondu « Je te souhaite bien du courage, Karen ».

c’est pour La petite bourgeoiSie qui boit Du champagne

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Accompagné de son meilleur ami Bob, Jérôme gara sa voiture dans une rue transversale des Champs-Elysées. C’est ce soir qu’a lieu la soirée de gala de son école. Sans nul doute qu’il pourra draguer quelque jolie fille, qu’il la connaisse ou non. Situé dans la dite plus belle avenue du monde, le restaurant / dancing réservé pour l’occasion est joliment dissimulé dans la petite cour privée d’un immeuble haussmannien.

A peine arrivé, Jérôme remarque aussitôt une grande brune assez jolie quand elle prend un peu soin d’elle et ose se mettre en valeur, ce qui est le cas ce soir. Jérôme a toujours eu des vues sur elle, Alice, disons plutôt qu’il la désire énormément. Dès que celle-ci l’a aperçu, je l’ai vue se précipiter dans ses bras ; d’un tempérament plutôt énergique et trop heureuse de croiser à chaque fois de nouvelles personnes de ses connaissances. Je sais qu’ils avaient l’habitude de se draguer à une certaine époque mais qu’elle était trop timide pour se laisser convaincre si facilement par un homme qui ne voulait assouvir que ses pulsions d’une nuit. Jérôme se souvient aussi de cette période mais n’a toujours pas compris pourquoi il ne l’a plus jamais vue se connecter sur msn ou répondre au téléphone depuis bientôt un an. Mais il a décidé ce soir de prendre sa revanche.
Délaissant son meilleur ami, il commence à prendre de ses nouvelles, à se soucier d’elle comme si elle était la pierre la plus précieuse dont il était chargé de prendre soin. Seulement voilà, même si elle en est à son cinquième verre d’alcool, Alice n’est pas dupe. Profitant de l’open champagne s’offrant à elle, elle continue de boire, discuter et décrocher de grands sourires. Elle sait très bien ce que désire Jérôme, encore plus quand il lui propose de la raccompagner en voiture. J’essaye de l’en dissuader. Elle est prête à craquer pour deux raisons : elle n’a jamais su résister aux hommes bien habillés et même si elle n’est pas saoule elle est déjà tout de même bien désinhibée.
Mais c’est parce qu’elle sait très bien quelles idées il a à l’esprit qu’elle accepta sa proposition.

Laissant les filles à haut talons et robes de soirée, les boissons énergisantes offertes à tout-va, les écrans diffusant Kung Fu Panda, les platines et les décolletés plongeants, ils sortirent de la boite comme deux amoureux s’éclipsant en cachette d’une soirée masquée. En les regardant partir, les connaissant aussi bien l’un que l’autre, leurs défauts comme leurs qualités, je ne peux pas m’empêcher d’avoir de la peine sachant que l’un des deux regrettera amèrement cette soirée.

Arrivés dans la voiture, il lui dit qu’il préfère attendre quelques temps avant de démarrer, le temps que l’alcool ingurgité s’estompe, tout en passant sa main le long des jambes d’Alice, remontant sa jupe déjà si courte. Emportée par les émotions qui s’entrechoquent, elle commence à se libérer et à enlacer impétueusement son cavalier de la soirée, dragueur impénitent. Après quelques minutes de langoureux échanges, il démarre la voiture et l’emmène à Neuilly-sur-Seine, dans un petit pré en lisière d’un bois à l’abri des regards. Dans la nuit noire ils se donnèrent l’un à l’autre, la rosée rafraichissant leurs corps brûlants.

Il la raccompagna ensuite jusqu’à chez elle.
Jérôme rentra chez lui, fier d’avoir réussi à draguer une fille de plus qu’il pourra ajouter à son palmarès.
Alice prit une douche et s’allongea dans son lit, essayant de réfléchir sur les actes précédents qu’elle commençait à regretter, jusqu’à ce que le sommeil ait raison d’elle.
Elle se réveilla les yeux rouges et boursoufflés.