Mois: juin 2009

c’est pour La petite bourgeoiSie qui boit Du champagne

Le_Vide__L___Alcool_by_LadyOfShallott

Accompagné de son meilleur ami Bob, Jérôme gara sa voiture dans une rue transversale des Champs-Elysées. C’est ce soir qu’a lieu la soirée de gala de son école. Sans nul doute qu’il pourra draguer quelque jolie fille, qu’il la connaisse ou non. Situé dans la dite plus belle avenue du monde, le restaurant / dancing réservé pour l’occasion est joliment dissimulé dans la petite cour privée d’un immeuble haussmannien.

A peine arrivé, Jérôme remarque aussitôt une grande brune assez jolie quand elle prend un peu soin d’elle et ose se mettre en valeur, ce qui est le cas ce soir. Jérôme a toujours eu des vues sur elle, Alice, disons plutôt qu’il la désire énormément. Dès que celle-ci l’a aperçu, je l’ai vue se précipiter dans ses bras ; d’un tempérament plutôt énergique et trop heureuse de croiser à chaque fois de nouvelles personnes de ses connaissances. Je sais qu’ils avaient l’habitude de se draguer à une certaine époque mais qu’elle était trop timide pour se laisser convaincre si facilement par un homme qui ne voulait assouvir que ses pulsions d’une nuit. Jérôme se souvient aussi de cette période mais n’a toujours pas compris pourquoi il ne l’a plus jamais vue se connecter sur msn ou répondre au téléphone depuis bientôt un an. Mais il a décidé ce soir de prendre sa revanche.
Délaissant son meilleur ami, il commence à prendre de ses nouvelles, à se soucier d’elle comme si elle était la pierre la plus précieuse dont il était chargé de prendre soin. Seulement voilà, même si elle en est à son cinquième verre d’alcool, Alice n’est pas dupe. Profitant de l’open champagne s’offrant à elle, elle continue de boire, discuter et décrocher de grands sourires. Elle sait très bien ce que désire Jérôme, encore plus quand il lui propose de la raccompagner en voiture. J’essaye de l’en dissuader. Elle est prête à craquer pour deux raisons : elle n’a jamais su résister aux hommes bien habillés et même si elle n’est pas saoule elle est déjà tout de même bien désinhibée.
Mais c’est parce qu’elle sait très bien quelles idées il a à l’esprit qu’elle accepta sa proposition.

Laissant les filles à haut talons et robes de soirée, les boissons énergisantes offertes à tout-va, les écrans diffusant Kung Fu Panda, les platines et les décolletés plongeants, ils sortirent de la boite comme deux amoureux s’éclipsant en cachette d’une soirée masquée. En les regardant partir, les connaissant aussi bien l’un que l’autre, leurs défauts comme leurs qualités, je ne peux pas m’empêcher d’avoir de la peine sachant que l’un des deux regrettera amèrement cette soirée.

Arrivés dans la voiture, il lui dit qu’il préfère attendre quelques temps avant de démarrer, le temps que l’alcool ingurgité s’estompe, tout en passant sa main le long des jambes d’Alice, remontant sa jupe déjà si courte. Emportée par les émotions qui s’entrechoquent, elle commence à se libérer et à enlacer impétueusement son cavalier de la soirée, dragueur impénitent. Après quelques minutes de langoureux échanges, il démarre la voiture et l’emmène à Neuilly-sur-Seine, dans un petit pré en lisière d’un bois à l’abri des regards. Dans la nuit noire ils se donnèrent l’un à l’autre, la rosée rafraichissant leurs corps brûlants.

Il la raccompagna ensuite jusqu’à chez elle.
Jérôme rentra chez lui, fier d’avoir réussi à draguer une fille de plus qu’il pourra ajouter à son palmarès.
Alice prit une douche et s’allongea dans son lit, essayant de réfléchir sur les actes précédents qu’elle commençait à regretter, jusqu’à ce que le sommeil ait raison d’elle.
Elle se réveilla les yeux rouges et boursoufflés.

Hé pis d’abord hein.

0d01e1700b742d55c957bacdfd69c6f4Ma vie, je veux en être fière. Je veux pouvoir regarder derrière moi et ne pas me demander pourquoi je n’ai pas fait ce que j’aurais souhaité.

La vie, chacun de nous n’en a qu’une. Je ne veux pas avoir à regretter la mienne. Et même si je ne crois pas à une quelconque vie après la Mort, je désire au moins laisser une bonne impression, faire en sorte que cette vie ne m’ait pas été donnée pour rien.
Les cimetières sont remplis de gens irremplaçables.
Ne pouvant outrepasser cette phrase si connue, car véridique, je ferai tout de même en sorte d’avoir au moins accompli tout ce que cette vie parmi tant d’autres puisse me permettre.
La mettre à profit en quelque sorte. En profiter du mieux possible.

Car bientôt, il sera déjà trop tard.

Question de Point de Vue !

Le sadisme dans toute sa pureté, c’est se réjouir de la souffrance, physique le plus souvent, mais pas seulement, d’autrui.
Le masochisme pour beaucoup, dans les pensées de la plupart des gens, n’est qu’une manière de montrer son côté extraverti en réalisant ses idées déviantes. Cruelles. Et destructrices.
Le fait de se réjouir de sa propre douleur n’est-il pourtant pas un miracle de l’évolution humaine ?
Et puis, tout n’est pas si noir.

Seul dans sa chambre, Bob ne se scarifie pas, il n’en trouve pas l’utilité. Se scarifier n’est qu’un délire de pré-adolescent soucieux de se faire remarquer, dont la fierté l’empêche de crier à l’aide de manière beaucoup plus prosaïque.
Il a découvert ce que certains appellent cette perversion sadique en prenant un bain. Non, rien de lubrique là dedans. L’eau trop chaude lui brûlait la peau à peine tentait-il d’y plonger un bras. Se souvenant des sempiternelles phrases qu’il entendait en regardant le sport à la télé, lui disant que « tout était dans la tête », il calqua ce précepte de vie à la sienne.

Refusant de souffrir de la douleur, il se mit à en faire son alliée, à l’apprécier pour pouvoir la dompter. Il est ce que tout le monde appelle un masochiste, un dégénéré, un pervers dépravé. Mais c’est bien le seul de tous, seul au milieu de ses détracteurs, à avoir su prendre du recul sur la vie, ses épreuves et ses semblables.

En somme, le plus raisonné de tous.

Sleeping Sun.

Plus de minuit et cette nuit, comme bien d’autres nuits, je ressens l’envie de pleurer. J’écoute de la musique, qui se veut pourtant entrainante. Mes sentiments n’ont simplement pas accepté de suivre ce même rythme. Mes paupières tombantes me rappellent ô combien je suis fatiguée, mais, comme à chaque fois que cette douleur dérangeante se fait ressentir, je ne parviens pas à dormir. Les heures s’écoulent, de plus en plus lentement. Ces minutes silencieuses me pèsent. Elles m’apaisent dans le même temps. Le paroxysme de ce silence me déchire en deux émotions contradictoires : ce silence qui me calme, me fait reprendre conscience de mes pensées, de mes actes, me fait relativiser. Mais il me fait à la fois paniquer, il fait remonter en moi les souvenirs passés, que je souhaiterais enfouis. A jamais.