Mois: juin 2011

Last One

Dernier article du mois, le quinzième ; pari tenu d’un article tous les deux jours. Pari qui me semblait pourtant insurmontable à mi-parcours. Même si j’écris comme je respire, si j’écris dans le train, le métro, en cours, au travail, souvent aux terrasses de café, en rentrant de soirées, après une crise de nerfs, lors de nuits d’insomnie, parfois en marchant (ayant peur des défauts de ma mémoire qui me feraient perdre ce à quoi je pense dans l’instant), la plupart du temps directement sous Word mais aussi bien souvent sur n’importe quel bout de papier ou calepin que je laisse délibérément dans chacun de mes sacs. Car même si j’écris comme je respire, il est difficile d’assembler quantité et qualité ; comprenez dans la qualité une variété de sujets importante pour les rendre intéressants. Je me retrouve souvent avec un nombre inconsidérable d’articles écrits mais jamais publiés. Oubliés parmi des dizaines et des dizaines d’autres pages écrites. Le challenge de ce mois était donc d’écrire sur des sujets variés et je ne suis pas trop déçue du résultat. Maintenant un peu de pause me fera le plus grand bien, même s’il me semble avoir au contraire pris le pli d’écrire tous les jours, ou en tout cas de penser à le faire.

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Festival in Love [Solidays 2011]

Fan de festivals, cette édition 2011 fut pourtant mon tout premier Solidays. Organisé en faveur de la lutte contre le virus du SIDA, il aura regroupé 150 000 personnes ce weekend. Et cette ambiance très solidaire se ressent, grâce aux centaines de volontaires, aux artistes et au public. Un exemple, pas de mouvements de foule intempestifs, qu’on peut attribuer à la fouille très poussée à l’entrée de l’hippodrome, où chaque bouteille est sentie pour déceler une vague odeur d’alcool, même si malgré tout cela on découvre quelques bouteilles d’alcool à l’intérieur, ayant réussi à passer à travers les mailles du filet. La fouille, parlons-en, c’est bien là mon plus grand stress à chaque concert / festival, en raison de mon réflex assez volumineux, encore plus quand de grands panneaux « appareils photos interdits » montent la garde devant l’entrée. Malgré une fouille complète de mon sac (livres sortis, boitiers à lunettes ouverts, trousseau de clés inspecté), mon Nikon est passé sans problème. Impossible qu’ils ne l’aient pas vu, mais un peu d’indulgence ne fait pas de mal.

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Pour le festival en lui-même, je suis avant tout venue pour Moby (j’en reparle à la fin, évidemment, Moby quoi), mais ça ne m’a pas empêchée d’assister à des concerts pour le moins varié. Des Têtes Raides à IAM, en passant par Aloe Blacc (I need a dollar), Gaëtan Roussel (chanteur de Louise Attaque) ou encore Les Sœurs de la Perpétuelle Indulgence, tout le monde peut y trouver son compte.

On trouve aussi pêle-mêle de multiples stands, la plupart orienté sur les associations humanitaires (Act Up, Greenpeace, etc.) mais aussi d’autres plus frivoles comme un stand Uno, Coca-Cola, Desperados ou Heineken. Solidays c’est aussi des rabatteurs qui vous donnent des cartes de visite pour vous proposer d’être escort-girl en Suisse à 3000 € la journée ou des vieillards qui viennent vous trouver pour vous demander s’ils peuvent couper une mèche de vos cheveux (what the putain de fuck ?!).

Et puis Moby, mon artiste masculin préféré. A 12 ans j’écoutais en boucle Play et 18 en faisant du vélo. Je vous laisse imaginer ma joie quand j’ai eu vent des duos que ce dernier a fait avec Farmer… Moby a donc fait le concert de clôture des Solidays (une heure et quelques de concert, c’est bien trop court, bien bien trop court), avec un show très axé électro. On y a retrouvé Bodyrock, Lift Me Up, We are all made of stars, In my heart, In this world, mais aussi des titres plus calmes tels Porcelain et Why Does My Heart Feel So Bad ?, prêts à arracher une petite larme. La bonne moitié du concert m’a rappelée quand j’étais en fosse au concert de Prodigy, et cela fait plaisir à voir quand on sait que la plupart des gens présents ne sont pas forcément des fans de la première heure.

Gros coup de cœur donc, pour Moby, pour le festival, pour les bénévoles et pour le public.

Histrionic Personality Disorder

Un trouble assez intéressant qu’il m’a été donné d’étudier ces derniers temps, côtoyant des personnes touchées, comprenant leurs difficultés, sans avoir même besoin de les comparer avec les miennes de par leurs similitudes.

Commençons par les faits, le trouble de la personnalité histrionique touche jusqu’à 3% de la population, les femmes en majorité. Ca c’est pour le préambule. Pour l’explication grosso modo, ce trouble est défini par Wikipédia comme « un mode généralisé de réponse émotionnelle excessive ». Séduction, recherche de regards, tentatives de suicide et changements d’humeur fréquents en sont les principales composantes. Ces faits liés ensemble dépendent de la psychiatrie et des troubles mentaux, pas rien donc.

Evidemment, tout le monde fait plus ou moins usage de séduction si l’on doit prendre cet exemple, et cela reste dans le cadre de la normalité tant qu’elle n’est pas additionnée aux autres faits. Chaque comportement mis à part n’est pas un signe, c’est dans leur globalité qu’ils prennent leur importance. Vous êtes par exemple histrionique (mot savant pour éviter le terme « hystérique ») si cinq des manifestations suivantes vous représentent à forte échelle :

Le sujet est mal-à-l’aise dans des situations où il n’est pas le centre de l’attention d’autrui
L’interaction avec autrui est souvent caractérisée par un comportement de séduction inadapté, ou d’attitude provocante
L’expression émotionnelle est superficielle et instable
Le sujet utilise régulièrement son aspect physique pour attirer l’attention
La manière de parler est trop subjective et pauvre en détails
Il y a une dramatisation (théâtralisme, exagération du pathos) et une exagération de l’expression émotionnelle
Le sujet fait preuve de suggestibilité : il est facilement influencé par les autres ou par les circonstances
Le sujet a tendance à considérer que ses relations sont plus intimes qu’elles ne le sont en réalité

Pour le cas des histrioniques, ils auront toujours tendance à penser que leurs actions sont normales et explicables, et non tirées par les cheveux et complètement à côté de la plaque. « Les sujets histrioniques entretiennent une certaine dépendance vis-à-vis d’autrui, leurs relations avec le sexe opposé se caractérisent par le besoin de séduction, tout en évitant les relations affectives authentiques. Les changements d’humeur fréquents et la labilité émotionnelle amènent à de véritables crises de nerfs. »

Je crois que tout est dit.

21 Juin : Musique Maestro !

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La fête de la musique à Paris, j’en avais déjà parlé ici, il y a trois ans (oui, avec un titre pareil vous ne risquiez pas de le trouver). Et cela n’a pas vraiment changé depuis le temps. A savoir que la musique n’est qu’un prétexte pour pouvoir descendre dans les rues, se les approprier et avoir une excuse pour chanter à tue-tête, boire plus que de raison et laisser du bordel un peu partout. La fête de la musique parisienne c’est aussi pouvoir observer une place de l’hôtel de ville peu représentative de l’esprit du reste de la ville, croiser des shemales en plein cœur du Marais, voir la nuit où le métro fonctionne sans interruption mais où de façon contradictoire on marche le plus, rejoindre des potes aux quatre coins de Paris, découvrir de nouvelles personnes, marcher sur des tessons de bouteilles et écouter des dizaines de musiciens et chanteurs de rues. C’est aussi quitter un ami à la fin de la nuit et se faire prendre dans ses bras, brusquement mais délicatement. Me faisant me blottir contre lui, les vacances arrivant, il me dit alors que je ne le reverrai pas d’ici Septembre. Son souhait est que je prenne soin de moi d’ici là, toute seule, comme une grande, sa façon de me faire comprendre qu’il tient à moi. Moi, petite chose fragile à ses yeux, et aux miens. Et rien que pour cela je prendrai soin de moi cet été, autant que faire se peut. C’est aussi répondre à des questions inattendues. Quelqu’un qui m’était inconnu jusqu’à cette nuit là m’a posé, en plein milieu de la conversation, la délicate question suivante : « Qui es-tu ? ». « Ce que je fais ? » « Non non, ce que tu es, comment tu te définis, toi et ta vie. ». Il n’y a rien de pire comme question pour vous prendre au dépourvu mais rien de mieux pour vous faire porter un regard critique sur vous-même.

Plus belle la vie, really ?

Titre en inadéquation totale avec le contenu car ne sachant pas vraiment où j’allais, ce dernier est parti là où je ne voulais même pas l’emmener à la base.

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Il y a des jours comme ça, où il est impossible de rester enfermé chez soi. Impossible car l’enfermement physique équivaudrait à un enfermement mental. Et quitte à boire tout seul chez soi, autant boire tout seul dehors. Dans ces moments là, quand il est à peine 18 heures et que vous êtes déjà pompette, n’importe quel acte ou remarque remonte le moral. Comme une serveuse qui me dit adorer mon vernis vert pétant, comme mon buraliste qui me tend le bon paquet de cigarettes avant même que je n’aie fini de le saluer.

Mais sortir pour aller où ? Faire quoi ? Revenir imbibée de Pigalle tous les samedis soirs suffit déjà à mon bonheur, mais en semaine ? Les terrasses de cafés sont toujours le refuge adéquat, à condition de choisir les bons. Ceux où vous pouvez, selon votre état d’esprit du moment, soit prendre un verre avec de parfaits inconnus et parler avec eux toute la soirée, soit être penché sur un livre ou dans l’écriture, sans vouloir être dérangé toutes les cinq minutes par une personne trop entreprenante. Pour les uns préférez Bastille, pour les autres les Starbucks du quartier d’affaires de la Défense.

La preuve en est, qu’un cas comme dans l’autre, tout le monde peut y trouver son compte. Groupes d’amis, couples, âmes solitaires … Les cafés et bars rassemblent les gens quels qu’ils soient, peu importe leur nombre et ce qu’ils cherchent. Ce qui se résume souvent au simple loisir de passer le temps.

Arthur & Julie (une histoire ordinaire)

Article brut de décoffrage, sans hypocrisie perfide, sans détour non plus, mais avec mes tripes, je peux l’assurer. Il ne va pas forcément plaire mais je ne fais plus dans la dentelle pour ceux qui en ont perdu la douceur. Et puis cela reste de la littérature avant tout. Et puis zut, je le trouve beau mon article, surtout pas si acide que cela, juste sincère et délicat autant que possible.

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J’ai envie de vous parler d’une amie que je respectais, que j’aimais. Mais que je n’ai sans doute pas assez choyée.

Elle était comme moi, mais en mieux, en beaucoup mieux. J’admirais sa force de caractère tout comme sa force à affronter chaque épreuve se dressant devant elle, le regard fier et la tête haute. Même si sa force intérieure n’était pas toujours solide, elle ne laissait rien paraître, utilisant son courage comme un bouclier la protégeant du monde. Au fil des années, j’ai grandi avec elle, parlé d’hommes avec elle, lui tenant encore la main dans la rue nos vingt ans passés, sans voir venir la fin.

En parallèle, il y a un peu plus d’un an j’étais heureuse. Les jours qui passaient me faisaient l’effet d’une joie permanente, car il me semblait être engloutie dans ce bonheur frivole et indéfinissable pour quiconque ne le ressentant pas, ce sentiment d’être dans une relation durable avec quelqu’un et s’en réjouir. S’en réjouir, même quand ce dernier part en voyage en écrivant des cartes postales à ses potes sans penser à vous en envoyer une, s’en réjouir quand, en plus d’être la seule des deux à faire des cadeaux à la Saint-Valentin, lui payer en plus le restaurant, s’en réjouir quand il reste volontairement tard au travail en oubliant que vous l’attendez chez lui ou encore quand il vous fait comprendre qu’il désire plus que tout passer le Nouvel An avec ses amis, et tant pis que vous ne soyez pas là. Aveuglée par les côtés positifs, ces détails, qui subsistent sur la durée beaucoup plus longtemps qu’une persistance rétinienne, restent après tout des détails quand on ne pense pas à se mettre à la place de l’autre.

Immergée une année durant dans ce cocon protecteur qu’est la relation amoureuse, je me suis rendue compte qu’elle avait pris fin le soir où j’ai ouvert ma boîte mail pour y lire les mots désastreux qui l’annonçaient. A partir de ce soir là, je me suis sentie misérable. Misérable car j’avais autant perdu une tierce personne que mon estime de moi par la même occasion. Comment se respecter quand on nous montre par de telles façons qu’on ne mérite aucune estime, aucune dignité ? Moi qui aie toujours mis en avant le poids des mots, ces derniers, rédigés à la va-vite comme un mail sans émotion, sans pudeur et sans regret, m’ont dévastée. On ne ressent alors qu’un mal sans nom, impossible à définir et à décrire, qui fait traverser la colère, l’incompréhension et surtout la tristesse. De la tristesse naît l’incompréhension et surgit la colère. Car après tout, ce mal que l’on subit, il devait être mérité, sinon comment expliquer qu’on puisse souhaiter faire autant de peine à quelqu’un qui n’a fait que vous aimer ? Mettant toute sa force à entretenir ses relations amicales au détriment de la nôtre, préférant ignorer que les deux pouvaient aisément se concilier. Je ne ressens plus que de la colère et de la haine quand je pense à ces moments perdus, foutus en l’air, à toute cette destruction que je pensais ne pas mériter et à cet homme qui n’aura pas cessé, comme moi, de ne penser qu’à lui.

C’est à cette époque là que j’ai perdu cette amie que je considérais comme ma grande sœur, ma brune de grande sœur, ma littéraire de grande sœur, ma geek de grande sœur ; celle que je voulais être en grandissant mais que je ne verrai plus grandir.

Inutile de répéter à quel point je me sentais minable et méprisable. Croyant me motiver, elle a multiplié les grandes paroles censées me donner un coup de fouet, allant jusqu’à m’invectiver en public. Or, s’il y a bien quelque chose à ne pas faire quand je suis agenouillée dans une mare de vase, c’est de me marcher sur la tête pour que je me noie. Certaines personnes peuvent le prendre d’une bonne façon, cela doit dépendre de la personnalité, mais je doute que cela concorde avec la mienne. S’en est suivi un quiproquo regrettable dont je me souviens plus des aboutissants que des tenants. L’aboutissant final a été la perte totale de cette amie chère, qui préférait m’insulter par statuts Facebook plutôt que de répondre à mes messages. Je ne lui en veux pas, je ne lui en veux plus, je regrette simplement l’issue de ces quelques jours de dispute, après une amitié de plusieurs années. Après quelques nouvelles tentatives de ma part, des mois après, toujours une réponse négative à mon égard et l’impossibilité de recoller les morceaux d’un vase que je ne pensais pas si fragile.

J’y pense aujourd’hui, car je ressens toujours autant de regrets quand je descends dans le Sud pour passer devant sa maison familiale et penser à nos souvenirs communs. Et c’est avec un pincement au cœur que je reste dans l’ignorance, me demandant si elle reste en colère contre moi pour un quiproquo que mes excuses n’ont su effacer, ou si elle regrette d’avoir vu nos chemins se séparer. Mais si des deux solutions, la plus négative est la vraie raison, je préfère rester dans l’ignorance.

Car si maintenant j’ai appris malgré moi à détester le premier, je ne peux m’empêcher d’éprouver toujours autant d’affection pour la seconde. La solidarité féminine dira-t-on. L’attirance pour la joie au détriment de la peine selon moi.