Mois: novembre 2008

Anima sana in corpore sano

Ma semaine de cours m’offre la possibilité, et cela, toutes les semaines, de ne pas travailler le lundi. Sitôt vu la neige en train de revêtir la pelouse du jardin je passai un coup de fil à ma petite amie. Certes, le temps n’est pas ce qu’il y a de plus chaud et de plus sensuel mais il a cet avantage tout particulier d’être délicat et carrément romantique. La neige m’a toujours réjoui. Sensation de pureté et d’élégance, elle a sans cesse contribué à faire frissonner en moi cette curieuse impression de renaissance et de suppression des écarts de conduite de l’année qui se termine. Certains pourraient saisir l’occasion au vol et dire de moi que je suis efféminé. A dire vrai je ne crois pas que ce soit du tout le cas. Bien sur, je soigne mon apparence, je m’habille avec précision, ne voulant négliger aucune erreur ou imperfection en passant du temps devant mon psyché. Je fais attention à mon corps au moins autant qu’à traiter et maltraiter continuellement mon esprit.
Un esprit sain dans un cœur sain.
Tout cela s’explique plutôt à mes yeux par une volonté de perfectionnisme. Je ne veux pas que l’on ait des impressions fausses sur moi, pas plus que les vraies. Je continue tous les jours de m’instruire, de lire, de regarder, d’écouter, et surtout de parler. Car y a t il une meilleure source de connaissances que celles émanant des autres ? Je recherche l’intelligence sans failles, veux savoir presque tout sur tous les sujets et ce jusqu’à passer pour un idiot fini en demandant sans cesse des réponses auprès de mon entourage. Peut-être est-ce pour cela que ma copine m’aime. Pour l’image que je lui renvoie. L’image qu’elle voudrait voir et que je lui offre effrontément, comme c’est souvent le cas au début des histoires de couples, expliquant aisément pourquoi la fin a tendance à se précipiter dès que les amants se lassent de leur rôle et que leurs masques tombent. Peut-être est-ce pour cette raison aussi que je collectionne les petites amies et les histoires sans lendemain. Toutes ces jolies filles qui commencent trop à s’accrocher à moi au fil des jours me font peur. Elles me mettent en danger, en danger face à ma conformité voulue. Ce qui me pousse à réaliser dans le même temps que je préfère continuer à m’enfoncer dans mes faux-semblants plutôt que de m’ouvrir aux autres et de leur être sincère. Sincérité que je refuse d’accepter moi-même. Au risque de voir ma propre vie défiler sans son personnage principal.

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Beautiful Agony

« Then try, try, say die and watch me die. »
« Die then! Die! I watched her die many times. »

Incroyable. On est parfois poussé à faire / dire des actions / paroles incroyables.
Incroyablement pédantes et osées, incroyablement irréfléchies aussi.
Qu’on regrette incroyablement, qu’on voudrait oublier, et qui, paradoxalement, prennent de plus en plus d’ampleur dans la culpabilité. On en rit sur le moment, pendant, au début, on en pleure après, on se sent six feet under, on veut tirer un trait sur tout ça, on ne peut pas, les autres non plus, justement.
On veut tout recommencer, faire un simple ctrl z, voire un reboot complet du système.
On se laisse avoir, par les émotions, par les envies. On veut disparaître, faire comme si rien ne s’était passé, mais on espère aussi et surtout, bien secrètement, de la compréhension.
On repense à ces lapsus, ces actes manqués, qui font et défont la vie jour après jour.
On voudrait les éviter mais ils font partie de nous, on aimerait pouvoir dire ce que l’on ressent, mais quand on le fait, quand on dit ce qu’on pense vraiment, ce ne sont que des actions / paroles incroyablement pédantes et osées, incroyablement irréfléchies aussi.
Qu’on regrette … inlassablement.
Ou pas.

Bienvenue dans la Vie

The_Cat_Gala_by_sympathized

C’était encore une de ces soirées où chacun n’est là que pour impressionner le voisin et lui donner ce sentiment d’infériorité. La fête battait son plein et la reine de la soirée, Karen, 22 ans, chez qui la réception était donnée, fêtait tout juste son anniversaire. D’humeur toujours pétillante et joyeuse elle virevoltait d’invités en invités pour les remercier, de leurs cadeaux comme de leur présence. Je regardais tout ce petit monde, juchée sur des talons hauts à m’en donner le vertige, pendant que Bob était accroupi à côté de moi, en cherchant sous la table du buffet la boulette de shit qu’il était en train d’effriter, avant qu’un serveur ne lui donne un coup de coude involontaire, avant de se répandre en excuse. Karen était de plus en plus souriante proportionnellement au nombre de coupes de champagne qui passaient entre ses délicates mains.
Et c’est alors que je le vis. J’ai croisé son regard le temps d’un instant, le même type de regard complice et à la fois gêné que si je croisais un collègue de l’Opus Dei dans un bordel. Il était affairé à faire des boucles avec des cheveux qui ne lui appartenaient pas et la fille allongée sur le canapé se gaussait, sans doute, à l’une des blagues dites par mon bel inconnu.
« C’est bon, je l’ai retrouvée »
Le temps de me retourner et confier mon briquet à Bob pour continuer notre attrayante affaire et toutes les lumières s’étaient retrouvées éteintes. Bien sur, il devait être minuit, le gâteau et toutes les belles bougies n’allaient pas tarder à arriver. Je pris mon portable, par réflexe, par curiosité, ou par simple suspicion, pour y regarder l’heure. 1h48 du matin. Déjà. « Déjà » fut ma première pensée ; « Bizarre » fut la seconde. Je recroisais le regard de Bob qui était décidément mis à mal avec ce énième joint de la soirée et lui demanda s’il était au courant de quelque chose. Non, bien sur que non, lui non plus ne savait pas ce qu’il pouvait bien se passer. Nous étions apparemment les seuls à trouver cela étrange. L’alcool ayant fait son effet, l’euphorie ambiante et surtout les quelques traces de drogues en tout genre sur le bord des tables en verre ont conforté mon idée qui était que nous étions sans aucun doute les seuls à avoir l’esprit le moins embué qu’il nous était possible. Remerciant mes talons je m’aperçu que je dominais de hauteur la quasi-totalité des invités présents. Dans un loft de plus d’une centaine de mètres carrés, où la musique pulsait toujours et où plus d’une soixantaine de personnes dansaient, se trémoussaient, s’embrassaient, fumaient et buvaient, il était presque vain de vouloir trouver quelque chose. Karen par exemple. Impossible de la voir et personne n’avait l’air de s’en soucier, tous préférant continuer la soirée éclairés aux veilleuses et remerciant l’organisatrice de cette idée concept. Karen avait beau avoir les défauts que tout le monde lui connaît il n’en reste pas moins qu’elle est mon amie et que son absence commençait franchement à m’inquiéter. Pendant cette courte inspection mentale, Bob avait quant à lui commencé à reluquer les beaux mâles qui se déhanchaient au rythme d’un David Guetta encore unrecorded. Cela me fit repenser à mon inconnu de tout à l’heure. De lui non plus il n’y avait plus aucune trace. En temps normal j’aurais été déçue d’avoir laissé passer un si beau coup mais cette furtive disparition ne parvint qu’à décupler mes soupçons, quels qu’ils soient.
Je décidais d’abandonner Bob quelques secondes, sur qui la fatigue commençait à prendre ses droits, pour chercher Karen. Peut-être étais-je en train de me monter le bourrichon pour rien et que cette gamine égocentrique était simplement en train de faire une partie de jambes en l’air avec le beau gosse de la soirée. Cette simple pensée me fit passer un éclair dans les yeux tout en imaginant ce dernier sortir d’une boîte géante en entonnant un début de Happy Birthday Karen en retombant deux secondes après le nez dans les confettis. J’éclatais de rire.
Ce n’était pas le moment de penser à ça. Je n’étais venue qu’une seule fois chez elle et me rappelais grosso modo où les pièces principales étaient. Je décidais d’aller de la moins à la plus intimiste. Dans la cuisine un couple qui se bécottait et une bouteille de vin ouverte, je me servis un verre et partis en direction de la salle de bains. Je frôlais les murs pour essayer d’éviter les gens qui, individuellement, prenaient la place de quatre, quand je renversais mon verre sur un Tshirt d’une blancheur immaculée parfaite, avant la belle tâche de vin en son milieu bien sur.
« Hey. Fais un peu attention là. Tu tombes bien, je te cherchais. Tu es bien Audrey n’est-ce pas ? Karen ne se sent vraiment pas bien, elle aimerait que tu arrêtes la fête et que tu vires tout le monde d’ici. Got it poupée ? »
J’avais commencé à acquiescer à l’écoute de mon prénom mais m’était abstenue de rajouter autre chose quand je m’étais mise à lever les yeux vers lui. Cette pourriture qui osait me donner des ordres était donc le gars bien fringué de tout à l’heure ? Malheureusement pour lui il ne me connaissait pas, il aurait autrement su que la manière la plus sûre de me voir ne pas faire quelque chose étant d’exiger que je le fasse. Feignant la plus totale indifférence je commença à le draguer effrontément en lui disant qu’à la base je cherchais la salle de bains pour me refaire une beauté et que cela passé je ferai ce qu’il me demandait, et plus si affinités. Un sourire éclaira son beau visage de connard. Il me laissa passer pour aller en direction de la pièce principale, où la fête n’avait pas vraiment l’air de s’essouffler. Je courus jusqu’à la chambre de Karen. Elle était assise la tête baissée, se fumant une cigarette, ou quelque chose de ressemblant. Elle leva les yeux vers moi, un œil en pleurs et l’autre en sang. Je la pris dans mes bras et appris par la même occasion que Boris, car c’était ainsi qu’il s’appelait, n’était autre que son petit ami. Voyant que je ne comprenais vraisemblablement pas la suite logique de ce statut, elle m’apprit qu’elle avait trop de dettes envers lui. C’était le meilleur dealer de la ville niveau coke et ecsta mais aussi le plus cher. Comme rien n’était jamais trop cher pour Karen elle s’était mise à le fréquenter assez régulièrement, lui et ses produits, assez régulièrement aussi. Cela allait faire un mois qu’elle commençait sérieusement à lui devoir de l’argent. C’est lui qui avait eu l’idée de cette soirée, pour faire raquer un maximum de fric aux invités qu’il aurait eu en guise de cadeaux. Seulement, la fête s’éternisait et ce qui se passait en vérité n’était vraiment pas à la mesure de ses espérances, pire, tout l’alcool et la nourriture de l’appart étaient en train d’y passer. C’est pour cette raison qu’il voulait à présent les virer au plus vite, d’autant plus qu’il avait trouvé un boulot sur mesure pour Karen qui lui permettrait d’avoir de l’argent à foison. Nous n’eûmes même pas besoin de nous regarder pour savoir en quoi consistait ce boulot.
La vie de Karen, qui semble à tous la plus merveilleuse qui soit, avec ce physique ravageur, ce luxe présent aveuglément, ces amis qui se bousculent dans la rue pour lui dire bonjour, toute sa vie est pourtant pourrie jusqu’à la moelle. Un mythe que l’on aimerait conserver comme tel et qui s’effondre aussi facilement qu’un château de cartes. Je n’ai aucune solution à lui proposer, je ne l’ai jamais vraiment connue après tout. Je ne peux que rester là et lui dire de ne pas s’inquiéter ou bien alors tenter d’user de mes charmes pour la protéger. Ils sont autant coupables l’un que l’autre, si je veux faire tomber l’un, l’autre tombera aussi. Ils sont liés tant qu’ils auront besoin l’un de l’autre. La seule phrase que je lui ai dite j’y repenserai toute ma vie mais je ne pouvais pas faire autrement. En sortant de sa chambre j’ai vu Boris qui me fit un clin d’œil à m’en faire vomir. Les invités commençaient à partir par petits groupes, je secouai Bob qui devait en être à son dixième joint depuis que je m’étais absentée et lui dit « Viens, on a plus rien à faire là ». Il eut le tact de ne me poser aucune question. Je n’avais pas non plus envie de passer la nuit seule, je me suis incrustée chez lui. Je la passais néanmoins seule à me rappeler mon unique souvenir de cette soirée, celui d’une fille qui ne vint vers moi que pour me demander de lui sauver la peau et à qui froidement, j’ai répondu « Je te souhaite bien du courage, Karen ».

Brouillon enregistré à 15:23:10

Il m’est affligeant de voir que je ne suis pas capable de m’occuper de plusieurs blogs à la fois. C’est normal après tout. Ils sont tellement antagonistes que je me demande aussi comment j’arrive à concilier les deux ; justement je n’y arrive pas.

Je suis hypocrite, je suis jalouse et je suis manipulatrice. C’est moche, d’autant plus que tous ces défauts partent d’un bon sentiment. Je suis hypocrite parce que je veux être gentille, je suis jalouse parce que j’aime et je suis manipulatrice parce que je souhaite être gentille envers les gens que j’aime.

Et pour ceux qui ne voient pas ces défauts en moi c’est d’autant plus dommage, parce que cela veut dire que je suis hypocrite envers vous et que dans le même temps je vous manipule.

N°44

MOI JE MOI JE vais changer le thème du blog, parce que ça commence franchement à sentir le rat crevé ici. Trop macabre, trop ouais suicidaire c’est ça ? No matter. On va blanchir ça, enfin MOI JE MOI JE vais le faire. Pas trop non plus, on va garder le sacriledge touch, ça va juste être un peu moins glauque, un peu plus optimiste aussi. Mais pas tout de suite, on ne change pas les habitudes du jour au lendemain, d’abord la déco, après le contenu.

Un Pavé Dans La Mare

Elle est bien, elle se sent bien. Elle veut prendre un nouveau départ et se sent prête à tourner la page sur laquelle son passé est inscrit. Elle en a fini de vouloir prendre sa revanche et d’attendre en vain des excuses de la part de ceux qui lui ont fait tellement de tort. Ceux qui ont gâché sa vie ; ceux qui ont au départ gâché quatre années de sa vie alors qu’elle n’a maintenant même pas encore la vingtaine. Ces années maudites qui marqueront sa vie à jamais en y laissant des empreintes et leurs séquelles indélébiles. Elle a mis des années à s’en remettre, en voulant tourner ces foutues pages sur lesquelles le temps avait coulé mais pas sa soif de vengeance. Elle touche à sa fin cette vengeance car plus la demoiselle entretient ce goût si vif envers le mal qu’ils lui ont fait, plus c’est elle qui se fait du mal. Après ces quatre longues années à sourire tous les jours et pleurer toutes les nuits elle n’a plus jamais été la même. Elle était si naïve et elle le sait à présent, qu’elle laissait tout passer, tout, absolument tout, tout ce qui lui passait par la tête et par le corps. Alors au début elle leur en voulait à eux, même s’ils ne savaient la peine qu’ils lui faisaient, elle s’en foutait et leur en voulait à en crever. Ce qui failli arriver. Et puis elle s’en est voulu à elle-même d’avoir été si dupe pendant tout ce temps. D’avoir supporté le pire sans jamais rechigner et crié sa colère jusqu’au plus profond de ses songes sans que cela ne se sache. Peut-être que si elle avait ouvert sa gueule un jour tout ce serait arrêté. Non bien sur, mais impossible de le savoir. C’est sans doute pour cette raison qu’elle pousse si souvent des crises de colère à présent ; mais là où le bât blesse, c’est qu’elle ne fait qu’envers les personnes qu’elle aime.

Je l’aimais beaucoup. On ne peut pas dire cela à son amoureux. Dommage. De ma part, l’aimer beaucoup, c’était beaucoup.