Paris

News Février 2020 + L’Acolyte de L’Insolite

Un mois sans post, cela faisait belle lurette que ça n’était pas arrivé.

En cause, du travail et une semaine de vacances, je n’ai que cette excuse-là. Il faut dire que j’ai particulièrement réussi à déconnecter lors de ma semaine à la montagne et que j’ai eu du mal à me remettre dans le bain à mon retour. Je n’ai même pas tant pris le temps que cela d’aller au cinéma ces dernières semaines, hormis pour voir des films d’horreur un peu moisis : le remake de The Grudge, Nightmare Island ou encore La Llorona.

Je profite de ce passage pour vous parler d’un restaurant parisien tout frais dans ma tête puisque j’y suis allée hier soir seulement, à proximité d’Oberkampf : L’Acolyte de L’Insolite. Au menu sur les photos :

  • Ravioles de chèvre, crème de butternut et noisettes du Piémont
  • Gnocchis maison et truffe noire
  • Canette de Barbarie, chutney de mangue et céleri branche

Dans un petit endroit qui ne paye pas de mine de l’extérieur, le restaurant propose un service rapide et aux petits oignons, ayant pu le constater par moi-même car j’avais une vue plongeante sur la cuisine. Les plats étaient fins, légers et les associations originales, comme vous pouvez le voir sur leur carte. Si vous souhaitez y aller, je vous conseille fortement de réserver et de prévoir un petit budget pour ce restaurant car, sans faire véritablement d’extra, cela nous a coûté plus de 110€ pour deux.

Fort manque de temps en ce moment mais comme j’ai toujours autant de choses à raconter je vais me faire violence pour les coucher par écrit. Seeya ~

Soirée au Lido : Paris Merveilles

Pour fêter Noël dernier, j’ai offert à mes parents (et à moi-même par la même occasion) une soirée au Lido, que j’ai pu donc tester la semaine dernière. Je n’y étais jamais allée, ni à aucun autre cabaret parisien, le moment était donc venu de voir par moi-même à quoi ressemblait une soirée dans l’établissement.

L’intérieur du cabinet ressemble beaucoup à l’image qu’on peut se faire du Plus Cabaret du Monde depuis sa télévision. J’avais choisi la formule demi-bouteille de champagne par personne et spectacle de 21 heures, nous sommes donc arrivés en même temps que les tables étaient en train d’être débarrassées. Le coût du dîner en forfait en plus du spectacle faisait un peu exploser mon budget et j’avais quelques appréhensions sur le fait que la cuisine ne soit pas si gastronomique que cela mais que le prix soit justifié par le lieu. C’est un avis purement subjectif de ma part que je n’ai donc pas eu l’occasion de confirmer ou infirmer.

Ma première impression durant le show a été de me dire que c’était tout de même sacrément drôle de se retrouver en 2020 devant des froufrous et des personnes en petite tenue, comme il y a une centaine d’années. Evidemment, le french cancan est là, les meneuses de revue également, mais le show au Lido ne se limite pas qu’à cela. En effet, sans trop rentrer dans le détail et gâcher la surprise, le spectacle Paris Merveilles comprend son lot de tableaux de danse, de performance artistique et autres interludes que je n’aurais pas pensé voir ici. Du mime aux exercices d’acrobatie, les scènes sont variées et sont assez rythmées, accompagnées de jeux d’ombres et de lumières particulièrement réussis, pour que le temps passe sans qu’on ne s’en rende compte, le tout dans une ambiance so parisienne.

Même s’il reprend les classiques qui ont fait la renommée de ce genre de spectacle et qui nous replongent au cœur des années 30, Paris Merveilles (d’une durée d’1h30 avant le second show à 23 heures) est dans le même temps empreint de modernité, que cela soit au niveau des chansons que des acteurs et danseurs, qui ne sont pas que des femmes.

Je vous conseille de réserver à minima plusieurs jours avant d’y aller si c’est en semaine et plus tôt si c’est en weekend ou sur des périodes spéciales de type fin d’année. Pour ma part j’y suis allée un mardi et la salle était à 90% pleine. Sachez également que vous pouvez bien sûr repartir avec les bouteilles de champagne que vous n’auriez pas ouvertes ou bues.

Père ou Fils [Théâtre de la Renaissance]

Ce weekend dernier, Halloween passé, il n’en restait que la pluie et le temps grisâtre. Ni une, ni deux, je me connecte pour voir quelles sont les pièces du moment qui pourraient m’intéresser pour le lendemain du dimanche, et je tombe sur la nouvelle pièce avec Arthur Jugnot, au théâtre de la Renaissance, que j’avais véritablement découvert dans La Dame Blanche. A savoir que les Azzopardi ne sont jamais bien loin, puisque c’est Juliette qui s’occupe des décors.

La scène est unique, aucun changement de décor n’est apparent pendant la pièce qui se joue intégralement dans l’appartement du fils, joué par Jugnot, où passe souvent le père, Braoudé. Les deux sont au cœur de l’intrigue puisque chacun va se retrouver dans le corps de l’autre le temps d’un weekend. Quiproquo en tout genre, retournements de situation et échanges coquasses seront légion tout au long de l’histoire.

La comédie n’est pas mon genre de prédilection (au théâtre comme ailleurs), mais l’aspect surréaliste du synopsis et le bon jeu des acteurs m’ont fait oublier que ce n’était pas ma tasse de thé. La bande-son est assurément bien gérée, jusqu’à la sonnerie de téléphone au rythme de Girlfriend de TTC (j’ai d’ailleurs adoré le personnage du mi-dealer mi-branleur joué par Julien Personnaz et détesté celui trop hyperactif joué par Flavie Péan – qui joue dans Plus Belle La Vie, dixit une mamie derrière moi). Le show défile à grande vitesse, les dialogues sont entraînants et aucun temps mort ne vient interrompre le déroulé de l’histoire. Père ou Fils est une pièce sympathique qui prête facilement à sourire et qui permet de sortir de la grisaille de ce mois de novembre.

A voir jusqu’à au moins fin janvier 2020 au théâtre de la Renaissance à Paris

Piège pour Cendrillon [Théâtre Michel]

Un splendide Azzopardi comme je les aime. Adorant ce metteur en scène, j’ai profité de la première semaine de représentations pour m’offrir les places aux prix réduits en carré VIP, liées au lancement pour faire un peu de publicité quand une pièce commence et cherche à se faire connaître. Je précise qu’il était inutile de m’offrir une coupe de campagne pour que je me décide à dire du bien de cette pièce, que j’ai énormément appréciée (même si La Dame Blanche reste pour moi l’indétrônable, devant Chapitre XIII – pour ne citer que les thrillers). Si tu cliques sur les liens, tu tomberas sur mes précédents articles sur ces pièces.

D’une durée courte (1h20 rappels compris), Piège pour Cendrillon est une adaptation du livre de Sébastien Japrisot paru en 1963. L’intrigue de base est simple : une jeune femme est retrouvée vivante, mais avec des complications physiques et mentales, après avoir subi l’incendie d’une propriété, où une autre femme a perdu la vie. Souffrant d’amnésie, elle ne se souvient plus de beaucoup d’éléments, jusqu’à ne plus savoir ce qu’elle faisait à cet endroit … et avec qui. La suite (et surtout le dénouement dont je ne parlerai évidemment pas) est nettement plus complexe. J’avoue avoir voulu raconter la pièce à mes parents et j’ai eu beaucoup de mal à leur décrire l’histoire et les rebondissements car il faut vraiment les vivre pour les comprendre et les apprécier à leur juste mesure.

J’ai été bluffée par les 4 acteurs et encore plus les deux actrices principales Alyzée Costes et Nassima Benchicou, qui excellent dans les retournements de situation et de tempérament. La mise en scène est impeccable (exemple sur l’image plus haut), comme toujours chez Azzopardi, grâce aux mélanges de musiques, de lumières, d’effets, qui permettent une immersion totale et un sentiment de vivre l’histoire avec ses protagonistes.

J’espère que cette pièce fera un carton car elle continue dans la lignée des spectacles différents des théâtres de boulevard et autres lieux communs qu’on ne voit que trop. Encore bravo aux acteurs et à tout le staff qui nous permettent de découvrir de belles pépites comme celle-ci.

Au théâtre Michel, au moins jusqu’au 30 novembre 2019.

Fabrice Luchini [Théâtre De La Porte Saint Martin]

On ne m’arrête plus ! Hier encore à la même heure je ne savais pas que j’irai voir Fabrice Luchini le soir même, les surprises de la vie parisienne. Je ne l’avais d’ailleurs jamais vu sur scène, voilà donc une bonne chose de faite.

Pour ce spectacle, créé en 2017 et intitulé « Des écrivains parlent d’argent », Luchini est censé nous lire des passages de grands auteurs parlant justement des sous, de la monnaie, du capitalisme. Mais finalement plus que lire, Luchini incarne les textes qu’il semble connaître par cœur et ne lit donc quasiment pas. De Karl Marx à Céline, en passant par Charles Péguy (que j’ai été ravie de découvrir), les mots s’enchaînent pour vibrer dans la représentation qui en est faite.

Pour être tout à fait honnête, j’ai eu du mal pendant la première demi-heure. Les textes que je ne connaissais pas me semblaient peu incisifs, voire fatigants et j’avais des difficultés à maintenir mon attention sur ce qui se disait, mon esprit vagabondant. Et même si j’ai franchement ri par la suite et apprécié également les passages de La Fontaine ou Emil Cioran, il n’en reste que Luchini est un personnage, qu’on adore ou qui nous gêne. Beaucoup de tergiversations, de redites, de bons mots pompeux, ont fait que je n’ai pas forcément apprécié le spectacle comme je l’aurais pu. Il va sans dire que Luchini est un homme de scène également et qu’il fait participer le public. Quelle magnifique tirade échangée entre les spectateurs et lui, ces échanges, ces rires partagés. C’est en outre cela le théâtre. Bien que les dires en eux-mêmes ne m’ont pas subjuguée, j’ai été conquise par la portée de la culture et les interactions continuelles entre l’artiste et la salle.

Représentations jusqu’à fin octobre au Théâtre de la Porte Saint-Martin, 18 boulevard Saint-Martin, Paris.

Gaspard Proust [Comédie des Champs-Elysées]

Fiou moi qui comptais rédiger ce billet demain, je précipite un peu les choses car je ne vais pas voir 3 représentations en 5 jours, mais 4. Le prochain était ce soir et le dernier demain, je pose mes idées à plat avant d’être toute embrouillée par tant de culture.

J’avais vraiment adoré Gaspard Proust Tapine, qui date de bien des années déjà. Et c’est tout à fait par hasard que je me suis rendue compte que son « nouveau spectacle » (c’est bien le nom de sa tournée qui a commencé depuis deux ans) tendait vers les dernières représentations. Ni une ni deux, j’ai pris la il y a une semaine un billet pour dimanche dernier, parce qu’en ce moment il fait moche à Paris et il faut bien mêler l’utile à l’agréable.

Gaspard Proust est méchant. On peut le résumer ainsi et je sais que nombre de ses blagues pourraient être censurées. Tout le monde (certains plus que d’autres) en prend pour son grade, mais que cela fait plaisir de rires de blagues qu’on ne pourrait pas forcément dire en société aujourd’hui. Commençant son show par une longue introduction liée à l’actualité (ce dimanche c’était donc Chirac, seveso et attentat au couteau), l’artiste enchaîne pendant 1h30 de spectacle. Malgré un petit coup de mou assumé vers les 3/4 du show, avec un laïus lu, Gaspard Proust parvient à faire rire à chaque envolée humoristique. Sans être une fan inconditionnelle, j’apprécie cet humour caustique, cynique et bougrement intelligent, nous faisant porter un certain recul sur les aberrations de notre société actuelle.

Juste pour info, si cela peut servir à certains, mon portefeuille étant malmené ces derniers temps, j’ai pris la place la moins chère possible, tout au bout de la salle, mais cette dernière étant petite je n’ai au aucun problème pour voir ou entendre tout ce qui se passait (preuve avec la photo). Vous pouvez donc choisir à peu près n’importe quelle place les yeux fermés.