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Dionysos au Grand Rex

Cela ne me rajeunit pas mais cela faisait déjà sept ans que j’avais vu Dionysos en concert pour la dernière fois.

Cette tournée, où la première date s’est déroulée au Grand Rex, est dédiée au huitième album studio du groupe : Vampire en Pyjama. Comprenant treize titres, il faut savoir que l’album a été écrit par Mathias Malzieu suite à son séjour à l’hôpital dont il a pu se sortir grâce à une greffe de moelle osseuse en 2014. Après un combat d’une année contre la maladie, il faut donc comprendre à quel point cet album est une véritable renaissance pour lui comme pour le groupe. Le livre Journal d’un vampire en pyjama se conjugue avec l’album quasi éponyme comme au temps de la Mécanique du Coeur.

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A cause de contraintes professionnelles, je n’ai pas pu assister à la première partie (où le son, m’a-t-on dit n’augurait rien de bon pour la suite de la soirée) et ne parlerai donc que du show de Dionysos.

Beaucoup plus « calme » et plus en maturité que certaines tournées qu’ils ont pu donner, ce concert revient aux sources des inspirations du groupe : le fort pouvoir des instruments face à la voix, où l’on entend finalement très peu Babet par exemple. Juste et franc, le concert ne s’est pas éternisé sur les succès passés du groupe. Il a mis en avant beaucoup plus de chansons récentes, en y mêlant les anciennes plus intimistes, comme Neige, avec un décor adéquat (photo ci-dessous). Par envie et par besoin de se sentir à nouveau en toute vitalité, Mathias Malzieu ne tient toujours pas en place et coupe allègrement les passages doux et mélancoliques par de vrais bonds électriques et des incursions dans le public toujours autant poussées.

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Véritable échange entre le public et le groupe, ce concert m’a prouvé que la salle du Grand Rex, dressée comme un théâtre, était le juste milieu entre une salle trop petite et une trop grande. La renaissance de Dionysos est en marche et c’est avec enthousiasme que je leur souhaite des dizaines de shows comme celui qu’ils ont donné ce soir-là.

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Drones Tour – Muse 2016 [POPB / AccorHotels Arena]

Le groupe Muse, par le biais de la tournée Drones Tour, est de passage à Paris à l’AccorHotels Arena (feu le Palais Omnisports de Paris-Bercy) du 26 février au 4 mars 2016. Comme à mon habitude, il était impensable que je n’assiste pas à l’une de ces dates, soirée sur laquelle je vais revenir ici.

Je vais passer très rapidement sur la logistique, qui est indépendante du show et liée aux travaux divers ayant lieu dans le secteur. Mais je préfère vous prévenir : attendez-vous à marcher dans le froid mordant, le temps de faire tout le tour de l’AHA (c’est moche, je préferais dire POPB) afin de rentrer par l’arrière de la salle, du côté du parc de Bercy. Cela mis à part, c’était la première fois que je venais assister à un concert depuis le rachat – et les travaux qui ont suivi. Bien que tous les salariés que j’ai croisés étaient des plus polis, j’ai trouvé le nouvel agencement assez froid, plus commercial que convivial. Alors évidemment tout est beau, tout est neuf (on est enfin assis sur des sièges qui ne sont pas moins confortables que dans le métro), mais j’ai trouvé l’assemblage tristoune, trop protocolaire.

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Parlons donc du spectacle maintenant ! Je n’ai pas vraiment assisté à la première partie donc je n’en parlerai sciemment pas (je l’ai écoutée en fond sonore sans vraiment me concentrer donc cela ne vaut pas le coup que j’en fasse une critique). Annoncé pour 21h30, Muse a commencé son show vers 21h15, après une annonce du groupe AccorHotels, nous incitant fortement à photographier et filmer au maximum le concert (c’était la première fois que j’entendais ça, cette annonce fut donc largement ovationnée) et nous promettant dans le même temps un véritable spectacle son et lumière à grande échelle.

Et cette annonce n’était rien en comparaison de ce que nous avons eu par la suite. Des trois tournées de Muse auxquelles j’ai assisté, je dois dire que je place celle-là bien au-dessus des autres. Boules lumineuses, ballons flottants, scène en 360 parfaitement bien visible avec des avancées de chaque bout et une bonne répartition des artistes (faut dire que Matthew Bellamy bouge toujours autant), des draps semi-transparents tombant selon les chansons afin d’afficher à loisir des cinématiques ou le groupe de façon holographique… sans oublier évidemment les cotillons, les paillettes et les écrans multiples bien situés. Chapeau bas également pour la régie du son et de la lumière car les deux étaient excellents. Un son bien réglé, des basses légères … je n’ai à aucun moment eu l’impression d’avoir mal aux oreilles, d’autant plus que la répartition des instruments et le volume étaient des plus adéquats. Pour la lumière, pas une chanson ne passait sans que l’on ait droit à un déluge de changements.

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Vingt chansons ont été jouées hier soir, où les anciennes étaient également de la partie, comme Plug In Baby, Supermassive Black Hole ou encore Stockholm Syndrome. A noter que les interludes musicaux étaient aussi ceux présents dans leurs albums. Hélas pas de rappel après le final de Knights of Cydonia, où la salle avait déjà rallumé ses lumières alors que le groupe n’était pas encore sorti. Pour finir, le tempo était là, le rock était là, l’ambiance était fantastique et les effets de scène à couper le souffle, pourtant j’ai senti peu d’échanges entre le groupe et le public. Ils viennent faire le spectacle qu’on souhaite voir, le font à merveille, plus s’en retournent. A l’image de la salle refaite, c’était impeccable mais cela manquait toutefois d’un peu de chaleur.

Une nuit dans les années 70

Prenant la route depuis Paris un jour de départs en vacances, rien n’aurait pu plus lui faire penser au XXIème siècle. Les passants pressés, les conducteurs surexcités et les heures d’embouteillages ne pouvaient faire oublier à Emma qu’elle était une femme des années 2000.

Seulement voilà, Emma avait sciemment fui cette société dégénérée pour aller s’offrir un weekend de calme et de volupté dans un festival, où elle souhaitait comme à chaque fois retrouver l’état d’esprit déconnecté de la réalité, dans tous les sens du terme. Arrivée sur place, sous un soleil de plomb, elle exhibe sa nouvelle coupe de cheveux comme si elle sortait d’un épisode de That’s 70’s Show, ainsi que sa tenue champêtre, destinée à parer les inconvénients de la météo et du terrain sableux et poussiéreux propres aux concerts en plein air.

Avec ses acolytes, elle plante la tente. Plus qu’une simple tente, une caravane dépliable qui permettrait de loger sans se gêner une demi-douzaine de personnes. Elle aménage des rangements, planque les packs de bières et autres bouteilles d’alcool sous les coussins et se met à apprécier le temps qu’il fait plus que le temps qui passe, comme elle a la fâcheuse habitude de faire dans sa vie professionnelle.

Quelques bières et débats philosophiques plus tard, elle décide de se diriger vers ce pourquoi elle était venue : le festival en lui-même, et non seulement le camping où elle avait commencé à passer un long moment. Arrivant tout juste à l’heure pour voir le groupe pour lequel elle s’était déplacée, les comparses décident tout de même qu’il leur reste encore quelques minutes pour passer à la buvette du village, le temps de patienter avec une boisson fraîche, mais là encore alcoolisée. Quand ses amis étaient encore au stand en train de passer commande, c’est avec déception qu’elle entendit que le concert était annulé. C’est alors une toute autre soirée qui était sur le point de commencer.

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Rebroussant chemin pour parcourir à nouveau le bon gros kilomètre à pied qui use les souliers entre les scènes et le camping et arrivant près de la fantastique tente, Emma entendit retentir au loin les sons de guitare en solo des artistes qu’elle était venue voir en duo. Dépitée, elle ouvrit une énième bière en y laissant fondre un carton recouvert d’acide, histoire de sauver la soirée en ne se contentant pas de boire pour oublier. Les effets tardant, c’est une deuxième dose de LSD qu’elle se glissera sous la langue comme une tête brûlée afin de commencer vraiment la soirée. Ne souhaitant pas rester sur une telle déception, les amis repartent vers le festival et rejoignent la partie gratuite pré-entrée, qu’ils avaient traversée sans tourner une seule fois le regard la première fois. Mais cela était sans compter l’abnégation des agents de sécurité refusant toute entrée à quiconque avait un verre plein entre les mains. Heureusement pour Emma, le LSD, comme les psychotropes contenus dans les champignons hallucinogènes, est indétectable aux tests salivaires. Un comble quand on sait que cela ferait bien plus de ravages au volant qu’un demi-verre de vin en trop…

Buvant leurs verres, ils ont fait des rencontres insolites qui les ont accompagnés tout au long de leur bon voyage. Emma a alors redécouvert le festival, les stands nourris aux sons et aux lumières, la foule qui s’agite, la gentillesse omniprésente. On ne pense pas assez aux plaisirs faciles : faire du vélo pour fabriquer de la lumière, se glisser dans la tente de quelqu’un, s’extasier devant une boule à facettes, résister à l’envie de pendre son téléphone pour avouer des choses inavouables, se laisser prendre par l’épaule pour découvrir monts et merveilles ou goûter le plaisir simple d’une glace faite au lait de chèvre. Emma a beaucoup parlé, beaucoup ri, beaucoup admiré, le tout sans retenue aucune. En s’endormant à 7h30 du matin passés, ce ne sont pas des larmes, mais un sourire béat qui lui barrait le visage.

Austra @ Paris Gaîté Lyrique

Je comptais faire un article également sur ce magnifique concert et ce festival punchy, mais Melou ayant dit tout ce que j’avais à dire, je vais me contenter de le republier avec plaisir !

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Une prestation magnifique, dans le cadre du festival Loud & Proud ! Récit de la soirée

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Paul McCartney Out There !

PAUL-MC-CARTNEY_1564994120255531219 Hier soir, Paris était magique, de l’aveu même de Sir James Paul McCartney, en réponse à son « Allez l’OM » il y a quelques jours au Stade Vélodrome de Marseille. Fan des Beatles depuis de très longues années, je ne pensais pas que j’aurais un jour l’occasion d’entendre lors d’un concert sa voix si reconnaissable.

Chose rare, il n’y a pas eu de première partie au Stade de France hier soir. A 21h10, les premières paroles d’Eight days a week cassent l’attente et lancent un concert qui ne durera pas moins de trois heures. La moitié de la pelouse or, censée être assise, s’est aussitôt agglutinée près de la scène, afin d’être au plus proche de la star. Car Paul est un artiste et une star. Il a encore une pêche incroyable, essaye de parler français le plus possible, aussi bien dans ses paroles que dans ses chansons, où l’on a pu entendre Michelle. Paul est heureux et fier de sa carrière et de ses chansons, c’est avec joie qu’il nous montre la guitare qu’il utilisait dans les années 60 ou celle qui lui a servi à enregistrer telle chanson.

Je n’ai pas pu m’empêcher de pleurer en entendant Something, Blackbird ou encore I’ve Just Seen a Face. La scène était sobre et élégante. J’ai eu peur au début, car la première chose que je regarde quand j’arrive à un concert, sont les enceintes et les écrans. Il y en avait peu mais tous les réglages étaient à peu près bons, même pour ceux qui pouvaient se trouver à l’autre bout du stade.

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D’autres chansons plus entraînantes ont fait danser tout le public, qui poussait un « oh ! » de délice en entendant telle ou telle chanson, qu’on ne pensait pas forcément entendre ce soir. Ob-La-Di, Ob-La-Da et Hey Jude ont enflammé le stade où tout un chacun chantait le fameux « la-laa-la-la-la-la-laaa Hey Jude ! » comme un seul homme. Ce moment était magnifique, au même titre que le transcendant Let It Be, où j’ai versé des larmes comme une madeleine et que Live and Let Die avec les feux d’artifices qui sont apparus avec un bel effet de surprise.

Paul a encore de la ressource et cette tournée en est la preuve. Après avoir vu les Rabeats il y a deux ans, je pense dire qu’hier était le point d’orgue et la consécration de ma beatlemania.

Festival Chorus 2015

Cinq ans ! Cinq années que je ne m’étais pas rendue au festival Chorus, ayant lieu tous les ans à la Défense à la même période, époque à laquelle j’avais découvert les Rois de la Suède lors de la première partie des Fatals Picards.

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Le festival Chorus est une véritable institution pour les altoséquanais. Entre les scènes de la Défense (depuis sept ans) et celles de 27 villes des Hauts-de-Seine, c’est un formidable hymne à la musique qui est donné le temps d’une dizaine de jours. Sans être exhaustive, nous avons eu droit cette année à La Roux, Stephan Eicher, Shaka Ponk, Ayo, Miossec, Jeanne Cherhal, Charlie Winston, Bigflo et Oli, Rone, Mademoiselle K, Grand Corps Malade, le Peuple de l’Herbe, Ez3kiel, JoeyStarr, Zenzile, Oldelaf …

Il y a plusieurs artistes que je souhaitais voir cette année, mais je n’ai finalement pu me libérer que pour aller voir et écouter le Peuple de l’Herbe hier, dernier jour du festival 2015. La configuration m’a surprise, puisqu’elle était totalement différente de celle présente dans mes souvenirs. Ce n’est pas un reproche, plutôt une amélioration nécessaire vu le nombre grandissant de visiteurs.

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Au sein du « village », différentes scènes, un bar, des stands de goodies et un large espace extérieur, pour profiter du soleil quand celui-ci daigne pointer son nez. L’acoustique n’était pas la meilleure que j’ai pu entendre mais les boules Quies sont ici distribuées gratuitement (on n’est pas au POPB !). Chorus est un très bon festival, aussi bien au niveau de la programmation que de l’organisation. Egalement, outre les concerts gratuits, les prix des concerts payants sont très avantageux. Nous y sommes, la saison des festivals est en train de recommencer à son rythme. De mon côté je vous donne rendez-vous dans un an, sur la pelouse de l’esplanade la Défense, entre trois Mc Donalds, cinq Starbucks et un Marks & Spencer.

https://twitter.com/festivalchorus