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Deauville Film Festival : 14 septembre 2019 [Bilan]

On redescend doucement sur terre après une semaine de films quasi non-stop. Juste un film pour moi aujourd’hui avant de découvrir le verdict du jury. Mes préférés pour cette édition 2019 sont Swallow, Judy And Punch et The Peanut Butter Falcon (oui, j’aime le cynisme). A savoir que le film que j’ai le plus aimé de ceux que j’ai vus cette semaine reste American Skin, mais il est hors-compétition et ne remportera pas de prix ici hélas. Rendez-vous donc ce soir pour la cérémonie du palmarès et la remise du prix de cette édition, et demain pour la remise du prix du public. Je touche un petit mot du film vu ce jour, avant de revenir plus en détails sur Deauville 2019.

The Hummingbird Project

Porté par un duo aux opposés mais néanmoins assorti (Jesse Eisenberg et Alexander Skarsgård), le film est original dans son synopsis (la construction d’un énorme tunnel entre le Kansas et New York, contenant une fibre optique plus rapide et permettant des bénéfices conséquents sur les actions en bourse). Le stress subi par les deux personnages se transmet bien et quelques notions de maths fi permettent de comprendre le sujet traité. Un film pas mal, qui n’a pour autant rien de bien particulier pour se distinguer.

J’abordais cette semaine la question de faire ou non le grand chelem des films en compétition. Le prix du public est assez bien fait pour palier le fait que tout le monde n’aille pas voir tous les films en compet’ : manque de temps, préférences autres (boudiou que je voulais voir Mars Attacks), manque d’argent (le pass festival en entier a tout de même un coût), ou encore juste pas envie ou autre chose à faire. Il faut dire que les films en compétition occupent toute la journée car ils sont diffusés à 11h et 14h. Difficile d’aller faire des excursions dans le coin avec une grande partie de la journée mangée. Ce qui explique que je ne sois allée voir « que » 12 films sur les 14 (20 au global si l’on comprend les avant-premières hors compétition).

J’ai donc bien réfléchi et je me suis dit que cela n’aurait absolument aucune influence dans le milieu de la critique ciné si je n’allais pas voir tous les films. Rentabiliser le pass n’est pas la question car je vais de toute façon au cinéma à Paris en mode illimité. J’en suis venue à me demander ce qui me plaisait tant dans le fait de participer à ce festival. C’est un tout. Seule pendant les dix jours, j’ai pourtant parlé des films vus avec beaucoup de personnes, certaines que j’ai même recroisées plusieurs fois. Je me suis coupée de ma vie de tous les jours, j’ai pris mon temps, j’ai visité les environs, j’ai profité des restaurants et, même quand je n’appréciais pas le film que j’étais en train de voir, j’appréciais d’être là où j’étais.

Je vais donc reprendre ma vie normale (je vais juste bruncher au Morny’s demain matin avant de finir par la séance d’Angry Birds 2 – y’a que ça qu’il me reste à voir demain matin !) et rentrer sur Paris. Je vous donne rendez-vous prochainement, avec normalement un article foodie sur Berlin, un article « pourquoi » sur lequel je suis penchée depuis plusieurs mois, pourquoi pas un article sur Calvados Expérience et assurément un article sur mon aventure chez FlyView Paris.

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News Août 2019

Il faut qu’on parle de Midsommar, le nouveau film d’Ari Aster, à qui l’on devait déjà le superbe et dérangeant Hérédité l’an dernier. Midsommar est tout aussi superbe et dérangeant. D’une durée de 2h20, ce qui est plutôt rare pour un film d’angoisse, Ari Aster nous montre sa pleine maîtrise de la réalisation, jouant avec plaisir avec les couleurs, les indices, les cadrages, mais également la légère distorsion de la réalité. Légère car remarquable en fond, sans être omniprésente. Pour résumer brièvement, cinq étudiants américains partent assister à un festival suédois, dédié au solstice d’été, où il fait jour quasiment tout le temps. Cela est également rare, voire même unique, de voir se dérouler un film d’horreur en plein jour. Evidemment, une fois sur place ils vont se rendre compte que cette réunion n’est pas aussi paisible qu’il n’y paraît. Je ne vais pas aller plus loin dans l’histoire car il est important de découvrir l’enchaînement des scènes devant le film. Attention, ce film est puissant et n’est pas à mettre devant tous les yeux, mais je considère le réalisateur comme quelqu’un à suivre et j’attendrai ses prochains films avec impatience.

Pour continuer côté cinéma, la programmation du festival du cinéma américain de Deauville n’est pas encore en ligne mais ça ne saurait tarder. Plus de nuits américaines cette année non plus, mais la possibilité de regarder l’intégralité de Game of Thrones, à raison d’une saison par jour, si jamais les films présentés en compétition ne valent pas le coup. D’après les infos que j’ai glanées à Deauville directement, la conférence de presse devrait avoir lieu le 22 août, ce qui nous permettra d’en savoir plus sur les films présentés.

Les festivals de l’été battent leur plein, Rock en Seine commence son installation (je zieute quand je passe devant, même si je n’y irai pas cette année) et le Hadra Trance Festival affine sa programmation non musicale, c’est à dire toutes les activités que vous pourrez retrouver à proximité du plan d’eau de Vieure durant toute la durée du festival. Ceci comprend entre autres les différents ateliers sur inscription (ayurvéda, oiseaux et fabrication de nichoirs ou encore balade sonore) et les autres en libre accès (studio photo, body art, conférences, projections de films, etc.).

Plus que quelques semaines pour moi avant les vacances (j’ai hâte), continuez de profiter de l’été comme il se doit et à très bientôt pour de nouveaux articles !

Annihilation [Film vs Livre]

J’ai vu le film Annihilation à sa sortie sur Netflix en mars dernier. Et je ne l’ai vraiment, mais alors vraiment pas apprécié. Je viens pourtant de le regarder une seconde fois.

En effet, lors de sa sortie, étant plutôt fan de science-fiction et de dystopie, j’étais ravie de découvrir cette oeuvre que je ne connaissais pas auparavant (alors que j’aurais du). Ayant été passablement déçue par l’avancée de l’intrigue, l’équipe purement féminine (que j’ai assimilée rapidement à tout l’esprit de féminisme actuel que je partage très moyennement) ou encore le traitement des événements, j’en suis ressortie déçue et ai complètement oublié ce film jusqu’à la semaine dernière.

Lisant en moyenne entre un et deux livres par semaine, je suis tombée sur Annihilation en format poche, de Jeff Vandermeer, et le pitch de quatrième de couverture m’a interpellée : une expédition qui part dans une zone mystérieuse et mortelle, provoquant suicides, meurtres, troubles mentaux … Bref, tout pour me plaire ! Ce n’est qu’au bout d’une quinzaine de pages que j’ai fait le rapprochement entre le livre et l’adaptation qui en a été faite cette année par Alex Garland, ayant récemment réalisé l’excellent Ex Machina.

Le livre est assez brouillon dans ses prémices. Voulant décrire convenablement le décor, sans trop en dire non plus pour conserver tout un aura de mystère. A côté de cela, les personnages sont rapidement identifiables puisqu’ils ne sont qu’au nombre de quatre et sont chacun décrits par leur fonction au sein du groupe : géomètre, psychologue, anthropologue et biologiste, notre narratrice. Cette dernière nous précisant dès les premières pages qu’il ne sert en effet à rien de retenir leurs noms puisqu’elle se retrouvera très vite toute seule au bout de quelques jours. Le décor est donc posé, l’ambiance générale également. Comme la biologiste, nous avançons à tâtons, dans une zone qui semble créée par l’homme suite à des essais nucléaires ou assimilés. La narratrice est plus ou moins honnête avec nous, même si nous nous rendons rapidement compte qu’elle distille les informations au compte-gouttes.

Ce qui a du être extrêmement complexe à adapter, et donc rendant l’histoire sur les écrans confuse, est l’importance des pensées de la narratrice. Évoluant beaucoup seule, elle analyse, critique, se rend des comptes à elle-même sur les situations, les lieux et les événements. Ce point de vue narratif interne n’est pas le plus aisé à reproduire au-delà d’un livre et je conseille fortement de voir le film après avoir lu l’oeuvre originale.

Lors du premier visionnage, j’avais pourtant fait mon possible pour comprendre l’oeuvre, regardant beaucoup de vidéos et articles explicatifs sur la dépression ambiante, la fin possible, etc. Malgré de bons effets spéciaux et une ambiance immersive, il manquait toujours comme un petit quelque chose. En lisant l’ouvrage, on réalise que ce petit quelque chose réside en l’importance cruciale des réflexions de la biologiste, de ses souvenirs, de ses attentes. De tout ce qui n’est pas dit mais sur quoi repose pourtant l’avancement de l’histoire. Pour ne rien faciliter, le film commence par la fin, sans doute pour plonger rapidement le spectateur dans l’expectative en montrant dès le début qu’il y a véritablement un problème avec la zone X.

Nous découvrons notre personnage principal, interprété par Natalie Portman, dans une phase de dépression sévère et plutôt renfermée sur elle-même. Point sur lequel insiste moins le livre, notamment en lien avec la disparition de son mari. Dans l’ouvrage original, elle a toujours été ainsi, beaucoup plus introvertie que celui-ci, focalisée sur la science et peu ouverte aux conventions sociales, ce qui n’est pas qu’une conséquence de leur séparation.

Bien qu’abordant les mêmes principaux thèmes que le livre (réincarnation, deuil, auto-destruction, méfiance), le film parvient à les mettre en images de la façon la plus convenable qui soit. La violence est telle que décrite dans l’oeuvre et les actions, bien que plus hollywoodiennes qu’on pourrait le croire, sont fidèles au descriptif original.

Annihilation est un bon film comparativement à ce qui peut se faire, mais qui devient meilleur encore quand on a le matériau de base auquel se raccrocher.

Alien : Awakening

Oui je sais, il est un peu tôt pour faire des plans sur la comète, mais étant assez fan des premiers films de la nouvelle saga (au risque de m’attirer les foudres de pas mal de monde), mais également de l’ancienne, c’est toujours avec plaisir que je me penche sur les articles de presse mentionnant la sortie du prochain film Alien, celui-ci supposément appelé Alien : Awakening.

La saga Alien a eu droit à de nombreux rebondissements, que cela soit pour la saga du prologue dont nous allons parler aujourd’hui, mais également vis-à-vis de la suite de la série de films originaux, dont Alien 5, qui n’est décidément pas près de sortir. Pour palier le manque, Prometheus est ainsi sorti en 2012 et nous a laissé pendant 5 années avec des questions sans réponse, jusqu’à la sortie d’Alien : Covenant l’an dernier. Comme je le disais, il est donc un peu tôt pour échafauder des hypothèses sur la suite, juste l’occasion de faire le point sur ce qui se dit ici ou là. Concernant Covenant, je me dois de vous mettre ci-dessous la très bonne vidéo de Durendal sur le film, dans sa section PJREVAT. J’ai beau apprécier énormément Prometheus et Covenant et peux les regarder sans me lasser, je sais que Durendal a raison sur les défauts des films et c’est toujours un bijou de réalisation et de critique :

Maintenant que les bases sont posées, qu’en est-il de la sortie du prochain Alien, hypothétiquement prévu pour 2019, même si je trouve cela bien court comme délai entre les deux derniers opus. Pour ceux qui veulent rester up to date concernant la série de films, je vous conseille le bien renseigné site de fan du même nom sur le sujet. D’après les dires de Ridley Scott fin 2015, Covenant était le premier film d’une nouvelle trilogie, tournée sur les origines des bestioles. Mais comme de bien entendu dans le monde du cinéma : sous réserve de bons résultats au box-office. Fox a donc décidé fin 2017 de mettre en hiatus le projet, suite aux « mauvais » scores de Covenant. Pas mauvais quand on les relativise, mais plutôt quand on les compare à ceux de Prometheus (moitié moins). La Fox étant en cours de rachat par The Walt Disney Company, rien n’est encore perdu, mais rien n’est encore gagné.

 Autant la suite est assez claire quand on voit la fin de Covenant, autant il paraît délicat de faire tenir deux autres films avant le début de la saga de base. En effet, à peine une vingtaine d’années séparent les deux bouts de l’histoire. De quoi creuser encore plus les incohérences qui ont déjà parsemé le récit. On parle même de liens de parenté à mettre en avant avec notre warrior Ellen Ripley. Le tournage devant à la base commencer en ce début d’année, il y a fort à parier que le planning ne sera pas respecté. Je n’attends rien avant 2020, voire 2021, mais je saurai vous en dire plus quand il y aura de quoi se mettre sous la dent. Pour le moment, évidemment aucun synopsis qui traîne, ni photo, mais si le projet est encore d’actualité, bien des choses devraient se décanter d’ici fin 2018 … Au moins, nous avons déjà le titre !

Verónica [Film 2018]

Film d’horreur espagnol qui commence par un appel d’urgence, je n’ai pas pu m’empêcher de faire le parallèle avec Rec. Après vérification, les deux ont le même réalisateur (Paco Plaza) donc je n’étais pas complètement sous l’emprise d’un cliché. J’ai entendu parler de Verónica par un synopsis mentionnant qu’il s’agissait de l’adaptation du seul cas d’exorcisme reconnu en Espagne. Au final, le film ne se résume pas du tout à cela et prend beaucoup de recul quant aux mots « exorcisme » ou « possession », souvent employés n’importe quand et n’importe comment.

Si je devais résumer l’histoire, Verónica est une adolescente normale, voire même réservée, qui doit s’occuper de ses frère et soeurs quotidiennement, car son père est décédé et sa mère travaille dans un bar avec des horaires décalés. Verónica s’essaye avec des amies à une séance de spiritisme (dans le but de contacter son père disparu), qui va avoir des conséquences néfastes pour elle.

On peut à mon sens voir le film sous deux aspects. Le premier en prenant en compte la possession de la maison (ou de Verónica elle-même mais j’ai plus de doutes là-dessus) par un esprit malin. Et le second, qui a été mon point de vue sur ce film, plutôt basé sur la psychose qu’une séance de spiritisme peut entraîner sur la santé mentale de quelqu’un. Je ne renie pas les « preuves matérielles » ou les dires de la police espagnole à ce sujet, mais j’ai vraiment apprécié la prise de recul quant à la réalisation, qui permet de mettre en avant l’impact psychologique et ses conséquences, de jouer avec les esprits.

Comprenant beaucoup de symboles (comme la représentation de l’éclipse de soleil sur Verónica sur l’image à côté, où on voit d’ailleurs à quel point les images sont travaillées), le film joue également avec les codes du genre : un Simon qui s’active tout seul (comme dans Paranormal Activity : The Marked Ones), les jeux de lumière, la présence d’un personnage religieux ambigu et l’humour sous-jacent des actions de certains personnages (comme le jeune frère qui ne sait pas encore lire et qui, voulant aider, dessine sur les murs des symboles d’invocation à la place de ceux de protection, sacré plaisantin).

La bande-son est parfaitement choisie et les paroles des chansons (espagnoles évidemment) utilisées ont tout à fait leur place sur les événements qu’elles accompagnent. Les scènes sont très bien réalisées, il y a quelques jumpscares mais le film ne se repose absolument pas là-dessus. Les formes des esprits vus à travers des vitres ou des portes-fenêtres m’ont beaucoup fait penser aux extra-terrestres présents dans Signs, ce qui tend à renforcer la tension et l’appréhension quant à ces êtres inconnus. Le long-métrage peut plus être considéré comme un thriller que comme un film d’horreur, ce qui en fait pour moi une très belle surprise de ce début d’année.

Annabelle 2 : La Création du Mal

Trois ans après le premier film et ses séances tumultueuses (notamment celle où j’étais allée), la poupée Annabelle est de retour sur grand écran, avec David F. Sandberg à la réalisation (après le succès de son précédent court-métrage et film Dans le Noir). Cette fois-ci j’ai eu l’avantage de tomber sur une salle calme (pour une séance à 10h du matin un weekend heureusement), qui m’a permis de profiter du film comme il se doit.

Je tiens à remercier au passage UGC qui a pris le risque de diffuser le film dans trois de leurs salles parisiennes, malgré les réticences et les incidents passés. Après échange avec eux, la diffusion d’Annabelle 2 dans plus de salles (les films d’horreur restaient à 80% diffusés à Châtelet, comme c’était le cas de Grave et I Wish) est un test pour voir s’ils peuvent se permettre de stopper le boycott des films d’épouvante dans la plupart de leurs salles.

Nous sommes en plein dans le Conjuring Universe, commencé avec Les Dossiers Warren et Le Cas Enfield. Annabelle premier du nom (ni le second) ne reprenant pas le couple Warren directement mais liant tout de même les histoires et les démons (Valak si tu m’écoutes), de par les références faites au sein des films Conjuring. The Nun est ainsi prévu pour l’an prochain (se focalisant justement sur Valak), en guise de spin-off à Conjuring 2, et nous aurons également un préquel, The Crooked Man, prévu pour 2019.

Revenons sur Annabelle 2, qui nous explique donc la création du démon et qui est un préquel tout à fait réussi du premier long-métrage. Il recoupe d’ailleurs de façon très nette avec les événements du précédent. Le film se déroule 12 ans avant le premier, dans une maison servant d’orphelinat pour six nouvelles venues. Le couple habitant la maison a perdu sa fille unique il y a de longues années, et ils souhaitent redonner un peu de vie à la maison, tout en rendant service. Bien évidemment, rien ne va se passer comme prévu, et d’étranges événements surnaturels vont faire leur apparition, mettant en péril chacun des habitants. Et pas qu’un peu.

On sent un univers plus abouti et une meilleure maîtrise des éléments du film d’horreur. Jouant sur les peurs enfantines et le fait de braver les interdits, les scènes d’épouvante parviennent à toujours utiliser au maximum les éléments du décor mis en place (je pense au monte escalier mais également au passe-plat). Il y a quelques petites incohérences, mais excusables car liées au scénario du film en lui-même, pour renforcer la situation d’horreur et éviter que le film ne dure que dix minutes. Par exemple, on voit bien que le démon prend possession de l’âme de quelqu’un, ce qui était son but ; mais une fois l’âme récupérée il continue tout de même son bazar alors qu’il devrait se calmer et tout arrêter.

Les scènes d’angoisse sont parsemées dans le film mais quand elles sont présentes, elles durent un sacré bout de temps. Les jeux de lumières / sons sont réglés au millimètre / à la seconde, et permettent une bonne immersion dans l’action. A chaud, j’ai trouvé le film en-deçà du premier, mais après réflexion je l’ai trouvé plus mûr que le précédent, même si Conjuring 1 reste mon préféré toute catégorie de la franchise.