2015

Kung Fury

C’était l’année dernière et je suis passée à côté d’un film qui vaut le détour : Kung Fury.

Moyen métrage de David Sandberg, il ne dure qu’une demi-heure et est un régal du début à la fin. Financé par Kickstarter, le film est barré bien comme il faut et doit sa musique de générique à David Hasselhoff (qui fait également un clin d’oeil à K2000 dans l’histoire). Attention, rien n’est sérieux là-dedans. Ça parle d’arts martiaux, de dinosaures, de voyages temporels, d’Adolf Hitler et de dieux nordiques. Hé oui, tout ça en aussi peu de temps.

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Hormis une avant-première à Cannes en 2015, le film est directement sorti en VOD. Ce qui n’a pour autant pas empêché son succès. A tel point que Steven Spielberg souhaite en réaliser la suite. Cette nouvelle me fait un peu peur car l’idée risque d’y perdre en spontanéité, mais il est encore trop tôt pour se prononcer. Entre des scènes dignes de Mortal Kombat, un montage au poil, des effets spéciaux très bien faits pour un si « petit » budget et les décors des années 80, Kung Fury pourrait être un nanar mais il est finalement une très bonne surprise pour passer un bon moment.

Disponible dans son intégralité ici.

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La Semaine d’Après

Suite à mon dernier article et surtout suite à tout ce qui peut se dire sur les internets ou les autres canaux d’informations, je ne reviendrai pas sur les événements de la semaine dernière. Je préfère revenir sur la semaine d’après.

Le vendredi soir, rentrant chez moi à plus de deux heures du matin, j’observais déjà un changement. Me déplaçant essentiellement en voiture, j’ai pu voir les parisiens sympathiques, courtois à leur volant, ce qui n’était pour ainsi dire jamais arrivé. Le lendemain, le samedi, sur les trottoirs, j’ai remarqué qu’une grande majorité des personnes cherchait une excuse pour se parler, même entre inconnus. Proposer de l’aide, demander des nouvelles, se désoler de vous avoir frôlé de trop près. Comme si tout était prétexte à parler avec quelqu’un, décrocher un sourire, échanger. Quelques jours avant j’étais en terrasse à Châtelet, à une table avec des inconnus le temps de feindre de demander une cigarette. Puis restant des heures avec eux alors que je ne les connaissais pas le matin. C’est cette même ambiance que je ressens dans Paris depuis vendredi dernier.

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Une volonté de profiter de la capitale encore plus forte. Hier j’étais aux Champs-Elysées, un œil sur le marché de Noël vide sous la pluie battante. Hier je suis aussi allée à Opéra où les trottoirs n’étant pas désemplis, sur les grands boulevards, à la Madeleine et bien d’autres lieux encore. Une envie d’en profiter tant qu’on le peut encore. Mélangée à un abattement lourd, un dépit et, malgré tout, une peur et une tristesse qu’on ne doit pour autant pas renier.

Je suis Paris

Pas de Pray For Paris pour moi car je ne souhaite pas mêler la religion à cela, nous avons été touchés, peu importe qui nous sommes, ce qui nous pensons, ce que nous faisions.

Les Eagles of Death Metal, je les ai vus en concert, le Stade de France (pour raisons personnelles et professionnelles) j’y ai passé de longs moments et ce lundi, j’allais assister à un concert. Tout le monde peut être touché, n’importe où, je ne me suis jamais autant sentie parisienne qu’à ce jour.

Mes pensées vont évidemment aux proches des victimes, au pays tout entier, mais également, égoïstement, à certains de mes proches qui ne m’ont pas encore donné de nouvelles. Rassurez-moi je vous en prie.

Le Labyrinthe : la Terre Brûlée

Suite du Labyrinthe, La Terre Brûlée sort donc complètement du cadre du premier film, puisque nous nous retrouvons ici « à l’extérieur » et évidemment face à de nouvelles contraintes.

Au casting, outre les acteurs déjà présents dans le premier opus, nous trouvons entre autres le brillant Giancarlo Esposito (Gus de Breaking Bad et le Miroir de Once Upon A Time), Aidan Gillen (la moitié de la salle soufflant « C’est Petyr Baelish ! ») et Thomas Brodie-Sangster, aussi présent dans Game of Thrones.

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Le scénario n’est pas fou fou et peut tout à fait tenir sur une page. Le plus difficile pour moi de regarder une trilogie pareille est que je suis en faveur des méchants à 100%. Entre espérer sauver tout le monde d’une façon hypothétique ou être sûr d’y parvenir en sacrifiant une partie de la population, je suis désolée, mais j’adhère à la seconde solution. Alors que je sais pertinemment que nous sommes dans un film pour teenagers et que les gentils gagneront. Ce qui m’énerve passablement. Scénario nullissime pour ce deuxième film car, bien qu’il y ait pléthore d’événements, l’histoire n’avance véritablement pas. Quelques incohérences m’ont également fait bondir, comme le fait de ne pas se disperser sous l’orage ou encore de tirer au sniper à bout portant…

Pour autant, je mets en exergue deux points positifs : la bande-son et le cadrage. Les musiques ne sont pas surfaites et ne prennent pas toute la place dès qu’une scène d’action pointe le bout de son nez. Pour ce qui est du cadrage, certains plans sont tout bonnement magnifiques, comme celui au cours duquel on peut entendre un coup de feu dans le désert (vous comprendrez en le voyant).

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Le film dure plus de deux heures mais on ne s’ennuie pas du début à la fin, avec en prime quelques moments de surprise à faire bondir dans son fauteuil …

Régression [Film 2015]

Mercredi 4 novembre, j’entame ma seconde séance de la journée en me vautrant comme une baleine échouée dans les escaliers de la salle 9 de l’UGC la Défense, mon fief. Ayant vu A  Vif ! le midi même, j’ai souhaité ajouter une touche de thriller à cette journée en allant voir Régression.

Du film, je ne savais que peu de choses à part les deux acteurs centraux présents sur l’affiche promotionnelle : Emma Watson et Ethan Hawke. On doit le scénario et la réalisation à Alejandro Amenábar (Les Autres, Mar Adentro…) et la bande-son à Roque Baños, considéré comme l’un des meilleurs compositeurs espagnols. Pour ce qui est du synopsis : « Dans les années 90, de plus en plus de rumeurs parlent de rites sataniques. Un homme, John Gray, est arrêté au Minnesota, en 1990, pour avoir abusé sexuellement de sa fille Angela (Watson). Mais il n’en a aucun souvenir, serait-il au cœur d’un complot ? L’inspecteur Bruce Kenner (Hawke) est chargé de l’enquête aidé du Dr Kenneth Raines. » Il n’y a d’ailleurs ici pas qu’une seule ancienne actrice d’Harry Potter puisque le Docteur Kenneth Raines en question n’est autre que David Thewlis, ancien professeur Lupin …

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Le souci des films inspirés de faits réels est qu’ils dépendent donc énormément d’une histoire originelle et sont obligés de suivre un fil rouge, ou tout du moins parvenir au même point à la fin de la narration. Conséquence négative ici : l’histoire est longue pour pas grand chose et l’intrigue est aussi décousue que prévisible. Je suis pourtant souvent celle qui fonce tête baissée dans les virages de l’histoire, sans avoir véritablement de recul sur ce qui se dit au moment donné. Dans Régression, j’avais l’esprit bien lucide (le roulé-boulé dans les marches sans doute) et je n’ai pas douté une seule seconde du rebondissement final, censé être le point d’orgue et la révélation ultime dont personne ne se doutait. Les acteurs, si bons soient-ils, n’ont malheureusement pas pu éviter l’échec scénaristique du film. On ne s’ennuie pas forcément d’un bout à l’autre, mais on se dit à la fin « tout ça pour ça » et c’est bien dommage.

À Vif !

Sorti ce jour, A Vif est une comédie culinaire (et encore, le film ne prête pas tant que cela à rire), avec comme acteurs centraux Sienna Miller, Omar Sy et Bradley Cooper. Comme vous avez pu le remarquer, j’adore la bonne nourriture et les grands restaurants. Je dois dire que c’est cette facette de ma personnalité qui m’a guidée vers ce film, plus que celle qui aurait pu me pousser à me languir devant Msieur Cooper.

Fidèle à mes habitudes, je n’avais pas regardé la bande-annonce et pour ainsi dire pas vraiment lu le pitch. Bradley Cooper joue donc le rôle d’un ancien chef étoilé, parti se remettre les idées en place pendant trois années (le temps d’ouvrir un million d’huîtres), et revenu afin de gagner sa troisième étoile au Guide Michelin. Ses comparses l’aidant à atteindre son objectif : Sy et Miller donc.

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Le film se déroule en grande partie à Londres mais à quelques moments dans Paris, avec également la présence de figurants et acteurs français, ce que je tiens à préciser, vu le nombre de films qui prennent des américains pour jouer de faux français en espérant parvenir à donner le change sans sourciller.

Je m’attendais à un film pas franchement folichon qui n’était là que pour surfer sur la vague du « la cuisine française c’est trop cute, surtout auprès des américains », mais j’ai été agréablement surprise. D’une durée d’1h40, je n’ai pas vu le temps passer alors même qu’on pourrait croire à première vue que ce n’est pas un long-métrage à rebondissements. Alors certes, on voit venir l’histoire d’amour Cooper / Miller gros comme Morgan Spurlock dans Super Size Me, mais l’enchaînement des événements au fil de l’histoire est bien agencé et réserve également quelques surprises.

Le gros point positif, pour les fans de gastronomie comme moi, sont les longues séquences liées à la nourriture servie, à l’agencement des plats, aux dessous de la grande cuisine et à la perfection nécessaire, dont on ne se rend pas toujours compte quand on est de l’autre côté des fourneaux. A Vif n’est pas le film de l’année mais sa fraîcheur et son côté frenchy assumé permettent de passer un bon moment. Et puis cela change des films d’horreur !