neige

Human After All

Une semaine de quiétude après un vendredi qui figurait parmi l’un des pires et meilleurs jours dont j’ai pu profiter au cours de ces derniers mois. Un vendredi où je profitais pendant quelques heures d’un bonheur immense tout en sachant pertinemment que la chute n’en serait que plus dure. Elle l’a effectivement été. Si tant est que je puisse en parler au passé.

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Venait donc un besoin d’évasion qui tombait à point nommé. Une semaine sans crise d’angoisse et sans médicaments pour les prévenir. Le bonheur moral total. Sans me sentir heureuse, je me sentais juste tranquille, apaisée, et c’était déjà pour moi un grand pas. Le contraire m’aurait mise encore plus à mal étant donné les effets bénéfiques constants que font la montagne et la neige sur mon état psychologique. Sentir l’air frais et vivifiant du à la vitesse sur les pistes, me donne un coup de fouet que j’attends chaque année avec de plus en plus d’impatience. C’est mon Noël. La montagne, et en particulier les sports d’hiver, me procurent un tel effet régénérateur que je ne les échangerais pour rien au monde. A part peut-être pour de la joie de vivre au quotidien et du bonheur sur le long terme, mais ça, la neige est déjà là pour m’empêcher de penser à leur absence, ne serait-ce que pour une semaine.

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Apocalypse sNow

Les hommes qui marchent en travers de la chaussée, les bras tendus en avant comme pour se protéger d’un être invisible qui viendrait leur coller le nez contre le trottoir. Les femmes qui boitent en maudissant leurs talons et leurs tenues saisonnières, tout en feignant de s’étonner que la neige tombe au mois de décembre et que personne ne les a prévenues. C’est magnifique, la neige. Ce qui l’est moins reste le verglas du lendemain et la bouillie désagréable qui s’infiltre dans les chaussures en toute discrétion.

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Regarder la neige tomber m’inspire une telle quiétude que je ne pourrais faire que cela de mes journées. Se blottir dans les bras chaleureux d’une personne bienveillante, et regarder les éléments se déchainer. Pour ressentir la douce fraicheur des flocons qui chutent sur mon visage et la chaleur de me sentir entourée. C’est pour cette raison que j’adore l’Hiver, habituellement.

Il Neige.

Toute cette excitation. Je ne m’en étais même pas rendue compte. Il me suffit d’être plongée devant un écran pour oublier tout ce qui m’environne. Et puis j’ai entendu ma collègue au téléphone. Une seule phrase. Presque un seul mot. Il neige.
Un coup d’œil à la baie vitrée pour voir qu’effectivement il neigeait. Mais pas de la neige dégueulasse, pas de la bouillie infâme comme on le voit trop souvent ici. Non. des beaux flocons qu’on regarde en les sentant se poser au bout de ses doigts en tendant les mains sous ce ciel blanc. J’étais par la même occasion la seule à oublier volontairement mon parapluie pour descendre à découvert dans la rue. Regarder, profiter, en écoutant machinalement le son d’une chanson des Red Hot dans mes oreilles. Snow.

Anima sana in corpore sano

Ma semaine de cours m’offre la possibilité, et cela, toutes les semaines, de ne pas travailler le lundi. Sitôt vu la neige en train de revêtir la pelouse du jardin je passai un coup de fil à ma petite amie. Certes, le temps n’est pas ce qu’il y a de plus chaud et de plus sensuel mais il a cet avantage tout particulier d’être délicat et carrément romantique. La neige m’a toujours réjoui. Sensation de pureté et d’élégance, elle a sans cesse contribué à faire frissonner en moi cette curieuse impression de renaissance et de suppression des écarts de conduite de l’année qui se termine. Certains pourraient saisir l’occasion au vol et dire de moi que je suis efféminé. A dire vrai je ne crois pas que ce soit du tout le cas. Bien sur, je soigne mon apparence, je m’habille avec précision, ne voulant négliger aucune erreur ou imperfection en passant du temps devant mon psyché. Je fais attention à mon corps au moins autant qu’à traiter et maltraiter continuellement mon esprit.
Un esprit sain dans un cœur sain.
Tout cela s’explique plutôt à mes yeux par une volonté de perfectionnisme. Je ne veux pas que l’on ait des impressions fausses sur moi, pas plus que les vraies. Je continue tous les jours de m’instruire, de lire, de regarder, d’écouter, et surtout de parler. Car y a t il une meilleure source de connaissances que celles émanant des autres ? Je recherche l’intelligence sans failles, veux savoir presque tout sur tous les sujets et ce jusqu’à passer pour un idiot fini en demandant sans cesse des réponses auprès de mon entourage. Peut-être est-ce pour cela que ma copine m’aime. Pour l’image que je lui renvoie. L’image qu’elle voudrait voir et que je lui offre effrontément, comme c’est souvent le cas au début des histoires de couples, expliquant aisément pourquoi la fin a tendance à se précipiter dès que les amants se lassent de leur rôle et que leurs masques tombent. Peut-être est-ce pour cette raison aussi que je collectionne les petites amies et les histoires sans lendemain. Toutes ces jolies filles qui commencent trop à s’accrocher à moi au fil des jours me font peur. Elles me mettent en danger, en danger face à ma conformité voulue. Ce qui me pousse à réaliser dans le même temps que je préfère continuer à m’enfoncer dans mes faux-semblants plutôt que de m’ouvrir aux autres et de leur être sincère. Sincérité que je refuse d’accepter moi-même. Au risque de voir ma propre vie défiler sans son personnage principal.