Divertissements

Cinéma : Coups de cœur 2019

Comme vous avez pu le voir je me suis fait plus calme sur les critiques de films cette année, car j’en ai vus beaucoup (près de 100 sorties au cinéma cette année) et j’ai trouvé un moyen d’en parler tout de même, via le blog SeriesDeFilms, où je fais des revues mensuelles. La fin d’année est toutefois synonyme de rétrospective et j’ai souhaité me pencher sur les films que j’ai préférés cette année, me limitant à un film par mois seulement, le choix a été rude. Sans les trier par ordre de préférence, j’ai toutefois effectué un bref listing chronologique. En espérant vous donner envie de voir ceux que vous n’auriez pas vus !

L’Heure de la Sortie [Janvier]

Porté par Laurent Lafitte, ce film est un vrai thriller qui met mal à l’aise. On ne sait pas trop sur quel pied danser, on sent qu’un événement important va arriver mais on ne sait pas trop quoi. Le propos du film est difficile à cerner de prime abord mais bascule très rapidement vers l’écologie et les consciences de chacun à ce sujet. Le groupe de jeunes acteurs est très fort pour retranscrire les bonnes émotions et le casting dans toute sa globalité est un chef d’oeuvre. Le film est passé inaperçu car il est vrai que c’est un film français à petit budget mais il se tient d’un bout à l’autre et fait ressentir de vives émotions.

Le Chant du Loup [Février]

Mon gros coup de cœur de février dernier va au Chant du Loup (contre Alita et Nicky Larson que j’ai également bien aimés), que je suis allée voir sans en savoir grand chose. Le film met une bonne demi-heure à démarrer, pendant laquelle on peut avoir des difficultés à situer l’action et surtout à déterminer le genre du film. Cette partie de présentation passée, on rentre dans le vif du sujet et dans l’ambiance bien particulière de l’armée. Les rebondissements sont bien présents et la tension de certaines scènes est vraiment palpable. Les acteurs sont bons et malgré quelques légères incohérences le film est particulièrement réussi.

Us [Mars]

Battant à plate couture dans mon cœur Ma vie avec John F. Donovan sorti ce même mois, Us s’est révélé être une très bonne surprise. J’ai toujours un peu de mal avec le style horreur qui se mélange au fantastique (de type Ça) mais toute l’intrigue se recoupe d’une belle façon et est bien expliquée. La réalisation est très bien faite et le film fait son office, plus penché sur la tension que l’horreur pure. Jordan Peele, qui a également fait cette année la très bonne série remake de la Quatrième Dimension, montre qu’il en a sous le pied et je saurai l’attendre au tournant pour ses prochains films !

Shazam [Avril]

J’appréhendais un peu d’aller voir un film de super-héros pour adolescents, je pensais m’ennuyer quelque peu, d’autant plus que je ne suis pas forcément fan de super-héros de façon générale et que je ne le connaissais même pas. Ayant vu le même mois Captain Marvel et Avengers, cela commençait à faire beaucoup pour quelques semaines. Pourtant, la dose d’humour est bien présente et accessible à tous, la fin est un peu télescopée et prévisible mais le tout permet de passer un bon moment, en se laissant guider dans cet univers moins connu mais tout aussi plaisant.

Détective Pikachu + Rocketman [Mai]

Ok je fais une exception et positionne deux films pour mai car impossible de me décider entre l’amour et la raison. Mon coup de coeur du mois c’est Détective Pikachu. Pas forcément parce que le film est excellent mais parce que ça a touché ma corde nostalgique sensible. Dès la première scène, nous sommes plongés dans nos souvenirs du tout premier film Pokemon. Les allusions et clins d’œil sont présents tout au long du film, mais sans que cela ne soit trop forcé ou flagrant. Ce qui attire le regard dans ce film est bien évidemment le look du Pikachu et de ses comparses. Qu’on le trouve moche ou qu’on ait envie de lui faire des câlins, il faut tout de même avouer que le design de Pikachu est particulièrement léché. Il en va de même pour les autres Pokémon, bien que je trouve que certains semblent plus « naturels » que d’autres. On sent un réel travail de précision et une volonté de rendre hommage au matériau original. Ce long-métrage met en avant le virage que les derniers films d’animation avaient amorcé, c’est-à-dire le mélange entre l’existence des Pokémon et notre société actuelle.
Bonne adaptation partant d’un jeu vidéo, le film ne fait pas dans la demi-mesure mais apporte un résultat plus que satisfaisant, pour tous les publics, prêtant à sourire comme ravivant les souvenirs que tout un chacun peut avoir de sa propre expérience avec la licence Pokémon.

À la seconde marche de mon podium je place Rocketman. A part Taron Egerton je n’avais pas regardé le casting, et quel casting (bon ok j’ai confondu Bryce Dallas Howard et Christina Hendricks). Je ne suis pas du tout comédie musicale mais les passages de chants sont bien amenés et parfaitement chorégraphiés. Le film semble honnête et tendre et m’a beaucoup émue. Très bon biopic dans la lignée de Bohemian Rhapsody.

Parasite [Juin]

LE coup de coeur du mois c’est surtout Parasite. J’ai par la suite vu les autres films du réalisateur que je n’avais pas vus (Mother, Memories of Murder, le Transperceneige). Et c’est déjà très bon signe quand un seul film incite à se faire la cinématographie du réalisateur. Ce film fait rire, trembler, rester silencieux, appréhender, se questionner… Bref, il nous invite dans les événements et je l’ai trouvé maîtrisé de bout en bout ! Il faut dire qu’en face de ça ce mois-ci il y avait MIB dont aucune question à se poser.

Crawl [Juillet]

Car je suis fan d’Alexandre Aja même si ces derniers films étaient pour moi en-dessous de ce à quoi il nous avait habitués. Crawl maintient le suspense de bout en bout et montre de superbes prises de vues de la Floride. J’ai été heureuse de retrouver le réalisateur (avec Grégory Levasseur et Sam Raimi à la production) pour ce nouveau long-métrage.

Midsommar + Once Upon A Time … In Hollywood [Août]

L’incroyable Midsommar, le nouveau film d’Ari Aster, à qui l’on devait déjà le superbe et dérangeant Hérédité l’an dernier. Midsommar est tout aussi superbe et dérangeant. D’une durée de 2h20, ce qui est plutôt rare pour un film d’angoisse, Ari Aster nous montre sa pleine maîtrise de la réalisation, jouant avec plaisir avec les couleurs, les indices, les cadrages, mais également la légère distorsion de la réalité. Légère car remarquable en fond, sans être omniprésente. Attention, ce film est puissant et n’est pas à mettre devant tous les yeux, mais je considère le réalisateur comme quelqu’un à suivre et j’attendrai ses prochains films avec impatience.

Mention spéciale pour Once Upon A Time … In Hollywood, notamment car je connaissais bien l’histoire réelle dont parle ce film et c’est avec plaisir que je l’ai découverte ici. Ce film bénéficie de plusieurs degrés de lecture et je pense que ceux qui ignorent les événements dont parle celui-ci (surtout les non-américains) ne vont pas comprendre l’histoire de la même façon que les autres. Le long-métrage traîne parfois en longueur mais chaque scène est si bien jouée et bien filmée que c’est un régal de bout en bout.

American Skin [Septembre]

Mois un peu particulier pour moi vu que j’ai participé au festival de Deauville, donc je ne compte pas rentrer dans le détail des 20 films vus puisqu’ils ne sont évidemment pas encore sortis au cinéma (hormis le Woody Allen assez moyen). Je souhaite toutefois faire une exception pour American Skin si possible, qui se trouve être le film que j’ai le plus aimé depuis des mois, voire plus, et qui, en raison des distributeurs, ne sortira que directement en DVD / VOD et que j’aimerais mettre en avant pour vous inciter à le voir (standing ovation de plus d’un quart d’heure lors de sa diffusion au festival et grosse émotion pour moi lors de son visionnage).

Tout commence par un contrôle de police dans une riche banlieue américaine, qui va déraper. Un homme et son fils sont contrôlés et ce dernier est tué par un des policiers. S’en suit un procès où il est déclaré non coupable et une volonté du père de faire justice soi-même en prenant en otage un commissariat, peu importe qui se trouve dedans. J’ai trouvé que créer un climat anxiogène en mélangeant policiers, taulards, civils terrorisés et père à soif de vengeance était une idée de génie. Le tout saupoudré de dialogues et de réflexions pertinentes sur les bavures policières (ce qui n’est pas sans faire écho au cas de Steve en France), le conflit racial, ou encore la place de chacun dans la société. De bons arguments sont en plus portés par les deux camps, ce qui est appréciable et montre une volonté de ne pas prendre partie dans une certaine mesure, quand l’heure n’est pas à pointer du doigt le coupable. Il y a tant à dire sur ce film (l’aspect documentaire travaillé, les acteurs sublimes, la dynamique du montage, la violence de l’altercation policière, etc.) que je résumerais en disant qu’il était haletant jusqu’à la dernière scène et que c’est bien la première fois que j’utilise ce terme depuis le début du festival. Je vous invite véritablement à aller voir ce bijou dès qu’il sera disponible.

Joker [Octobre]

J’ai aimé le Joker car je ne suis pas fan des super héros et cet aspect ultra réaliste de Gotham m’a plus happée que les autres films de l’univers. Evidemment la prestation de Joaquin Phoenix, que je suis avec assiduité depuis Signes et Le Village, fait de ce film ce qu’il est, alors qu’il aurait pu totalement faire beaucoup moins de bruit avec un jeu d’acteur moindre.

A Couteaux Tirés [Novembre]

Il faut dire que ça faisait bien longtemps que je l’attendais celui-là. Truffé de bons acteurs, d’humour et d’une vraie enquête à rebondissements, dans un cadre, comme dit dans le film « comme un plateau de Cluedo », c’est avec réel plaisir que j’ai assisté à cette séance. Les spectateurs ont semblé être du même avis que moi puisqu’il y a eu une salve d’applaudissements à la fin. Amis du bon goût, je vous invite à aller le voir sans tarder !

Last Christmas [Décembre]

En vrai il n’est pas forcément dingo mais j’en ai vus peu en décembre. Je ne suis pas du tout fan des films de Noël, que j’assimile le plus souvent à des comédies romantiques à l’eau de rose. Last Christmas combine romance et comédie en effet, mais drame et réalisme sur bien des plans. Ce que j’en retiens du film et qui m’a fait l’apprécier, est qu’il met en avant le fait qu’être en couple n’est pas une fin en soi et qu’il faut avant tout être épanoui et bien avec soi-même et que c’est ce qui compte le plus. Je suis contente que ce parti pris soit porté car cela change des histoires utopiques qui ne me font pas aimer ce genre.

Et vous, quels sont vos coups de cœur pour cette année ?

Père ou Fils [Théâtre de la Renaissance]

Ce weekend dernier, Halloween passé, il n’en restait que la pluie et le temps grisâtre. Ni une, ni deux, je me connecte pour voir quelles sont les pièces du moment qui pourraient m’intéresser pour le lendemain du dimanche, et je tombe sur la nouvelle pièce avec Arthur Jugnot, au théâtre de la Renaissance, que j’avais véritablement découvert dans La Dame Blanche. A savoir que les Azzopardi ne sont jamais bien loin, puisque c’est Juliette qui s’occupe des décors.

La scène est unique, aucun changement de décor n’est apparent pendant la pièce qui se joue intégralement dans l’appartement du fils, joué par Jugnot, où passe souvent le père, Braoudé. Les deux sont au cœur de l’intrigue puisque chacun va se retrouver dans le corps de l’autre le temps d’un weekend. Quiproquo en tout genre, retournements de situation et échanges coquasses seront légion tout au long de l’histoire.

La comédie n’est pas mon genre de prédilection (au théâtre comme ailleurs), mais l’aspect surréaliste du synopsis et le bon jeu des acteurs m’ont fait oublier que ce n’était pas ma tasse de thé. La bande-son est assurément bien gérée, jusqu’à la sonnerie de téléphone au rythme de Girlfriend de TTC (j’ai d’ailleurs adoré le personnage du mi-dealer mi-branleur joué par Julien Personnaz et détesté celui trop hyperactif joué par Flavie Péan – qui joue dans Plus Belle La Vie, dixit une mamie derrière moi). Le show défile à grande vitesse, les dialogues sont entraînants et aucun temps mort ne vient interrompre le déroulé de l’histoire. Père ou Fils est une pièce sympathique qui prête facilement à sourire et qui permet de sortir de la grisaille de ce mois de novembre.

A voir jusqu’à au moins fin janvier 2020 au théâtre de la Renaissance à Paris

Trêve Hivernale Séries Hiver 2019/2020

Que l’année aura passé vite ! Mais ne pleurons pas trop face à l’habituelle trêve hivernale des séries américaines, regardons plutôt quand ces dernières reviendront. Comme d’habitude, liste par ordre alphabétique mise à jour le plus possible à chaque fois que j’ai des informations fiables (et avant que Netflix rende tout obsolète à lancer tous les épisodes d’un coup).

Almost Family saison 1 épisode 9 : 1er janvier 2020
American Crime Story saison 3 épisode 1 : 27 septembre 2020
American Housewife saison 4 épisode 11 : 17 janvier 2020
Arrow saison 8 épisode 8 : 14 janvier 2020
Better Call Saul saison 5 épisode 1 : 23 février 2020
Black Lightning saison 3 épisode 10 : 20 janvier 2020
Bless The Harts saison 1 épisode 12 : 5 janvier 2020
Brooklyn Nine-Nine saison 7 épisode 1 : 6 février 2020
Chicago Fire saison 8 épisode 10 : 8 janvier 2020
Chicago Med saison 5 épisode 10 : 8 janvier 2020
DC Legends of Tomorrow saison 5 épisode 1 : 20 janvier 2020
Doctor Who saison 12 épisode 1 : 1er janvier 2020
Esprits Criminels saison 15 épisode 1 : 8 janvier 2020
God Friended Me saison 2 épisode 11 : 5 janvier 2020
Good Trouble saison 2 épisode 11 : 15 janvier 2020
Grey’s Anatomy saison 16 épisode 10 : 23 janvier 2020
Homeland saison 8 épisode 1 : 9 février 2020
How to Get Away with Murder saison 6 épisode 10 : 2 avril 2020 (!!)
Kidding saison 2 épisode 1 : 9 février 2020
L’Amie Prodigieuse saison 2 épisode 1 : 2 février 2020
La Casa de Papel saison 3 épisode 1 : 3 avril 2020
Lucifer saison 5 épisode 1 : 6 juin 2020
Miracle Workers saison 2 épisode 1 : 28 janvier 2020
Outlander saison 5 épisode 1 : 16 février 2020
Power saison 6 épisode 11 : 7 mars 2020
Project Blue Book saison 2 épisode 1 : 21 janvier 2020
Riverdale saison 4 épisode 10 : 22 janvier 2020
Shameless saison 10 épisode 9 : 5 janvier 2020
Supergirl saison 5 épisode 10 : 19 janvier 2020
Supernatural saison 15 épisode 9 : 16 janvier 2020
The Flash saison 6 épisode 10 : 4 février 2020
The Good Place saison 4 épisode 10 : 9 janvier 2020
Will & Grace saison 11 épisode 6 : 9 janvier 2020
Young Sheldon saison 3 épisode 11 : 9 janvier 2020

La liste est pour le moment bien plus courte que les autres années à la même époque car nous avons bien moins d’informations disponibles. Elle sera très rapidement éditée dès que j’en saurai plus !

Blair Witch 2019

Je suis dans une forme olympique et j’ai recommencé à jouer sur PC et à délaisser ma chère Xbox. Munie d’un nouvel ordinateur tout neuf, d’une carte graphique au niveau, d’un SSD convenable et d’une RAM qui me donne l’impression d’être dans une navette spatiale avec Brad Pitt, j’ai donc relancé Steam et ma consommation de jeux vidéo. Après quelques sessions de PUBG, je suis rapidement tombée sur un produit qui me faisait de l’oeil depuis le magasin Steam : Blair Witch.

Il faut dire que l’horreur et moi, ça fait bon ménage. Je suis moins souvent déçue par les jeux que les films d’horreur (oui Blair Witch 3, ne te cache pas on sait que c’est toi la pire blague du cinéma en 2016), mais quand c’est vraiment angoissant, c’est l’enfer sur Terre. Penumbra si tu m’entends, je pense encore bien fort à toi. Et comme je ne fais pas les choses à moitié, j’ai revu le Projet Blair Witch et ai été bluffée par la justesse des décors adaptés dans le jeu. A juste titre puisque ce n’est autre que Lionsgate Games (entre autres) qui s’est chargé de l’édition.

Comparativement au film, on est encore plus plongé dans un réalisme saisissant car les personnages du film ont au moins une carte et une boussole. Pour nous, que dalle. Une lampe torche, un chien et nous voilà dans une forêt où tous les arbres se ressemblent, où on a plus que l’impression de repasser plusieurs fois au même endroit et où jour et nuit se confondent. Bullet, notre chien, est le personnage secondaire qui mérite un Oscar cette année. Sans lui, je ne sais pas comment j’aurais pu faire pour aller au bout de l’intrigue. C’était un choix de ma part de le garder car il nous est proposé à plusieurs reprises de l’abandonner (notamment lorsque nous le portons dans nos bras, j’ai marché jusqu’à l’épuisement dans une boucle de forêt qui n’en finissait pas, mais j’ai bien réussi à finir le film sans avoir du abandonner mon chien). A savoir qu’il y a plusieurs fins disponibles et que j’ai du avoir la plus sympathique (toutes proportions gardées) car j’ai passé pas mal de temps à appeler Bullet, à le suivre de près, le câliner et même lui donner à bouffer. Plus pour me rassurer moi que lui je l’avoue.

Les décors justement sont (malgré quelques bugs où j’ai du relancer la partie) d’une justesse totale et d’une immersion psychédélique poussée. Les effets de jour, de nuit et d’altération de la réalité m’ont vraiment convaincue. Je ne rentre sciemment pas dans les détails car je ne souhaite pas dévoiler plus d’intrigue que nécessaire mais sachez qu’à côté le film ne fait pas vraiment peur. Pour autant, la sensation de peur repose surtout sur la situation de précarité balistique du personnage : juste une lampe torche pour faire peur aux monstres, comme Alan Wake. Plus on échoue, moins on a peur face aux monstres, car on rentre dans une habitude de jeu. J’ai du « mourir » (qui consiste en un léger blackout qui nous fait revenir quelques pas en arrière) une petite poignée de fois dans tout le jeu mais surtout lors de l’épisode final. Le reste du temps, j’étais heureuse que Bullet soit là pour m’avertir du danger. Il y a également beaucoup d’items à ramasser, même si j’en ai loupés plein à la fin car je ne faisais que regarder mes pieds (il y a une raison à ça, ce n’est pas simplement parce que je n’étais pas rassurée). Vous pouvez aussi beaucoup vous amuser avec le peu d’objets que vous avez sur vous, dont un téléphone portable vieillot style Nokia à l’ancienne, où j’ai pris le temps de décompresser en jouant à Snake et appelant chaque personne de mon répertoire lors des rares moments où j’avais du réseau.

Allez je résume avant de trop m’emballer :

– la peur s’estompe au fur et à mesure que le jeu avance (sauf pour le dernier épisode) et repose principalement sur le manque d’arme que sur une réelle mise en danger du personnage (un jumpscare m’a toutefois bien surprise et les passages à la caméra infrarouge olala)
– les décors et les effets de distorsion sont très bien faits et reprennent avec brio ceux du film
– quelques bugs selon les situations où vous vous trouvez (il est possible que vous n’en n’ayez aucun)
– plusieurs fins différentes, ce qui me fait penser qu’il faut que j’y retourne pour essayer de trouver les autres fins sans avoir à réprimander mon chien…

Piège pour Cendrillon [Théâtre Michel]

Un splendide Azzopardi comme je les aime. Adorant ce metteur en scène, j’ai profité de la première semaine de représentations pour m’offrir les places aux prix réduits en carré VIP, liées au lancement pour faire un peu de publicité quand une pièce commence et cherche à se faire connaître. Je précise qu’il était inutile de m’offrir une coupe de campagne pour que je me décide à dire du bien de cette pièce, que j’ai énormément appréciée (même si La Dame Blanche reste pour moi l’indétrônable, devant Chapitre XIII – pour ne citer que les thrillers). Si tu cliques sur les liens, tu tomberas sur mes précédents articles sur ces pièces.

D’une durée courte (1h20 rappels compris), Piège pour Cendrillon est une adaptation du livre de Sébastien Japrisot paru en 1963. L’intrigue de base est simple : une jeune femme est retrouvée vivante, mais avec des complications physiques et mentales, après avoir subi l’incendie d’une propriété, où une autre femme a perdu la vie. Souffrant d’amnésie, elle ne se souvient plus de beaucoup d’éléments, jusqu’à ne plus savoir ce qu’elle faisait à cet endroit … et avec qui. La suite (et surtout le dénouement dont je ne parlerai évidemment pas) est nettement plus complexe. J’avoue avoir voulu raconter la pièce à mes parents et j’ai eu beaucoup de mal à leur décrire l’histoire et les rebondissements car il faut vraiment les vivre pour les comprendre et les apprécier à leur juste mesure.

J’ai été bluffée par les 4 acteurs et encore plus les deux actrices principales Alyzée Costes et Nassima Benchicou, qui excellent dans les retournements de situation et de tempérament. La mise en scène est impeccable (exemple sur l’image plus haut), comme toujours chez Azzopardi, grâce aux mélanges de musiques, de lumières, d’effets, qui permettent une immersion totale et un sentiment de vivre l’histoire avec ses protagonistes.

J’espère que cette pièce fera un carton car elle continue dans la lignée des spectacles différents des théâtres de boulevard et autres lieux communs qu’on ne voit que trop. Encore bravo aux acteurs et à tout le staff qui nous permettent de découvrir de belles pépites comme celle-ci.

Au théâtre Michel, au moins jusqu’au 30 novembre 2019.

Fabrice Luchini [Théâtre De La Porte Saint Martin]

On ne m’arrête plus ! Hier encore à la même heure je ne savais pas que j’irai voir Fabrice Luchini le soir même, les surprises de la vie parisienne. Je ne l’avais d’ailleurs jamais vu sur scène, voilà donc une bonne chose de faite.

Pour ce spectacle, créé en 2017 et intitulé « Des écrivains parlent d’argent », Luchini est censé nous lire des passages de grands auteurs parlant justement des sous, de la monnaie, du capitalisme. Mais finalement plus que lire, Luchini incarne les textes qu’il semble connaître par cœur et ne lit donc quasiment pas. De Karl Marx à Céline, en passant par Charles Péguy (que j’ai été ravie de découvrir), les mots s’enchaînent pour vibrer dans la représentation qui en est faite.

Pour être tout à fait honnête, j’ai eu du mal pendant la première demi-heure. Les textes que je ne connaissais pas me semblaient peu incisifs, voire fatigants et j’avais des difficultés à maintenir mon attention sur ce qui se disait, mon esprit vagabondant. Et même si j’ai franchement ri par la suite et apprécié également les passages de La Fontaine ou Emil Cioran, il n’en reste que Luchini est un personnage, qu’on adore ou qui nous gêne. Beaucoup de tergiversations, de redites, de bons mots pompeux, ont fait que je n’ai pas forcément apprécié le spectacle comme je l’aurais pu. Il va sans dire que Luchini est un homme de scène également et qu’il fait participer le public. Quelle magnifique tirade échangée entre les spectateurs et lui, ces échanges, ces rires partagés. C’est en outre cela le théâtre. Bien que les dires en eux-mêmes ne m’ont pas subjuguée, j’ai été conquise par la portée de la culture et les interactions continuelles entre l’artiste et la salle.

Représentations jusqu’à fin octobre au Théâtre de la Porte Saint-Martin, 18 boulevard Saint-Martin, Paris.