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Twin Peaks

Twin Peaks est l’histoire d’une série qui réinvente l’histoire des séries.

twin-peaks-elle-sweden-02-768x1024 Je n’ai jamais vu aucun film de David Lynch, ni Lost Highway, ni Mulholland Drive, bien qu’on me les ait férocement recommandés. Recommandés tout en me disant que si l’on ne comprend rien à l’histoire, c’est normal ; rien de bien engageant selon moi. Au même titre que ces deux films, on m’a aussi souvent conseillé Twin Peaks. Mais penser à une trentaine d’épisodes de 45 minutes, dont deux pilotes d’une heure trente, ne parvenait pas à me motiver. C’est là que France Inter intervient. Revenant de je-ne-sais-plus-quelle-soirée, j’allume mon autoradio et tombe sur l’émission ciné/TV de la station, ce soir là dédiée à Twin Peaks, en l’honneur d’Arte qui a décidé de repasser la série, 20 ans après sa toute première diffusion. Ni une, ni deux, étant accompagnée dans ma voiture, d’une personne autant intriguée par Twin Peaks que moi, nous nous sommes très logiquement installés devant Arte le lendemain soir. Cela a sans doute été l’élément déclenchant, toute seule, mon courage aurait sans doute eût tôt fait de s’étioler.

Twin Peaks m’a tout de suite conquise. Autant dire que France Inter m’avait mis l’eau à la bouche en vantant à merveille les particularités de la série. Car oui, c’est une série particulière sous bien des aspects (dont l’exemple le plus parlant reste Laura Palmer, une morte en guise de personnage principal). Commençant tantôt comme une série policière, elle dérive vers le fantastique sans que cela ne soit choquant ou déroutant. Le petit pitch : Laura Palmer, lycéenne de 17 ans, est retrouvée morte, le corps enfermé dans un sac plastique. Mais qui peut bien être le meurtrier, parmi la petite douzaine de personnages centraux ? Vue comme une icône dans sa ville, Laura Palmer voit ses secrets dévoilés suite à sa mort, venant ternir l’image de la belle lycéenne, reine de beauté propre sur elle. Petits amis multiples, accro à la cocaïne, escort-girl dans un hôtel de passes… les pistes se brouillent pour nous perdre volontairement dans la recherche du meurtrier. Et quand une autre fille est retrouvée tuée, la traque de ce dernier n’en devient que plus vivace…

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Pour mener les recherches, l’Agent Spécial du FBI Dale Cooper, joué par l’illustre et merveilleux Kyle MacLachlan (connu dernièrement pour son rôle d’Orson Hodge dans Desperate Housewives), est pour moi le personnage clé de la série. Maniaque, futé mais déjanté, élégant, serviable, sont autant d’adjectifs qui le décrivent à la perfection. Cooper se fie à ses intuitions, voire même ses visions, souvent psychédéliques, mais toujours vraies. On se rend d’ailleurs bien compte au bout de quelques épisodes, que Laura Palmer n’est pas le véritable personnage central, mais plutôt lui.

Twin Peaks nous enveloppe dans un univers sombre mais délicat, avec des couleurs qui pulsent, des personnages vivants et des rebondissements volontairement empruntés aux standards du soap opéra. Chaque personnage est unique : un nain, un géant, David Duchovny en travesti, un paraplégique, une borgne folle à lier, une femme se baladant toujours avec une bûche en bois, l’idiot du village, la secrétaire caricaturée, le manchot… tous les clichés y passent, au même titre que les personnages centraux tombent comme des mouches au fil des épisodes. J’ai été quelque peu déçue par le film Twin Peaks (Fire Walk With Me), paru après la série et racontant les derniers jours de Laura Palmer, qui est à mon avis incompréhensible pour quiconque n’a pas vu auparavant la série originelle.

Pour résumer Twin Peaks, tout le monde a quelque chose à cacher, certains avec plus d’importance et de volonté que d’autres, c’est ce qui en fait sa richesse et sa force. Et si vous ne comprenez pas tout à l’histoire, c’est normal.

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Mad Men, Dexter & Cie

Ayant la bonne grosse flemme de faire un article pour chacune des séries que j’ai pu voir cette année (exceptés Weeds, United States of Tara et The Walking Dead), je vais me contenter de faire un best-of de ces séries, parfois déroutantes, souvent acclamées, qui ont fait 2010 (et les années précédentes).

Mad Men

Racontant les flirts à tout-va du personnage principal (joué par Jon Hamm, qui a dernièrement joué dans The Town et L’agence Tous Risques) et les aléas du commerce dans une agence de publicité, Mad Men nous embarque dans les années 60 avec une facilité déconcertante. Les mœurs de cette époque, et ses contradictions, sont impeccablement interprétées par une douzaine d’acteurs récurrents, qui n’ont rien de débutants (c’est le cas de John Slattery, connu par les amatrices de Desperate Housewives, au même titre que Mark Moses). Ce n’est pas par hasard que la série a une fois de plus raflé quelques récompenses aux Golden Globes et Emmy Awards l’année précédente (et est déjà nommée pour la catégorie des meilleures performances pour 2011).


Dexter

Sans prendre la peine de présenter cette série, je me dois d’avouer que j’ai été quelque peu déçue par la dernière saison sortie en 2010. Je ne peux même pas vous spoiler … car il n’y a rien à spoiler ! La série reste agréable à regarder : ça reste Dexter, Michael C. Hall reste toujours aussi séduisant, les blagues de Masuka d’aussi mauvais goût et le franc-parler de Debra n’a toujours pas changé. A part cela, cette saison tombe un peu à plat, quand on pense à la façon dont a fini la quatrième, qui était à mon avis le bouclage final de la boucle. Une sixième saison est déjà sur les rails, l’occasion de renouer de nouveau avec la série, en espérant qu’elle se surpasse un peu plus que la précédente.


Nurse Jackie

Commencée en 2009, Nurse Jackie va compter une troisième saison dès Février prochain. Ceux qui en ont marre des séries télévisées tournant autour du milieu médical (Urgence, House, Scrubs, etc.), ne devraient pas voir cette série. Je déteste toutes les séries tournant autour du milieu médical, mais j’ai plus qu’apprécié Nurse Jackie. Tout comme House, elle est accro au Vicodin, mais là s’arrête leur similitude. Dotée d’un caractère bien trempé, Jackie, jouée par Edie Falco, navigue entre sa vie personnelle chaotique, ses difficultés à joindre les deux bouts et des collègues attachants, quoique fatigants. Tout cela n’est pas forcément original quand on y réfléchit deux secondes, mais la série parvient à nous y faire adhérer sans trop de mal, et Edie Falco y est pour beaucoup.


Dead Set

Produite en 2008, Dead Set m’a permis de prendre du recul sur le plus récent Walking Dead, séries mettant l’une et l’autre en scène des morts-vivants. Les participants à Big Brother vont se retrouver bloqués (pendant un temps limité, évidemment, sinon ce ne serait pas drôle) à l’intérieur du jeu, pendant que se déclenche à l’extérieur une invasion de zombies. Série britannique, elle sera servie par l’humour anglais très particulier (qu’on peut corréler à Severance et Shaun of The Dead, pour rester dans le thème), quoiqu’ici discret. Son format (un pilote de 45 minutes et 4 autres épisodes de 25) permet d’aller droit au but sans perdre de temps inutilement. En revanche, hématophobes s’abstenir.


Breaking Bad

Vous connaissez bien sûr Bryan Cranston ? Non ? Vous connaissez le père de Malcolm dans la série télévisée ? Donc vous connaissez Bryan Cranston. Le voilà métamorphosé dans Breaking Bad, pour notre plus grand plaisir. Se découvrant atteint d’un cancer en phase terminale, Walter White (joué précisément par Bryan Cranston), professeur de chimie, va commencer à vendre de la méthamphétamine, en vue de laisser un joli pactole à sa famille quand viendra le jour de son décès. Ce que n’a pas prévu White, ce sont les dangers de ce genre de business – auquel il était auparavant plus qu’étranger – comprenant les mafias qui tiennent à leur territoire, et son beau-frère, agent à la brigade des stupéfiants. Créée par Vince Gilligan (scénariste et producteur de X-Files) et diffusée sur Arte depuis 2010, Breaking Bad a tout d’une série culte. Plébiscitée par le public et couronnée par 13 récompenses, cette série figure parmi mon top 3 (entre Dexter et Carnivàle – nous allons y revenir) et mérite largement ses multiples trophées.



The Big Bang Theory

Série réservée aux geeks, bonjour ! Mettant en scène quatre nerds hikikomori geeks, c’est bien geeks, et une jolie demoiselle un peu naïve (pour ne pas dire sotte), The Big Bang Theory est typiquement le genre de séries qu’on regarde pendant sa pause déjeuner, avec un pot de nouilles instantanées à la main. Bonne série à ses débuts, celle-ci commence de plus en plus à tourner en rond, rendant les gags navrants et l’histoire de fond inexistante. Et même si CBS a resigné pour 3 nouvelles saisons, jusqu’en 2013 (des gars qui n’ont pas peur de la fin du monde), TBBT restera une série à regarder entre deux cours avec une tartine de Nutella.


How I Met Your Mother

Mon constat concernant HIMYM ressemble à n’en pas douter à celui de TBBT. Partant d’une bonne idée à la Friends, HIMYM ne fait que s’essouffler, ne rendant les personnages que de propres caricatures d’eux-mêmes. Autant être honnête, je n’en suis qu’à la saison 4, mais je doute de continuer avec autant d’entrain qu’auparavant. On perd de plus en plus le but de l’histoire (voir le fameux visage de la femme au parapluie jaune), en s’embourbant dans des flashes-back de flashes-back interminables. Je vais persévérer mais j’espère que les producteurs arrêteront de nous faire tourner en rond, jusqu’à ce qu’au final et malgré eux, on se fiche complètement de savoir qui pourrait bien être la femme en question …



Carnivàle

Dernièrement, petit bonus pour Carnivàle, bien que hors compétition si l’on considère sa date de diffusion (de 2003 à 2005). Carnivàle fait partie de mes séries préférées, toutes catégories prises en compte, je n’ai malheureusement jamais pris le temps d’en parler comme il se doit. Le décor : un cirque ambulant qui parcourt les Etats-Unis dans les années 30. Avec une pointe de fantaisie et des décors et costumes sublimes (qui ont d’ailleurs valu l’arrêt de la série, suite à un manque de budget), Carnivàle (la Caravane de l’Etrange pour le public francophone) est une de ses séries qui marquent. Finissant malheureusement en queue de poisson à cause d’une troisième saison manquante (la pétition qui circule parmi les fans est toujours d’actualité), Carnivàle est un vrai pied de nez à toutes ces séries manichéennes à l’extrême. Comme montré tout au long de la série, il est bien impossible de ne faire que le bien ou que le mal, nos actions étant le plus souvent dosées en direction d’un juste milieu, pourtant si ardu à atteindre.

Et si avec tout cela vous ne savez toujours pas quoi regarder en ce moment, je ne peux plus rien faire pour vous !

Secret Story, la vache à lait d’Endemol

Tous les ans, l’été arrive, et pour ceux qui ne partent pas en vacances ou ne trouvent pas d’emploi saisonnier, il reste la télévision. Alors dans ces cas on tombe bien souvent sur des clips à foison, tubes de l’été obligent, des émissions culinaires à la Gordon Ramsay, des épisodes de Sous le Soleil ayant somme toute assez mal vieillis et, parmi tout ce beau monde, une émission de téléréalité.

De toute façon, personne ne regarde Secret Story. Enfin, un peu personne, un peu tout le monde. Il y a trois catégories de personnes : ceux qui ne regardent pas Secret Story, ceux qui regardent et en sont fiers (généralement les collégiens et les pré-adolescents rêvant d’une vie comme celle mise en avant dans les médias) et ceux qui regardent et s’en cachent. C’est ainsi qu’on entend souvent « Je regarde seulement pour me moquer d’eux », « Je suis tombé dessus par hasard en regardant le zapping » ou bien encore « J’étais chez des amis qui tenaient absolument à regarder la quotidienne », etc etc. Bref, difficile de croire que les émissions et éditions de téléréalité se poursuivent si personne n’est là pour les suivre.

Endemol, pour resituer les événements, se trouve être l’une des plus grosses sociétés européennes liées au monde de la télévision et de la production. C’est elle qui a développé une partie non négligeable d’émissions phares de la première chaine (le Bigdil, Star Academy, Fear Factor, les Enfants de la Télé, Domino Day, Miss France, j’en passe et des pires) et des autres (Tout le monde en parle, + Clair ou encore On ne peut pas plaire à tout le monde). Pour ce qui est de la téléréalité, Endemol ne prend pas ses spectateurs pour des imbéciles, ou en tout cas ne se limite pas qu’à eux. Qui peut se faire mieux avoir par la production que les candidats eux-mêmes ? On peut penser, légitimement, que tout est mis en scène, tout est décidé et poussé à l’exagération extrême. C’est vrai, mais pas au sens où on peut le croire. Les plus à même d’être au cœur de la machination générale et ne s’en rendant pas vraiment compte sont avant tout les participants. Ils ne sont que des pions dans un système à moindre coût où Endemol tire les ficelles, provoquant à sa guise des raisons de disputes, de ruptures, ou à l’inverse, d’histoires d’Amour et d’amitié.

A moindre coût donc, comme le prouvent les photocopies des contrats que j’ai pu me procurer, de la saison précédente vous m’excuserez, permettant à la production de se dégager de toute responsabilité et de les brandir à leur guise pour leur permettre de décider des faits et gestes des candidats comme ils le feraient dans une série de fiction, avec de vrais acteurs, acteurs rémunérés.

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Un point important explique ici beaucoup de choses. Pourquoi les candidats effectuent-ils des « missions » sans le moindre état d’âme, quand celles-ci pèsent souvent sur le psychologique des personnes ciblées et qu’elles montrent bien souvent une absence totale de dignité chez ceux qui acceptent de réaliser ces missions ? Car ils sont liés par contrat et sont obligés de mener à bien, ou en tout cas d’essayer de mener à bien, les tâches qui leur sont confiées. Menant les participants du bout des doigts par des meetings bien orchestrés et menés chaque jour par la production, décidant ainsi de la conduite à tenir et des rebondissements nécessaires aux émissions quotidiennes, Endemol a tout à gagner en faisant signer ce contrat, bien souvent par des candidats prêts à se battre pour participer à l’émission.

Un autre point présent dans le contrat, et non le moindre quand il s’agit de faire de Secret Story une vache à lait sans grande dépense inutile, concerne l’absence totale de rémunération pour les participants. Fait bien souvent ignoré, les candidats ne sont pas rémunérés sous un salaire mensuel ou sous une toute autre forme s’ils ne sont pas choisis pour la finale (on pourrait d’ailleurs faire un parallèle entre les cagnottes bien plates des finalistes contrairement à celles plus élevées de ceux quittant le jeu avant, et ne remportant donc rien …). Même si depuis 2009, Endemol se doit de montrer patte blanche devant la chambre sociale, cette dernière considérant à juste titre que la participation d’un candidat à l’émission relève du code du travail. Pas de rémunération jusqu’à l’année dernière donc, pour avoir mis sa vie en stand-by pendant 10 à 14 semaines et s’être affiché au grand jour, pas souvent sous le meilleur. Au final tout le monde y trouve tout de même son compte car nombreux sont les journaux à scandales prêts à débourser une coquette somme pour obtenir des interviews trash des ex-candidats. Trash, le mot est lancé. Quelle est donc la position du CSA sur ce type d’émissions ? Etiquetée comme émission déconseillée aux moins de 10 ans, Secret Story est de plus en plus rappelée à l’ordre et forcée de fixer des limites à sa propre bienséance. Les cigarettes des premières saisons, puis floutées ont complètement disparu de l’écran, pour cause, une pièce spéciale mise à disposition des fumeurs fait aussi partie de la maison, pour ne pas donner de mauvais exemples à la nouvelle génération (rajoutons que les cartouches ne sont évidemment pas payées par la production mais par les familles des candidats en question). Revenons sur les journaux à scandales, dits « people », qui publient ces derniers temps des photos assez explicites (quand on cherche des infos, autant ne pas y aller à moitié) dont les images n’ont pourtant pas été montrées à l’antenne. Images trafiquées et interviews mensongers ou vidéos censurées par Endemol ? Soucis de garder un certain contrôle sur le politiquement correct ou désapprobation du CSA ? Un peu des deux sans nul doute comme le prouve la censure des insultes étant légion dans les conversations souvent très raffinées et intelligentes des candidats. Au lieu de tirer à boulet rouge sur les marionnettes de ces genres d’émission, visons plutôt les productions prêtes à tout pour asseoir leur image et perdurer sans se soucier des répercutions de ces jeux sur les acteurs comme les spectateurs. Spectateurs eux aussi à blâmer, quand on voit qu’une bonne partie du public (majeur j’entends), préfère payer pour voter dans ce genre d’émissions déshumanisante plutôt que de participer aux élections qui pourraient décider de leur vie réelle, pour rendre leur cerveau humain disponible à des choses plus utiles.

Oui Oui Weeds !

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Quand certaines séries se finissent (comme Lost, que je n’ai, heureusement ou malheureusement, je ne sais pas, jamais regardée), d’autres continuent. C’est le cas de Weeds qui entame cet été sa sixième saison (Dexter sa cinquième et Mad Men sa quatrième). Jouant à la desperate dealeuse, Mary-Louise Parker (quinqua de toute beauté qui a récemment posé pour Esquire où elle nous faisait avec grand plaisir admirer sa plastique), oscille entre un beau-frère collant mais bougrement (mignon et) sympathique, ses deux fils n’obéissant qu’à leurs propres règles et la mafia mexicaine pendant au dessus de sa tête comme une épée de Damoclès. Voilà pour ce qui en était de la dernière saison, avec vraisemblablement les mêmes embrouilles et les mêmes péripéties que celles des précédentes et sûrement des suivantes. La tension de la série ne concerne pas les dangers qui pourraient arriver à Nancy Botwin (car à par le fait d’être enceinte elle ne court pas grand risque) mais plutôt ce qui devrait arriver à ses proches. Tombée par hasard dans le milieu de la drogue, Nancy évolue telle une libellule dans une cheminée. On ne sait pas ce qu’elle fait là ni comment elle parvient à y rester mais on reste ébahi devant sa jolie candeur et son joli minois. Véritable tornade ambulante qui provoque catastrophes sur catastrophes en s’en étonnant par la suite et accusant les autres de ses maux, Miss Botwin est l’atout indispensable de la série. Le plus surprenant est qu’on ne sait véritablement pas comment ni pourquoi le milieu de la drogue lui a ouvert ses portes. La cause officielle ? La mort de son mari. A mes yeux la vraie raison ? Par goût du risque et de l’argent facile pour une femme qui ne s’abaisserait jamais à travailler dans un bureau (ce qu’elle a certes fait le temps de quelques épisodes en passant plus de temps sous le bureau que sur sa chaise). Même sans tension dramatique à la Breaking Bad, Weeds parvient à nous faire passer de bons moments devant une sitcom facile à suivre, avec ses personnages attachants (pour les fans d’Andy, The University of Andy a commencé à faire ses preuves en tant que websérie depuis quelques mois) voire complètement barjos (mention spéciale pour Doug et son pénis coincé dans un tiroir de bureau).

United States of Tara

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Une fois n’est pas coutume, j’ai l’immense envie de mettre en avant une série que j’ai jusqu’alors plus qu’appréciée : United States of Tara. Pour preuve, j’ai dévoré en à peine une semaine les deux premières saisons sorties jusqu’à présent ; une troisième étant en préparation pour 2011.

Tara pourrait être une mère de famille comme tout le monde si elle n’était pas atteinte de troubles dissociatifs de l’identité (TDI). Ayant décidé d’un commun accord avec son mari d’arrêter les médicaments la rendant amorphe, Tara va voir ressurgir de manière assez chaotique ses alter égo. Parmi eux, les principaux : Buck, un homme se croyant vétéran du Vietnam, T., jeune ado provocatrice de 16 ans et Alice, caricature de la femme au foyer des années 50.

Diffusée depuis peu sur Canal + (par contre ça, tant que Canal n’aura pas mis la possibilité de regarder la série en VO, je dis non), United States of Tara est d’ores et déjà un véritable succès aux Etats-Unis (Steven Spielberg ayant même pris part à cette aventure). Le scénario original n’est pas le seul point fort de la série, loin de là, mais s’ajoute à cela le talent de Toni Collette, qui excelle à travers le personnage de Tara pour la simple et très bonne raison qu’elle n’interprète pas moins de 7 rôles différents. J’ai préféré ne citer que les principaux qui interviennent dès le début de la première saison au lieu de vous spoiler à la Wikipedia staïle. Je suis en outre adepte des séries courtes (format comme longueur de la série), c’est-à-dire une douzaine d’épisodes d’une vingtaine de minutes chacun, mais dans le cas présent je regrette que la série soit si brève, vu le très bon niveau de celle-ci.

Je me dis que si cette série avait été française, la plupart des épisodes aurait tourné autour de gags plus ou moins intéressants, jouant sur le comique de situation dans la plupart des cas. C’est ici plus subtil que cela. Comment continuer de mener une vie de couple normale quand un alter égo drague à loisir et trompe, sans le vouloir véritablement, son propre mari, le tout allant jusqu’à une trentaine d’aventures adultères au cours des années ? Comment vivre en ayant des pertes de mémoire constantes, allant jusqu’à se réveiller dans des endroits inconnus ? Comment parvenir à éduquer des enfants, ses propres enfants, quand on ne peut pas les surveiller la plupart du temps et leur donner un seul et unique exemple à tenir ? Toutes ces questions sont posées dans United States of Tara de manière intelligente et sans être provocantes. Je regretterai toujours en revanche les stéréotypes des séries américaines mettant irrémédiablement en avant les minorités de façon si peu délicate.

Vous l’aurez compris, je recommande cette série très chaleureusement. Au même titre que je vous recommanderais Weeds, Breaking Bad, Carnivale, Mad Men et Dexter.

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Se taire, regarder, écouter et applaudir.

Nous avions rendez-vous devant les locaux de France Télévisions à 16h30 pour l’enregistrement d’une émission sportive programmée en direct une heure après. Les locaux, et quels locaux, lumineux – très télévisuels – et immenses. Nous étions une vingtaine d’étudiants issus de plusieurs écoles de commerce rassemblés pour l’occasion, plus par curiosité que par intérêt du sport. Nous attendions patiemment dans le hall jusqu’à ce qu’une jeune dame se charge de nous. Nous descendons d’un étage où un vestiaire et une collation nous attendent. Autour de nous, des dizaines de télévision projetant en simultané les émissions du groupe de la chaine. Quelques dizaines de minutes après, nous nous mettons à suivre la demoiselle nous ayant auparavant fait descendre à cet étage inférieur, nous interrompant en plein visionnage du match de rugby transmis sur les écrans. Cette dernière s’attarde de longues minutes sur nos hauts multicolores, seule contrainte du dress code de l’émission, pour nous placer en fonction d’eux, évitant gracieusement le ton sur ton et tentant de dissimuler sur les côtés les teintes trop criardes. Mangeant des gâteaux apéritifs, nous regardons les préparatifs du direct, nos yeux oscillant entre les réglages des caméras et les petits papiers de dernières minutes à l’intention du présentateur.
Pendant l’émission, nous applaudissons à la baguette et nous crions derechef, prêts à faire entendre notre vigueur et notre contentement. Nous remplissions notre mission à la perfection. Avec joie. Et sans cynisme. Aucun impair du côté de France Télévisions qui sait mettre les petits plats dans les grands pour nous satisfaire et faire en sorte que nous passions un bon moment, nous étudiants invités, aussi jeunes et délurés puissions-nous être.

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Nous avons rendez-vous devant les locaux de France Télévisions à 16h30 pour l’enregistrement d’une émission sportive programmée en direct une heure après. Et quels locaux, lumineux – très télévisuels – et immenses. Nous sommes une vingtaine d’étudiants issus de plusieurs écoles de commerce rassemblés pour l’occasion, plus par curiosité que par réel intérêt du sport. Nous attendons patiemment dans le hall jusqu’à ce qu’une jeune dame se charge de nous. Puis nous descendons d’un étage où un vestiaire et une collation nous attendent. Autour de nous, des dizaines de télévision projetant en simultané les émissions du groupe de la chaine. Quelques dizaines de minutes après, nous nous mettons à suivre la demoiselle nous ayant auparavant fait descendre à cet étage inférieur, nous interrompant en plein visionnage du match de rugby transmis sur les écrans. Cette dernière s’attarde de longues minutes sur nos hauts multicolores, seule contrainte du dress code de l’émission, pour nous placer en fonction d’eux, évitant gracieusement le ton sur ton et tentant de dissimuler sur les côtés les teintes trop criardes. Mangeant des gâteaux apéritifs, nous regardons les préparatifs du direct, nos yeux oscillant entre les réglages des caméras et les petits papiers de dernières minutes à l’intention du présentateur.

Pendant l’émission, nous applaudissons à la baguette et nous crions derechef, prêts à faire entendre notre vigueur et notre contentement. Nous remplissions notre mission à la perfection. Avec joie. Et sans cynisme. Aucun impair du côté de France Télévisions qui sait mettre les petits plats dans les grands pour nous satisfaire et faire en sorte que nous passions un bon moment, nous étudiants invités, aussi jeunes et délurés puissions-nous être.