Eux

Nuit Magique

img_6976_copy_by_andokadesbois-d6y5ghf Sortir pour le voir. Ou sortir pour boire, pour se donner le courage de lui parler. Ou ne pas sortir, mais boire tout de même. Chaque soir, comme une habitude qui est devenue un réflexe. Comme un besoin, une nécessité, une base supplémentaire ajoutée à la pyramide de Maslow. Sachant la période d’alcool triste passée, s’en servir comme d’une revanche. D’une revanche sur la tristesse qui s’est servie de l’alcool pour se multiplier, s’amplifier, dominer et tout renverser. L’utiliser maintenant pour provoquer l’inverse, l’ivresse. L’oubli, comme dans les clichés. Utiliser l’alcool pour se donner du courage, pour se persuader que rien de tout cela n’a d’importance, que je puisse avancer dans la vie ou pas.

Et puis attendre, entendre le tic tac régulier de l’horloge et savoir que les heures passent, trop rapidement, trop lentement à la fois. S’acharner à trouver la belle porte de sortie, par la grande porte, pas la sortie de secours. Passer le temps avec d’autres, avoir une estime personnelle en dents de scie, faire une croix sur chaque jour qui passe. Et encore entendre dire que le passé est un poids sur le présent et un frein au futur. Se sentir impure, marquée à vie, j’ai essayé, j’ai perdu et plus aucune autre chance ne pourrait m’être accordée. Et rester prisonnier de ses propres échecs sans pouvoir rebondir comme on le voudrait.

Un An Déjà

Le mois prochain, cela fera un an déjà que j’ai remis ce blog en ligne. Il est un exutoire, une porte de sortie et une motivation pour faire quelque chose quand je n’en ai pour rien. Un an ça passe vite, mais un an c’est aussi très long. Les articles, sorte de fil rouge d’une histoire abîmée, sont le reflet de mon esprit et d’une société dépareillée. Mais que s’est-il donc véritablement passé pendant une année ?

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Apposant mon dernier mot sur ce blog en octobre 2011, je l’ai donc rouvert en juillet 2014 avec un article plutôt sympathique mais taggué « retour, tristesse, vague à l’âme ». Un retour en demi-teinte donc, comme s’il était forcé. Forcé par une ténébreuse envie de faire quelque chose de mes journées : écrire, parler, me confier. Pour enrailler ça (cela ne trompe personne que j’avais encore subi un échec amoureux), je n’ai jamais fait autant d’articles sur le cinéma, la musique, les séries télé ou encore les jeux que depuis ce fameux été. Mieux valait écrire sur la trivialité que sur ce qui me broyait tous les jours et toutes les nuits. Hélas, certains articles passaient au travers des mailles du filet en me permettant de vomir sur le papier de l’internet tous mes ressentiments.

Je me souviens du mois d’août 2014 comme si c’était hier. Écoutant Lana Del Rey dans ma voiture, conduisant sans but mais bénissant le fait que conduire me permettait de me concentrer sur quelque chose, tout en sachant que j’avais à ce moment précis ma vie entre mes mains. Il m’a fallu attendre septembre avant d’avoir de sérieux doutes quant à la fidélité de mon ancien compagnon, ce qui a valu quelques éclats sur ce blog, qui n’auront pas été sans conséquences, compte-tenu du grand nombre de lectures concernant ces articles. Alors je me suis replongée à fond dans les salles obscures, allant jusqu’à dix fois par mois au cinéma, pour m’occuper avec la vie des autres plus que la mienne. C’est bien simple, le mois d’octobre n’a comporté que des articles liés à l’univers du cinéma et de la télévision. Dans le même laps de temps je commençais tranquillement depuis plusieurs mois à arrêter de fumer et mon travail me poussait de plus en plus à bout, maintenant que je n’avais plus personne sur qui m’appuyer affectivement.

11259841_10153327123353415_8204716789522245870_n C’est en novembre que j’ai commencé les articles foodie. La gourmandise ayant toujours fait partie des multiples péchés que je me dois dorénavant d’assumer. J’ai donc pas mal mangé et repris les cinq kilos que j’avais perdus pendant l’été, passant la plupart de mes journées à rester coucher sans manger mais en m’hydratant bien trop. J’avais encore des réminiscences d’Elato, la sale fille que je soupçonnais m’avoir rendue cocue. Mais ce n’étaient que des spéculations, qu’une simple intuition, pour le moment tout du moins. Entre-temps j’avais commencé un nouveau travail qui me permettait de m’épanouir dans des voyages en France entière. J’avais l’impression d’avoir tellement de choses à raconter que je me suis même amusée à écrire un article par jour en décembre. Avant de toucher le fond le 21 décembre en apprenant que tout ce que je m’étais imaginée était vrai. J’étais pourtant en train de prendre les devants et aller de l’avant, réussir à oublier les déconvenues, jusqu’à ce soir où j’ai surpris une conversation qui n’aurait jamais du être dite devant moi. Je me suis retrouvée ce soir-là assise en t-shirt dans un caniveau, par seulement quelques degrés, en train de fumer une cigarette, ce que je n’avais pas fait depuis des mois. A quelques jours de Noël, tout ce que j’avais essayé de reconstruire pendant six mois s’est écroulé aussi facilement qu’un château de cartes fait sur une plage. Entre les deux articles sur les pires fêtes de fin d’année qui m’ait été donné de subir et que j’ai passées sous antidépresseurs lourds, je suis partie me changer les idées à la montagne, avant même de découvrir que si je devais encore louer des skis cette année, c’était pour la simple et dégueulasse raison que ma remplaçante de cœur utilisait les miens à ma place et que c’était pour cette raison également que mon ancien compagnon refusait de me les rendre.

Janvier a été très dur. Là où je m’épanouissais dans des déplacements professionnels multiples encore plusieurs semaines auparavant, je n’y voyais plus que la tristesse et la solitude des chambres d’hôtels impersonnelles. J’ai alors quitté mon travail et me suis replongé à corps perdu dans la télévision et le septième art, comme l’été précédent. J’ai emménagé seule (mon compagnon m’ayant quittée en pleines recherches d’appartement commun – mais il a bien quitté une ex en apprenant qu’elle était enceinte, je ne vois pas pourquoi je me plains) et fêté mes 25 ans en février (sans avoir précisé que mon meilleur ami depuis quinze ans avait décidé de quitter ma vie en me volant 500 euros), je me suis rendue compte que je n’avais plus le droit à l’erreur. Qu’il me faudra réussir ma prochaine relation amoureuse avant que je ne devienne vieille, moche et encore plus incasable qu’à l’heure actuelle. Mon dernier article sur Elato a été lu approximativement 200 fois, ce qui m’a permis d’expier le peu d’estime qu’il me restait envers elle et envers moi-même, quitte à réaliser par la suite que beaucoup de personnes ne peuvent faire face à leurs propres vérités.

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Deux semaines après avoir quitté mon job de commerciale ambulante, je retrouvais un travail dans mon choix de carrière, qui me permettait avant-tout de m’occuper en journée. Mon but étant de passer le moins de temps possible avec mes démons, mes regrets, mes chagrins et ma minuscule boule d’espoir. A ce niveau-là, le mois de mars étant tout ce qu’il y avait de plus tranquille, avec en prime la résurgence de joie de changer d’opportunité professionnelle. Au contraire, avril était plutôt en dents-de-scie, entre des soirées qui me coupaient de ma vie, accompagnée d’hommes ou de Resident Evil, et celles qui me plongeaient à nouveau dans tout ce qui me faisait peur. Finalement mai est arrivé, avec ses espoirs et ses déconvenues. Il m’a été éprouvant mais m’a fait rêver.

Nous sommes à présent en juin mais j’ignore de quoi les prochains mois seront faits. J’espère simplement ne pas avoir à revivre certains que j’ai pu passer depuis un an maintenant. Je continuerai à écrire bien sûr, ne prenez pas cet article comme une fin, mais j’avais besoin de jeter un regard sur ce que j’ai fait, sur ce que je n’ai pas fait. En espérant également que vous avez pris plaisir à me lire et continueraient à le faire comme c’est mon cas de l’autre côté de l’écran.

Slut-Shaming

Il y a des jours comme celui-là où, quoi qu’on fasse, c’est comme si l’on ne faisait rien. Où l’on s’acharne dans le vent à faire entendre raison, voire même simplement à faire entendre sa voix. Ces jours où, bien que la Terre entière ne se soit pas liguée contre vous, on ressent qu’elle sait quand même beaucoup plus qu’elle ne vous fait croire. Et où je me dis qu’un aller simple pour l’univers ne me serait pas totalement démérité.

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Où l’on se sent floué, démoralisé, blessé, cerné de préjugés. Alors même que la veille les émotions étaient les mêmes mais les raisons étaient autres. Où l’on s’acharne à bien faire mais où l’on se rend compte que tout peut être interprété de travers et retourné contre soi.
Pourquoi pourquoi pourquoi pourquoi ? Pourquoi telle parole ou telle action ? Pourquoi des souffrances veines et gratuites ? Pourquoi différents échecs face à différentes personnes ? Pourquoi des barrières là où l’on souhaite avancer vers une nouvelle voie ? Mais finalement se dire qu’il vaut mieux ne pas avoir de réponses. Car celles qui ont pu être apportées n’ont fait que gangrener la vérité et mettre à mal le peu de self-esteem qui pouvait encore subsister. Après tout, au bout d’un moment cela finira peut-être par aller mieux le lendemain.

Le Samedi 14 Juillet 2012

C’est en échangeant avec un ami sur nos souvenirs d’étudiants, que je me suis rappelée ces jours, ces soirées, voire ces nuits, qui avaient l’air d’en englober plusieurs. Ces journées qui semblaient durer 50 heures ou ces soirs qui comptaient tant d’événements qu’il est difficile de se dire que tout cela n’a eu lieu de fait qu’en un temps très limité. C’était le cas de la soirée du samedi 14 juillet 2012.

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En me réveillant ce 14 juillet, j’étais encore en train de me demander si j’irais le soir même au concert de Madonna au Stade de France, pour son MDNA Tour, ou bien à une soirée avec des amis, chez une personne que je ne connaissais alors que très peu. Sachant que ma présence au Stade de France était en lien avec le travail, je décidais de décliner cette première option pour profiter d’une soirée plus axée détente que boulot. Il faut également savoir que je déteste le 14 juillet de manière générale. Je passe généralement mon temps à pleurer devant les feux d’artifices, synonymes pour moi et pour de trop multiples raisons, d’abandon, de solitude et de tristesse. Egalement, mon compagnon de l’époque n’était pas avec moi ce soir-là puisque le 14 juillet est la date anniversaire de sa meilleure amie. Compte-tenu de l’amour / amitié indéfini qui les liait, ce n’était pas pour me plaire que de le savoir avec elle. C’est donc d’une humeur passablement blasée que je me suis rendue passer la soirée dans un pavillon sévrien, où j’espérais mettre de côté tout ce qui me chagrinait ces derniers temps. Il convient de noter que notre relation ayant commencé il y a deux ans, nous n’avions plus vraiment de secrets l’un pour l’autre. En fait nous savions tous les deux qu’il couchait déjà avec tout ce qui bougeait.

Je suis médisante. Il y avait quand même un gros point positif, je partais le lendemain aux aurores pour aller passer un entretien d’embauche le lundi matin en Suisse. Arrivée à la soirée, parmi les premières, je ne connaissais pas du tout les personnes déjà présentes. Je ne savais pas encore que le jardin où j’étais me verrait passer des journées et des soirées entières, puisque je deviendrai six mois plus tard et pendant un an et demi la compagne de notre hôte. Avant qu’il ne me jette pour une autre, comme il avait fait avant moi et maintes fois encore avant. Mais je ne sais alors rien de tout cela.

Les minutes passant, je parlais avec des inconnus qui deviendraient bientôt des connaissances puis, en les voyant arriver, avec des amis que j’avais déjà. Je me suis mise à échanger avec eux pendant plus d’une heure jusqu’à me glacer d’effroi. De ma chaise, j’avais une vue assez générale des invités de la soirée, ce que je vis me laissa bouche bée. Un ancien compagnon, que je n’avais pas oubliée mais que je pensais à l’étranger venait de faire son apparition. C’était la honte qui me donnait ce sentiment de rejet. En effet, notre histoire avait mal fini de ma faute et cela m’avait beaucoup peinée, en plus de causer la fermeture de mon blog, ce blog-ci très justement. J’aurais tout donné pour disparaître six pieds sous terre, me recouvrir de mousse verte bien moelleuse afin de fuir le regard perçant que j’imaginais sur moi (il n’en était rien, il était ravi de me voir ; en fait moi aussi, mais j’étais tout de même terrifiée).

Mon Dieu, qu’est-ce que je faisais là ? J’aurais mieux fait d’aller travailler au SdF ou rester chez moi, ou me faire incruster à la soirée d’anniversaire où était mon homme, qui ne répondait d’ailleurs plus au téléphone. J’essayais d’aller parler à un peu tout le monde de la soirée, histoire de fuir mon ex-compagnon qui ne me voulait pourtant aucun mal, ma paranoïa reprenant le dessus. Je me souviendrais toutefois de l’histoire du petit frigo et lirais ensuite quelques ouvrages de Lovecraft que je ne connaissais à l’époque pas. Il était deux heures du matin passées quand je me suis décidée à rentrer chez moi. Comme il ne répondait toujours pas, je me suis dit qu’il devait être bien évidemment en boîte de nuit, où il boirait trop, comme d’habitude. En plus je devais partir tout à l’heure tôt pour mon voyage express suisse. Le temps de rassembler mes esprits et mes affaires, prendre congé et la route jusqu’à chez moi, j’arrive dans mon lit à trois heures passées. Ce qui pour moi tient du record. Avachie par la fatigue, c’est au bout de ma vie que je tombe sur mon lit, au même moment où la sonnerie de mon téléphone se met à rugir. Mon petit ami. La seule personne à ce moment là pour qui je suis prête à décrocher à n’importe quelle heure du jour et de la nuit. Je me rends compte en prenant l’appel que j’ai eu droit à plusieurs textos incompréhensibles pendant que je conduisais. Alcool à outrance, comme d’hab. Le connaissant bien, je comprends ce qu’il me raconte, ce qui se résume à « Rentréchémoi, trobu peupaouvrirmaporte« . Je me rhabille et reprends le volant pour me rendre chez lui. Je prends mon téléphone pour joindre sa meilleure amie afin d’avoir plus d’infos sur la soirée avant d’arriver et trouver mon jeune homme aussi frais qu’une pâquerette fanée, que je maternerais jusqu’à ce qu’il s’endorme. A peine deux heures après, dont une sieste d’une demi-heure seulement pour ma part, je me relève, pars de chez lui et monte à bord du 4×4 BMW flambant neuf de mon père pour faire face à sept heures de route et passer un entretien que je ne réussirais finalement pas.

Pas plus tristes ou pas plus joyeuses que d’autres, il y a simplement des journées qui marquent de par leur intensité. De par les questionnements qu’elles soulèvent. Comment ma vie serait-elle aujourd’hui si j’étais restée avec certaines personnes ? Ou mise avec d’autres ? Ou le contraire ? Si j’étais allée travailler au Sdf ou m’amuser dans une autre soirée ? Si j’avais été prise au poste que je convoitais à Lausanne ? Le déroulé des questions en « si » n’existe que lorsqu’on est désappointé des choix qui ont été pris jusqu’alors. On ne se pose pas souvent la question de ce qu’aurait été une vie avec d’autres choix quand on est sûr d’avoir pris les bons. Quand toutefois on peut décider desdits événements…

Rétrospective 2K10 (3615 tellmylife)

Nommée dans la catégorie de pire année qui soit, 2010 remporte le prix haut la main. Et pour une fois je vais (à peu près) parler de moi, et non pas de Karen, Lisa, Delilah, Emma ou encore Jérôme. Mais je ne vais pas raconter cette année 2010 en long, en large et en travers. D’une, il y aurait beaucoup trop de choses à raconter et compte tenu de mon don pour la synthèse je vais éviter de faire l’article le plus long qui soit, et de deux, je préfère ne garder que les anecdotes intéressantes, histoire de rendre digeste ce billet des plus mégalomaniaques.

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6 mois de quiétude non dissimulée pour 6 mois de chagrin non dissimulable, voilà l’histoire banale de cette année, comme on en voit tous les jours dans les vies de chacun.

Après un an d’une relation sérieuse, la fin. Annoncée par l’une des pires manières qui soient, au pire moment qui soit. Fin Mai, par mail, une semaine avant mes partiels / passage de permis. De fait, les trois mois de l’été n’ont représenté pour moi qu’une succession de jours semblables en tous points et ont formé un ensemble tout ce qu’il y a de plus insupportable.

Les uns après les autres, les jours se suivaient, se ressemblaient. Tout me ramenait à la perte que j’avais vécue quelques semaines, et maintenant quelques mois, auparavant sans que je ne fasse de véritables efforts pour aller de l’avant. C’est aussi à cette époque là que j’ai perdu, pour des raisons qui me sont encore obscures, non pas quelqu’un que je considérais comme ma meilleure amie, mais plutôt comme une sœur. Quelqu’un avec qui je m’étais toujours entendue, et ce depuis des années, malgré la distance et le temps qui passait. Juin, Juillet, Août : un été où se mélangeait culpabilité, colère, abattement et incompréhension. Où toutes les pensées et tous les actes que j’ai alors faits ne souffraient d’aucun sens et d’aucune motivation à aller de l’avant. Pleurer. Bronzer à Roland Garros. Boire des verres de vin au saut du lit. Regarder l’intégrale de Weeds. Penser à lui et pleurer encore. Conduire une camionnette après avoir avalé des cachets bleus sous sachet plastique. Faire des concerts. Aller à des festivals. Fumer des joints. Faire des meringues. Ne pas réussir à faire cuire des pâtes. Cueillir des champignons. Jouer de l’ukulélé avec les pieds. Escalader le POPB. Et puis rire aussi. Aller à la pêche. Tirer des feux d’artifices. Faire du footing sur l’île de Puteaux. Commencer à écrire un bouquin. En lire des dizaines d’autres. Et se croire dans une série télé américaine, quand les parents offrent une voiture à leur ado après qu’il se soit fait larguer. Plus que croire d’ailleurs, l’être vraiment.

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Car si je pouvais m’échapper de ma vie actuelle au profit de mon monde, ne serait-ce que pour quelques heures seulement, je le faisais avec allégresse. Là où cela devient dangereux est quand on se met à préférer ce monde virtuel jusqu’à en devenir dépendant. Fort heureusement cela n’a jamais été mon cas. C’est aussi à cette époque que j’ai recommencé à faire de la tachycardie et à reprendre des traitements, où je devais chaque jour prendre une flopée de médicaments, supposés m’aider à aller mieux. Mais j’ai réalisé une seconde fois au cours de mon existence, qu’on ne pouvait pas guérir le mal de vivre avec des antidépresseurs et des sédatifs. Marilyn a eu raison de se suicider plutôt que de mourir d’une overdose comme Edie Sedgwick. Alors j’ai recommencé à mettre un pas devant l’autre, pour réapprendre à vivre une troisième fois en 20 ans. Vivre, c’est comme le vélo, ça ne s’oublie pas. Certes, ça ne s’oublie pas, mais après s’être cassé la gueule plusieurs fois, on a de belles appréhensions à se remettre en selle.

Le déclic arriva fin Août grâce à un séjour chez Mélou, à base de clopes / Mojitos au bord de la piscine et sessions de Guitar Hero dans le salon. Alors on reprend confiance en soi, en la vie, et cet état va même nous faire faire des erreurs qu’on n’aurait pas faites en temps normal. Car quand on subit ce type d’épreuves, on se croit invulnérable. Quand on se brise la jambe, on ne va tout de même pas se casser le bras deux jours plus tard. Et bien si, il n’y a pas de raison pour que cela n’arrive pas. Pire, quand on provoque ces accidents une fois et qu’on se fait mal, il est normal de se faire encore plus mal la deuxième fois qu’on les aura provoqués. C’est du bon sens. Sauf qu’en général dans ces cas là, le bon sens est la dernière des choses à laquelle on pense. Alors brutalement, se remettre à aimer quelqu’un. Se sentir capable d’être humain à nouveau. Avec une forte joie mais beaucoup de malheurs aussi. Pour le reste, Christine et ce jeune homme l’ont raconté avant moi. Un pas en avant, deux pas en arrière. J’ai l’impression de revivre actuellement cet inter-minable été et je me maudis pour cela.

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Beaucoup de vœux et d’espoir pour 2011 donc, une nouvelle décennie qui, je l’espère, apportera son lot de bonnes nouvelles, de jours heureux et, tout simplement, de bonheur. Je l’espère, même si je ne le pense vraiment qu’à moitié. Laissons le temps au temps, mais prions tout de même pour qu’il se presse un peu. Je vous souhaite à tous une superbe nouvelle année : études, famille, Amour, amitié, travail, santé et chocolat !