Mal en Mars

Une Nuit pour en finir

C’est Liam Neeson qui le dit.

C’est marrant les jours qui passent. J’ai l’impression qu’ils se ressemblent tous mais d’une semaine à l’autre tout peut être différent. Il y a tout juste une semaine je renaissais, me sentant comme une cougar pleine de vie. Une femme fière de son corps et qui plaît encore. C’est fou comme ce sentiment emplit d’estime personnel et fait rayonner.

bad_v_by_soulstrange-d31c7al

Une semaine après, aujourd’hui, c’est la mort à tous les étages. Pour des raisons qui n’ont d’ailleurs rien à voir avec la semaine précédente. Mais celle de ne même plus être capable de se poser la question de quand viendra une vie après l’échec, mais si une vie après l’échec viendra vraiment un jour. Si réussir sa vie est avoir une Rolex ou bien un mari et deux enfants, je suis décidément sur le banc de touche.

Publicités

La Pudeur des Sentiments

Si vous avez un jour été triste, si vous avez un jour eu des amis, vous devez sûrement connaître cette situation.

Cette situation où vos amis vous disent que si vous n’allez pas bien, vous pouvez les appeler. Ils le disent avec sincérité et vous les remerciez avec cette même sincérité.

Mais quand vient la nuit, ou tout simplement quand viennent les moments douloureux, peu importe le moment, la pudeur, voire peut-être la honte font surface. Ces moments où, souffrant comme sur un bûcher, vous ne parvenez pas à saisir votre téléphone pour appeler à l’aide. Où il faut savoir, comme le dirait Amanda Palmer, How I Learned to Stop Worrying and Let People Help (comment j’ai cessé de m’en faire et j’ai laissé les gens m’aider). Où exprimer aux yeux des autres votre tristesse, quand bien d’autres souffrent, où parler tout en pleurant n’est pas une image agréable à imposer aux autres.

Si je ne vous ai pas appelé(es), ce n’est pas parce que je ne pensais pas à vous. Mais parce que je pensais trop à vous pour vous obliger à partager mon désespoir.

La Saint-Valentin et toutes ces conneries

La_Saint_Valentin_a_Paris_by_lucky_april

Alexandre est en couple avec Tom depuis maintenant près d’un an. Alexandre est bien avec lui, il se laisse porter par les jours successifs qu’ils vivent ensemble mais n’arrive pas à fermer les yeux sur les zones d’ombres qui lui amènent autant de tristesse que cette relation n’en amène de bonheur.

« Serait-ce parce que je réfléchis trop ? »

Alexandre ne peut pas m’empêcher de repenser sans cesse à ces fois où Tom lui a fait du mal. Et sans même s’en être rendu compte. Il repense à toutes ces fois où il restait devant son ordinateur pendant que Tom allait faire la fête avec ses potes et oubliait de lui envoyer ne serait-ce qu’un texto pour la nouvelle année. Il repense à tous ces moments où il lui faisait mal et où il ne s’en apercevait même pas. Rendant la peine plus insupportable encore.

Alexandre n’est pas quelqu’un de matérialiste à l’extrême mais il adore faire des cadeaux. Et pour lui, c’est en général un donné pour un rendu lors des grandes occasions. Alexandre a fait exploser son budget pour Tom à l’occasion de la Saint-Valentin, voulant lui faire plaisir et lui montrer qu’il tenait à lui. Mais dans le fond, il voulait surtout que Tom fasse de même, n’ayant jusqu’alors jamais entendu de réels mots d’Amour sortant de sa bouche. L’anniversaire d’Alexandre était passé depuis peu et ce dernier pensa que Tom allait faire d’une pierre deux coups pour lui faire passer une superbe soirée en amoureux. Mais en échange d’une bouteille de parfum de marque et d’un nouveau téléphone portable pour son aimé, Alexandre ne récolta qu’un livre, que Tom avait dû prendre à la va-vite au dernier moment. Le livre n’étant même pas emballé.

C’est la deuxième fois qu’Alexandre encaisse un si gros coup alors qu’il venait même de lui payer le restaurant le soir même à l’occasion de cette fête stupide. Mais il n’ose pas le dire à Tom, pas peur de passer pour « la chiante » dont Tom le traite sarcastiquement quand il est en colère. Car le problème est là, il a peur de le perdre et c’est bien la cause de tant de malheurs.
Alexandre se jura intérieurement qu’il ne laissera pas se passer une troisième peine comme celle-là.

Ca passe, ça lasse, ça casse. Encore faut-il que Tom s’en rende compte.

Paris s’éveille

Il est cinq heures du matin, je suis dans un taxi parisien agréable, écoutant le jazz qui sort de sa radio, et je me rends compte que j’aime Paris. Non loin de Montparnasse, je vois la Tour Eiffel dépasser des rues comme si elle voulait m’embrocher, me réveiller. La ville ressemble enfin à ce à quoi on veut lui faire ressembler dans les films.

Il est près de vingt-et-une heure et la solitude de ma chambre d’hôtel m’étouffe, m’oppresse. Cette solitude est la même que celle qui me frappe chez moi, mais je n’ai ici aucun repère ; ma solitude est dépersonnalisée, ce qui la rend encore plus tranchante.

Nous sommes au mois de décembre, j’aimerais voir une dernière fois la neige, sentir quelques flocons sur ma paume, dans le creux de mon cou, sur le bout de mon nez. Toucher l’incommensurable, tenter de ressentir les mêmes émotions que la dernière fois où j’étais à la montagne : sentir l’odeur de raclette frémissante, avoir les mains enfouies dans la neige pour en faire une boule, savoir que mon corps est blotti nuit et jour contre celui que l’on aime.

Apocalypse sNow

Les hommes qui marchent en travers de la chaussée, les bras tendus en avant comme pour se protéger d’un être invisible qui viendrait leur coller le nez contre le trottoir. Les femmes qui boitent en maudissant leurs talons et leurs tenues saisonnières, tout en feignant de s’étonner que la neige tombe au mois de décembre et que personne ne les a prévenues. C’est magnifique, la neige. Ce qui l’est moins reste le verglas du lendemain et la bouillie désagréable qui s’infiltre dans les chaussures en toute discrétion.

sadlove_by_lostlandscape

Regarder la neige tomber m’inspire une telle quiétude que je ne pourrais faire que cela de mes journées. Se blottir dans les bras chaleureux d’une personne bienveillante, et regarder les éléments se déchainer. Pour ressentir la douce fraicheur des flocons qui chutent sur mon visage et la chaleur de me sentir entourée. C’est pour cette raison que j’adore l’Hiver, habituellement.

Alien Backflip (Love is Our Resistance)

Ne tremble pas petite fleur, laisse-moi effleurer tes pétales sous la rosée du matin, permets-moi de respirer ta délicieuse corolle. N’aie pas peur jolie fleur, laisse-moi te cueillir, te faire mienne, t’admirer et t’aimer. Ne crie pas ma jeune fleur, tu es toute à moi maintenant. Ne pleure pas pendant que je t’arrache un à un tous tes délicieux pétales, brise ton cœur jaune or en mille morceaux pour les semer aux vents. Ne te rebelle pas ma jolie, tu n’as plus ton mot à dire, je me dois de te piétiner car tu es fanée à mes yeux. Je ne veux plus m’amuser avec toi, tu as fait ton temps.
Tu as souri grâce à moi, tu passeras le reste de ta vie à pleurer à cause de moi. Je peux te laisser mourir en paix, mourir d’Amour pour moi, ça ne me regarde plus, bien peu m’importe maintenant. Je sais que tu regrettes de t’être laissée cueillir et pleures ce cadeau empoisonné que je t’ai fait sans aucune culpabilité. Tu aurais pu vivre encore longtemps, encore heureuse si je n’étais pas intervenu. Ton plus grand malheur sera d’avoir découvert ce bonheur éphémère que je t’ai offert pour ensuite te le reprendre selon mon envie, sans ton consentement, là où tu étais la plus vulnérable, pour te jeter avec les autres dans la fosse à purin.