épouvante

The Autopsy of Jane Doe – The Jane Doe Identity

Enième victime des changements de titres d’anglais à anglais pour rien, The Autopsy of Jane Doe en version originale devient The Jane Doe Identity dans les salles de cinéma françaises.

L’histoire tourne autour d’une autopsie effectuée sur le cadavre d’une inconnue (une Jane Doe donc), qui ne va pas se dérouler de façon tout à fait normale. Je pensais aller voir un film d’épouvante lambda (c’est à dire pas franchement bien), mais je suis sortie de la séance avec un bon ressenti sur ce que je venais de voir. Le film va se cantonner véritablement à deux personnages principaux (je compte la copine, le chat, le shérif et la morte comme personnages secondaires), ce qui est assez rare dans un film d’horreur, où l’on a souvent tendance à accumuler à outrance le nombre de personnages présents à l’écran, afin d’en tuer un maximum au fil des scènes. Deux acteurs pour soutenir le film donc, dont Brian Cox, également à l’affiche de Churchill en ce moment, et de beaucoup d’autres films précédents.

Les éléments d’angoisse ne sont pas forcément originaux (jeux de miroirs, ombres, jumpscares habituels) mais l’ambiance générale du film est particulièrement réussie. Le thème de l’horreur n’apparaît pas dès le début et peut faire passer le long-métrage pour un thriller pendant une bonne partie de l’histoire. L’arrivée de la police, à l’inverse de la grande majorité des films, n’est pas synonyme de dénouement et l’aspect technique de l’autopsie est bien plus poussée (logiquement) que d’habitude. Je pense m’essayer au précédent film d’André Øvredal, The Troll Hunter, tourné en mode caméra à l’épaule, pour découvrir ce réalisateur que je ne connaissais pas jusqu’à aujourd’hui.

Paranormal Activity 5 : Ghost Dimension

Comme le Woody Allen, il y a aussi l’édition 2015 de Paranormal Activity. A la base film à petit budget, les réalisateurs ont creusé leur portefeuille cette année pour nous offrir une séance en 3D, rien que ça, pour ce film qui est censé être l’ultime de la saga.

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Cinquième film officiel de la franchise, Paranormal Activity 5 : Ghost Dimension revient sur l’enfance de Katie et tente une nouvelle fois d’expliquer les raisons de la présence de l’entité démoniaque qui sévit depuis des années déjà. J’avais adoré Paranormal Activity : The Marked Ones, bien qu’il ne fasse pas réellement partie du fil de l’histoire principale. C’est sans doute pour cette raison que je l’avais particulièrement apprécié, puisqu’il se détachait sensiblement de l’ambiance habituelle des films (beaucoup d’humour, principalement tourné en extérieur, différences de réalisation, etc.). Je venais donc dans un bon état d’esprit puisque le dernier film en date m’avait bien plus. Hélas, PA5 revient dans les travers de la franchise et ne se démarque là non plus pas par son scénario : une famille tombe sur une caméra sensible aux esprits, qui permet de les visualiser alors qu’ils sont invisibles à l’œil nu. On critique fortement le scénario, moi la première, mais quand on met tous les films bout à bout, on s’aperçoit que ceci-ci devient presqu’aussi complexe que la saga Saw… (premier film d’horreur à être sorti en 3D tiens).

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Bon allez, parlons de la chose intéressante de la séance : la 3D. Cette 3D était perfide et dans le même temps mi-discrète, mi-too much. Je m’explique. J’en attendais beaucoup des effets-spéciaux car un film d’horreur en 3D, d’épouvante d’autant plus, ce n’est pas tous les jours que cela arrive. Les films d’horreur ayant souvent un budget réduit qui ne permet pas d’utiliser la technologie nécessaire. On sent la 3D dès le départ, grâce aux images filmées à travers la « caméra spéciale fantômes ». Cela fait très hologramme mais j’ai trouvé cela plutôt réussi. Puis celle-ci disparaît pendant un certain temps (je pense d’ailleurs que le film peut se regarder sans lunettes pendant un bon moment), jusqu’à revenir pile quand on l’avait oubliée. J’ai bien apprécié cette volonté de mettre la 3D en second plan, en souhaitant sciemment se faire oublier, pour nous faire jumpscarer au moment où on ne l’attendait plus. Sur la fin en revanche – loin de moi l’idée de vous spoiler – elle est devenue too much en exagération, à coups de livres qui volaient, d’esprits qui tendaient la main vers mon visage, etc ; à tel point que j’en ai éclaté de rire (ce qui ne m’était jamais arrivée devant un PA).

Je n’ai pas trouvé le film excellent, loin de là, mais il a tenté de finir la saga en beauté, en ajoutant du mieux possible des éléments nouveaux, sans toutefois apporter de réels outils de réponses quant à l’enfance de Katie et aux questions soulevées dans les premiers opus. Un film dont on peut largement se passer donc – bien qu’on se rende compte qu’ils ont vraiment fait des efforts niveau FX – mais qui permet de bons moments de frayeur tout de même.

L’Horreur à la Française

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Après bien des années de vaches maigres en matière d’horreur, le cinéma français a désormais le vent en poupe. Malgré tout ce qu’on peut dire sur le septième art français de manière générale et les clichés qu’il dégage (mauvais acteurs, intrigues à la mords-moi-le-nœud et effets spéciaux pauvres dus au manque du budget, entre autres), l’épouvante française a de beaux jours devant elle.

Le tournant pris depuis les années 2000 se doit aux productions françaises qui se multiplient de plus en plus, tout en prenant une ampleur non négligeable. Eskwad en est l’exemple parfait depuis sa production de Ils en 2005, dont le succès dépassa les barrières nationales, puis Martyrs deux années après qui, fait rare pour un film d’horreur, fut interdit aux moins de 18 ans lors de la sortie en France. La Fabrique de Films n’est quand à elle pas en reste avec ses très médiatisés The Descent, Eden Lake et Severance, produits en collaboration avec des firmes britanniques.

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Je me suis (enfin) décidée à écrire sur les films d’horreur français après avoir vu Captifs, dernier né de BAC Films à qui on doit entre autres Shrooms et Scary Movie. Un peu déçue sur ce coup là j’ai préféré repenser aux précédents films français « épouvantables » dont on peut être fiers. Car en France on aime bien toucher à tout, et niveau horreur même les zombies ne sont pas en reste. Pour le gore je citerais Frontiere(s) qui a bien fait parler de lui en 2007 pour de multiples raisons : la présence d’Estelle Lefébure dans l’un des rôles principaux, le thème du nazisme là où on l’attendait le moins et les multiples scènes de boucherie d’un bout à l’autre du film. Niveau angoisse pure et dure, Martyrs relève le défi haut la main en appuyant sur le côté psychologique dérangeant pour jouer avec nos nerfs comme un pantin avec de simples ficelles. Pour ce qui est du cannibalisme nous sommes là aussi présents grâce à Trouble Every Day qui met en scène la délicieuse Béatrice Dalle, quand d’autres préféreront le terme de vampirisme. Béatrice Dalle retentera d’ailleurs l’expérience horreur avec A l’Intérieur, produit lui aussi par la Fabrique de Films. Et pour ce qui est des films de morts-vivants, pas de problème non plus comme l’a confirmé La Horde en février 2010 (pour la Saint-Valentin, chouette) en amenant la menace des zombies en pleine région parisienne.

Petit budget, petites ambitions certes mais l’horreur française a le mérite de se vouloir originale. Car j’en profite pour faire passer un petit coup de gueule concernant la sortie de Let Me In (Laisse-moi entrer), qui n’est que la pâle copie du film suédois Morse (Let the Right One In) datant de 2008. Je n’ai rien contre les remakes pour peu qu’ils apportent un bonus au film original, et pour les films d’horreur ce bonus réside bien souvent dans les effets spéciaux, ici rien de tout cela à part le fait de transformer un film d’auteur assez discret mais admirable pour en faire un film américain à gros budget mais sans grande originalité. Tout le contraire des films français donc, qui parviennent à se démarquer avec les moyens du bord de manière tout aussi honorable, voire plus.

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