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L’Eventreur [Théâtre Essaion]

J’ai connu le théâtre Essaion par le biais de la pièce sur le Comte de Monte-Cristo en fin d’année dernière. J’ai redécouvert ce même théâtre le weekend dernier, en aidant un proche qui montait son propre décor avant sa représentation, en en profitant pour fureter dans les coulisses et préparer le café dans la cuisine des pro. Bref, le théâtre Essaion, je m’y sens un peu comme chez moi maintenant. Et pendant que je furetais, j’ai mis la main sur un tract faisant la publicité de la pièce l’Eventreur, jouée tous les samedis en fin d’après-midi. Assez férue des pièces de thriller, voire même d’horreur (comme on peut le déduire grâce à mes précédents billets sur La Peur, Piège Mortel, La Dame Blanche, etc.), je n’ai pas eu besoin de beaucoup réfléchir pour me décider à aller voir la pièce à la prochaine représentation, soit hier.

Par le biais d’un style évidemment très british, nous suivons les principaux meurtres de Jack l’Eventreur, en présence des enquêteurs cherchant à débusquer le criminel et des victimes ayant succombé à ses attaques. Pour rappel, Jack l’Eventreur a sévi à Londres en 1888, en tuant pas moins de cinq prostituées (voire onze personnes, voire même beaucoup plus), sans que l’on ne sache jusqu’à aujourd’hui encore qui se cachait derrière ce sobriquet.

Zut, j’arrive et je vois qu’il y a déjà une dizaine de personnes devant moi. Je voulais être bien située, je ne voulais pas qu’on me pique mes places préférées. Fort heureusement, je me suis vite souvenue qu’au théâtre, les spectateurs n’aiment pas les premiers rangs (encore plus quand on sort du cadre de la comédie), j’ai donc pu prendre mes aises comme j’en ai l’habitude, au tout premier rang. J’ai au début eu peur de voir une comédie musicale (ce qui n’est pas mon genre préféré), mais la pièce n’en est pas une. Elle inclut la musique dans son récit, sans que ce dernier ne tourne autour d’elle. Ce qui m’a beaucoup frappée a été la précision des détails narrés par les personnages, tant chirurgicale que franche. Les victimes de l’éventreur ont subi de graves blessures, voire même une destruction forte de leurs organes (imaginez-vous lire du Maxime Chattam), mais le tout est décrit de façon honnête et dure, sans fioriture, ce qui glace d’autant plus que c’est bel et bien la réalité des faits. La façon qu’a le narrateur de raconter l’histoire est également précise et très bien tournée. On est face à de la belle écriture, des phrases qui font mouche et prêtent à sourire comme à réfléchir.

Je ne peux pas m’avancer plus que cela dans l’histoire car il est important de découvrir le reste sur scène. Les trois acteurs jouent chacun plusieurs personnages et sont vraiment crédibles dans leur discours comme dans leurs actes. Je n’ai pas pu aller boire un verre avec eux en sortant (terrible dilemme en un soir de l’Eurovision) mais leur entrain et leur investissement sont bien réels, ce qui donne vraiment envie de les encourager pour la suite.

Vous trouverez les horaires du spectacle sur le site du théâtre Essaion, et à savoir que des prix découvertes sont actuellement en vente sur BilletReduc.

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Alimentation Générale [Théâtre des Béliers Parisiens]

Je continue ma tournée des théâtres parisiens en passant par le Théâtre des Béliers, situé dans le 18ème arrondissement, ouvert depuis 2012.

Pièce de théâtre un peu spéciale cette fois-ci puisqu’elle est dédiée aux zombies et au Paris post apocalyptique, parlons aujourd’hui d’Alimentation Générale. Je l’ai découverte grâce aux colonnes Morris présentent un peu partout dans la capitale, dont les affiches mentionnaient les morts-vivants et l’aspect « interdit aux moins de 16 ans » de la pièce.

D’une durée exacte d’1h30, celle-ci va retracer les premières heures et journées qui vont suivre une épidémie de zombies dans Paris. Les premiers face-à-face, les premières morts, les premières contaminations et la recherche d’un refuge et de nourriture. J’ai vraiment été emballée par le thème de la pièce, qui sort vraiment de ce qui se fait généralement au théâtre, mais la pièce en elle-même ne m’a pas vraiment convaincue.

Je vais commencer par ce qui m’a plu : en particulier les déguisements des zombies, qui sont vraiment bien faits, et le jeu des acteurs, qui vont jusqu’à interpréter plusieurs personnages tout au long de l’intrigue. Egalement, un grand écran diffusant de courtes scènes permet les changements de décors, tout en faisant avancer l’histoire. En revanche, les dialogues sont plats et prêtent très peu à rire, contrairement à ce qui était mis en avant sur les affiches : « Sachez que vous risquez davantage de mourir de rire que de peur« . On sent qu’il y a des tentatives d’humour mais elles tombent hélas le plus souvent à plat. Les situations dans lesquelles se retrouvent les personnages sont des clichés et ne sortent pas vraiment des sentiers battus. Je m’attendais à un peu plus d’ironie, et de recul peut-être, sur notre société, alors qu’il n’y a pas vraiment de répliques qui font mouche.

Alimentation Générale est hélas une pièce qui se repose sur un thème innovant dans le milieu du théâtre, sans aller plus en profondeur sur des thématiques qu’il aurait pu être intéressant d’aborder. Pour autant, on passe tout de même un bon moment et c’est toujours un plaisir de sortir se divertir.

Piège Mortel [Théâtre La Bruyère]

Très influencée par le style thriller et … la publicité, j’ai appris l’existence de Piège Mortel grâce à une colonne Morris en bas de mon travail. Affiche aperçue le matin, réservation faite le midi, et le soir me voilà au Théâtre La Bruyère afin d’assister à une des représentations.

Mise en scène par Éric Métayer, la pièce se résume en ces mots : « Sidney Brown est un auteur de pièces policières en panne d’inspiration. Il lui faut un succès à tout prix. Il reçoit Piège Mortel, la pièce d’un jeune auteur, un triomphe assuré. Jusqu’où Sidney sera-t-il prêt à aller pour mettre la main dessus, lui qui a passé sa vie à imaginer des meurtres et des intrigues ? » Je préfère utiliser le synopsis officiel car s’il y a bien quelque chose qui ne doit pas être dévoilé c’est bien l’intrigue. Cette pièce n’est pas lambda, c’est-à-dire qu’il ne faut pas se fier aux apparences et que les rebondissements sont constants. Comme dans n’importe quel vaudeville vous pourriez me dire. Mais il faut savoir que Piège Mortel n’est pas un vaudeville, c’est un thriller. Un thriller avec de la comédie, des pleurs, de l’angoisse, du comique de situation et de langage, mais un thriller tout de même. A noter que cette comédie policière avait déjà été jouée en 2010, au Casino-Théâtre et qu’elle est basée sur la pièce d’Ira Levin, également auteur de … Rosemary’s baby ! Piège Mortel a aussi été adapté au cinéma avec Christopher Reeve dans un film de 1982.

Jouée à partir du 19 janvier 2017, la pièce regroupe cinq acteurs : Nicolas Briancon, Cyril Garnier, Virginie Lemoine, Marie Vincent et Damien Gajda. Des acteurs qu’on aura pour la plupart vus autant à la télévision et au cinéma, qu’au théâtre. En 1h30 de spectacle, nous en prenons plein la vue. Je ne rentrerai sciemment pas dans les méandres de l’histoire mais je peux vous dire que l’ambiance huis clos est très bien respectée, grâce à un décor simple mais avec pléthore de détails. Les acteurs sont tous très bons et l’intrigue tient en haleine jusqu’au rideau final. Piège Mortel est l’occasion de passer une bonne soirée dans les salles parisiennes.

La Dame Blanche [Théâtre du Palais-Royal]

Tentée par ce spectacle depuis plusieurs mois déjà, je me suis finalement rendue hier soir au théâtre du Palais-Royal, afin d’assister à une représentation de La Dame Blanche.

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Pièce de Sébastien Azzopardi et Sacha Danino, avec Arthur Jugnot dans le rôle-titre (si je ne m’abuse, il est présent dans toutes les scènes), La Dame Blanche est un spectacle entouré d’une aura particulière puisqu’il met en avant la peur qu’on peut avoir en assistant à une pièce de théâtre. Les représentations ayant débuté en septembre 2015, cette pièce est un réel succès et je vais vous expliquer pourquoi.

Je vais sciemment devoir rester évasive pour ne pas vous gâcher la surprise des différents événements, et ça me fait un peu mal au cœur car il y a tellement de choses dont je voudrais vous parler ! La pièce commence à 21 heures, pour une durée de deux heures sans entracte. Vous serez tout de suite plongés dans le thème en étant accueillis par des ouvreurs quelque peu spéciaux (qui ne vous souhaitent pas « bonne soirée » mais « bon courage »). A peu près un quart d’heure avant le début de la pièce, ce sont de nouveaux personnages qui font leur apparition dans la salle pour nous faire patienter, sourire … et frémir. J’adore avoir peur au cinéma ou en lisant mais ici, j’avais mine de rien peur d’avoir peur. Je m’explique, que ma soirée soit gâchée en étant tout le temps sur la défensive en scrutant tout ce qu’il se passe autour de moi pour ne pas être surprise à en crier. Je vous rassure, quand la pièce commence, le spectacle est roi et nous mettons de côté tous les éléments pouvant nous effrayer dans la salle. Toutefois, cela va évidemment dépendre des scènes, mais vous vous rendrez bien compte quand vous serez amenés à rire aux éclats ou à être attentifs à votre environnement (salle plongée dans le noir, changements climatiques, course-poursuite entre les allées, etc.).

La Dame blanche, Pièce de Sébastien Azzopardi et Sacha Danino, Mise en scène : Sébastien Azzopardi, Décors : Juliette Azzopardi, Lumières : Philippe Lacombe, Costumes : Pauline Yaoua-Zurini, Magie : Kamyleon, Vidéo : Mathias Delfau, Sculpture : Jean Godement, Masques : Marion Even, Production : Théâtre du Palais Royal, Créée au Théâtre du Palais Royal le 10 septembre 2015, Théâtre du Palais Royal (Paris), 8 septembre 2015, © Emilie Brouchon / L'Œil du spectacle

La Dame blanche, Pièce de Sébastien Azzopardi et Sacha Danino, Mise en scène : Sébastien Azzopardi, Décors : Juliette Azzopardi, Lumières : Philippe Lacombe, Costumes : Pauline Yaoua-Zurini, Magie : Kamyleon, Vidéo : Mathias Delfau, Sculpture : Jean Godement, Masques : Marion Even, Production : Théâtre du Palais Royal, Créée au Théâtre du Palais Royal le 10 septembre 2015, Théâtre du Palais Royal (Paris), 8 septembre 2015, © Emilie Brouchon / L’Œil du spectacle

Il y a pour moi deux types de spectacles interactifs. Celui où le public va prendre part de façon physique à l’action (les spectacles d’hypnose par exemple, ou le très bon Dernier Coup De Ciseaux (que je vous conseille) qui va faire appel au public pour décider de la conclusion à donner au spectacle) et celui où les événements de la pièce vont se dérouler ailleurs que sur la scène. C’est ce second cas de figure qui décrit le mieux La Dame Blanche. Si vous aimez frissonner et être en interaction complète avec les acteurs, privilégiez les premiers rangs et les corbeilles (les balcons ne sont pas laissés pour compte je vous rassure). Si en revanche vous souhaitez être (plus ou moins) tranquillement installés en évitant au maximum les effets sonores / physiques qui vont venir se dérouler, privilégiez les rangs plus lointains (à partir du quatrième) et les milieux de rangées bien sûr.

Je tiens à hautement préciser que cette ambiance horrifique ne fait pas tout dans cette pièce. Les dialogues sont très bien tournés et les phrases font souvent mouche. Nous avons également droit à une belle dose de comédie, et l’on passe autant de temps à rire qu’à avoir peur. Les acteurs ont parfaitement pris possession de leur rôle et savent improviser quand il le faut. Les effets de sons et lumières sont également très présents dans le spectacle et permettent une immersion encore plus poussée dans les différentes scènes. Les décors sont sublimes et fournis en détails importants. La spontanéité des actions permet de ne pas voir passer le temps et La Dame Blanche sort ainsi véritablement du lot parmi ce qu’il se fait actuellement dans les théâtres parisiens.