Lady Gaga

News Août 2017

Quoi de nouveau sous les tropiques ? Je passe peut-être mon tour cette année pour le festival du cinéma américain de Deauville, après une longue suite d’années où je ne loupais pas cette occasion, par manque de temps principalement (à moins que je me décide à y aller un des deux weekends sur un coup de tête, ça s’est déjà vu). Il aura cette fois-ci lieu du 1er au 10 septembre, avec parmi les membres du jury Benjamin Biolay, Emmanuelle Devos, Charlotte Le Bon et comme président Michel Hazanavicius.

Les films d’horreur ont à nouveau la côte dans les cinémas UGC puisqu’Annabelle 2 est encore à l’affiche et a passé haut la main la semaine de test « épouvante » VS « spectateurs en folie ». Le film Ça (ou tout du moins sa première partie puisque le titre international du film est It: Part 1 – The Losers’ Club) devrait donc logiquement être diffusé dans les cinémas du groupe à partir du 20 septembre (avant-première officielle au festival de Deauville justement, le 9 septembre).

Le nouvel album d’Indochine, intitulé 13, sort bientôt et n’a fait sa publicité que plutôt récemment, avant tout grâce au clip de La vie est belle, réalisé par Asia Argento (la fille de Dario !). Beaucoup de fans se sont arrêtés à Alice & June mais je trouve que La République des Meteors et Black City Parade avaient tout de même un certain cachet. Avec des titres lancinants, le groupe parvenait à nous créer un univers autour de chaque album, et il ne reste plus que quelques jours à attendre pour découvrir les 13 titres (+ 4 bonus + 4 remixes) prévus pour le 8 septembre.

Quant au Joanne World Tour de Lady Gaga il a débuté ce mois-ci à Vancouver, pour finir le 18 décembre à Inglewood, après 60 dates. Scène de 25 mètres, cinq plateformes, 44 lasers… bref le show promet d’être grandiose pour ceux qui se joindront à moi à l’AccorHotels Arena en octobre prochain.

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Moby s’énerve et Lady Gaga se détend

Deux albums, deux ambiances différentes, celles de Moby avec These Systems Are Failing et de Lady Gaga avec Joanne.

Fan de Moby depuis la première heure c’est avec impatience que j’attends la sortie de ses albums. Le dernier en date, These Systems Are Failing, marque un changement en termes musicaux et de messages transmis, mais déjà amorcé en 2011 avec Destroyed. Un Moby énervé, c’est peu dire puisque la quasi totalité de l’album est sur la même tonalité que son premier single : Are You Lost in the World Like Me, où vous trouverez le clip ci-dessous.

Cet album est plaisant mais ne se renouvelle pas selon les pistes. Il donne le sentiment d’écouter une unique chanson de 35 minutes, et non des pistes distinctes et permettant d’en sélectionner plusieurs avec envie. Après plusieurs écoutes je ne suis toujours pas parvenue à avoir de pistes préférées car je ne les différencie pas et je trouve cela dommage en termes de redondance et d’une attirance laissée de côté. L’artiste montre un réel changement mais son album ne m’a pas convaincue.


Deux poids deux mesure puisque Lady Gaga a également sorti son dernier album ce mois-ci, Joanne, du même nom que sa tante décédée très jeune de la même maladie qui touche la chanteuse, le lupus. Album hommage donc, plus calme mais absolument pas larmoyant.

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Mother Monster nous avait prouvé qu’elle était à l’aise (et excellait) dans bon nombre de styles, notamment en 2014 avec la sortie de l’album Cheek to Cheek avec le crooner Tony Bennett. Dans Joanne, la chanteuse semble prendre plaisir à faire ce qui lui plaît le mieux : les balades, les envolées de voix, le tout bien loin des chansons électropop pour faire plaisir au star system. Salut les rageux, vous n’aurez pas de hit pour vous trémousser sur les dancefloors cette année, mis à part Perfect Illusion, qui est à mes yeux trompeur pour un premier single.

A chaque tournée elle nous montre qu’elle s’épanouit énormément en chantant sobrement, sans fioritures, troqués contre de sublimes textes (notamment en lien avec Black Lives Matter en fin d’album). Joanne ne sera certainement pas une réussite commerciale mais reste une réussite en lui-même.

ArtRave : The Artpop Ball [Lady Gaga]

Pour la troisième fois, je suis allée assister à un concert de Lady Gaga. Après le Monster Ball Tour et le Born This Way Ball (je n’avais simplement pas pu me déplacer pour sa première tournée, le Fame Ball Tour), Lady Gaga nous est revenue en France pour The Artpop Ball. A savoir qu’elle n’avait pas pu terminer sa précédente tournée, qui avait en tout duré neuf mois (98 concerts dans 41 pays au lieu des 122 dates prévues), à cause d’une inflammation des os dans un premier temps, puis d’une déchirure du labrum de sa hanche droite et devant se faire opérer par la suite (pour ceux qui doutaient encore de sa capacité à se donner sur scène).

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Pour ArtRave : The Artpop Ball, « seulement » 79 dates à travers 68 villes étaient cette fois prévues. A savoir que le concert final de la tournée était celui-ci d’hier soir, au Palais Omnisports de Paris Bercy. Lady Gaga s’était déjà produite à Paris en octobre dernier mais au Zénith ; le POPB étant fermé pour rénovation à l’époque mais rouvrant donc exceptionnellement et temporairement pour l’occasion.

Je n’ai sciemment rien lu sur le concert avant de le voir, pour garder l’effet de plaisir aussi bien sur la scène que la playlist. Nous avons donc eu droit à deux premières parties. La première par Breedlove & Chew Fu (Chew Fu, à qui l’on doit le remix Love Game entre Lady GaGa et Marilyn Manson), tous les deux enjoués d’être là. La seconde était dédiée à Lady Starlight, spécialisée dans l’électro mais avec trop de beat à mon goût. A savoir qu’aux Etats-Unis, la première partie était selon les lieux assurée par Hatsune Miku.

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Ce qu’a compris Lady Gaga, c’est que le show commence avant le show. Tout au long des premières parties, une caméra nous montre sa préparation en temps réel depuis les coulisses, le maquillage, les costumes, la préparation physique et le stress pré-scènique. On se rend alors bien compte que la simple Stefani Joanne Angelina Germanotta devient « Lady Gaga », effigie burlesque tout en strass et perruques.

Après un bon quart d’heure d’attente où l’on entend Gaga en boucle avec des images défilant sur les écrans centraux, la diva apparaît enfin, dans un justaucorps à paillettes avec des ailes flamboyantes. Pendant deux heures trente, on assiste à un vrai spectacle à l’américaine, chose que je ne retrouve que dans les concerts de Farmer. Les rares moments de pause étant ceux dédiés aux changements de costumes.

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Les chorégraphies sont présentes sur quasiment chaque chanson et sont réglées au millimètre près, aussi bien de par les danseurs que de Gaga elle-même. Les pistes sans danse sont celles où cette dernière est au piano (et encore), nous offrant une sublime version de Dope et Born This Way en acoustique, où il n’y a aucun doute à avoir concernant les capacités vocales de la chanteuse. Comme pour ses précédents concerts, elle s’adresse beaucoup à ses fans, ses little monsters, notamment en lisant une lettre poignante récupérée sur la scène, où elle y fera monter l’intéressé.

ArtRave : The Artpop Ball est et restera un concert hors-norme que je classe parmi les concerts les plus pêchus qu’il m’ait été donné de voir, aussi bien pour la prestation scénique et vocale que pour la créativité et l’amour du public dont Lady Gaga fait preuve.

Born This Way – Lady Gaga

Nous y voilà, l’album Born This Way est dans les bacs, l’occasion de dresser un petit bilan de ce nouvel opus.

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A la première écoute, je remarque certains titres qui se détachent des autres, sans que je n’arrive à mettre de noms dessus. Après avoir écouté, réécouté encore et encore The Fame Monster, il est difficile de se faire l’oreille à un autre album, qui se voudra forcément en dessous, tellement la barre était placée haut au premier essai. 14 chansons pour l’édition standard, 17 pour la spéciale (et six remixes), avec RedOne tout aussi présent que lors des premiers albums. Les pistes s’entremêlent sans avoir de véritables tempos permettant de les faire se démarquer les unes les autres (en comparaison à Speechless qui ne ressemblait en rien à Just Dance, en rien à Monster, en rien à The Fame, etc.), mais restent toutefois entraînantes. La première écoute passée, on distingue bien des chansons destinées à être des singles quand d’autres resteront sûrement dans l’ombre. Je pense en disant cela pour la première catégorie, à Government Hooker, Bloody Mary, autant qu’à Hair, sorti le mois dernier pour la promotion de l’album. A noter un petit côté années 90 à la S Club 7 pour les titres Fashion of His Love et Highway Unicorn.

Il m’a bien fallu plusieurs jours pour prendre mon temps à écouter l’album, discerner et différencier les chansons, pour leur donner chacune une identité et non pas les écouter d’une traite en appuyant simplement sur le bouton play de ma chaîne hifi. Et en effet, au bout de plusieurs écoutes, comme habituellement pour les albums à tendance house / pop, l’album prend la personnalité qu’il méritait. L’album en lui-même n’est pas mauvais et aura besoin de prendre de la maturité et d’un certain temps de recul pour voir s’il parvient à se maintenir sur la durée, comme le précédent.

Mes coups de coeur persos : Government Hooker, Judas, Bloody Mary, Hair (avec ses paroles empreintes d’autobio) et Electric Chapel. Un assez bon album donc, même s’il s’avère en-deçà des premiers.

Lady Gaga – The Monster Ball Tour

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Si l’on m’avait dit il y a deux ans, pendant que je visionnais un clip tout ce qu’il y a de plus bizarre, mettant en scène un chien au bord d’une piscine sous une musique entêtante, que j’irais voir Lady Gaga en concert, je ne l’aurais pas cru. « Venez, vivez, vibrez » nous dit le Palais Omnisports de Paris-Bercy : après plusieurs déconvenues concernant la venue de la diva à Paris, j’ai une fois de plus vibré au son d’un concert, mon dixième de l’année, mais quel concert …

Là où beaucoup d’artistes se contentent d’assembler une playlist de titres phares et demandés par les fans, chantant leurs chansons les unes après les autres, Lady Gaga préfère dépasser ce stade. Pour le côté pro et l’originalité, il y a tout d’abord les chorégraphies, présentes pendant tout le long du spectacle. La quasi-totalité des chansons se déroule accompagnée de chorégraphies parfaites et sophistiquées, qui rassemblent la diva avec une bonne dizaine de ses danseurs. Se mêle à tout cela une réelle interaction avec le public, où Gaga relèvera les propos criés dans la salle pour y réagir, quitte à s’arrêter en plein milieu d’une chanson pour répondre à ses fans, et la reprendre ensuite. Où elle prendra son temps pour admirer les cadeaux de fans jetés sur scène, comme arracher de ses dents la tête d’un Tigrou miniature ou encore disloquer la tête d’une Barbie pour laisser son corps ballant au bout de la scène. Faits trop rares pour qu’ils soient soulignés, encore plus rares quand on pense à la grandeur du POPB.

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Pour ce qui est des tenues de scène, en veux-tu, en voilà. Il s’en succède une bonne demi-douzaine, tantôt affriolantes, tantôt excentriques (costume de religieuse – en référence à ses années scolaires passées dans une école privée très catholique ; ruisselante de sang pendant que ses danseurs cannibales lui déchirent le coeur, tenue qui crache autant d’étincelles que Katy Perry de la crème fouettée, et bien d’autres encore). Mais que seraient de belles tenues sans un décor scénique qui vaille aussi le coup ? Pas rien, mais en tout cas bien peu de choses. Fort heureusement ce n’est pas le cas ici, bien au contraire. Entre une jeep fumante garée sur scène (dans laquelle se cache un piano), une rame de métro remplie de nonnes, des paysages urbains ou bien forestiers, ou encore une immense plante carnivore prenant toute l’ampleur de la scène, les décors sont tout sauf rudimentaires. Des sketchs viennent aussi pimenter ce concert riche en rebondissements, par le biais de dialogues entre Gaga et ses danseurs … mais aussi d’un réel échange avec le public.

Beaucoup de fans trouveront des réponses à leurs questions durant le show, Lady Gaga racontant des bribes de sa vie et son adolescence, avec la prolixité qui lui est propre. Le nom du Monster Ball Tour prend alors tout son sens quand on comprend qu’elle-même se considérait comme un monstre, à forcer de se voir jugée comme tel par ceux l’ayant côtoyée du temps de son adolescence. Elle nous enseigne à travers le show une véritable leçon de courage, faisant référence à ses épreuves passées qui n’ont pas été un obstacle dans sa voie vers la célébrité. Le nom de son prochain album Born This Way n’est qu’un clin d’œil à tous ses détracteurs qui la traitaient de cette façon. Elle est ainsi, et a fait de cette prétendue faiblesse, une force.

A travers cette tournée, Lady Gaga a montré qu’elle avait bel et bien l’allure d’une pro qui semble avoir des années de show derrière elle. Qu’on l’aime ou non, qu’on apprécie ses chansons ou non, on ne peut que reconnaitre le talent qui la caractérise, aussi bien dans les concerts qu’elle organise ou dans son sens affuté du show business. Non sans rappeler une certaine Madone.

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Sans nul doute l’un de mes meilleurs concerts jusqu’à ce jour.